Partager

cover art for [Rediffusion] C'est quoi le backlash ? Backlash, antiféminisme et droits des femmes

Chroniques du sexisme ordinaire

[Rediffusion] C'est quoi le backlash ? Backlash, antiféminisme et droits des femmes

1 pas en avant, 3 pas en arrière.

Chaque fois que les droits des femmes progressent, une réaction violente ne tarde pas à suivre. C'est le backlash : l'ensemble des réactions négatives, voire hostiles, contre les mouvements féministes et les avancées des droits des femmes.


En 1991, la journaliste américaine Susan Faludi théorise ce concept dans son essai "La guerre froide contre les femmes". Elle décrit la croisade des conservateurs américains contre les féministes dans les années 80-90, après les mouvements d'émancipation des années 70. Pour eux, le féminisme serait responsable de l'éclatement de la famille et représenterait un danger mortel pour la société.


Ce serait presque drôle si c'était derrière nous. Mais le phénomène traverse l'histoire. Pendant la Révolution française, les femmes se battaient pour le droit de vote. Non seulement ce droit leur est passé sous le nez, mais Napoléon les a définitivement calmées en inscrivant dans le Code civil : "Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari."


Aujourd'hui, après MeToo en 2017, la parole se libère sur les violences sexistes et sexuelles. On s'attend à ce que la société change enfin en profondeur. Perdu. D'après un rapport de la Fondation Jean Jaurès et de l'association Equipop, les droits des femmes ont reculé partout dans le monde en 2022. États-Unis, Afghanistan, Pologne, Yémen, Italie, Iran... La révocation du droit à l'avortement en juin 2022 aux États-Unis en est la preuve la plus flagrante.


En France, le backlash se manifeste surtout sur les réseaux sociaux avec des raids de masculinistes de plus en plus fréquents contre des militantes féministes. Dans les médias aussi, on tend volontiers le micro à des hommes qui se plaignent "qu'on ne peut plus rien dire".


Dans cet épisode, Marine-Pétroline décrypte ce mécanisme de retour en arrière et rappelle cette phrase de Simone de Beauvoir : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."


Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.


Pour aller plus loin :


👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.

👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/

👉 Lis "Backlash : La guerre froide contre les femmes" de Susan Faludi (1991)

👉 Consulte le rapport "L'atlas des droits des femmes 2022" de la Fondation Jean Jaurès et Equipop


Crédits :

Écriture, voix : Marine-Pétroline Soichot

Production : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&Simone

Montage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquences

Mise en ligne et communication : Agence Alan


Mots-clés :

backlash, antiféminisme, droits des femmes, féminisme, Simone de Beauvoir, Susan Faludi, masculinisme, réaction conservatrice, MeToo, avortement, violences sexistes, patriarcat, vigilance, histoire du féminisme, régression

More episodes

View all episodes

  • C'est quoi Forever 35 ? Âgisme, double standard du vieillissement, invisibilisation des femmes

    06:24|
    Voir un visage féminin non modifié après 35 ans est devenu très rare. Bienvenue dans l'ère du Forever 35 : cette étrange catégorie de visages parfaitement lisses, ni jeunes ni vieux, figés dans un âge indéterminé qui gomme les décennies.Récemment, la journaliste Caroline Criado Perez a commencé à "collectionner" des visages de femmes à l'écran qui n'ont pas été "rajeunis" artificiellement comme Keira Knightley dans Black Doves ou Emma Thompson dans Down Cemetery Road. Pourquoi cette collection ? Parce que ces visages sont devenus exceptionnels.Forever 35, c'est le nom donné à ce phénomène où les femmes de plus de 45 ans n'accèdent à la visibilité médiatique qu'au prix d'un corps qui semble en avoir 35. Des visages lisses, sans rides, sans pores, sans relief. On veut bien des femmes de 55 ans dans les médias, mais avec un visage qui pourrait aussi bien en avoir 37. On veut bien des femmes leaders, mais jamais avec des rides. On veut bien des femmes expertes, mais sans poches sous les yeux après 25 ans de carrière.Le problème n'est pas que les femmes s'efforcent de paraître plus jeunes. C'est qu'on ne tolère les femmes âgées que si elles n'ont pas l'air âgées. Et qu'en conséquence, les têtes normales de femmes qui vieillissent ont presque disparu des radars.Comment en est-on arrivé là ? Par une double invisibilisation. D'abord, dans les organisations : dans les entreprises du CAC40 et du SBF 120, les femmes représentent environ 28% des membres des Comex, mais cette progression bénéficie surtout aux femmes plus jeunes. Les femmes de 50 ans et plus sont presque absentes.Ensuite, dans les médias. Selon le CSA, les femmes de 20-34 ans sont surreprésentées à l'écran (36%), tandis que les femmes de plus de 50 ans sont largement sous-représentées (18%), alors qu'elles représentent 41% de la population réelle.Donc les femmes disparaissent quand elles vieillissent, mais quand on veut les voir réapparaître, il faudrait les rendre jeunes de force. Le cinéma, la télévision, la publicité, les séries : partout s'impose une esthétique qui tolère les corps féminins vieillissants... à condition qu'ils soient coiffés, filtrés, liftés, lissés.Et l'intelligence artificielle aggrave encore cette amnésie visuelle. Lorsqu'on demande à une IA générative d'illustrer une femme de 50 ans, elle produit presque systématiquement des visages lissés, sans pores ni relief.Derrière Forever 35 se cache le double standard du vieillissement, décrit par Susan Sontag dès 1972 : le vieillissement masculin est associé à la valeur tandis que le vieillissement féminin est associé à la dégradation.Dans cet épisode spécial, Laetitia Vitaud décrypte ce phénomène et rappelle qu'il est temps de rendre visible la diversité des façons d'habiter un corps après 45 ans.Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Suis Laetitia Vitaud sur LinkedIn et retrouve ses interventions sur le futur du travail et l'âgisme👉 Lis "The Double Standard of Aging" de Susan Sontag (1972)👉 Découvre la collection de visages de Caroline Criado Perez sur les réseaux sociauxCrédits :Écriture, voix : Laetitia VitaudProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence AlanMots-clés :Forever 35, âgisme, double standard du vieillissement, invisibilisation des femmes, représentation médiatique, Susan Sontag, Caroline Criado Perez, vieillissement féminin, sexisme, intelligence artificielle, stéréotypes, injonctions esthétiques, Laetitia Vitaud
  • C'est quoi le gaslighting ? Manipulation psychologique, violence psychologique, emprise

    05:05|
    Imaginez : vous êtes certaine d'avoir eu une conversation avec votre conjoint hier soir. Vous lui avez clairement dit que vous ne vouliez pas qu'il invite ses amis ce week-end. Mais aujourd'hui, il vous regarde avec des yeux ronds et vous dit : "Mais on n'a jamais parlé de ça. Tu délires. T'es sûre que ça va ?"Vous commencez à douter. Peut-être que vous avez rêvé ? Peut-être que vous êtes fatiguée ? Peut-être que... vous devenez folle ?Bienvenue dans le monde du gaslighting.Ce terme vient du film Gaslight sorti en 1944 avec Ingrid Bergman. Dans ce thriller psychologique, un mari manipule sa femme pour lui faire croire qu'elle devient folle. Il fait varier l'intensité des lampes à gaz puis nie toute modification. Le terme revient en 2007 avec le livre The Gaslight Effect de la psychothérapeute Robin Stern.Le gaslighting désigne une forme de manipulation mentale qui fait douter une personne de sa mémoire, de sa perception et même de sa santé mentale, jusqu'à ce qu'elle adopte la version imposée par l'agresseur. Ce n'est pas un désaccord ponctuel : c'est systématique, répété, et ça détruit méthodiquement la confiance de la victime.Ça peut arriver dans tous les types de relation, en particulier dans un couple. Le gaslighting devient alors une violence conjugale. Et le sexisme vient prêter main forte : pendant des siècles, la médecine, le droit, la science ont construit l'idée que les femmes seraient instables, trop émotives, hystériques. Depuis Cassandre dans la mythologie, leur parole est remise en doute.Le gaslighting exploite ces stéréotypes à fond. "T'es énervée parce que tu as tes règles ?" "Tu es trop sensible..." Les tactiques sont nombreuses et vicieuses : l'agresseur nie des conversations, cache des objets, invente des histoires. Des victimes en viennent à se demander si elles ont été hypnotisées, droguées. Elles pensent devenir folles.Le gaslighting s'inscrit dans un système plus large : le contrôle coercitif. L'agresseur isole, surveille et contrôle sa victime jusqu'à la priver de ses repères. Les conséquences sur la santé mentale sont graves et peuvent conduire jusqu'au suicide.Heureusement, on commence à reconnaître ce phénomène. Le Royaume-Uni a criminalisé le contrôle coercitif en 2015. En France, la loi reconnaît depuis 2010 les violences psychologiques dans le couple. Mais l'application reste compliquée et les professionnels manquent encore de formation.Dans cet épisode, Marine-Pétroline décrypte ce mécanisme de violence psychologique et rappelle l'importance de nommer pour dévoiler.Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Lis "The Gaslight Effect" de Robin Stern (2007)👉 Lis "Le Gaslighting ou l'art de faire taire les femmes" d'Hélène Frappat👉 Lis "Sortir de la maison hantée" de Pauline Chanut👉 En cas de besoin, appelle le 3919 (violences conjugales)Crédits :Écriture, voix : Marine-Pétroline SoichotProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence AlanMots-clés :gaslighting, manipulation psychologique, violence psychologique, contrôle coercitif, emprise, violences conjugales, santé mentale, stéréotypes de genre, hystérie, Cassandre, consentement, féminisme, Robin Stern, Hélène Frappat
  • C'est quoi la friendzone et la fuckzone ? Culture du viol, amitié homme-femme, sexisme

    05:40|
    Vous sympathisez avec ce gars super. Vous vous entendez bien, vous rigolez, vous prenez des cafés ensemble. Pas d'ambiguïté, du moins c'est ce que vous pensez. Jusqu'au jour où il tente de vous embrasser. Vous refusez, il dit qu'il ne comprend pas. Et puis paf : il disparaît. Plus de nouvelles.Vous vous êtes fait fuckzoner.Le concept de friendzone apparaît pour la première fois le 3 novembre 1994 dans un épisode de Friends. Joey dit à Ross qu'il a trop attendu pour déclarer sa flamme à Rachel et le qualifie de « maire de la friendzone ». L'expression se répand sur Internet et passe dans la culture populaire.Sur Urban Dictionary, on retrouve l'expression avec plus d'une centaine d'entrées. On y parle d'une "zone métaphorique frustrante" dans laquelle une personne se retrouve "bloquée", d'un échec à "impressionner une femme". Être friendzoné, c'est échouer à pécho une femme, et l'amitié serait le lot de consolation des losers.Sauf que le concept véhicule quelque chose de beaucoup plus problématique. Il repose sur l'idée qu'un homme qui investit du temps, de l'attention et se montre gentil avec une femme mériterait en retour... du sexe. Être sympa ne donne pas de passe-droit. Une femme qui dit non n'a pas "friendzoné" quelqu'un : elle a exercé son droit de choisir avec qui elle veut avoir des relations romantiques ou sexuelles.Des recherches menées à l'Université du Texas montrent que la friendzone est une construction culturelle directement liée à la culture du viol. Le concept repose sur l'idée qu'une femme devrait quelque chose en échange de l'attention masculine, que son "non" est négociable.Face à ce concept toxique, des féministes ont proposé un contre-terme : la fuckzone. Être fuckzonée, c'est quand quelqu'un s'intéresse à vous uniquement pour le sexe et disparaît dès que cette perspective s'évanouit. Avec la friendzone, on plaint le pauvre mec. Avec la fuckzone, on recentre la perspective sur la personne qui se fait instrumentaliser et dont on jette l'amitié à la poubelle.Dans cet épisode, Marine-Pétroline décrypte ces deux concepts et rappelle que l'amitié égalitaire entre hommes et femmes est une valeur en soi, et même politique.Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Consulte l'étude de Gabrielle L. Shields, "Delineating the friend zone as a site of sexual violence", University of Texas at Austin (2017)👉 Lis "Réinventer l'amour" de Mona CholletCrédits :Écriture, voix : Marine-Pétroline SoichotProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence AlanMots-clés :friendzone, fuckzone, culture du viol, consentement, amitié homme-femme, sexisme, masculinisme, relations amoureuses, féminisme, Friends, Urban Dictionary, instrumentalisation, entitlement, hétérosexisme
  • C'est quoi la gender fatigue ? Fatigue du genre, égalité professionnelle, féminisme

    06:01|
    "Encore une conférence sur les droits des femmes et l'égalité ?" "Franchement, aujourd'hui, les femmes ont les mêmes droits et opportunités que les hommes." "À force, ça devient lassant..." "On peut passer à autre chose ?"Bienvenue dans la gender fatigue, la fatigue du genre, ou quand les histoires de sexisme, on en a ras la casquette et plus envie d'en entendre parler.Le terme apparaît en 2009 aux États-Unis et désigne deux réalités opposées qui partagent un point commun : le sentiment d'épuisement.D'un côté, il y a la lassitude de celles et ceux qui militent pour l'égalité depuis des années et qui constatent que ça n'avance pas. Porter plainte et voir son dossier classé sans suite, cocher toutes les cases pour obtenir une promotion et voir un mec moins compétent passer devant, regarder les statistiques et constater qu'en 30 ans la répartition du travail domestique dans les couples hétéros a à peine bougé. Entendre une énième fois "pas tous les hommes", "oh ça va c'est une blague" ou "elle l'aurait pas un peu cherché quand même".De l'autre côté, il y a l'agacement de celles et ceux qui considèrent qu'on en fait trop, qu'on en parle déjà assez, surtout depuis MeToo. L'égalité est dans la loi, qu'est-ce qu'on veut de plus ?Cette gender fatigue, on la rencontre en particulier dans le monde professionnel. Les messages sont rabâchés ou infantilisants, il n'y a pas d'impact, les choses ne bougent pas vraiment. Et puis on a d'autres problèmes : la crise économique, l'IA qui chamboule tout, la Gen Z qu'on ne sait pas gérer.Mais la gender fatigue, ce n'est pas juste un ras-le-bol. C'est aussi le symptôme d'une résistance plus large, d'un effet backlash. Une réaction violente face aux avancées féministes car certains hommes se sentent menacés.Dans cet épisode, Marine-Pétroline décrypte ce phénomène et donne des clés pour en sortir : intégrer l'égalité dans les pratiques, donner du sens et des outils concrets, impliquer tout le monde et rendre les processus transparents.Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Lis l'article "Gender fatigue : de la lassitude à l'innovation" sur Goods to Know (2025)👉 Consulte "Backlash : La guerre froide contre les femmes" de Susan FaludiCrédits :Écriture, voix : Marine-Pétroline SoichotProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence AlanMots-clés :gender fatigue, fatigue du genre, égalité professionnelle, féminisme, lassitude, backlash, épuisement militant, résistance au changement, sexisme au travail, MeToo, diversité, inclusion, formation égalité
  • [Rediffusion] C'est quoi le féminisme ? Droit des femmes, égalité, histoire du féminisme

    05:36|
    Tu penses que les êtres humains sont libres et égaux en droit ? Tu penses que les femmes sont des êtres humains ? Alors tu es féministe.Le féminisme, c'est un mouvement politique, social, culturel et intellectuel qui remet en question la domination masculine et défend l'égalité entre les femmes et les hommes. Un mouvement qui cherche à établir une société où les femmes puissent faire leurs propres choix, sans domination ni violence masculine.Mais le mot "féministe" a longtemps été une insulte. Il apparaît d'abord en médecine en 1872 pour décrire une forme de tuberculose où les hommes perdraient leurs caractères virils. Alexandre Dumas fils reprend ensuite le terme pour dénigrer celles et ceux qui luttent pour l'égalité. Féministe devient une insulte que les personnes concernées se réapproprient, comme Hubertine Auclert, la première à se revendiquer féministe à la fin du XIXe siècle.On parle souvent de vagues successives. La première vague se concentre sur le droit de vote et la citoyenneté. En France, il faudra attendre 1944. La deuxième vague, après la Seconde Guerre mondiale, se concentre sur les droits sexuels et reproductifs : contraception et IVG. C'est aussi l'époque où Simone de Beauvoir publie Le Deuxième Sexe en 1949 et révolutionne la réflexion : "On ne naît pas femme, on le devient." Les différences entre hommes et femmes sont le résultat d'une construction sociale.La troisième vague, à partir des années 80, aborde les violences sexistes et sexuelles, l'égalité professionnelle, le harcèlement, la parité politique. Depuis les années 2010, avec MeToo et les réseaux sociaux, on est probablement dans une quatrième vague où l'intersectionnalité devient centrale : le féminisme doit aussi prendre en compte le racisme, la LGBTphobie, le validisme.Le féminisme, ce sont des mouvements au pluriel. Féminisme libéral, féminisme socialiste, féminisme radical, féminisme matérialiste, écoféminisme, féminisme intersectionnel... Tous constatent des inégalités envers les femmes et veulent y mettre fin. Et comme le dit Simone de Beauvoir : "Nommer c'est dévoiler, et dévoiler c'est déjà agir."Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Lis "Le Deuxième Sexe" de Simone de Beauvoir (1949)👉 Lis "Bad Feminist" de Roxane GayCrédits :Écriture, voix : Marine-Pétroline SoichotProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence Alan / Alan RaymondMots-clés :féminisme, Simone de Beauvoir, droits des femmes, égalité, intersectionnalité, MeToo, histoire du féminisme, vagues féministes, Hubertine Auclert, construction sociale, genre, mouvements sociaux, militantisme, droits reproductifs, IVG
  • [Rediffusion] C'est quoi le sexisme ? Inégalités de genre, stéréotypes de genre, féminisme

    04:33|
    Le sexisme, c'est quoi exactement ?Une attitude discriminatoire fondée sur le sexe ? Oui, mais pas que. Le Haut conseil à l'égalité définit le sexisme comme une idéologie selon laquelle les femmes seraient inférieures aux hommes, ET un ensemble de manifestations qui délégitiment, stigmatisent, humilient ou violent les femmes.Des plus anodines aux plus graves : remarques, blagues, injures, coups, viols, meurtres.Le sexisme s'immisce partout, à tous les niveaux. Dans la cour de récré, le calcul du PIB, la taille des poches de pantalon. Il produit des inégalités systémiques : les femmes sont moins riches que les hommes, elles sont moins représentées, le corps féminin est hypersexualisé, et les femmes sont victimes de violences sexistes et sexuelles spécifiques.Et non, le sexisme anti-hommes n'existe pas, pas plus que le racisme anti-blanc. Les hommes peuvent subir des stéréotypes néfastes : "un mec ça pleure pas", "c'est fort et courageux", "ça ramène de l'argent à la maison". Mais ils ne sont pas discriminés par un système global. Si c'était le cas, ils seraient moins riches que les femmes, on verrait plus de femmes sur les plateaux TV et à l'Assemblée, on ferait des blagues sur leur pilosité, et une centaine d'entre eux mourraient sous les coups de leur conjointe ou ex-conjointe chaque année en France.Force est de constater que ce n'est pas le cas.Le sexisme, c'est un système global qui discrimine les femmes par rapport aux hommes et génère des inégalités à tous les niveaux, des plus graves aux plus anodins, des plus visibles aux plus invisibles.Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Consulte le 1er état des lieux du sexisme en France (2019) du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommesCrédits :Écriture, voix : Marine-Pétroline SoichotProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence AlanMots-clés :sexisme, discrimination, patriarcat, inégalités de genre, stéréotypes de genre, féminisme, violences sexistes et sexuelles, système sexiste, Simone de Beauvoir, droits des femmes, égalité, misogynie, sexisme ordinaire, racisme anti-blanc
  • C'est qui la mère Noël ? Sexisme, charge mentale et traditions de Noël.

    06:31|
    Si je vous dis « personnage de Noël », vous pensez à un vieux monsieur bedonnant dans un costume rouge qui distribue des cadeaux en traîneau. Peut-être aussi à l'enfant Jésus, aux Rois mages, à un âne et un bœuf. Bref, une belle brochette de figures masculines.Côté femmes ? On a Marie, victime d'une PMA divine, et... la Mère Noël. Cette dame aux cheveux blancs, en robe rouge et verte, avec son sourire bienveillant. Contrairement à son célèbre époux dont l'image orne chaque espace commercial, on ne la voit pas beaucoup.Pourtant, à la base, dans plusieurs traditions, c'est une femme qui distribuait les cadeaux. La Befana en Italie, la Babouchka en Russie, Tante Arie en Franche-Comté. Des femmes âgées, autonomes, qui accomplissaient leur mission seules, sans mari en vue. Mais la Mère Noël moderne apparaît en 1849 dans la littérature anglophone comme « Mrs. Claus » - littéralement « Madame Claus ». Elle n'a même pas de prénom. Elle est juste définie comme « femme de ».Vêtue de rouge et vert, elle prépare des biscuits dans sa cuisine pendant que son mari distribue les cadeaux. On l'imagine aussi repriser ses chaussettes. Cette invisibilisation symbolique fait encore écho aujourd'hui à une réalité bien concrète : durant les fêtes, ce sont massivement les femmes qui assurent le boulot et la charge mentale. Décoration du sapin, achat des cadeaux, planification des repas, organisation des réunions familiales, gestion des invités...Le Père Noël est en fait une femme épuisée qui reste dans l'ombre.Heureusement, dès 1889, des autrices proposent une version différente. En 2016, la publicité iconique de Marks & Spencer la transforme en super-héroïne qui sauve Noël en hélicoptère. La mamie gâteau devient une badass.Dans cet épisode, Marine-Pétroline retrace l'histoire de ce personnage invisibilisé et explore comment il reflète la place des femmes dans notre société.Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Regarde la publicité Marks & Spencer 2016 avec Janet McTeer👉 Lis « Goody Santa Claus on a Sleigh Ride » de Katharine Lee Bates (1889)👉 Lis « How Mrs. Santa Claus Saved Christmas » de Phyllis McGinley (1963)Crédits :Écriture, voix : Marine-Pétroline SoichotProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence Alan Mots-clés :Mère Noël, Mrs Claus, sexisme, invisibilisation des femmes, charge mentale, traditions de Noël, Befana, Babouchka, Tante Arie, stéréotypes de genre, féminisme, représentation féminine, Noël, folklore, patriarcat, charge domestique
  • C'est quoi le problème avec les films de Noël ? Films de Noël, comédies romantiques, sexisme

    06:16|
    Une jeune femme citadine, célibataire et carriériste, retourne dans son village natal pour les fêtes. Entre deux biscuits à la cannelle et la décoration d'un sapin géant, elle croise un ancien camarade devenu bûcheron. Il neige, il fait froid mais il est beau, et hop, elle tombe amoureuse, renonce à sa vie en ville, ses amies et sa carrière. L'année suivante, ils sont mariés.Ces comédies romantiques de Noël envahissent nos écrans chaque année avec une recette aussi immuable qu'un calendrier de l'Avent. La scénariste Marianne Levy résume : « On met trois grammes de blonde, deux grammes d'esprit de Noël, quatre grammes de Ken, et on a un film qui marche. »Mais derrière l'ambiance féerique se cachent des stéréotypes sexistes bien ancrés. L'héroïne, une jeune femme blanche, belle et mince, cherche l'amour – même si elle affirme le contraire. Son célibat est un problème à résoudre d'urgence. Si elle a réussi professionnellement, le film va lui faire comprendre que sa vie est vide sans un homme et des enfants.Dans les films des années 2000 comme Love Actually, The Holiday ou Le Journal de Bridget Jones, les personnages masculins sont « bourrés de masculinité toxique », utilisent leur position professionnelle pour séduire, et les héroïnes sont hypersexualisées ou stigmatisées parce qu'elles sont célibataires à 29 ans.Dans cet épisode, Marine-Pétroline décrypte ces productions et propose des alternatives : des films de Noël avec des couples LGBT+, des héroïnes féministes, et des histoires qui sortent du schéma hétéronormatif traditionnel.Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Regarde Ma belle-famille, Noël et moi (2020), Que souffle la romance (2021), Noëlle (2019), Christmas Flow (2021)👉 Lis le livre de Marianne Levy sur les comédies romantiques👉 Lis Bad Feminist de Roxane GayCrédits :Écriture, voix : Marine-Pétroline SoichotProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence AlanMots-clés : films de Noël, comédies romantiques, sexisme, stéréotypes de genre, féminisme, hétéronormativité, Love Actually, Bridget Jones, The Holiday, masculinité toxique, culture populaire, représentation, diversité, LGBT+, Christmas Flow, Noël