Afrotopiques

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SENAME KOFFI // Cosmo-éthiques africaines et nouvelles technologies pour Habiter la Terre en commun

Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang

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Dans cet épisode, on rencontre Senamé Koffi Agbodjinou : architecte, anthropologue, penseur, designer, serial fondateur, notamment de L’Africaine d’Architecture qui abrite de nombreux projets dont le Woelab - un immense espace d’expérimentation technologique basé à Lomé, au Togo - dans lequel les nouvelles technologies sont mises au service de principes ancrés dans des traditions éthiques africaines. Ils se caractérisent par la prise en charge, dans un même geste, du souci d’habiter la terre, et de faire humanité en commun.

C’est ce qu’il nomme la « cosmo-éthique des sociétés traditionnelles », qu’il décrypte dans les architectures vernaculaires.


Senamé Koffi ouvre les horizons de nos imaginaires du futurs, ceux d’une modernité africaine radicalement ancrée dans ses valeurs profondes, encodées dans ses architectures traditionnelles, engrammées dans les gestes du quotidien de l’économie de la vie en commun… A travers la question de la ville et du bâtiment, il nous invite à penser non pas la dystopie du devenir-nègre du monde, mais l’utopie réaliste de la civilisation du monde contemporain par son africanisation, sa sortie de la marchandisation, son ubuntuisation.


Senamé Koffi nous partage ses intuitions et sa vision de ce que peut être la ville africaine, et le monde de demain. Après une critique en règle du projet libéral techno-scientifique de la smartcité, il nous permet de comprendre le potentiel qu’offrent les technologies actuelles pour renforcer les échanges et interactions hors-marché, comment on pourrait métropoliser cette forme d’économie, au lieu de la renforcer, en imposant le paradigme de la valeur tel que le conçoivent les sociétés traditionnelles : qui la placent dans l’échange, le lien, la relation et non pas dans ce qui est échangé, ni dans le témoin de la valeur.


On entrevoit ainsi une des manières dont on pourrait changer d’époque, et bâtir une civilisation basée sur les principes cosmoéthiques que le présent appelle urgemment : habiter la terre et faire monde en commun. Ecoutons le témoignage de la sagesse des anciens qui ont su, on le répète parce que c’est un mantra « prendre en charge dans un même geste, le souci d’habiter la terre et de faire humanité en commun ».


Bonne écoute.

Plus d'épisodes

12/1/2022

Carnets des Ateliers n°4 - Politiques de la solidarité : les chemins de l'Etat de demain - Nadine Machikou

Saison 4, Ép. 4
Carnets des Ateliers n°4 - "Politiques de la solidarité : les chemins de l'Etat de demain" avec Nadine Machikou.Pour financer Afrotopiques 👉🏽 Les amis du podcast AfrotopiquesDans ce carnet, j’ai eu envie de faire un épisode qui marque un véritable temps d’arrêt. (pause)C’est un peu la « main stage » de cette série, car l’intervention de Nadine Machikou aux Ateliers a fait une grande impression sur moi. Nadine Machikou est professeure de Sciences Politiques au Cameroun, et elle a présenté sa compréhension de phénomènes de solidarité dont nous sommes familiers : à savoir, le fait que dans nos familles africaines et diasporiques, il est commun d’envoyer de l’argent pour subvenir aux besoins de santé, d'étude, etc….des cousins, neveux, tantes, frères et soeurs au pays.Mais Nadine a formulé tout cela dans le langage analytique de théorie politique et de la sociologie.Et vraiment, la pensée critique c’est puissant, parce que cela m’a fait l’effet d’une révélation.Elle nous permet de poser un regard neuf qui historicise et politise des pratiques que l’on considère traditionnellement comme relevant du « culturel ».Et ce qui est puissant, c’est que si l’on regarde les pratiques sociales de solidarité sous cet angle, on peut également commencer à envisager de répondre à la demande sociale de manière plus collective, et moins individuelle. Repenser l’Etat, ses fonctions et son rôle, son modèle économique. Je trouve cela absolument passionnant, Nadine Machikou a ouvert de nombreuses pistes de travail et de réflexion dans cet échange.Je vous laisse écouter et réécouter cet épisode, déconstruire et reconstruire vos représentations de la solidarité, et du rôle de l’Etat moderne, dans les société ex-anté industrielles, et faire votre propre chemin. Je vous donne rendez-vous plus tard dans la saison, pour approfondir quelques unes de ces pistes.Bonne écoute.Ecriture, réalisation, prise de son, montage : Marie-Yemta MoussanangMixage : Victor DonatiMusique : Hiba Elgizouli
11/24/2022

Carnet des Ateliers n°3 - Justice, Réparations, Care... Are we getting there ? - Olivia Rutazibwa, Maboula Soumahoro, Riikka Prattes et Fatou Sow

Saison 4, Ép. 3
Carnet des Ateliers n°3 - Justice, Réparations, Care... Are we getting there ? - Olivia Rutazibwa, Maboula Soumahoro, Riikka Prattes et Fatou SowDans ce carnet, j’ai choisi de faire entendre les voix de celles qui questionnent le sens de la Justice, le sens de la communauté, et qui nous rappellent que le Nous n’est pas acquis, car on retrouve toute la violence du monde, à l’intérieur de nos espaces et de nos communautés.Vous allez entendre les voix d’Olivia Rutazibwa, Maboula Soumahoro, Riikka Prattes et Fatou Sow. Elles nous parlent de l’exploitation et de la domination qui se perpétue de manière structurelle à l’encontre de certains membres - de certainES membres de la « communauté » et elles proposent des pistes de réflexion pour transformer la situation.Qui bénéficie du système établi ? Qui en use à son propre profit ? Qui aurait la possibilité de réparer et ne le fait pas ? Qui se défausse de ses responsabilités ? Qui est le Je du Nous dont on parle ? La matérialité de la domination se confond souvent avec le privilège de l’ignorance. L’ignorance des torts causés, l’ignorance des réparations à effectuer.La conversation s’ouvre entre « eux et nous ».-Si on creuse, on s’aperçoit que le Nous est un parfois suspect. On ne peut pas faire l’économie de l’interroger, et de chercher à savoir si on est vraiment « ensemble ». Maboula Soumahoro, elle, parle de Nous radical. -Riikka est une brillante chercheuse autrichienne, qui a travaillé en Australie et aux Etats-Unis. Elle aborde d’abord le sujet de la posture de non prédation épistémique dans la recherche académique, et ensuite, elle présente des pistes de réflexion sur la collectivisation du soin. Elle nous dit en substance que nos sociétés modernes enjoignent les personnes à répondre de manière individuelle à des problèmes collectifs et structurels, et que tout l’enjeu, c’est de trouver des manières collectives et plurielles de partager, répartir équitablement le travail de soin.-Fatou Sow, elle, nous rappelle que le Nous, là, et bien, n’est tout simplement pas dedans. Que le travail de soin est encore bien loin d’être reconnu comme du travail, et qu’il faudra repartir de l’économie de subsistance, de l’économie politique de subsistance, pour penser une économie du vivant qui porte vraiment son nom.Ecriture, réalisation, prise de son, montage : Marie-Yemta MoussanangMixage : Victor DonatiMusique : Hiba ElgizouliPour soutenir la production du podcast, rendez-vous sur Helloasso : Les amis du podcast Afrotopiques