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CYEK - LE PODCAST

NEOQUEBEC-RADIO : NADIA ROUSSEAU, DIRECTRICE GÉNÉRALE DE LA TABLE RONDE DU MOIS D EL'HISTOIRE DES NOIRS

Saison 4, Ep. 73

Dimanche 1er mars 2026, Nadia Rousseau, Directrice Générale de la Table-ronde du Mois de l'histoire des noirs était l'invitée de Cyrille Ekwalla, pour son émission radio NEOQUÉBEC pour uen entrevue centrée sur le bilan de l’édition 2026 du Mois de l’histoire des Noirs et sur les enjeux structurels de la TRMDHN.


Nadia Rousseau a d'abord rappellé la double fonction de l’organisme : en février, la Table ronde agit surtout comme promoteur “parapluie” (label, visibilité, diffusion) d’événements produits par d’autres organisations — un choix historique visant à laisser les financements culturels profiter prioritairement aux organismes artistiques du milieu. Le reste de l’année, la Table ronde devient productrice d’activités, affirmant que l’histoire et la réalité noires se vivent “toute l’année”.


Sur l’édition 2026, la directrice générale Nadia Rousseau donne la note symbolique de “11/10”. Elle y voit deux progrès majeurs : d’une part, l’idée que le Mois dépasse février s’est concrétisée avec une programmation qui commence dès mi-janvier et s’étire jusqu’à avril; d’autre part, l’initiative s’est davantage déployée à l’échelle du Québec, notamment en régions, souvent liée à l’accueil et aux services aux nouveaux arrivants.


L’entrevue met ensuite en lumière la croissance et la pression : le nombre d’activités est passé d’environ 100 à plus de 250, tandis que les exigences de reddition de comptes et la charge administrative augmentent fortement. Nadia décrit un changement d’ambiance : après le post-COVID marqué par une agressivité et un désaveu, elle ressent en 2026 une accalmie et davantage de reconnaissance du public.


Cyrille Ekwalla interroge Nadia Rousseau sur l’accusation d’une programmation “trop éclatée” (événements qui se chevauchent, perception d’élitisme). Sa réponse est claire : l’objectif est d’accompagner le plus grand nombre, malgré des moyens limités (essentiellement une personne à temps plein et une autre à 20 h/semaine pour porter plus de 200 événements). Elle défend aussi une stratégie d’occupation de lieux parfois peu fréquentés par les communautés noires, non pour “faire élite”, mais pour renforcer la légitimité et le sentiment d’appartenance au Québec.


Enfin, le cœur politique de l’échange porte sur le financement : Nadia Rousseau retrace un historique parti de zéro en 2009, une montée progressive, puis l’obtention d’un financement à la mission en 2022 (gain de pérennité). Elle critique cependant l’ancrage principal du financement au MIFI (ministère de l'Immigration. de la Françisation et de l'Inclusion) et explique sa pétition 2025 sur les investissements en lutte contre le racisme, née après avoir constaté que le ministère “responsable” n’avait pas d’enveloppe financière dédiée. La pétition, dit-elle, n’a pas eu d’écho (contexte politique, faible portée sur les réseaux).

Nadia Rousseau conclut en exprimant le besoin de renforcer l’équipe et de sécuriser des appuis — y compris privés — pour assurer la pérennité de l’organisme. 


(c) CYEK-LE PODCAST (Mars 26)


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  • 72. NEOQUÉBEC-RADIO : ERIC IDRISS-KANAGO, PRODUCTEUR FILMS CINEMA ET TELE - FONDATEUR YZANAKIO PRODUCTIONS

    30:23||Saison 4, Ep. 72
    Éric Idriss Kanago, producteur indépendant afrodescendant établi au Québec, revient sur un parcours transatlantique (République centrafricaine → région de Bretagne (france) → Afrique de l’Ouest → Montréal) marqué par une obsession : faire exister des œuvres et permettre à des récits rarement portés à l’écran de trouver leurs conditions de production et de diffusion. Enfant à Rennes, il se découvre d’abord « différent » dans une France des années 1970 où les personnes noires sont quasi absentes des représentations. Très tôt, il aime raconter des histoires, au point de réinventer les films qu’il vient de voir avec ses sœurs. Cette pulsion narrative devient plus tard une boussole professionnelle : il ne veut pas « attendre que le téléphone sonne » (comme il l’associe au métier de comédien, surtout à une époque où les rôles proposés aux afrodescendants sont stéréotypés). Il choisit donc d’être du côté de celles et ceux qui décident : la production. Pour Eric Idriss-Kanago, le producteur n’est pas seulement « celui qui a l’argent ». C’est une fonction de jonction entre l’artistique et l’économique : garantir la bonne fin, réunir financements, moyens matériels et humains, accompagner étroitement le ou la cinéaste, et transformer une vision en film. Il raconte un apprentissage fondateur auprès d’Ousmane Sembène : parti tout en bas de l’échelle, il gagne progressivement en responsabilités, jusqu’à gérer des fonctions de régie — une reconnaissance qui lui ouvre ensuite des portes sur plusieurs productions africaines. Son arrivée au Québec relève d’un « bel accident » : après une période difficile (burn-out/dépression, selon les regards), Montréal devient un coup de foudre et un projet familial. L’installation est pourtant rude sur le plan professionnel ; il retourne aux études à HEC Montréal pour comprendre les codes du « business » nord-américain, et y structure le plan d’affaires de sa société, Yzanakio, fondée en 2018 ( http://www.yzanakio.com ).Il cofonde aussi Black on Black Films, afin de renforcer la présence afrodescendante devant et derrière la caméra, condition clé d’une représentation juste. Sur la diffusion, il constate des refus persistants et des biais (« les Québécois vont-ils se reconnaître ? »), tout en menant ce combat comme une défense du Québec à l’international. Enfin, il affirme voir une relève de producteurs afrodescendants, à condition qu’on lui fasse confiance, qu’on la forme, et qu’on lui ouvre réellement les réseaux. Addendum :Eric Idriss-Kanago sera le récipiendaire de l'Hommage - Grand Prix Dynastie pour le cinéma (cérémonie le 11 avril prochain)(c) CYEK-LE PODCAST (Mars 26)
  • 71. NEOQUÉBEC-RADIO : LE RACISME DANS LE FOOTBALL ET DANS LE SPORT EN GÉNÉRAL

    27:26||Saison 4, Ep. 71
    La discussion part d’un incident récent en Ligue des champions : Vinícius Jr., joueur noir du Real Madrid, a été traité de « Monkey » (« singe ») à plusieurs reprises par un joueur argentin de Benfica, déclenchant un tollé et relançant un débat plus large sur le racisme dans le sport, et particulièrement dans le football. Les intervenants Alex DOUMAYE de Neoquébec Sports et Sydney FOWO de BPM Sport, soulignent d’abord que Vinícius est devenu une « cible à répétition », non parce qu’il serait un cas isolé, mais parce que certains mécanismes se réactivent systématiquement autour de lui : on dévie le débat sur sa célébration, on parle « d’insultes présumées », et l’on finit par faire peser sur la victime la charge de prouver, de réagir et même d’assumer les conséquences (arrêter le match, se retirer, etc.). Deux procédés reviennent : l’inversion accusatoire (comme s’il « méritait » les insultes) et la minimisation des faits (« on n’est pas sûr de ce qu’il a dit »). Le débat insiste ensuite sur une idée centrale : ce racisme ne naît pas du caractère d’un joueur, il est structurel et traverse les stades, les vestiaires, les instances et les publics. Les deux invités, rejoints par Mapaté NIANG (chroniqueur stagiaire de Neoquébec) rappellent que le phénomène dépasse largement Vinícius, avec des précédents emblématiques (Lilian Thuram en Italie, gestes de singe et jets de bananes), mais aussi d’autres épisodes récurrents dans plusieurs pays et compétitions (références à Samuel Eto’o, Osimhen, Coulibaly, Anguissa, etc.). À la question de Cyrille Ekwalla de savoir quelles réponses possibles pour atténuer ces actes, Alex Doumaye et Sydney Fowo jugent les instances trop passives et critiquent les sanctions symboliques. Ils plaident pour des mesures réellement dissuasives : retraits de points, matchs perdus sur tapis vert, amendes massives, et surtout une judiciarisation plus nette (le racisme comme délit, donc réponse pénale). Sydney Fowo cite l’exemple anglais : pour combattre l’hooliganisme, des politiques de surveillance (caméras), contrôles et restrictions ont été appliquées, mais sur le racisme « il reste beaucoup de travail ». Enfin, la discussion élargit à d’autres sports (tennis, rugby) et met en cause le rôle amplificateur des réseaux sociaux, aggravé par la montée des paris sportifs (exemple de messages racistes visant des joueurs après des résultats). Mapaté Niang évoquera un cas en rugby : le joueur Edogbo, victime d’insultes racistes en ligne, ayant conduit la fédération irlandaise à ouvrir une enquête.  (c) CYEK_LE PODCAST (Fév 2026)
  • 70. NEOQUÉBEC RADIO : WILS THEAGENE - FONDATEUR & PDG DE CITADELLE CAPITAL

    27:35||Saison 4, Ep. 70
    Dans cette entrevue à l’émission NéoQuébec (CIBL), Cyrille Ekwalla reçoit Wills THEAGENE, fondateur et PDG de CitadelE Capital, un fonds d’investissement orienté vers l’impact, la diversité et la réduction des écarts vécus par les minorités. L’échange vise à démystifier le capital de risque/placement privé et à expliquer pourquoi Wils Theagene a lancé CitadelE, après plus de 30 ans dans l’écosystème financier et un passage à la CDPQ.D’abord, l’invité clarifie la différence entre marchés publics et placement privé : au lieu d’acheter des actions en Bourse, il s’agit d’investir dans des entreprises privées, où le profil de risque et l’accompagnement sont différents. CitadelE fonctionne comme un fonds : des investisseurs y injectent du capital, l’équipe de CitadelE sélectionne des entreprises portées par des entrepreneurs sous-représentés, puis contribue à accélérer leur croissance; en retour, les investisseurs visent un rendement lors du rachat de la participation ou d’une transaction ultérieure.Wils Theagene explique que la création de CitadelE est née d’un constat personnel et social : le manque de représentation des entrepreneurs issus de communautés diversifiées parmi les entreprises de taille importante. Il appuie son propos par une lecture “statistique” des PME : la grande majorité se situe sous 100 employés, mais plus on monte en taille (100+, 500+), plus la représentation des entrepreneurs noirs et d’autres groupes diminue fortement. Cela nourrit des biais chez les investisseurs et se traduit par trois obstacles récurrents : accès au capital, accès à l’expertise opérationnelle, et accès au réseau d’affaires. Les entrepreneurs, dit-il, vivent une frustration : ils essuient des refus sans explication, malgré des dossiers qu’ils jugent comparables (ou supérieurs) à ceux financés.Interrogé sur l’après-George Floyd, il reconnaît une vague d’initiatives, mais estime que plusieurs n’ont pas duré. Il plaide pour un meilleur équilibre entre le soutien aux OBNL et l’injection de capitaux dans des véhicules à but lucratif capables de bâtir des entreprises autosuffisantes. Il cite notamment un déséquilibre de financement : sur 31 milliards alloués au Canada à des gestionnaires de fonds privés (en 2021), seulement 1 % aurait été dirigé vers des gestionnaires à mission de diversité, et une part infime vers des fonds comme CitadelE.Enfin, l’entrevue aborde le second volet de Citadel : l’écosystème. Avec l’École des dirigeants HEC, Wils Theagene a co-développé une certification pour renforcer la gouvernance, le financement et la “création de valeur” chez les entrepreneurs (créer, cristalliser, puis sécuriser le patrimoine). Il se projette sur une décennie avec une ambition claire : faire émerger des “fleurons” québécois dirigés par des personnes issues de la diversité, afin de changer durablement les perceptions et les trajectoires économiques.(c) CYEK-LE PODCAST (FEV. 2026)
  • 69. NEOQUÉBEC-RADIO : DR. PRÉVOST JANTCHOU - LE CANCER PÉDIATRIQUE

    24:44||Saison 4, Ep. 69
    Cyrille Ekwalla reçoit le professeur Prévost Jantchou, gastro-entérologue pédiatrique au CHU Sainte-Justine, clinicien-chercheur spécialisé notamment dans les maladies inflammatoires de l’intestin, et engagé aussi dans des projets de suivi numérique et d’intelligence artificielle. L’échange s’inscrit dans le contexte du 15 février, Journée mondiale du cancer de l’enfant, et vise à mieux comprendre ce qui distingue les cancers pédiatriques, leurs causes, la prise en charge et les enjeux de sensibilisation.D’entrée de jeu, le médecin explique que le cancer de l’enfant n’est pas le cancer de l’adulte : “un enfant n’est pas un mini-adulte”. Même si les cancers pédiatriques sont rares (environ 1 % de l’ensemble des cancers à l’échelle mondiale), ils représentent tout de même des centaines de milliers de cas. La différence centrale tient aux mécanismes : chez l’adulte, de nombreux cancers sont fortement liés à des facteurs environnementaux (tabac, alcool, etc.), alors que chez l’enfant, les causes sont davantage associées à l’embryogenèse et à la génétique. Certaines conditions, comme la trisomie 21, augmentent nettement le risque. Les recherches tentent de comprendre pourquoi un très jeune enfant développe un cancer, mais on n’identifie pas de facteurs aussi puissants que ceux observés chez l’adulte.La discussion porte ensuite sur la prise en charge plutôt que sur un dépistage de masse, jugé peu bénéfique. Dans des pays comme le Canada, le diagnostic peut être posé rapidement, avec une prise en charge parfois dans les 24 heures, ce qui améliore le pronostic et réduit le risque de métastases, fréquentes dans certains cancers. L’invité décrit aussi des signes d’alerte : fatigue inhabituelle, maux de tête (tumeurs du système nerveux central), douleurs osseuses ou thoraciques, saignements (notamment dans les leucémies).Sur l’état de la recherche, Dr. Prévost Jantchou rappelle qu’au Canada environ 1 000 enfants de moins de 15 ans reçoivent un diagnostic chaque année, et que environ 80 % obtiennent une survie à 5 ans. Les traitements sont largement protocolisés et souvent intégrés à des essais cliniques très encadrés (comités d’éthique, surveillance de sécurité). Les grandes avancées récentes concernent l’immunothérapie et les approches ciblées, plus personnalisées grâce à l’analyse génétique des cellules tumorales.Il est aussi question des inégalités mondiales : dans des régions moins dotées en ressources (certaines zones d’Afrique, d’Amérique latine), la mortalité est plus élevée, et la sous-déclaration complique le suivi. L’importance des registres et des centres de référence est soulignée. Enfin, l’invité évoque l’après-cancer : on parle de guérison après 5 ans sans rechute et du “droit à l’oubli”, tout en insistant sur le suivi à long terme (croissance, fertilité, complications cardiaques possibles).En conclusion, l'invité juge que les journées de sensibilisation risquent d’être banalisées si le message ne se poursuit pas toute l’année, et il présente son projet Quizz Santé, une plateforme de vulgarisation (capsules et quiz) pour étudiants, professionnels et grand public, afin d’outiller les patients et promouvoir des informations fiables.(c) CYEK-LE PODCAST (FÉV. 2026)
  • 68. NEOQUÉBEC-RADIO : JEAN-CLAUDE BARNY - RÉALISATEUR DU FILM "FANON"

    29:58||Saison 4, Ep. 68
    Dans l’émission NeoQuébec (diffusée sur CIBL 101,5 FM), Cyrille Ekwalla reçoit le réalisateur Jean-Claude Barny venu à Montréal présenter son film Fanon, une œuvre dont la sortie a fait beaucoup parler et qui revendique une portée à la fois artistique et politique. En ouverture, Jean-Claude Barny revient sur son propre itinéraire : autodidacte, issu d’une filiation caribéenne (Guadeloupe et Trinidad), arrivé enfant en France, il dit avoir grandi au contact de caricatures et de préjugés qui passaient largement par la télévision et le cinéma. Cette expérience nourrit, chez lui, une volonté de « reprendre le récit » : fabriquer des images qui réparent, déplacent les regards et donnent une épaisseur humaine à des trajectoires trop souvent réduites à des clichés.La discussion se déplace ensuite vers le cœur du film et vers un choix d’écriture décisif. Plutôt que de raconter Fanon « du début à la fin », Barny concentre le récit sur une période précise : celle où Fanon exerce comme médecin psychiatre en Algérie, au moment où la colonisation est aussi une guerre des nerfs, des corps et des subjectivités. Le réalisateur assume ce cadrage : Fanon est un penseur complexe, et une fresque biographique risquerait de rester en surface. Il fallait, dit-il, aller au centre de ce que Fanon nous demande d’observer, là où se nouent la violence coloniale, l’aliénation, et la fabrication psychique de l’infériorité.Le cinéaste insiste sur une intuition "fanonienne" qu’il veut rendre sensible à l’écran : l’oppression ne s’exerce pas uniquement sur les mains ou les pieds, elle vise d’abord l’esprit. Elle installe des blessures transmises de génération en génération, et produit des êtres incapables de s’estimer eux-mêmes. D’où l’importance de filmer Fanon dans sa pratique psychiatrique : parce qu’il peut nommer, diagnostiquer et décrire cette capture mentale, et parce qu’il oblige à regarder l’oppresseur lui-même. Pour Jean-Claude Barny, la libération ne se limite pas à l’autonomie politique d’un peuple : si celui qui domine ne comprend pas qu’il a aussi été formé, endoctriné et déformé par le système, la domination peut recommencer « autrement », sous d’autres formes.La conversation aborde alors le racisme comme construction apprise, inculquée, presque pathologique : on « remplit » l’esprit de représentations toxiques, puis l’individu y croit et reproduit la violence. Fanon, tel que Jean-Claude Barny le met en scène, ouvre une possibilité de désaliénation : on peut déconstruire ce conditionnement, et donc penser le racisme comme une responsabilité politique, institutionnelle et psychique, pas comme une simple opinion individuelle.Enfin, le réalisateur caribéeen présente le film comme un outil de mémoire active : se souvenir, ce n’est pas se figer, c’est reprendre une histoire confisquée, refuser de vivre « par substitution », et retrouver ses propres archives dans les diasporas. La conclusion est un appel à l’action : soutenir le film en salle, parce qu’un cinéma comme Fanon ne tient que par le public, et parce qu’il nourrit une lutte qui continue. Jean-Claude Barny interprète les applaudissements comme un signe de reconnaissance collective : le public ne salue pas seulement l’auteur, il s’applaudit lui-même, parce qu’il se sait encore vivant, encore capable de transmettre le relais.le film prend l'affiche au Québec le 6 février 2026(c) CYEK-LE PODCAST (Fev. 2026)
  • 67. NEOQUÉBEC-RADIO : MAXIME SAINT-JUSTE & CHILANDRE PATRY : HISTOIRES D'INVINCIBLES

    28:28||Saison 4, Ep. 67
    Dans cette entrevue, Cyrille Ekwalla reçoit Maxime Saint-Just et Chilandre Patry pour présenter Histoire d’Invincibles, une exposition accueillie à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord jusqu’au 8 mars 2026. Le duo co-concepteur (Illustrateur / Designer graphique - Recherchiste / Rédactrice) explique d’emblée qu’il ne s’agit pas seulement “d’une exposition”, mais d’un projet de transmission : mettre en lumière des récits de figures noires et afrodescendantes qui ont marqué l’histoire, tout en rendant ces histoires accessibles au grand public — et notamment aux enfants.Le cœur de l’exposition repose sur neuf personnages (cinq femmes et quatre hommes). Côté femmes : la reine Amanirenas (Nubie/Koush), l’impératrice Nzinga, Solitude, la reine Yaa Asantewaa, et Viola Desmond. Côté hommes : Yasuke, Mathieu da Costa, le Chevalier de Saint-Georges (Joseph Bologne) et Jean-Jacques Dessalines. Les deux invité·e·s insistent sur le choix de figures à la fois connues et méconnues, afin de provoquer la découverte, corriger les angles morts et proposer des modèles inspirants, sans transformer le propos en cours magistral.Maxime Saint-Juste revient sur la genèse : pendant la COVID, il commence à publier sur les réseaux sociaux des illustrations de personnages historiques, accompagnées de courts textes explicatifs. Les familles peuvent les imprimer en haute définition pour les faire colorier aux enfants : un geste simple, mais très vite adopté, qui mêle créativité et apprentissage. De ce matériau est né un univers plus large, destiné à se prolonger, notamment par un livre d’activités à paraître et d’autres titres déjà évoqués.Chilandre Patry qui s'est occupée de la recherche et de la rédaction des textes qui accompagnent les illustrations, souligne le travail d’adaptation muséale : une exposition pensée pour être colorée, interactive, avec des jeux et activités, afin que les enfants y trouvent une porte d’entrée immédiate, tout en offrant aux adultes une vraie valeur ajoutée (beaucoup disent y apprendre des choses). L’entretien se conclut sur l’idée de continuité : Histoire d’Invincibles s’inscrit dans une démarche appelée à évoluer et à se déployer, notamment via des activités publiques en lien avec la programmation culturelle locale.(c) CYEK-LE PODCAST (FÉV. 2026)
  • 66. NEOQUÉBEC-RADIO : EMILIE LAGUERRE - DIRECTRICE GÉNÉRALE DIVERSITÉ & INCLUSION CBC/RADIO CANADA

    35:40||Saison 4, Ep. 66
    Dans cette entrevue menée par Cyrille Ekwalla pour NeoQuébec, Émilie LAGUERRE, Directrice générale *Diversité et inclusion* à Radio-Canada, précise d’abord la nature de sa fonction. Le terme «mobilisation», parfois associé à son titre, renvoie à une réalité organisationnelle : dans une entreprise d’environ 3000 employé·e·s côté francophone, l’inclusion ne peut pas être un simple principe; elle exige que l’ensemble des secteurs s’engagent et transforment leurs pratiques.Laguerre rattache ensuite son rôle au mandat de "service public" du diffuseur : informer, divertir, mais surtout "représenter le Canada francophone d’aujourd’hui", dont le portrait a profondément changé. Elle insiste sur la nécessité de refléter davantage les communautés francophones hors Québec, les personnes issues de l’immigration, les personnes en situation de handicap, les peuples autochtones, les communautés LGBTQIA+, et d’autres groupes historiquement sous-représentés. L’objectif n’est pas de «cocher des cases», mais de soutenir une représentation plus "complète, authentique et durable", sur tous les supports (radio, télé, info, web).À la question du choix d’accepter ce poste, elle reconnaît les tensions contemporaines autour de l’EDI, mais explique que son parcours (anthropologie, communications) et son expérience personnelle d’un manque de représentation l’ont convaincue. Elle présente l’EDI comme un "marathon", fait de changements de culture, plutôt qu’un sprint mesurable par un “retour sur investissement”. Sa première priorité a été de s’entourer, de préserver la santé mentale, et de créer des alliés internes.Sur la question des « cibles » ou « quotas », elle nuance : les chiffres peuvent guider (notamment via l’auto-identification et la notion de main-d’œuvre disponible), mais le vrai levier est " l'engagement " et la compréhension du “pourquoi” et de l’impact, sans perception de contrainte artificielle. Elle souligne aussi les différences régionales (Montréal vs autres villes) et l’existence de barrières systémiques (recrutement, mobilité, promotions).Concernant l’information, elle est claire : son équipe "n’a pas de regard sur le contenu journalistique", la salle de nouvelles demeurant indépendante. En revanche, le service agit en amont par la formation et la sensibilisation (ex. “atelier des couvertures” sur les réalités autochtones) et comme service-conseil lorsqu’une situation soulève des incompréhensions.Dans le bilan, Emilie Laguerre met en avant des progrès visibles en ondes et sur les plateformes, citant notamment la saison 3 de " Lakay Nou" (sur Tou.TV dès le 22 janvier), ainsi qu’un catalogue croissant de documentaires et de séries, dont "Grimelles" (à venir), "Jumelles" (fiction jeunesse) et "Cœur de motard" (documentaire). Elle revendique une approche de “main tendue” - dire les choses avec diplomatie, sans infantiliser - et affirme que la diversité dans les instances décisionnelles aide, à condition de miser sur les "compétences" et la valeur ajoutée, pour éviter le soupçon de “tokenisme”.Ce dont elle se dit la plus fière : l’ "adhésion interne", la confiance des équipes, et surtout les réactions du public quand des personnes se reconnaissent enfin à l’écran. Elle conclut sur un vœu de "santé", de "douceur" et de "solidarité communautaire" dans un contexte social exigeant.(c) CYEK-LE PODCAST (Janv. 2026)
  • 65. NEOQUÉBEC-RADIO : MIREILLE LAVIE NANA - PDG DE HORA AVOCATS

    24:27||Saison 4, Ep. 65
    Cet épisode de CYEK-LE POSCAST met en lumière le parcours et la vision de Mireille Lavie Nana, avocate en droit des affaires, invitée de Cyrille Ekwalla. Elle revient d’abord sur sa formation : maîtrise en droit au Cameroun, double master à Chambéry (droit des affaires, faillite/insolvabilité), puis études à la Sorbonne (Paris 1). Arrivée au Québec en 2012, elle travaille d’abord à l’Ordre des comptables, poursuit son processus d’admission au Barreau et lance en 2017 son propre cabinet, qui évolue jusqu’à devenir Hora Avocats.Interrogée sur la difficulté de bâtir une clientèle dans une niche, Mireille Lavie Nana nuance : ce n’est pas “facile”, mais c’est possible, notamment grâce aux réseaux et événements corporatifs. Elle insiste sur une compétence peu enseignée à l’école : développer la clientèle. Selon elle, chacun doit adopter un style de réseautage cohérent avec sa personnalité (en ligne ou en présentiel) et utiliser les mécanismes modernes de référencement.Une partie centrale de l’échange vise à démystifier le rôle de l’avocat d’affaires. MLV conteste l’idée qu’un entrepreneur peut s’en passer sous prétexte qu’un comptable, un notaire ou une plateforme peut incorporer ou rédiger des documents. Sa valeur ajoutée réside dans une approche stratégique et préventive : anticiper les litiges potentiels, structurer l’entreprise selon la vision du client, préparer l’avenir (actionnariat, employés, investisseurs, transfert intergénérationnel), et sécuriser les relations entre associés en s’assurant de l’alignement mission/vision. Elle présente l’avocat d’affaires comme un partenaire qui “donne une direction” et évite des coûts plus tard.Enfin, l'avocate et fondatrice du cabinet Hora Avocats explique la création en 2021 de la Clinique juridique d’affaires (CJA), née d’un constat : l’aide juridique couvre surtout les particuliers et certains OBNL, mais pas les entrepreneurs en difficulté. La CJA propose formations et accompagnement, dont un programme de résilience entrepreneuriale visant environ 250 entrepreneurs, sur six mois, avec cohortes adaptées (démarrage et expansion). Le programme, prévu dès février-mars 2026, combine modules vidéo, formations hybrides, coaching hebdomadaire et bootcamp immersif (modèle d’affaires, marketing, gouvernance, fiscalité “stratégique”, protection de marque, contrats, expansion, etc.). Elle lance aussi un appel à l’implication de professionnels (avocats, fiscalistes, notaires, syndics) pour renforcer l’équipe et mieux “éduquer” les entrepreneurs.CYEK-LE PODCAST (Dec 2025)