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Vos billets formation
L’alignement pédagogique
Si vous êtes enseignant ou formateur, vous concevez des formations, vous animez des ateliers, vous créez des capsules vidéo, bref : vous pédalez. Mais... est-ce que vous pédalez dans le bon sens ? Et surtout, est-ce qu’il y a de l’eau dans la piscine ?
Aujourd’hui, Hyacinthe Lesecq, formateur et ingénieur pédagogique indépendant, vous parle d'un principe fondamental: l’alignement pédagogique.
Origine de l’alignement pédagogiqueL’alignement pédagogique, concept introduit par John Biggs dans les années 90 désigne la cohérence entre 3 éléments clés d’un dispositif de formation :
- les objectifs d’apprentissage : ce que les apprenants doivent savoir ou savoir faire à la fin.
- les activités d’apprentissage : ce qu’ils font réellement pendant la formation.
- les modalités d’évaluation : ce que vous mesurez pour vérifier leur apprentissage.
L'alignement ou la cohérence entre les objectifs, les activités et l'évaluation vise à garantir que votre formation soit fluide, efficace... et aussi plus motivante !
Exemple d’alignement pédagogiqueVous proposez une formation sur la prise de parole en public. Vous avez pour objectif d'appendre à votre groupe comment être à l'aise devant un auditoire. Pendant la formation, vous faites un cours magistral avec un diaporama pour illustrer les différentes techniques de l'oralité. Et pour que vos apprenants puissent vérifier leur progression, vous proposez à vos apprenants un questionnaire pour vérifier ce qu'ils ont retenu.
Aïe ! Vous vous rendez compte que vos apprenants se démotivent au fur et à mesure de la formation. Pire ! Ils ne semblent pas plus à l'aise à l'oral ! C'est probablement que vous rencontrez un problème d'alignement pédagogique.
C'est un peu comme si vous leur proposiez d'apprendre à nager en lisant des livres sur la natation — c'est peut-être intéressant, mais ça n'est pas forcément la méthode la plus efficace ! Pour cela il est plus utile de pratiquer l'activité, et plus raisonnable d'être évalué sur des compétences dans une situation réelle.
L’alignement, un outil stratégiqueL’alignement pédagogique est essentiel pour plusieurs raisons :
- pour les apprenants, il offre une clarté précieuse. Ils savent où ils vont, ce qu’on attend d’eux et comment s’y préparer.
- pour vous, formateur ou concepteur, c’est un outil stratégique pour s'assurer de la cohérence de votre dispositif. C’est aussi un excellent remède contre le syndrome du “je fais plein de trucs, mais je ne suis pas sûr·e que ça serve vraiment”.
Comment faire concrètement ?
➤ En formation en présentiel, vous avez souvent une grande liberté sur les activités. Profitez-en pour varier les modalités : mises en situation, jeux de rôle, travaux en petits groupes. Mais veillez à ce que ces activités servent directement les objectifs annoncés.
➤ En formation à distance, l’enjeu est souvent de maintenir l’engagement. Ici, l’alignement passe aussi par une scénarisation rigoureuse : chaque module doit répondre à un objectif précis, avec des activités et des évaluations en cohérence.
➤ Et si vous travaillez en formation sur le tas, en entreprise, ou en individuel, l’alignement peut être plus informel, mais pas moins crucial. Posez-vous la question : ce que je propose, est-ce que ça aide vraiment la personne à atteindre ses objectifs ? Sinon, recentrez.
L’alignement, une boussoleL’alignement pédagogique n’est pas un carcan mais une carte ou une boussole. Il s’adapte à vos pratiques, à vos publics, à vos contraintes — mais il vous empêche de perdre le nord.
La prochaine fois que vous concevez une formation, demandez-vous :
🎯 Mes objectifs sont-ils clairs ?
🛠️ Les activités permettent-ells vraiment de les atteindre ?
🧪 L' évaluation vérifie-t-elle ce que j’ai promis d’enseigner ?
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77. Le retour des aides à l'apprentissage
05:35||Saison 1, Ep. 77Aujourd'hui, Ludovic le chat pitre qui veille pour vous sur la partie législative de la formation professionnelle continue vous propose de nous concentrer sur la partie alternance avec le retour des aides à l’apprentissage.Le décret du 8 mars 2026Attendu comme le messie, en début d’année le décret est paru le 8 Mars 2026. Il réintroduit, mais avec plusieurs modifications une aide exceptionnelle à l’embauche d’un ou une apprentie pour toutes les entreprises. Ceci dans un double contexte, maintenir la performance des recrutements en apprentissage, avec l’objectif atteints d’1 million de contrats en alternance signés par an et assurer la soutenabilité financière du système. Pour rappel, dans le budget prévisionnel 2026 de France compétences les dépenses d’alternances représentent 8,3 milliards pour un total de produits de 12,7 milliards.Les contrats concernésLe sujet que j’aborde concerne les contrats conclus à partir du 8 Mars 2026 et exécutés avant le 1er Janvier 2027. Pour les autres situations je vous invite à consulter le guide pratique « aides aux contrats en alternance » mis à jour le 30 Mars 2026 sur le site du Ministère du travail.Commençons par le plus simple. Vous recrutez un, une apprentie en situation de handicap, l’aide exceptionnelle est de 6 000 Euros.Pour les autres recrutements, 2 variables sont à prendre en compte : L’effectif équivalent temps plein de votre entreprise et le niveau d’étude visé dans le cadre du contrat d’apprentissage. Pour l’effectif, le seuil à retenir est celui de 250 salarié(e)s en équivalent temps plein. Pour les niveaux d’étude c’est la classification Européenne graduée de 3: CAP à 8: Doctorat.Pour les entreprises de moins de 250 salariés Vous recrutez un ou une apprenti·e préparant un diplôme ou titre pro de niveau 5, un bac+2, l’aide est de 4 500 eurosVous recrutez un ou une apprenti·e préparant un diplôme ou titre pro de niveau 6 ou 7, bac+3 et Bac + 4, l’aide est de 2 000 eurosPour les autres niveaux dont les niveaux 3 et 4, CAP et BAC, ce n’est pas l’aide exceptionnelle qui s’applique mais l’aide unique dont le montant est 5 000 euros. Une situation employeur (moins de 250 salariés), 3 situations « niveau d’étude visés » 3 montant d’aides différents. Jusque-là ça reste assez simple.Pour les entreprises de 250 salarié(e)s et plusça se complique un peu. Le premier point à vérifier est votre capacité à respecter d’ici le 31 décembre 2027, l’obligation d’emploi d’alternants, car pour bénéficier de l’aide exceptionnelle vous devez soit respecter les 5% attendus, soit avoir atteint au moins 3 % d’alternants (contrats d’apprentissage et contrats de professionnalisation) dans l’effectif salarié total annuel au 31 décembre 2027 ET avoir connu une progression d’au moins 10 % d’alternants au 31 décembre 2027 par rapport au 31 décembre 2026.Si vous êtes en capacité de répondre d’ici fin 2027 à ces 2 impératifs vous pouvez solliciter l’aide exceptionnelle. Comme pour les TPE, elle est variable selon le niveau du diplôme ou titre pro visé.Niveau 3 et 4 : 2 000 EurosNiveau 5 : 1500 EurosNiveau 6 et 7 : 750 Euros….. Tiens ceci correspond pile poil à la participation obligatoire publiée dans le décret 2025-585 du 27 juin 2025 et de ce fait donne une balance charge-produit à zéro.Désolé, si je vous ai donné, avec tous ces chiffres et conditions, un mal de crâne, je ne suis qu’un chat pitre qui détaille les textes pour vous aider à retomber sur vos pattes quelques soit votre situation. Si vous avez besoin d’effectuer l’exercice à tête reposée, les ressources du ministère du travail sont les sources fiables à consulter.Par Ludovic SimoninRéférenceshttps://travail-emploi.gouv.fr/aides-aux-contrats-en-alternance-guide-pratique-destination-des-employeurs-et-des-organismes-de-formation
76. Brise-glaces participatifs : créer confiance et participation active
03:51||Saison 1, Ep. 76Dans cet épisode, Nadège, la Chat Pitre qui veille sur la diversité et l’inclusion en formation, poursuit sa réflexion sur le rôle des brise-glaces pour créer un climat inclusif et participatif dès le début d’une session. Après avoir exploré les principes des brise-glaces dans un épisode précédent, elle partage cette fois les conseils et outils utilisés par ses partenaires du podcast Vos billets formation – Frédérique, Ludovic et Valérie – pour sécuriser et mettre en confiance les apprenant·es.Intention et objectifLe point essentiel pour un brise-glace réussi ? Partir de l’intention. Il ne s’agit pas de suivre la mode ou un outil “tendance”, mais de définir ce que vous voulez créer : un climat de confiance, une dynamique participative, et une ouverture à la parole. Le feedback, dès le début et tout au long de la formation, permet d’ajuster vos choix et de rester à l’écoute du groupe.Mur des humeursValérie recommande le mur des humeurs d’Euridia : une illustration avec de petits personnages exprimant différentes émotions et postures. Chaque participant·e choisit celui qui reflète son état du moment, permettant de visualiser rapidement l’état émotionnel et la motivation du groupe pour le sujet de la formation.Six chapeaux de BonoLudovic utilise les six chapeaux de Bono. Chaque chapeau représente une perspective : factuelle, émotionnelle, critique, créative, positive et organisationnelle. Cette approche aide le groupe à explorer un sujet de manière structurée, à relativiser les jugements spontanés et à permettre à chacun·e de s’exprimer selon sa personnalité et ses facilités.52 cartes de feedbackFrédérique propose les 52 cartes de feedback du Groupe Thiagi. Chaque famille de cartes correspond à un type de retour : le cœur pour dessiner, le pique pour lister… On tire une carte, on suit la consigne et chacun réalise l’activité individuellement ou en groupe. Cette méthode facilite la prise de parole et génère des retours variés et créatifs, même pour les participant·es plus réservés.Petits groupes et préparationLes activités en binômes, en trinômes ou collectivement (dessin, questionnaires) permettent de préparer sa prise de parole avant la plénière. C’est utile pour inclure les plus discrètes et relancer l’énergie du groupe.Oracle écoféministePour les contextes informels et les participantes audacieuces, Nadège utilise l’oracle écoféministe du Monde selon les Femmes, un outil visuel et engagé sur les inégalités, stimulant des discussions profondes et riches.Conclusion et passage à l’actionL’idée clé : définissez votre intention, choisissez un outil que vous maîtrisez, adaptez-le à votre groupe et apportez votre touche personnelle. Voilà la recette d’un brise-glace inclusif et efficace.Et vous, quelles sont vos pratiques ? Écrivez-nous à vosbilletsformation@gmail.com : vos retours pourraient inspirer un prochain épisode. Et restez rassuré·es, les Chats Pitres veillent ! 🐾Par Nadège RicheRéférencesMur des humeurs – Euridia : https://www.euridia.frSix chapeaux de Bono – Edward de Bono : https://www.debono.com52 cartes de feedback – Groupe Thiagi : https://www.thiagi.comOracle écoféministe – Le Monde selon les Femmes : https://www.lemondeselonlesfemmes.com
75. L'engagement en formation
04:47||Saison 1, Ep. 75Pour le formateur et l’organisme de formation, c’est le graal recherché : que tous les apprenants soient présents et participent très activement à la formation.L’engagement en formationL’engagement en formation est représenté par l'acte d'entrée puis d'implication dans le processus d'apprentissage. Cet engagement est mesurable à l’aide des trois variables :la performance (pas uniquement des résultats mais aussi des efforts réalisés et globalement de l'attitude de l'apprenant : participation, son investissement…)les aspects cognitifs comme par exemple le genre de stratégies d’apprentissage choisies et mises en oeuvre.les indices émotionnels ou le rapport à l'apprendre (histoire personnelle avec l'apprentissage ou avec une activité d’apprentissage en particulier,…)Levier de performanceLe formateur peut aider à la détermination d’un but précis par l’apprenant, il ne doit pas rester trop général ou lointain. Sans objectif l’apprenant aura des difficultés à s’engager en formation ou à soutenir son engagement dans une tâche d’apprentissage.L’autre dimension est d’informer sur les critères d’évaluation et de réussite de cet objectif. L’apprenant doit pouvoir mesurer ses avancées et ses nécessités d’effort.Un autre levier est métacognitif : l'apprenant doit savoir quand il sait ou ne sait pas. Le formateur peut utiliser une alternance d’apprentissages avec des tests immédiats et répétés des connaissances.Le storytelling, un levier émotionnelIl s’agit de transmettre des informations d‘une manière captivante en utilisant des récits, des métaphores, des symboles... Il permet de mettre en perspective un concept en le rendant réel. Il facilite la mémorisation grâce aux émotions ressenties.La composante personnelle, un facteur d’engagementL'image de soi, traduite par le sentiment d'efficacité et l'évaluation de sa capacité à accomplir, à réussir la tâche proposée.Un sentiment d'efficacité élevé favorise :l’utilisation de stratégies cognitives performantes,l’engagement dans des activités plus difficiles,un niveau d’effort et de temps passé à étudier plus importantLe sentiment d’efficacité joue un rôle plutôt complexe : entre l'image que la personne a de soi, qu'elle aimerait que l'on ait d'elle, qu'elle pense que l'on a d'elle et vue par les autres (image de moi telle que les autres voudraient que je sois).Les personnes préoccupées par l’idée de renvoyer une image négative d’elles auront tendance à moins s’engager en formation que celles centrées sur l’accomplissement d’une image positive.Les personnes s’engageant le plus sont celles qui sont les plus centrées sur leur progression dans leurs apprentissages plutôt que sur l’image d’eux même.La valeur perçue perception de la formationLa perception d'utilité de la formation et des tâches entreprises pour atteindre son objectif de transformation de soi sont considérées comme un outil de la motivation (« régulation identitaire »).L’engagement en formation est d’autant plus fort que la formation est vue comme un moyen efficace de réguler les tensions auxquels le participant est confronté dans sa vie à ce moment là.Les leviers du formateur sont peu nombreux dans ce registre. Toutefois, il peut créer des conditions de lucidité chez l’apprenant sur sa dynamique identitaire en identifiant les obstacles mais aussi les ressources possibles.L'engagement en formation sous contraintea motivation de l’adulte lorsqu’il intègre une formation sous contrainte est faible.Le rôle du formateur est majeur dans l’engagement en formation du candidat. Il peut agir sur différents facteurs :le climat de classe,les modalités d’interactions sociales,la nature des tâches,le degré de mise en évidence entre situation de formation et situations de travail,la mise en perspective des attentes personnelles à combler.la stimulation grâce au but à atteindrela posture du formateur : bienveillante, encourageante, soutenante et dynamisante, ...Par Frédérique Bertelet
74. S’interviewer en formation pour découvrir la pratique de l’autre
03:03||Saison 1, Ep. 74Aujourd’hui, Valérie vous propose de découvrir un outil simple et accessible en intelligence collective : l’interview en formation. Une technique qui transforme vos apprenants en journalistes… et qui fait émerger expériences, idées et apprentissages. L’interview pédagogique, c’est quoi ? L’interview en formation consiste tout simplement à mettre les participants en binômes : l’un joue le rôle du journaliste, l’autre celui de l’interviewé.L’objectif est de poser des questions autour d’un thème lié à la formation : une expérience professionnelle, une pratique, un défi rencontré.Intérêt de cette activitéCette activité permet de prendre du recul sur les situations de travail et de découvrir les approches des autres participants. Le principe est simple :– on pose des questions ouvertes,– on écoute vraiment,– et on cherche à comprendre l’expérience de l’autre.Comment mettre en place l’activité ? Pour mettre en place cette activité, quelques étapes suffisent :-Former des binômes et attribuer les rôles : journaliste et interviewé.-Donner un cadre clair : les questions sont franches, l’échange se fait en confiance.-Fixer un objectif : écouter pour comprendre l’autre et en tirer des pistes de réflexion ou d’action. Ensuite, vous pouvez demander une courte restitution :– ce que j’ai appris de mon partenaire,– ce qui m’a surpris,– ou ce que je retiens pour ma pratique.Pourquoi utiliser l’interview en formation ? L’interview est un véritable levier pédagogique :elle développe l’écoute active,elle valorise l’expérience des participants,elle permet de travailler des compétences comme questionner, reformuler et structurer un discours,et elle favorise la réflexivité sur les pratiques professionnelles. Et surtout, c’est une activité qui s’adapte partout : en début de formation pour créer du lien, en milieu de session pour creuser un sujet, ou en fin de parcours pour capitaliser les apprentissages.Votre défi pour votre prochaine formation ?Testez l’interview pédagogique.Quelques minutes d’échange, deux rôles simples… et vous verrez apparaître une richesse incroyable dans les expériences de vos apprenants.Parce qu’en formation, parfois, les meilleures ressources sont déjà dans la salle.À très bientôt pour un nouvel épisode dédié à l’innovation pédagogique ! Par Valérie Gabillard
73. Lutte contre la fraude en formation
04:03||Saison 1, Ep. 73La lutte contre la fraude en formation professionnelle se précise. Plusieurs publications Ministérielles et législatives ont été effectuées.Les priorités : Les contrôles des actions financées par le Compte personnel de formation (CPF) et ceux des actions proposées par les Centre de formation d’apprentis (CFA) Les travaux du guide de lecture Qualiopi V10 ont repris et plusieurs pistes portent sur les éléments de preuves mobilisables au titre des indicateurs applicables aux CFA.Souvenez-vous, c’était juste avant le remaniement ministériel, la publication d’un communiqué de presse présentant plusieurs mesures pour lutter contre la fraude dans le secteur de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Nous l’avons traité dans l’épisode 46 Le 5 Septembre 2025Avec un nouveau Ministre et une chargé de la formation professionnelle les travaux ont repris et les avancées se précisent. Plusieurs amendements ont été présentés dans le cadre du vote du texte de lois lutte contre les fraudes sociales et fiscales.Sur quoi portent les amendements?Ces amendements pour la partie formation portent sur les fraudes au CPF et à l’apprentissage.Comme nous le rappelle un article de la banque des territoires sur une centaine de Centre de formation d’apprentis contrôlés en 2024, en île de France 7 ont fait l’objet de redressement supérieur à 1 million d’euros et 40 ont vu leur numéro de déclaration annulé.Les amendements proposent :De rendre obligatoire en complément du taux de réussite la publication du nombre d’inscrits. De rendre publique la publication des retraits de NDADe renforcer les possibilités de contrôle des agents de l’état en autorisant le contrôle sur échantillonnage afin d’extrapoler les résultats sur l’ensemble de l’activité du prestataire contrôlé C'est pour quand?Le vote du texte est prévu fin mars 2026. Mais une circulaire présentée dans un communiqué de presse publié sur le site du ministère le 24 Février 2026 a déjà été transmise aux services de l’état. Elle donne pour instruction de se concentrer en 2026 et 2027 sur les CFA et sur les actions financées par le CPF.D’autres mesures complètent ces amendements comme :le décret 2026-134 du 27 février 2026 le rappel et renforcement de la possibilité pour les opcos d’effectuer des contrôles sur pièces du service fait ou de la qualité des actionsOu dans les travaux sur la V10 du guide de lecture Qualiopi des pistes centrées sur plusieurs précisions au titre des éléments de preuve mobilisés par les CFA dans le cadre des indicateurs qui les concernent voire un éventuel nouvel indicateur spécifique aux CFAIl semblerait que la récente mobilisation du ministre dans le suivi du retrait de NDA d’un CFA Francilien soit suivie d’effets immédiats afin de remédier à des pratiques peu favorables aux développements des compétences des apprentis et à leur réussite aux examensLa libéralisation du système par la loi de septembre 2018 nécessite une régulation qui est en cours.Par Ludovic SimoninRéférences:https://www.banquedesterritoires.fr/les-mesures-du-gouvernement-pour-lutter-contre-les-brigands-de-la-formation?pk_campaign=newsletter_quotidienne&pk_kwd=2026-02-27&pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&pk_medium=newsletter_quotidiennehttps://travail-emploi.gouv.fr/formation-professionnelle-les-ministres-jean-pierre-farandou-et-philippe-baptiste-annoncent-des-mesures-de-regulation-du-secteur-et-daccompagnement-des-apprenants-en-cas-de-defaillance-de-cfa#:~:text=Communiqu%C3%A9%20de%20presse&text=Le%20ministre%20du%20Travail%20a,particuli%C3%A8rement%20touch%C3%A9s%20par%20les%20fraudes.
72. Formation inclusive : Le rôle essentiel des brise-glaces
04:07||Saison 1, Ep. 72Dans cet épisode, Nadège explore le rôle essentiel des brise-glaces pour instaurer une dynamique inclusive dès le début d’une formation. Elle explique comment ces exercices peuvent poser le ton, créer un climat de confiance et favoriser la participation active, tout en présentant les écueils à éviter pour ne pas exclure certaines personnes.Qu’est-ce qu’un brise-glace ?Nadège rappelle qu’un brise-glace est un exercice proposé en ouverture d’une formation. Il sert à dynamiser le groupe, installer la confiance et donner dès le départ l’idée que chacun et chacune sera invité·e à s’exprimer. Il illustre ainsi l’alignement entre les valeurs d’inclusion que l’on enseigne et les pratiques pédagogiques utilisées.Risques d’exclusion.Elle distingue deux types d’exclusion possibles :Sur le fond : un sujet clivant ou intimidant peut mettre certaines personnes mal à l’aise, par exemple demander d’évaluer ses compétences devant tout le monde.Sur la forme : des consignes peu claires, des objets difficiles à manipuler, des déplacements ou la prise de parole non préparée peuvent exclure des participant·es.Comment rendre un brise-glace inclusif ?Nadège détaille ses bonnes pratiques :Sur le fond : choisir un sujet simple, accessible à toutes et tous, favoriser la coopération, proposer une alternative pour celles et ceux qui ne souhaitent pas parler. Poser des questions ouvertes et laisser chacun·e partager à son rythme.Sur la forme : expliquer clairement les consignes à l’oral et les afficher à l’écrit, laisser un temps de réflexion individuelle, commencer en binôme avant de passer en plénière, et s’assurer que chacun·e ait la possibilité de prendre la parole à tour de rôle.Exemple pratiqueUn exercice qu’elle affectionne particulièrement consiste à faire circuler une boîte contenant un miroir et demander à chacun·e d’identifier une qualité chez soi. Ensuite, en cercle, chacun·e partage la qualité identifiée et avance d’un pas si quelqu’un d’autre se reconnaît. Simple, adaptable, valorisant et puissant pour créer du lien autour des forces partagées dans le groupe.Passage à l’actionNadège conclut en invitant les formatrices et formateurs à repenser leurs brise-glaces comme un levier concret de posture inclusive, au-delà d’un simple jeu, et à expérimenter ces pratiques dès la prochaine session.Par Nadège Riche
71. Mémoire, plume et guitare
04:38||Saison 1, Ep. 71Dans ma tête il y a toujours une chanson qui tourne, une musique, un refrain, entendu la veille ou qui resurgit du passé. Longtemps j’ai cru que c’était totalement personnel jusqu’à lire l’ABCDaire intime de Jean-Claude Carrière, vous savez, le fameux scénariste. Il raconte que dans le café de ses parents, à Montreuil, un juke-box diffusait des variétés alors qu’il était ado. Plus tard, adulte, alors qu’il n’a pas l’oreille musicale, ces chansons qu’il trouve sirupeuses et banales lui reviennent en tête tous les matins, malgré lui, sans qu’il sache pourquoi. Et il se surprend à les fredonner 5 fois, 10 fois, toute la matinée!Aujourd’hui à la chorale de mon quartier, nous sommes une quarantaine adultes de 25 à 80 ans, nous tentons de retenir la mélodie, le rythme et les paroles des chansons écrites par nos 2 chefs de choeur. Ils ont beau nous supplier, nous menacer, il n’y a rien à faire, une grand majorité des chanteurs conservent la tête baissée sur les paroles pendant que nous répétons et que les chefs s’agitent pour nous envoyer les départs, nous impulser des nuances, bref pour nous diriger.En juin lorsque nous chanterons en public, nous n’aurons plus droit aux papier et par miracle tout le monde connaîtra ses paroles ! Les neurosciences nous ont appris que mémoriser une chanson, ce n'est pas un acte unique — c'est une combinaison de plusieurs mémoires qui s'activent en même temps. La mémoire des mots, celle du rythme, celle de la mélodie, et même la mémoire du corps, quand on bat la mesure ou qu'on ressent les voyelles dans sa gorge J’ai mené ma petite enquête auprès de mes collègues chanteurs et chanteuses pour comprendre comment chacun retient les paroles, qui s'enchaînent du couplet au refrain sans toujours suivre une logique évidente.Et là surprise, chacun a sa méthode, sa porte d’entrée. Par exemple la kinesthésique : elle mémorise sa posture, la position de sa bouche, de ses mains et cela lui indique une émotion qui la ramène aux paroles.L’autre, sémantique laisse son cerveau faire. S’il ne veut pas retenir, tel ou tel vers, elle ne force pas, (je suppose qu’elle fait du play-back ?)Une troisième écrit des antisèches sur ses avant bras et oui même à 70 ans on fait des antisèches !Pour ma part je me construit des images mentales qui se succèdent telle une Bande dessinée.Et puis tous nous utilisons la mémoire procédurale (c’est à dire l’automatisme) en chantant et re-chantant sans cesse, vocalement mais aussi dans nos têtes car nous sommes habités par ces chansons sensibles et entrainantes !C’est indispensable car il s’agit de retentir les paroles bien sûr mais aussi de démarrer tous ensemble au bon moment et avec la bonne tonalité ! Le chercheur David Rubin, dans ses travaux sur la mémoire des traditions orales, démontre que ce qui aide le plus à retenir un texte chanté, c'est la superposition de contraintes : le rythme contraint la mélodie, qui contraint les mots. Chaque couche renforce l'autre. Et plus récemment, d’autres chercheurs ont démontré que plus on vieillit plus on retient en fonction de nos émotions. Et on le sait, les neurosciences le disent : les émotions sont un des piliers de l’apprentissage. Alors je lance le défi aux formateurs, enseignants et professeurs, à vos plumes et vos guitares, écrivez vos cours donc des ritournelles.Par Frédérique Bertelet
70. Intelligence collective : créer un speed dating pédagogique
03:33||Saison 1, Ep. 70Valérie met sous les projecteurs une technique simple, rapide… mais redoutablement efficace : le speed dating pédagogique.Un format court, énergisantUn format court, énergisant, idéal pour créer de la dynamique, des idées et des connexions entre vos apprenants. Le speed dating pédagogique s’inspire du concept des rencontres rapides.En formation, il s’agit d’organiser des échanges courts en binômes — généralement 2 à 4 minutes — autour d’une question ou d’une problématique ciblée. Après chaque échange, les apprenants changent de partenaire pour passer à la rencontre suivante.Les atouts du speed dating pédagogiqueCe format structuré permet de multiplier les échanges et les expériences partagées en très peu de temps. Voici comment déployer cet outil dans vos animations :Préparez des questions ciblées. Fixez une thématique par round : retour d’expérience, mini-défi, question réflexive…Organisez des binômes tournants. Choisissez un temps de parole bref (2 à 5 minutes) puis changez de partenaire à chaque tour.Maintenez le rythme. Un signal sonore ou un chronomètre permet de garder l’énergie du groupe et d’éviter les longues digressions.Quand utiliser le speed dating pédagogique?Le speed dating peut être utilisé en début de session pour briser la glace, en milieu de journée pour relancer l’attention, ou en fin de formation pour consolider les acquis. Pourquoi ce format marche si bien ?Briser la glace rapidement. Même de grands groupes se sentent connectés dès les premières minutes.Stimuler l’apprentissage par la diversité des échanges. Chaque rencontre offre une nouvelle perspective, favorisant curiosité et créativité.Développer des micro-compétences communicationnelles. Aller à l’essentiel, écouter activement, s’adapter : des compétences utiles dans tous les contextes professionnels.Prendre du recul sur sa pratique. Les échanges successifs aident à clarifier sa pensée et à enrichir sa réflexion personnelle. Votre défi pour votre prochaine session ? Intégrez au moins un speed dating pédagogique : un moment court, rythmé, et plein d’énergie.Observez comment vos participants se connectent, enrichissent leurs idées et apprennent les uns des autres.Par Valérie Gabillard
69. Compensation du handicap : comment l’Agefiph vous soutient
04:11||Saison 1, Ep. 69IntroductionDans cet épisode, Nadège propose un éclairage concret sur l’accessibilité et la compensation du handicap en formation professionnelle. Elle explique comment ces deux leviers, complémentaires, permettent de garantir l’égalité des chances pour les apprenant·es en situation de handicap, et surtout comment s’appuyer sur l’Agefiph pour mettre en place des adaptations sans faire reposer la charge uniquement sur les organismes de formation ou les formateur·ices.Accessibilité versus compensation du handicapNadège rappelle la distinction essentielle entre accessibilité et compensation du handicap. L’accessibilité consiste à concevoir des formations utilisables par le plus grand nombre dès le départ, tandis que la compensation correspond à des ajustements individualisés, mis en place à la demande d’une personne pour répondre à un besoin spécifique.Grandes catégories d’adaptation en formationEnvironnement physique : rendre les espaces et le matériel accessibles et confortables. Exemples : bureau réglable en hauteur, chaise ergonomique, éclairage adapté ou bras articulé pour écran, financés ou prêtés avec le soutien de l’Agefiph.Environnement numérique : adapter les outils informatiques et les supports pédagogiques. Exemples : logiciels de synthèse vocale ou de grossissement, plages braille, claviers adaptés et matériel informatique spécifique.Planning de formation : aménager le rythme, la durée et l’organisation du parcours. Exemples : temps partiel, parcours fractionné ou plus long, avec un appui de l’Agefiph pour sécuriser le parcours.Contenu pédagogique : rendre les supports accessibles et compatibles avec les outils d’accessibilité. Exemples : transcription écrite des vidéos, PDF et Word accessibles, adaptation en FALC et supports lisibles par lecteurs d’écran.Évaluation : garantir l’égalité des chances lors des examens et contrôles de connaissances. Exemples : tiers-temps, aides humaines ou interprètes en langue des signes française.Passage à l’actionL’épisode invite les organismes de formation, les centres de formation des apprenti·es et les formateur·ices à passer à l’action : poser systématiquement la question des besoins en accessibilité, contacter l’Agefiph de leur région et intégrer ces adaptations dans leurs pratiques. Une démarche simple qui permet de rendre les formations plus inclusives, plus justes et plus efficaces pour toutes et tous.Par Nadège RicheRéférences:L’AGEPHIP: https://www.agefiph.fr/