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Bonjour chez vous !
Vincent Louault : « La Politique Agricole Commune de l’Europe est à bout de souffle »
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C’était la première fois qu’une pétition était débattue à l’Assemblée nationale, avec un record de 2,1 millions de signataires, dépassant le seuil minimal des 500.000 signatures pour être examinée dans l’Hémicycle. Elle s’opposait à la loi Duplomb, un texte qui vise à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », notamment à la réintroduction controversée de nombreux pesticides interdits dont l’acétamipride qui est soupçonnée d’être un neurotoxique. Vincent Louault, sénateur (Les indépendants) d’Indre-et-Loire et invité de la matinale « Bonjour chez vous » objecte : « Deux millions de pétitionnaires est-ce que c’est plus fort que le Parlement ? »Pour Vincent Louault, il est incompréhensible que « l’acétamipride soit utilisée partout en Europe sauf en France. On pousse les gens vers le populisme et la révolte parce qu’ils se disent que c’est injuste. Le plus important pour un homme politique est d’être juste dans les décisions qu’il prend. Et aujourd’hui elle est où la justice pour les agriculteurs ? Il n’y en a aucune. Il y a un brouhaha médiatique, ‘mainstream’, qui met en avant des ‘fake news’ sur l’eau, les inondations, sur tout ce que l’on entend à longueur de journées. Et je remercie les oncologues, les chercheurs, les médecins qui démêlent le vrai du faux ».Vincent Louault a également souligné la fin du modèle de « la PAC, la Politique Agricole Commune, qui est à bout de souffle. Elle n’est plus inadaptée aux enjeux d’aujourd’hui. On ne peut pas avoir une PAC qui gère toute l’Europe avec les distorsions qu’il y a entre les pays membres. (…) C’est toujours la même histoire pour la PAC : la Commission européenne fait une version assez ‘trash’, avec toujours comme volonté de réduire l’impact budgétaire parce qu’on a d’autres ambitions comme la défense ou d’autres sujets. On met -23% de baisse de dépense du budget de la PAC, alors qu’on a déjà fait que le réduire depuis sa création, en 1992 ».
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99. Bonjour chez vous ! du 23 février 2026
01:28:16||Ep. 99Au programme de « Bonjour chez vous ! », nous revenons sur l’un des événements du week-end : la marche à Lyon en hommage à Quentin Deranque, militant d’ultra-droite tué la semaine dernière. Emmanuel Macron a annoncé la tenue d’une réunion “pour faire un point complet sur l’ensemble des groupes d’action violente qui sévissent, qui ont des liens avec des partis politiques quels qu’ils soient”. Une démarche salutaire ? Qu’en pense Marion Maréchal ? C’est notre invitée dans l’Entretien.Autre événement du week-end : l’ouverture du Salon de l’agriculture à Paris dans un contexte de crise agricole. Nous recevons le sénateur (Les Indépendants) d’Indre-et-Loire Vincent Louault.Dans notre débat, on évoque les municipales et leurs conséquences sur le prochain scrutin sénatorial. En fonction de l’issue du scrutin municipal, le RN peut avoir un groupe au Sénat ? Si le RN fait une poussée, cela signifie-t-il que LR va perdre des sénateurs ? Et puis à la Une de nos régions. C’est jour de fête à Albertville qui va célébrer les médaillés français, et accueillir le drapeau olympique qui revient de Milan. Ce sera l’occasion de faire le point sur l’organisation des JO de 2030 dans les Alpes françaises.
Municipales : une campagne sous haute tension
34:22|Le premier tour des élections municipales approche. Le scrutin local aura son importance sur le plan national avec des élections sénatoriales qui ont lieu en septembre. La moitié des sénateurs sont élus par 162.000 « grands électeurs », c'est-à-dire les parlementaires, les conseillers régionaux et départementaux, mais surtout les délégués des conseillers municipaux, qui représentent près de 90% du collège des électeurs. En mars 2027, c'est l'élection présidentielle qui se tiendra. Ces scrutins sont donc très importants pour l'image des partis dans la course pour le pouvoir.Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction au Figaro, affirme que « ce qui est étonnant c'est que (le Rassemblement national et La France Insoumise) sont en position de force, l'un et l'autre, à l'échelle nationale, alors que localement ils sont très peu implantés. Ce sont pour eux des élections avec un fort enjeu, et c'est pour cela qu'ils présentent énormément de candidats, pour augmenter leurs chances d'obtenir des sénateurs à la rentrée, au mois de septembre ».Pablo Pillaud-Vivien, rédacteur en chef de la revue Regards analyse les projections pour les municipales et les sénatoriales : « Ce n'est pas tout à fait les mêmes augures qui s'annoncent pour le Rassemblement National et La France Insoumise. LFI ne gagnerait pour l'instant que quelques mairies, on pense à Roubaix, ou à quelques autres, dans les villes de moins de 10.000 habitants. Pour le RN, ils ont de nombreux endroits dans le sud-est où il pourrait faire des scores très importants. Le RN pourrait même avoir un groupe au Sénat. Ce qui serait une grande nouveauté dans la Chambre haute ».
Marion Maréchal : « Le seul qui appelle sans ambiguïté à la violence, c’est Mélenchon »
21:57|Samedi 14 février, Quentin Deranque, un jeune militant nationaliste de 23 ans, mourrait de ses blessures, à la suite à une rixe avec des militants d’ultragauche. L’enquête vise sept suspects, dont des anciens membres de la Jeune Garde, association dissoute, dont deux assistants parlementaires de Raphaël Arnault, député de La France Insoumise du Vaucluse et co-fondateur de la Jeune Garde. Ce samedi 21 février, 3.200 personnes selon la préfecture lyonnaise ont défilé en hommage à Quentin. Des saluts nazis et des insultes homophobes auraient été signalés dans le cortège. Marion Maréchal, eurodéputée ECR (conservateurs et réformistes européens), présidente de « Identité Libertés » et invitée de la matinale « Bonjour chez vous ! » dénonce le « narratif qui s’installe ». Elle rappelle « qu’un jeune homme de 23 ans est mort avec le crâne fracassé par terre à coups de pied et de poing par une milice d’extrême gauche liée à La France Insoumise, je pense que tout le monde en conviendra. Et maintenant, une semaine après ce n’est plus le sujet central, la mort de Quentin Deranque devient secondaire. Il faudrait instiller dans l’esprit des Français qu’il existe une grande menace existentielle : le retour du nazisme et du fascisme. C’est tout simplement grotesque, on assiste à une diabolisation systématique des personnes qui sont venues rendre hommage à Quentin. Alors que le seul qui appelle sans ambiguïté à la violence c’est Jean-Luc Mélenchon ».Marion Maréchal est également revenue sur la polémique entre la présidente du conseil italienne et le président de la République Emmanuel Macron sur la mort de Quentin : « En Italie ils ont connu de très graves périodes d’affrontements de l’extrême gauche et de l’extrême droite, avec plusieurs centaines de morts. Donc quand Meloni sait la mansuétude que la France a eu vis-à-vis de ces terroristes d’extrême gauche, pour elle, évidemment ça résonne avec la mort de Quentin Deranque. Alors qu’Emmanuel Macron instrumentalise la mort de Quentin pour régler ses comptes à l’internationale ».
98. Bonjour chez vous ! du 20 février 2026
01:28:02||Ep. 98Au programme de cette édition : La violence en politique n’est pas un phénomène nouveau. Mais l’affaire Quentin Deranque révèle-t-elle une évolution plus profonde du climat politique, notamment à gauche ? Assistons-nous à une radicalisation inédite du débat public ? Débat et analyse dans le Club.L’émission se penche également sur les négociations entre partenaires sociaux autour de l’assurance chômage. Le gouvernement fixe un objectif d’économies de 400 millions d’euros. Un compromis est-il possible entre syndicats et patronat ? Quelles marges de manœuvre pour préserver l’équilibre entre justice sociale et soutenabilité budgétaire ?Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, apporte son éclairage.Enfin, focus sur les crues exceptionnelles dans l’ouest de la France. Face aux inondations, le gouvernement annonce une mobilisation totale. Les réponses apportées sont-elles à la hauteur des attentes des habitants sinistrés ? Analyse avec Nathalie Delattre, sénatrice RDSE de la Gironde.
Nathalie Delattre : « Les crues révèlent le décalage entre la transition écologique et le terrain »
23:52|Les tempêtes Nils et Pedro font des ravages : le sud-ouest de la France est frappé par des crues historiques. C’est l’équivalent de 37 jours de précipitations consécutives qui se sont abattues sur certains départements. Face aux inondations, de nombreux assureurs bottent en touche et discutent sur la reconnaissance ou non d’un « état de catastrophe naturelle ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis des « indemnisations au plus vite » et assuré de la « mobilisation totale » de l’État sur le sujet.Nathalie Delattre, sénatrice RDSE de la Gironde, concède la nécessité de ces indemnisations mais regrette que l’on ait seulement à l’esprit « le curatif, alors que ce qu’il faut c’est du préventif. Des plans on a dans tous les sens. Mais il faut arrêter avec les actes isolés et réaliser un acte majeur. On a tous été mobilisés, aujourd’hui il faut passer à l’action. Le problème des digues est toujours entier. La visite ministérielle de Monique Barbut a beaucoup choqué, parce qu’on voit ce décalage entre la transition écologique et le terrain. Elle a reproché à une communauté de communes de ne pas avoir fait tous les efforts possibles contre les crues. Pourtant cette communauté de communes avait fourni beaucoup d’efforts à ce sujet, compte tenu des fonds dont elle dispose ».Nathalie Delattre, est également revenue sur la mort de Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans, mort lors d’une rixe face à des militants antifascistes : « Je suis une maman de trois garçons, qui ont 23, 21 et 19 ans, j’ai donc une pensée pour la famille de Quentin. Nous sommes dans la barbarie, dans la sauvagerie, il n’y a plus d’humanité, plus de moralité, pour ces jeunes qui ont lynché à mort Quentin. Aucune cause ne peut justifier ce type d’agissements. J’espère que la justice passera. Mais il faut aussi que ceux qui surfent aujourd’hui sur le populisme, qui attisent les haines, comprennent que nos voix en tant que politiques portent. Ceux en Hémicycle qui sont capables d’éructer, de provoquer, réalisent que c’est facile d’exalter la jeunesse avec du populisme. Tous les discours qui peuvent radicaliser la jeunesse doivent être mis en cause ».
Y a-t-il une recrudescence de la violence politique ?
35:47|L’enquête sur la mort de Quentin Deranque, militant de nationaliste de 23 ans, a conduit à la mise en examen de sept suspects. Le Parquet a requis leur placement en détention provisoire. Le procureur de la République de Lyon a établi leur profil : des jeunes de 20 à 26 ans, « pour l’essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un est sans emploi et un est assistant parlementaire ». Un assistant parlementaire qui est sous l’aile de Raphaël Arnault, député de La France Insoumise et co-fondateur de la Jeune Garde, mouvement associatif antifasciste. Face à cette actualité, peut-on dire que l’on se trouve à un point de bascule de la violence politique en France ? Deux historiens étaient les invités de la matinale « Bonjour chez vous ! » pour en débattre.Bruno Fuligni, historien, rappelle que « la violence n’est évidemment pas nouvelle, y compris dans les milieux étudiants. Si on remonte jusqu’en 1908, les royalistes créent les ‘Camelots du roi’, qui sont des jeunes militants nationalistes qui vont en découdre avec leurs homologues de gauche. Dans le contexte de l’affaire Dreyfus, il y a eu des violences très fortes. Il y avait un professeur qui avait un peu ironisé sur Jeanne d’Arc, qui a été fessé publiquement par ces militants. En 1902, il y a même un candidat aux législatives qui est mort des suites de ses blessures, lors d’un affrontement à Lille. Il apprend sur son lit d’hôpital, à ses 29 ans, qu’il est élu député et qu’il ne siégera jamais puisqu’il meurt le lendemain. En revanche, ce qui est vrai, c’est que c’est toujours très inquiétant quand la violence prend le pas sur l’action politique ».Arnaud Benedetti, directeur de la publication de la Nouvelle Revue Politique considère problématique « qu’un parti politique, La France Insoumise, assume ses liens avec la Jeune Garde. C’est un mouvement qui est en cours de dissolution, qui s’est livré à des actions qu’il qualifiait lui-même ‘d’auto-défense’, ce qui pose problème, car la sécurité dans un état démocratique est assurée par l’Intérieur, et qu’il ne saurait y avoir de privatisation de l’usage de la violence, quelle qu’elle soit, notamment à des fins politiques. Qu’un candidat à la présidentielle de 2027, qui est en mesure de l’emporter, assume ses liens avec un mouvement qui recourt à la violence, dans l’histoire récente c’est inédit ».
Marylise Léon : « Il y a un recul du consentement à l’impôt, ce n’est pas bon pour la démocratie »
21:22|Plus de 13 .000 millionnaires ne paient aucun impôt sur le revenu. Le fait avait été révélé le 15 janvier par Éric Lombard, ancien ministre de l’Économie, dans la matinale « Bonjour chez vous ! ». Le chiffre a été confirmé après l’obtention par le Sénat d’un document auprès du gouvernement. En direct, ce vendredi, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a regretté « qu’une partie de la population ne participe pas à l’effort budgétaire » auquel le syndicat, lui, se consacre.Pour Marylise Léon : « Cela met en lumière un certain nombre d’efforts non partagés par une partie des contribuables. C’est une anomalie qui peut être vécue par certains citoyens comme un scandale. Cela fait deux années de suite qu’on a des débats budgétaires extrêmement tendus, où la CFDT a porté l’idée qu’il faut un partage juste des efforts au regard de la situation budgétaire. Donc je comprends que ça scandalise un certain nombre de citoyen. Nous proposons comme solution un impôt progressif sur les successions, avec un pourcentage de 1% dès le premier euro. Mais il y a un recul du consentement à l’impôt, ce n’est pas bon pour la démocratie ».Marylise Léon est également revenue sur les négociations tendues avec les organisations patronales, dont le MEDEF : « On nous demandait initialement 4 milliards euros d’économies. La CFDT n’a pas accepté d’ouvrir une négociation dans ces termes. On nous a ensuite dit qu’il y avait une distorsion du système des ruptures conventionnelles. Nous avons accepté de faire des efforts là-dessus, mais en refusant 1 milliard d’économies, comme le demandent les organisations patronales. L’autre sujet pour nous c’est la lutte contre les contrats courts. Il y a beaucoup de personnes qui sont à l’assurance chômage et qui enchaînent les contrats courts, ce sont des situations extrêmement précaires et qui coûtent cher à l’assurance chômage. La CFDT propose de pouvoir taxer les contrats de travail en fonction de leur durée : plus le contrat est court, plus ça doit coûter à l’employeur, pour l’inciter à changer sa méthode de recrutement ».
97. L'intégrale du jeudi 19 février 2026
01:27:53||Ep. 97Au sommaire de Bonjour chez vous ! ce jeudi 19 février, le sénateur (LR) Olivier Rietmann apporte son soutien aux sinistrés, aux élus et aux secours dans le sud-ouest, qui font face à des crues historiques. En tant que président de la délégation sénatoriale aux entreprises, il est également revenu sur les augmentations drastiques de défaillances d’entreprises en France, en pointant du doigt l’un des facteurs qui en est à l’origine : les retards de paiement massifs dans le public comme dans le privé.Charles Michel, président émérite du Conseil européen et ancien Premier ministre de la Belgique était notre invité politique. Négociations pour un cessez-le-feu en Ukraine, instabilité des relations diplomatiques avec les États-Unis, conflictualité sur le Groenland, défense et souveraineté européenne, responsabilité de la Commission européenne : il était interrogé sur ces nombreux sujets.À l’échelle nationale et parlementaire, c’est la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque qui met en ébullition la classe politique. Il est décédé à la suite des blessures qu’il a subies lors d’une rixe avec des suspects qui seraient issus de la Jeune Garde. Deux assistants parlementaires du député LFI et co-fondateur du mouvement, Raphaël Arnault, sont actuellement arrêtés dans le cadre de l’enquête, avec sept autres personnes. Analyse de Michaël Darmon, éditorialiste politique sur I24news et Aurore Malval, grand reporter pour Marianne.