Les Couilles sur la table

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Jacquie, Michel et les autres

Ép. 34

Les vidéos pornographiques dites « pro-amateur » comme celles produites en France par la puissante entreprise Jacquie et Michel sont parmi les plus visionnées sur internet. Qui sont les hommes qui produisent ces films ? Qui sont les hommes qui y jouent ? Comment considèrent-ils leurs métiers ? Quelles sont les conditions dans lesquelles ces scènes sont tournées ? 


Robin d’Angelo, journaliste indépendant de 32 ans, a infiltré ce milieu pendant un an pour son enquête. Lui-même consommateur de pornographie, il tente aussi de réfléchir à sa propre pratique et partage les résultats de son introspection. Pourquoi les pratiques représentées sont-elles très souvent violentes - humiliations, insultes, douleurs ? 


Avec cet épisode, nous poursuivons notre réflexion sur ce que les représentations pornographiques révèlent des rapports de pouvoir qui traversent notre société, dominations de classe, de race, de genre, comme nous l’avions fait avec le chercheur Florian Vorös dans l’épisode 16 : « En regardant du porno ».


LIVRE DE L’INVITÉ

Judy, Lola, Sofia et moi de Robin d’Angelo (éditions de la Goutte d’or, 2018).


CITATIONS

« Le porno se fait avec de la chair humaine, de la chair d’actrice. Et au final, il ne se pose qu’un seul problème moral : l’agressivité avec laquelle on traite les hardeuses. » Virginie Despentes (King Kong Théorie, 2006).

« Les hommes regardent les femmes. Les femmes se regardent être regardées. » John Berger (Voir le voir, 1972).


RECOMMANDATION DE L’INVITÉ

Robin d’Angelo recommande le roman Le dernier stade de la soif de Frédérick Exley (éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2013).


CRÉDITS

Les Couilles sur la table est un podcast de Victoire Tuaillon produit par Binge Audio. Réalisation : Quentin Bresson. Générique : Théo Boulenger. Chargée de production : Juliette Livartowski. Chargée d’édition : Camille Regache. Identité graphique : Seb Brothier (Upian). Direction des programmes : Joël Ronez. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles.

Plus d'épisodes

4/22/2021

La loi de l'inceste

Saison 4, Ép. 9
Nous avons toutes et tous grandi dans une culture de l’inceste qui impose qu’on y soit aveugle et qu’on n’en parle pas. Alors que les victimes - et donc leurs agresseurs - sont banalement répandu·es, l’inceste est considéré comme le plus grand interdit voire le plus grand tabou de notre société. Selon l’anthropologue Dorothée Dussy, cette idée reçue entraîne un déni de la réalité de ce phénomène. Plus encore, cette vision désincarnée de l’inceste manque de prendre en compte le point de vue des femmes et des enfants, et participe à la constitution de l’inceste comme « structurant de l’ordre social ».En quoi les sphères intellectuelles, législatives et judiciaires véhiculent une perspective patriarcale et masculiniste de l’inceste, et plus largement du viol ? Comment l’inceste est représenté dans les œuvres d’art ?Dans cette deuxième partie de leur entretien, Victoire Tuaillon et Dorothée Dussy analysent ce qu’est la culture de l’inceste. Selon la directrice de recherche du CNRS, l’inceste est à la base des rapports d’oppression, d’où titre de son ouvrage majeur sur la question : Le Berceau des dominations (éd. Pocket, 2020 ; initialement publié en 2013 aux éditions La Discussion).RÉFÉRENCES, ŒUVRE RECOMMANDÉE PAR L'INVITÉE, RECOMMANDATIONS Retrouvez toutes les références sur https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/la-loi-de-lincesteCRÉDITSLes couilles sur la table est un podcast de Victoire Tuaillon produit par Binge Audio. Cet entretien a été enregistré à Marseille. Réalisation et mixage : Julie Tépé. Générique : Théo Boulenger. Chargée de production : Camille Regache. Chargée d’édition : Naomi Titti. Direction des programmes : Joël Ronez. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles.
4/15/2021

Qui sont les incesteurs ?

Saison 4, Ép. 8
En France, 5 à 10% des enfants sont victimes d’inceste. Et dans 96% des cas, les incesteurs sont des hommes. Le véritable interdit de l’inceste, dans notre société, ce n’est pas de le commettre : ça arrive partout, tout le temps, dans tous les milieux. Ce qui est interdit, c’est d’en parler.L’inceste est banal et courant. Mais chaque cas d’inceste médiatisé est traité comme s’il s’agissait d’un fait isolé. Or, comme le démontre l’anthropologue Dorothée Dussy, l’inceste est en réalité un structurant de l’ordre social, le premier apprentissage de la domination.Directrice de recherche au CNRS, Dorothée Dussy a enquêté durant des années sur le phénomène de l’inceste, comme bénévole dans des associations de victimes, puis en s’entretenant avec des dizaines d’incesteurs condamnés par la justice. Elle en a tiré un livre exceptionnel, dans lequel elle analyse de façon totalement nouvelle l’inceste et ses liens avec le patriarcat : Le berceau des dominations. Introuvable pendant des années, il vient enfin d’être réédité, aux éditions Pocket.Au micro de Victoire Tuaillon, Dorothée Dussy raconte comment s’est déroulé son enquête et ce qu’elle y a appris : comment expliquer le fait que l’écrasante majorité des personnes qui commettent un inceste soient des hommes ? L’inceste n’est-il qu’une question de désir sexuel pour les enfants ? Quels sont les mythes que l’on associe couramment à l’inceste ? Pourquoi lorsque les faits sont révélés, les familles préfèrent toujours exclure les incesté·es que les incesteurs ? Comment sortir du système de silence dans lequel tout le monde est empêtré ?CHIFFRES, ÉTUDES, CITATIONS & RÉFÉRENCES CITÉ·ES DANS L'ÉPISODERetrouvez toutes les études et références citées dans l'épisode sur https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/qui-sont-les-incesteursCRÉDITSLes couilles sur la table est un podcast de Victoire Tuaillon produit par Binge Audio. Cet entretien a été enregistré à Marseille. Réalisation et mixage : Julie Tépé. Générique : Théo Boulenger. Chargée de production : Camille Regache. Chargée d’édition : Naomi Titti. Direction des programmes : Joël Ronez. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles.