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cover art for L'épopée du quotidien

Un matin bouquin

L'épopée du quotidien

Ep. 37
•

Dans la première liste du Goncourt, et choisi dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge (Tableau Automne ensorcelant / Catégorie : La nuit des betteraves grimaçantes)

Mots clefs choisis : Foyer Réconfort (c'est effectivement une écriture toute douce et qui fait du bien)

Choses que je croyais perdues, Clémentine Mélois

Je voulais te dire : sans le faire exprès, j'ai cassé le verre à moutarde Musclor que tu amiais bien. Le prince sous stéroïdes mal imprimé a perdu sa tête, mas il continue de flatter d'une main distraite l'encolure de son tigre vert de compagnie. Tu avais trouvé ce verre dans le vide-grenier où les gens vendaient pas cher de jolies choses. Après l'avoir regardé longtemps avec intensité, tu l'avais négocié à deux euros. C'était un souvenir d'enfance et ta joie m'avais attendrie. Cela allait encore entre nous à ce moment-là, enfin, je crois."

Une jeune femme fait ses cartons tandis qu'elle et Tristan, ensemble depuis 7 ans, se séparent. Les objets qu'elle manipule convoquent des anecdotes, des souvenirs, et par là-même la font passer par toutes sortes d'émotions, dans un très juste équilibre ; on sent son émotion sincère, tout en maintenent la bonne distance ironique. Par exemple elle se demande sir les ouvercles de tupperware n'ont pas pris la tengente avec les chaussettes orphelines !

Seule dans son appartement, une jeune femme emballe ses affaires. Demain, des déménageurs emporteront des traces fragiles de son existence. Elle pense à l'homme dont elle vient de se séparer, des histoires surgiront des objets qu'elle manipule.

Tout cela est l'occasion d'une réflexion mélancolique, qui nous touche tous, sur ce qui reste, ce qui disparaît. Cl'amentine Mélois a dit dans une interview qu'a son sens il y avait deux types de personne : ceux qui gardent et ceux qui jettent. Je suis une jeteuse, elle est une gardeuse, et elle a réussi à me communiquer ses émotions quand même, en leur donnant a final une touche très universelle.

Une assiette au filet d'or, un ensemble H&M couleur poils de chameau, un rouleau de sopalin : ces témoins d'une vie ordinaire ont autant à raconter qu'un trépidant roman d'aventures.

Clémentine Mélois ajoute de la fantaisie à nos vies, elle valorise comme personne les petits riens, et fait de notre quotidien une véritable épopée.

Pour ce qui est de la forme, on est embarqué dans sa tête, elle saute du coq à l'âne, entre réminiscences du passé et moments du présent.

Tous les débuts de chapitre, on trouve une photo (tirée des journaux qu'une voisine compatissante lui a donnés pour faire ses cartons, pour limiter la casse) légendée de façon un peu absurde, et qui amène un décalage plaisant avec ce qui se passe dans le présent.

Que reste- t-il de ce que nous avons vécu ? De quelle légende sommes-nous faits ? Les grandes amoures comme les petite riens, les désillusions et les désirs sont au coeur de ce roman plein de surprises, à la fantaisie incomparable.

Clémentine Mélois rend effectivement le banal précieux, avec beaucoup de délicatesse? La tendresse déborde de ses pages, et c'est un roman que je vous recommande chaudement !

#PumkinAutumnChallenge

#PALduPAC

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  • 41. Ca bouge dans ma PAL du Pumpkin Automn Challenge

    12:09||Ep. 41
    Quelques abandons dans mes lectures du Pumpkin Automn Challenge, qui font de la place pour de nouveaux romans entrants !Dans le cadre du tableau Automne profane / Catégorie Le courage en paroles n'aura pas raison de ce démon / Mot-clef Dragon :J'ai abandonné tout d'abord La cité des Anciens T1 Dragons et serpents, de Robin Hobb. En fait je le mets juste de côté car a priori (d'après ChatGPT, et corroboré par mon propre sentiment) il ne faut pas commencer par cette série mais plutôt par celle de l'Assassin royal pour entrer dans son oeuvre. Donc, je prévois de lire l'Assassin dans un avenir proche, j'enchainerai ensuite si cela me plait par La cité des Anciens. Le début avec une liste de personnages pour suivre le fil de l'intrigue, et les débuts avec un dragon m'ont fait un peu peur je l'avoue, j'ai basculé de façon un peu trop brutale dans un unviers de fantasy trop marqué.J'ai ensuite abandonné Un ciel plein de dragons de Tiffany McDaniel, une autrice américaine dont je ne savais pas qu'elle écrivait aussi pour les enfants (elle s'est faite connaître avec Betty coté adultes). ici c'est mignon, mais elle a mis trop de temps à mon sens à installer son univers, sans qu'il y ait aucun rebondissement, cela m'a frustrée.Je suis alors allée piocher un nouveau mot-clef correspondant à cette catégorie, Epouvante, qui m'a permis de sélectionner The fisherman, John Langan. Plusieurs raisons ont présidé à mon choix : on est dans de l'horreur cosmique, c'est à dire que la nature fait peur, et se venge, et j'adore l'idée. Cela parle de deuil également, les deux héros sont deux veufs que le deuil a rapprochés, et qui trouvent un peu de réconfort dans leur passion commune pour la pêche. Un jour, ils décident de se rendre à Dutchman 's Creek, un cours d'eau isolé auquel sont attachées d'étranges légendes. J'ai une relation amour-haine avec la littérature d'horreur, je vais réessayer de m'y remettre, mais uniquement quand je serai en compagnie de mon compagnon.Dans le cadre du tableau Automne ensorcelant / Catégorie Les fourberies de Goupil, j'avais retenu le mot-clef Comique pour opter pour :Retenir les bêtes, Magnus Mills. je ne l'ai pas terminé car je n'ai pas été sensibles à l'humour absurde, on suit 2 ouvriers écossais pires que catastrophiques, qui posent des clôtures en Angleterre. C'est un style pince sans-rire, avec un comique de situation qui se répète, dans un style minimaliste. Je n'y ai pas été sensible. Je me suis alors réorientée vers les mots-clefs : Fable / Conte / anthropomorphisme, pour aller vers le grand classique de la littérature jeunesse Le vent dans les saules, Kenneth Grahame. C'est a priori une jolie fable animalière qui met en scène Rat, Taupe, Blaireau et Crapaud. Ici on anthropomorphise les animaux, entre escapades champêtres, amitié indéfectible, et tentatives pour remettre Crapaud dans le droit chemin (car derrière son apparente simplicité, le récit oppose la douceur d'une existence paisible à l'agitation du monde moderne, incarnée notamment par les lubies de Crapaud. Et toujours dans le cadre d'Automne ensorcelant / Catégorie De sorcière et de poussière / Mot clef : SorcièrePas terminé La sorcière à la jambe d'os, Zelimir PerisUn roman picaresque de plus de 700 pages, que je n'ai pas ressenti comme picaresque, construit en 52 chapitres aux formes et chronologies variées, qui dessinent en creux le portrait de Gila. Cela est censé provoquer du suspense et de l'intérêt de Gila, cela a provoqué le contraire chez moi, la dimension ludique m'a éloignée d'elle et de son destin. Substitué par Un livre mignon de cosy fantasy Catacharmique, Eva Delallande
  • 40. Tout mignon, tout doux

    05:12||Ep. 40
    Roman choisi dans le cadre du Pumpkin Autumn ChallengeTableau : Automne des troubadoursCatégorie : Faites silence et prenez un siège car avant longtemps vous n'entendrez complainte aussi douceMot-clef choisi : Cosy fantasy#PumkinAutumnChallenge#PALduPACLa petite boutique des sortilèges, Sarah Beth DurstUne somptueuse fable qui foisonne de livres et de sortilèges volés, d'amitiés inattendues, de confitures délectables et d'amours plus délicieuses encore. Une comédie romantique peuplée de créatures mythiques, et saupoudrée de roulés à la cannelle et de magie, qui met du baume au cœur et nourrit l'âme. Je l'ai choisi car c'est une référence incontournable de la cosy fantasy, très plébiscité sur Babelio, il a même eu un prix des lecteurs en 2025. A paru au printemps 2025, Bragelonne pour la France. C'est typiquement une lecture feel good, dans laquelle des valeurs comme la tolérance, l'entraide, la gentillesse l'emportent toujours à la fin. La jeune héroïne est au départ une bibliothécaire très solitaire et réservée, qui va apprendre à s'ouvrir aux autres tout au long du roman. Après la grande ville, elle arrive dans un petit village ou tout le monde prend soin de chacun, et pour ce faire il faut se connaître les uns les autres. Kiela a toujours eu du mal avec les gens. Par chance, son travail à la grande bibltiothèque d'Alyssium lui a permis de vivre en recluse parme les livres de sortilèges les plus précieux de l'empire. Mais lorsqu'une révolution éclate et que la bibliothèque part en fumée, Kiela et son assistant Caz, une plante sentiente créée par magie, sauvent autant de livres qu'ils le peuvent et mettent le cap sur une île lointaine où Kiela était certaine de ne jamais retourner : la terre de son enfance. Elle atterrit donc sur son île natale, et je n'en dis pas plus de ses aventures, pour ne pas qu'elles le pas sur l'ambiance et les personnages, qui font tout le sel de cette histoire. Par contre, à la différence de moi, certains déplorent justement l'absence d'aventures sur une partie du roman, au moment où cela patinait pour certains, j'étais justement en train de savourer l'ambiance dans ce petit village. En conclusion, c'est un livre assez charmant, par contre je ne vais pas explorer plus avant l'univers de l'autrice, je vais m'en tenir à ce tome initial, vers lequel je suis allée par curiosité.
  • 39. Dracula est dans la place

    05:08||Ep. 39
    Transylvania, Nicolas BeugletJ'ai été attirée par le titre et la couverture, qui évoquent le château du comte Dracula. j'ai imaginé un meurtre en huis-clos, dans un chatêau coupé de tout à cause de la neige. Cela n'est pas cela du tout, l'enquête va être menée à l'échelle mondiale, et de façon assez improbable à mon sens.Voici ce qu'en dit la quatrième de couverture :Encore aujourd'hui, on prétend que le château de Bran, en Transylvanie, était la propriété du comte Dracula. Rares sont ceux qui s'arrêtent dans cet hôtel reculé, cerné par la neige et la glace. L'endroit paraît habité par des fantômes depuis la nuit des temps. Il est vrai que le roman démarre sur les chapeaux de roue, Mina l'enquêtrice voulant à tout prix arriver au plus vite dans le château. Déjà à ce stade là j'ai eu une petite alerte dans la tête, me demandant pourquoi l'auteur veut la faire aller si vite, à l'heure près, alors que rien ne le justifie dans l'enquête.Pour information, Mina est aussi un des personnages de Dracula, de Bram Stoker, elle est la fiancée de Jonathan Harker, le jeune notaire qui rencontre Dracula en Transylvanie.C'est là que la jeune inspectrice Mina Dragan est envoyée pour l'enquête sur un meurtre étrange. Un cadavre gît dans une chambre, celui de l'unique client de l'établissement. A ses côtés traîne une vieille malle rouillée. Avant de disparaître, l'assassin a inscrit un tatouage énigmatique sur la main de sa victime. Mina ne le sait pas mais c'est pour elle le début d'un jeu de piste terrifiant qui lui fera découvrir la face cachée et peut-être pas si imaginaire que ça des contes de fées de notre enfance. Et si la clef de tous ces mystères se trouvait dans un seul livre ? Il était une fois...Je n'ai pas aimé la façon dont Mina mène son enquête. Elle fait d'abord fi de toutes les règles de la police, en plus confortée en cela par son supérieur, et alors que rien ne l'y oblige. Tous doit être fait vite, et cela imprime un faux rythme à l'enquête. Et elle entre effectivement dans un jeu de piste orchestré par le meurtrier, et accepte ce faisant de devenir son jouet, sans réfléchir plus avant acceptant de devenir peut-être un instrument dans la réalisation de ses plans. Ce qui pour une enquêtrice censée le pourchasser est un comble !Dans ce thriller qui plonge dans les profondeurs de notre subsconcient, Nicolas Beuglet explore, une fois de plus, les ombres du passé pour éclairer l'avenir. Haletant. Vertigineux. Passionnant. Je ne suis donc pas en phase avec ce que dit la 4ème de couverture, indisposée par une enquêtrice que je n'ai pas trouvée ni très maligne dans sa rébellion, ni très complexe dans son tempérament. Une fois ceci dit, je suis quand même allée au bout du roman, car j'étais intéressée par connaître le fin de mot de l'histoire, donc l'auteur a tout de même un vrai talent à nous narrer l'histoire.#PumkinAutumnChallenge#PALduPAC
  • 38. Héros dans la brume

    05:33||Ep. 38
    La brume l'emportera, Stéphane ArnierLu dans le cadre du Pumkin Autumn Challenge : Tableau Automne profane / Catégorie Gifried et l'alchimie du sang / Mot-clef : BrumeDans un monde inexorablement englouti par une brume remontant de passé, Keb Gris-de-Pierre, berger de son état, a tout perdu. Maramazoe, guerrière renommée du pays des mers, est une paria. Autrefois ennemis, ils arpentent ensemble les sentiers de montagne et les crêtes escarpées à la recherche d'une échappatoire, mais également de réponses. C'est le très beau titre qui m'a attirée, et la promesse de la brume, j'en suis souvent environnée là où je vis et c'est une sensation que j'aime beaucoup. Et on a effectivement une brume hostile dans le roman, qui dévore tout.Les deux personnages au fur et à mesure de leurs aventures (il y en a beaucoup, trop peut-être pour mon goût à moi, cela m'a moyennement intéressée) s'attachent, et c'est la partie sympathique du roman à mon sens, comment naît leur amitié, assez improbable au début, lui très tourné vers le passé et ce qu'il a perdu -sa femme, son chien, son troupeau, sa maison, elle en quête de rédemption dans le présent. Mara qi plus est semble en savoir beaucoup sur cette mystérieuse brume.Narrant le destin poignant de deux héros que tout oppose, pris dans les ombres de leur passé et contraints de devoir sceller une alliance pour la survie de leur monde, la brume l'emportera captive de la première à la dernière page par sa voix singulière et son émotion vibrante. Je suis moins élogieuse que la quatrième de couverture, car la quête au tour de la brume m'a malheureusement moyennement intéressée, malgré la bonne idée de départ.Mais je lui reconnais un style "suranné et texturé" ont pu dire certains lecteurs. Cela ressemble effectivement un peu à un conte oral, car c'est Keb qui parle à un auditoire, après coup, et il cherche à captiver son auditoire. Une autre lectrice à pu dire, et je suis d'accord avec elle que c'est à la fois "tout doux et très dur", doux du fait de leur jolie amitié grandissante, et dur au regard des épreuves qu'ils traversent.C'est un texte qui a eu le prix Livraddict catégorie Fantasy en 2025, que je ne recommanderais pas forcément mais qui en tous les cas ne m'a pas découragée de lire de la fantasy, ce qui est énorme pour la débutante que je suis !#PumkinAutumnChallenge#PALduPAC
  • 36. Pumpkin Autumn Challenge

    12:10||Ep. 36
    PUMPKIN AUTUMN CHALLENGE 2026#PumkinAutumnChallenge#PALduPACLien vers Le terroir de Guimause qui explique tout !Pumpkin Autumn Challenge – La mélodie des mots – ARSAETHERAUTOMNE PROFANEBisclavret mangera son nez :Loup-garou Lune Métamorphose Fanstatique Songe Secret Royaume Rejet Traque VengeanceMots-clefs utilisés : Mystère Moral Enquête / UN ROI SANS DIVERTISSEMENT, JEAN GIONOErrance de la chevaleresse diaphane :Evanescence Ruine Architecture Donjon Gargouille Malédiction Héritage Viscère Body horrorMots-clefs utilisés : Château Fantôme / TRANSYLVANIA, NICOLAS BEUGLETGiegfried et l'alchimie du sang :Transmutation Or Trésor Elixir Immortalité Vampire Ame Transidentité Corruption ImmortalitéMot-clef utilisé : Brume / LA BRUME L'EMPORTERA, STEPHANE ARNIERLe courage en paroles n'aura pas raison de ce démon :Dark fantasy Ténèbres Mort-vivant Nécromancie Chaudron Anti-héros Epouvante Combat CréatureMot-clefs utilisé : Dragon / LA CITE DES ANCIENS T1 : DRAGONS ET SERPENTS, ROBIN HOBBAUTOMNE DES TROUBADOURSAniron le lai de Beren et de Luthien :Amour Courtois Héroïne Courage Elfe Loyauté Idéalisation Chèvrefeuille HistoriqueMot-clef utilisé : Poésie / POEMES, EMILY DICKINSONFaites silence et prenez un siège, car avant longtemps, vous n'entendrez complainte si douce :Troubadour Musique Art Inspiration Médiéval Divertissement Joie Nostalgie, AubergeMot-clef utilisé : Cosy fantasy / LA PETITE BOUTIQUE DES SORTILEGES, SARAH BETH DURSTSous les ailes du cygne et du corbeau :Celte Merveilleux Féérie Légende Bretagne Guérisseuse Protectrice Voyance Prophétie MortMot-clef utilisé : Don / E.E., OLGA TOKARCZUKLes manches vertes de Dullahan :Chevaleresque Quête Initiatique Défi Voyage Epée Honneur Désir Tentation Manipulation TempsMot-clef utilisé : Classique / GUERRE ET PAIX, LEON TOLSTOIAUTOMNE ENSORCELANTLa nuit des betteraves menaçantes :Samhain Halloween Automne Moisson Citrouille Festin Feu Jeu Farce DéguisementMots-clefs utilisés : Réconfort Foyer / CHOSES QUE JE CROYAIS PERDUES, CLEMENTINE MELOISUne cité pour les dames d'hier d'aujourd'hui et de demain :Récit allégorique Manuscrit Enluminure Illustré Licorne Utopie Science-fictionMots-clefs utilisés : Féminisme Ecrivaine / MON VRAI NOM EST ELISABETH, ADELE YONLes fourberies de Goupil :Ruse Pouvoir Fable Conte Anthropomorphisme Nature Satire socialeMots-clefs utilisés : Comique / RETENIR LES BETES, MAGNUS MILLSDe rose et de poussière :Inquisition Oppression Désillusion Paria Résistance Diversité Magie CroyanceMot-clef utilisé : Sorcière / LA SORCIERE A LA JAMBE D'OS, ZELIMIR PERIS
  • 35. Un été indien

    12:18||Ep. 35
    L'hôtel Nantucket, Elin HilderbrandUn roman de plage parfaitement calibré, pour le meilleur. Nous sommes à l'hôtel Nantucket qui vient d'être luxueusement rénové par un milliardaire, Xavier Darling. Lizbet, qui sort d'une rupture amoureuse difficile, est embauchée pour en assurer la gestion sur place. Elle forte et fragile à la fois, et il est agréable de la suivre dans ses aventures. C'est elle qui est en charge de l'embauche des employés, chacun a ses blessures, ou traîne des casseroles, que l'on va découvrir peu à peu. Il y a donc un peu de mystère, mais pas trop, un soupçon de comédie sentimentale, mais pas que, et on évolue dans un cadre très luxueux, au milieu des nantis. Les gourmands ne seront pas en reste, car il y est question notamment des en-cas du chef de l'hôtel, charmant et talentueux. Et l'hôtel abrite aussi un fantôme ! Gentil, car nous sommes dans un livre détente. Il s'agit de Grace, qui a été tuée par la femme de son amant, en début de siècle dernier, qui a provoqué un incendie, puis l'a enfermée dans le grenier. Elle veut que cela se sache avant d'obtenir enfin du repos.Elin Hilderbrand connait bien Nantucket puisqu'elle y vit avec son mari et ses trois enfants. Elle parvient ici à créer une bulle romanesque très cosy, dans laquelle on se sent bien, avec une écriture qui se tient."La reine absolue des romans de plage" New York Post"L'hôtel Nantucket vous clouera sur votre transat jusqu'à la dernière page." Today"L'hôtel Nantucket a beaucoup à offrir : de la bonne cuisine, des ragots croustillants, des secrets et des scandales, et ce petit quelque chose de spécial qu'Eli Hiderbrand nous offre roman après roman." Frace DimancheL'invitée, Emma ClineIci le cadre est tout aussi luxueux, nous sommes à Long Island, il y est question de villas somptueuses avec piscine, on y organise des grands barbecues et autres fêtes, la plage n'est pas loin, mais l'ambiance est tout autre, quasi angoissante. On suit Alex, qui vit chez Simon, qui fait deux fois son âge, et qui l'a invitée à passer l'été chez lui. Mais très vite, elle va connaître un impair et il va la chasser de chez lui. Elle possède en tout et pour tout son portable et quelques vêtements, et plutôt que de rentrer à New-York, elle préfère traîner dans Long Island, en espérant que Simon la récupèrera bientôt. Même si c'est un roman que j'ai beaucoup aimé, c'est mon seul petit bémol, car cela n'est pas plausible psychologiquement qu'elle espère cela, elle qui semble par ailleurs ne se faire aucune illusion quant aux relations humaines.Alex est très froide, elle ment, manipule, vole, et est toujours à la recherche d'hommes (ou à défaut d'adolescents) pour pouvoir vivre à leurs dépens. C'est ce qui va se passer lors de ces quelques jours pendant lesquels on la suit. Elle ne vit pas, elle survit, parfois à l'heure près, et est constamment dans le contrôle. Elle m'a émue car elle semble anesthésiée émotionnellement parlant, pour pouvoir rester en mode survie. Mais c'est un personnage qui a rebuté nombre de lecteurs du roman.A mon sens Emma Cline pout tout à fait s'inscrire dans la mouvance Weird women who write weird books (des femmes bizarres qui écrivent des livres bizarres). Alex est bizarrement touchante (oui, c'est mon avis !) et mystérieuse, un très bon roman !
  • 1. Un livre phénomène, pour le pire

    07:12||Ep. 1
    C'était ça ou mourir, une odyssée trop belle pour être vrai ?Il a fait la une dans les devantures de librairie, est passé à la Grande Librairie, a été encensé par nombre de critiques littéraires, et a fait le bonheur de ces déjà nombreux lecteurs qui vantent son style et ses qualités littéraires, en plus de parler du sujet, émouvant, celui d'un migrant qui fuit Port-au-Prince pour le Canada. le roman figurait même sur l première liste du Goncourt. Tout cela avant de tomber en disgrâce, d'abord pour soupçon de recours à l'IA (le logiciel Pangram affirme que le roman a été rédigé en grande partie par l'IA), puis par des accusations de plagiat. On a en effet découvert qu'Orélien Thelyson était un plagiaire obsessionnel, que le poème qui l'a rendu célèbre était un copié-collé de trois poèmes japonais anciens, que le récit de son enfance était mot pour mot copié sur celui que Louis Pauwels avait fait de la sienne dans un de ses livres. Communiqué de l'Académie Goncourt : "L'auteur s'est rendu coupable de plusieurs plagiats au fil du temps et qui viennent d'être révélés. Le résultat convergent de chercheurs, de journalistes dignes de foi met en évidence le fait que C'était ça ou mourir est selon toute vraisemblance le produit d'une intelligence artificielle." Fin septembre, Orélien Thelyson a écourté sa tournée promotionnelle en France pour retourner au Québec. Donc c'est un roman vanté par tous, et notamment son style, goncourable, qui défraye désormais la chronique car il est arrivé à tromper tout le monde littéraire. On parle de fin de la littérature à moyen terme. En tous les cas, il devient assez évident qu'un contrat moral est plus que jamais nécessaire entre le lecteur et l'auteur, qui doit expliquer à son public s'il utilise l'IA, à quelles fins (recherche documentaire, rédaction), dans quelles proportions, etc. Toujours est-il que c'est la fin de la carrrière d'Orélien Thelyson, qui ne se remettra pas cette polémique. Par contre, c'est à ce jour le premier roman vendu en France, les lecteurs restant curieux de se faire leur propre avis sur sa prose.
  • 34. De l'humour so british

    08:28||Ep. 34
    Qui prend la mouche (Hamish Macbeth T1), M.C. BeatonM. C. Beaton installe ses personnages dans des endroit pittoresques qu'elle connait bien. Ici nos sommes en Ecosse dans les Highlands, les rivières sont poissonneuses, et est organisé dans le petit village de de Lochdubh un stage de pêche à la mouche, durant lequel un crime va être commis. Tous les participants sont suspectés, mais ne vous attendez pas à essayer de résoudre en mode ludique avec l'enquêteur l'énquête. L'intérêt du livre réside plus dans la galerie des personnages, et dans la personnalité d'Hamish. J'avais imaginé je ne sais pourquoi un enquêteur misanthrope caché dans sa cabane au fin fond des bois, qui renâclait à résoudre les enquêtes. en fait Hamish aime bien ses semblables, et même s'il semble parfois très nonchalant, il a une intuition hors norme, qui le sert dans son travail de policier. On fait aussi la connaissance de Priscilla, et il se dessine un duo d'enquêteurs avec ces deux-là.En bref, l'humour fonctionne à plein, tout au long du roman, n'espérez pas un chef d'oeuvre, mais cela offre un agréable moment de lecture. Pour ma part; je vais continuer la série, j'a apprécié ma lecture.Pièce montée, Margaret KennedyLe roman initial date de 1951, c'est ici une réédition de ce début d'année. Le roman est une comédie de moeurs, drôle et sarcastique. Une comédie de moeurs est une oeuvre qui observe et critique les habitudes, les comportements et les travers d'une société, avec humour et ironie. C'est exactement le cas avec Margaret Kennedy, qui se moque beaucoup de ses personnages, mais elle le fait sans méchanceté aucune. Lucy, le personnage principal, est formidablement attachante : abandonnée devant l'autel en tout début de roman, elle préfère s'exiler plutôt que subir les regards compatissants qui lui font plus de mal que de bien. Elle s'en va en province, dans un petit bourg qui abrite sur la colline un institut culturel dans lequel elle vient enseigner. Elle va découvrir ce monde plein de prétentieux, d'ambitieux, de ridicules et autres personnages délicieusement croqués, et il faut à ce moment là bien se concentrer pour comprendre tous les tenants et aboutissants de l'intrigue. C'est là mon tout petit bémol concernant le personnage. Mais Lucy est tellement attachante qu'on l'oublie bien vite. On a un plaisir immense à suivre ses aventures, car elle est courageuse, libre, ce qui lui importe, bien plus que se trouver un prétendant, est de donner un sens à sa vie, et elle va peu à peu retrouver confiance, et goût de vivre. Son amitié avec Mélissa, qui est très joliment racontée, importe plus que l'intrigue amoureuse. C'est un féminisme très doux; mais bien présent. Certains critiques ont relevé une parenté très nette avec Jane Austen, et je souscris : observation des caractères, mariages, préjugés sociaux, rapports de classe, ironie, et importance des convenances. En résumé, ils ont trouvé ce roman élégant, drôle, britannique et psychologiquement très fin, je souscris aussi !