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cover art for 23/01/2026 - Brandon Kano Butare & Marwane Lakhal

La Bellone - Half & half closer

23/01/2026 - Brandon Kano Butare & Marwane Lakhal

Saison 2026, Ep. 2

Marquant la fin de la résidence de « Les Loyautés (3la Slamtek) » de Brandon Kano Butare et Marwane Lakhal, ce « Half & Half Closer », propose une rencontre en deux temps : un entretien de 30 minutes enregistré et en public, mené par l’équipe de La Bellone pour échanger avec l’artiste sur son travail en cours, puis un moment de discussion informelle autour d’un verre.

Gratuit et sur inscription.   

Au sujet de leur résidence :

« Les Loyautés (3la Slamtek) » est une pièce de théâtre écrite en français et en darija maghribiya. On y suit la rencontre entre la révolte d’une communauté d’habitant·es (toustes issu·es des migrations postcoloniales) et celle d’un cabaret de sheikhat. Pour nourrir les intentions de mise en scène en travaillant autour des matières présentes dans le texte : explorer la question de la spatialisation en mettant en jeu la notion de convergence ; sonder les rapports entre les différentes langues de l’écriture (depuis leur potentielle opacité) ; creuser le travail des registres esthétiques qui oscillent entre les genres romanesque et dramatique, entre culture marocaine et culture queer.

Au sujet des artistes :

Brandon Kano Butare est comédien et performeur belge et rwandais, basé à Bruxelles.

Diplômé du Conservatoire royal de Mons en 2023 (classe de Frédéric Dussenne), il approfondit sa pratique en tant que comédien et joue dans Silent Disco (Gurshad Shaheman, 2022), Là où le soleil se couche (Frédéric Dussenne, 2023), Georges de Molière (Clinic Orgasm Society, 2024) et Maria et les Oiseaux (De Facto, 2024/2025).

En parallèle, il accompagne divers projets de mise en scène, notamment Brûler (Jorge Leon, Théâtre National Wallonie-Bruxelles / Halles de Schaerbeek, 2024).

Son travail interroge les liens entre l’intime et le politique, explorant la complexité de l’identité et son inscription dans le collectif.

Marwane Lakhal (vit et travaille à Bruxelles) est auteur et dramaturge français et marocain.

Il se forme à la création littéraire à l’ENSAV – La Cambre, puis aux études de genre et des sexualités à l’Université libre de Bruxelles. Depuis, il déploie sa pratique transculturelle de l’écriture dans le champ des arts de la scène.

Avec sa première pièce Les Loyautés (3la Slamtek), lauréate en 2022 du label Jeunes Textes en Liberté (FR), il expérimente les moyens d’écrire depuis sa situation de bilingue en français et en darija maghribiya. Depuis 2023, il anime les ateliers d’écriture Chants de lutte, commandités par les Midis Poésie (BE), auprès de publics en alphabétisation à Molenbeek-Saint-Jean, et s’initie à cette occasion à la production de pièces sonores. En 2024, il débute l’écriture d’une pièce de théâtre-performance, Sadiq\Usurpation, dans le cadre du programme « Bruxelles’écrit » et lors d’une résidence au sein de La Bellone – Maison des Arts du Spectacle de Bruxelles. Enfin, il participe à La Salve, projet d’écriture critique polyphonique et situé en arts du spectacle.

Ses textes mêlent les langues dont il est familier, sans jamais traduire son multilinguisme. Plus généralement, son écriture interroge l’inscription dans l’intime de cet imaginaire colonial dont nous avons hérité et qui empoisonne nos rapports sociaux, tout en cherchant à rétablir la tendresse comme ressource d’émancipation.

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  • 10. 17/04/2026 - Alphonse Eklou Uwantege

    33:21||Saison 2026, Ep. 10
    « failles (oqt) » s’ancre dans l’histoire de mon père, parti du Togo vers l’URSS en 1986. Je nais à Minsk en 1996, et nous arrivons à Bruxelles en 1998, où commence une décennie sans papiers : une enfance faite d’attente, de survie et de silences qui protègent autant qu’ils blessent.En 2003, une obligation de quitter le territoire tombe sur nos noms, révélant la violence d’un État qui fabrique l’exclusion comme règle. Vingt ans plus tard, mon père est belge. Moi, non. C’est là que naît la faille.Deuxième volet du diptyque ouvert avec reste(s), ce projet explore les langues coupées, les héritages contradictoires et les blessures intimes que l’assimilation imprime dans les corps diasporiques. En duo avec mon père, j’invente un troisième territoire : un espace où les papiers deviennent archives sensibles et où nos silences, enfin, se mettent à parler, une tentative de réécrire l’histoire depuis nos marges avec celles et ceux qui acceptent de traverser ce paysage avec nous.Au sujet de l’artiste :Sagittaire queer, néx à Minsk d’une mère rwandaise et d’un père togolais.Alphonse est mannequin, performeureuse et metteureuse en scène baséx à Bruxelles.Son action utilise le corps comme outil, l’écriture comme arme de résurrection, et la performance comme urgence politique. Sa méthode repose sur la volonté de déjouer les normes de la représentation et de déplacer le lien entre spectateurices et performeureuses en perturbant les espaces scéniques.Titulaire d’un master à l’ISAC, iel crée entre Bruxelles, Anvers, Kigali et Paris, en tissant des collaborations qui traversent la performance, la mode, la danse, le théâtre et les arts visuels.Dans le premier volet de son diptyque, reste(s), Alphonse développe sa recherche autour des traumas transgénérationnels, de la mémoire invisible et des transmissions coloniales dans un solo en hommage à son oncle, Alphonse Kanimba, mort pendant le génocide des Tutsis en 1994.Avec failles (oqt), iel poursuit cette recherche depuis son histoire familiale : l’exil, les années sans papiers, l’obligation de quitter le territoire reçue enfant, et la manière dont ces expériences façonnent la manière de se tenir au monde. Le spectacle se construit en duo avec son père, autour des gestes, des langues perdues, des papiers administratifs et des façons de résister à l’effacement.
  • 9. 16/04/2026 - Mehdi Mojahid

    35:45||Saison 2026, Ep. 9
    Avec « Lotophages » (titre provisoire), Mehdi questionnera la construction des masculinités à travers les récits héroïques de la tradition occidentale. Le point de départ est un épisode de l’Odyssée d’Homère : le peuple des Lotophages, dont le fruit enivrant plonge les guerriers dans l’oubli de leur identité et du désir de retour. Ce mythe – fondement de l’imaginaire occidental – agit comme une surface de projection que Mehdi a décortiqué dans le but d’en éditer une matrice.Avec « Lotophages » les performers seront invités à tordre cette matrice, la mettre en crise, ouvrir les fissures et en créer. Il s’agit de déplacer les codes attachés aux identités masculines héroïques : la violence guerrière comme signe de puissance, la camaraderie virile comme lexique exclusif de l’amitié, mais aussi les modes de complicité entre hommes, qu’ils soient hétéronormés (hooliganisme, bromance) ou gay (espaces de cruising, codes de drague).L’oubli, au cœur de cet épisode de l’Odyssée, devient un outil dramaturgique et politique. L’oubli peut être refoulement coupable – celui des corps militaires qui taisent la mémoire des violences commises, celui des systèmes normatifs qui homogénéisent les différences. Mais il peut aussi être libération : désapprendre, se défaire des injonctions virilistes, inventer des identités mouvantes. Ce double mouvement – refoulement et désapprentissage – structure la recherche.Au sujet de l'artiste : Mehdi Mojahid est chorégraphe, danseur et performeur basé à Bruxelles. Après de nombreuses résidences entre Montréal, Berlin, Marseille et Bruxelles, il a développé une pratique où la chorégraphie devient un outil critique pour interroger les identités, les récits et leurs inscriptions dans les corps. Ses pièces – Danse de Silence (2017), Hagioscope (2018-2020), FUCK SOMA : addiction (2020), FUCK SOMA 2 : assimilation (2023) explorent les tensions entre héritages culturels, normes sociales et désirs de réinvention.Cette réinvention passe par une réappropriation : se réapproprier des récits, des techniques, des gestes, pour les faire dériver ailleurs et ouvrir d’autres possibles. Parallèlement à ses propres créations, il est régulièrement sollicité comme collaborateur artistique. Il a notamment travaillé comme performeur pour Romeo Castellucci (Das Rheingold, 2023), danseur pour Olivier Py (Henry VIII, 2023). Il collabore à la chorégraphie de projets portés par Rafael R. Villalobos (Tosca, 2021 et 2026), Hakim Bouacha (Cliché, 2026) ainsi que ceux d’une dizaine d’artistes drag et cabaret bruxellois depuis 2022.Son travail s’ancre dans la recherche au long cours : lauréat de la bourse L’L – Recherche Chercher Autrement (2019-2024), il a poursuivi une méthodologie singulière où recherche et création s’entrelacent. En 2025, il est sélectionné pour une résidence d’écriture de la Fédération Wallonie-Bruxelles au Centre Culturel de Rencontre Abbaye Neimënster. Il est aussi l’auteur de Tracer sa danse (L’L éditions, 2025), qui restitue une part de cette démarche.
  • 8. 26/03/2025 - Naya Alezina

    39:34||Saison 2026, Ep. 8
    Marquant la fin de la résidence « Got the track spinning around, like I’m chasing a shortcut, like it’s a biggest date » de Naya Alezina, ce « Half & Half Closer », propose une rencontre en deux temps : un entretien de 30 minutes enregistré et en public, mené par l’équipe de La Bellone pour échanger avec l’artiste sur son travail en cours, puis un moment de discussion informelle autour d’un verre (notre version non alcoolisée du légendaire « Half and Half » bruxellois).Au sujet de sa résidence :Après son 23ème anniversaire fêté, Naya sort la tête d’une montagne de paillettes et nous explique les prémices de « Got the track spinning around, like I’m chasing a shortcut, like it’s a biggest date » : C’est une méthode pour moi de faire un arrêt sur image, un arrêt dans le flux, me permettant de raconter depuis un instant t, depuis un endroit particulier, (dans la bribe chaotique d’un noir inaccessible (…) c’est dans la nuit que peut subsister, se révéler; imaginer, enfin envisager, l’état des lieux d’un paysage désolé, hormis de ce qui gratte.) Visible between two gazes, when all has been seen and the eye closes with a blink, the left hand, equipped with long curling fingers, rummages through, silent, inverted, broken I tripped like a pudding under glass. 180 on the shoulder lane. Then drift gently down to the dead surface, my eyes sharp and merciless enough to endure. Need for grip… It took so much endurance to just crack open my research process this year. Following intuitions of a series of storms, I wrote along the edges, of incoherence, of my mixed identity, of silence, of the risk to fall, in the falling in love. Supported by “mon équipe de sauvetage”, we arrived in another time and space, where something began to seep out… Soudain, c’est comme si tout s’ouvrait. J’éventre pour qu’on puisse y pénétrer. On est dedans, on ressent tout. C’est le cœur, ce lieu-là est nerveux, il est gluant, il est gainé. Et si je me métamorphose, si vous m’aviez invité à me défendre quand vous avez décidé de venir voir avec moi. Inviter à formuler des flashs d’une mythologie émancipatrice qui fait émerger du néant tout un monde intérieur. Et si quelqu’un pouvait m’accompagner ? Quelqu’un de confiance, qui verrait pour moi pendant que je descends au fond. Un relais. Un témoin. Un intermédiaire. Une forme d’Oracle, mais version 808, sample, et vibrations. Et s’il existe une dialectique des destins mêlés alors cette figure de DJ est comme un veilleur de nuit pour moi, dans cet espace         Call me if you get lost  C’est dans cette tension entre exposition et protection, intimité et stratégie que cette nouvelle recherche s’ancre. Comment écrire depuis une faille, un débordement, une matière enfouie qui cherche à se dire ? Et comment coconstruire un espace affectif et collectif, capable d’installer les conditions d’écoute et de vulnérabilité nécessaires au récit intérieur ?  En janvier 2025, la recherche a connu un temps d’arrêt, suite à la fin d’une grande aventure amoureuse. Ce basculement intime n’est pas le thème central, mais constitue une sous-couche sensible du processus. Elle m’invente un espace-temps d’endurance, devenant un mode d’adresse où le solo ne peut plus être envisagé comme une entité isolée. Accompagné par celle que Sabine Cmelniski nommerait comme « mon équipe de sauvetage » : la recherche est naturellement devenue une méthodologie de l’appui. Comment donner forme à ces soutiens invisibles (?) est devenu le point repos, le point d’écoute, un espace de transformation partagé entre vulnérabilité et résilience. Nous plongeant dans un chant/champ poético-politique qui pose d’emblée la question d’appartenance à une équipe :avec qui je veux m’asseoir,« mais qui veut s’asseoir à ma table » avec qui j’ose partager cette table ?Au sein d’une économie du désir et de la projection (...) ici, dans une posture presque cocky, qui cherche à crier : CLAIMING BACK AGENCY !  
  • 7. 20/03/2026 - Madgelaine Hodebourg

    28:27||Saison 2026, Ep. 7
    Marquant la fin de la résidence « Alé di yo, nou la nou poko mo (va leur dire que nous sommes là, nous ne sommes pas encore morts) » de Magdelaine Hodebourg, ce « Half & Half Closer », propose une rencontre en deux temps : un entretien de 30 minutes enregistré et en public, mené par l’équipe de La Bellone pour échanger avec l’artiste sur son travail en cours, puis un moment de discussion informelle autour d’un verre (notre version non alcoolisée du légendaire « Half and Half » bruxellois).Au sujet de sa résidence :Ce projet s’inscrit dans le prolongement d’un premier récit et spectacle dystopique, Iter, et déploie un univers où les temps se superposent. En m’appuyant sur mes recherches autour de l’afrofuturisme, des Caraïbes, des études critiques et de la science-fiction, je souhaite écrire un conte contemporain guyanais.Un dialogue entre les temps, entre les voix marginalisées, entre le beau et la magie, entre la détresse, l’avilissement et l’assignation.Comment une mémoire peut-elle s’émanciper ?Quelle est l’essence qui fait de nous des êtres humains ?À travers d’abord ce récit puis après, le spectacle, je cherche comment ralentir, comment se laisser émerveiller. S’ancrer dans l’instant tout en ayant conscience de l’éphémérité de notre existence ; l’oxymore de l’expérience humaine.Pouvoir s’arrêter et retrouver notre droit à l’émerveillement conscient ou à la révolte justifiée.Au sujet de l'artiste :Je m’appelle Magdelaine Hodebourg, je suis née et j’ai grandi en Guyane française où j’ai commencé la danse classique enfant. En 2006, à l’âge de 9 ans, je me suis installée dans le sud de la France puis dès mes 12 ans, j’ai poursuivi ma formation en danse classique, moderne et jazz à travers l’Europe. J’ai étudié à Avignon, Carpentras, Paris et Lausanne, au sein d’institutions telles que le Conservatoire d’Avignon, la Compagnie Temps de Flèche, l’Académie Américaine de Danse de Paris et Rudra Béjart en Suisse.En 2018, je me suis tournée vers la danse contemporaine en allant étudier à La Nuova Officina della Danza à Turin en Italie, où je suis restée pendant un an avant de m’installer à Londres, puis à Bruxelles, en Belgique, où j’ai obtenu une licence à P.A.R.T.S.Au fil de mes études, j’ai développé une véritable passion pour l’écriture et la composition chorégraphique et j’ai créé trois œuvres présentées publiquement. Depuis 2022, je travaille en tant que freelance, à la fois interprète, chorégraphe et assistante à la chorégraphie, aux côtés d’artistes tels que Bruno Freire, Nish Gera, Oscar Murillo, Elsa Tagawa, Mali Arun, Martha Daro et Kris Verdonck au sein de projets artistiques et scéniques variés.En 2024, je crée Iter, mon premier projet chorégraphique professionnel. Il a été soutenu par Danspunt et la Direction Culture, Jeunesse et Sports (DCJS) Guyane. Dans le sillage de cette première forme courte, je travaille désormais à l’élaboration de ma nouvelle création, Alé di yo, nou la nou poko mo (va leur dire que nous sommes là, nous ne sommes pas encore morts).  
  • 6. 06/03/2026 - Soumaya Phéline Abouda & Zaïneb Hamdi

    35:35||Saison 2026, Ep. 6
    « Ḥoub » est une hybridation artistique, un dialogue sororal, né de la rencontre entre deux pratiques singulières : la poésie performée de Zaïneb Ḥamdi et la composition musicale en temps réel de Soumaya Phéline Abouda. D’un côté, Zaïneb Ḥamdi donne voix à ses textes poétiques à travers une oralité incarnée, entre spoken word, déclamation rituelle et performance poétique contemporaine. De l’autre, Soumaya Phéline Abouda pratique le turntablism comme une écriture musicale vivante, où la platine devient un instrument dramaturgique à part entière.« Ḥoub » puise son récit dans le recueil « Où mon amour sera ḥoub » (Zaïneb Ḥamdi, L’Arbre de Diane, 2024) qui explore des thématiques intimes et politiques chères à l’autrice : l’identité multiple, la filiation, les masculinités, l’égalité des genres, le rapport à la langue parlée, symbolique ou écrite, la mémoire coloniale et les violences systémiques subies par les personnes identifiées femmes et racisées.Zaïneb Ḥamdi (1989) est poétesse, autrice et performeuse belge. Son premier recueil « Fils d’Arabe » paraît en 2017 aux éditions Tétras Lyre. En 2024, elle publie « Où mon amour sera ḥoub » aux éditions L’Arbre de Diane, récompensé par le prix littéraire Les Grenades 2025, « Prix de la marraine », qui distingue une œuvre féministe de poésie.Non dénuée d’ironie et de tendresse, son écriture repose sur une tension entre prose et langue poétique, travaillée, rythmée, imagée, parfois incantatoire. Ses textes, qui refusent toute assignation identitaire, puisent autant dans le quotidien que dans le mythe. Ils explorent l’altérité, la place des femmes et des « filles d’Arabe », les rapports aux masculinités, aux corps et à la langue, brouillant les frontières entre l’intime et le collectif, posant davantage de questions qu’ils n’en livrent de certitudes.Par-delà le papier, elle investit l’espace numérique des réseaux sociaux, où elle compose des formes brèves de poésie visuelle et sonore mêlant image, texte et vidéo, prolongeant ainsi sa pratique d’autrice engagée dans celle de graphiste-typographe.Sur scène, elle développe une poésie performée qui conjugue spoken word, récitation et seule en scène.Soumaya Phéline Abouda (1983) est originaire de Bruxelles, artiste sonore, DJ, compositrice et performeuse, active sur les scènes belges et internationales depuis 2006.Résidente de Kiosk Radio, cofondatrice des soirées High Needs Low et co-organisatrice de Club Détour, elle évolue à la croisée de la création sonore et des cultures électroniques alternatives. Son travail explore l’évolution de la pratique du DJ et la manière dont les outils (CDJ, platines et mixer) peuvent devenir de véritables instruments narratifs et expressifs. Elle nomme cette approche le CDJism, en continuité avec le turntablism, dont elle prolonge les gestes, la physicalité et les imaginaires.À travers cette recherche, elle transforme la performance DJ en un espace d’écoute active, d’improvisation et de composition en temps réel, où chaque geste devient un acte d’écriture. Sa pratique, entre expérimentation sonore et chorégraphie du mouvement, interroge la relation entre corps, mémoire et technique pour « raconter la musique autrement ».Engagée dans une réflexion sur les formes de transmission et la documentation des pratiques musicales, elle archive et met en récit son travail et celui de ses pairs. En tant que membre du collectif féministe Psst Mlle, elle milite pour plus de diversité et d’inclusivité dans les musiques électroniques.Son univers sonore se caractérise par une exploration technique et organique des sonorités, combinant basses profondes, breakbeats complexes et structures polyrythmiques, façonnant des expériences uniques et éphémères.
  • 4. 05/03/2026 - Amel Malfait Lakhtara

    33:04||Saison 2026, Ep. 4
    Marquant la fin de la résidence « TRIQ SALAMA » d’Amel Malfait Lakhtara, ce « Half & Half Closer », propose une rencontre en deux temps : un entretien de 30 minutes enregistré et en public, mené par l’équipe de La Bellone pour échanger avec l’artiste sur son travail en cours, puis un moment de discussion informelle autour d’un verre (notre version non alcoolisée du légendaire « Half and Half » bruxellois).Gratuit et sur inscription.   Au sujet de sa résidence :Durant cette résidence, Amel Malfait Lakhtara approfondit sa recherche visuelle et dramaturgique autour des multiples façons dont on dit au revoir — aux lieux, aux frontières, aux maisons, aux personnes. Cette recherche s’inscrit dans le développement d’une nouvelle performance, dont la matière première naît ici, dans l’exploration patiente d’images et de gestes. Plutôt que d’aborder le départ par le récit ou le texte, elle travaille à partir d’images, de mouvements et de fragments vidéo qui révèlent les mouvements émotionnels souterrains du fait de quitter. Son processus se déploie comme une archéologie visuelle : recueillir des gestes de séparation, enregistrer les rituels silencieux qui accompagnent la transition, tracer les états fragiles qui existent entre rester et partir. À travers cette dramaturgie fondée presque entièrement sur l’image, elle explore comment les adieux résonnent dans les corps et les paysages, et comment l’acte de franchir — un espace, une relation, une version de soi — peut devenir à la fois rupture et régénération.La résidence devient ainsi un laboratoire du départ, où la matière visuelle façonne le sens, et où la chorégraphie intime du laisser-aller prend progressivement forme.Au sujet de l’artiste :Amel Malfait Lakhtara (°1995, elle) est une metteuse en scène, scénographe et travailleuse socioculturelle belgo-marocaine. Après des études en histoire, en arabe et en philosophie, elle fait du théâtre son terrain d’exploration visuelle et obtient, en 2021, son diplôme en Drama & Directing au RITCS avec grande distinction. Lakhtara fait également partie des collectifs CaddyForPalestine et Collective Faire-Part.Ancré dans l’esprit surréaliste et absurde de Bruxelles, le travail de Lakhtara dérive entre rêve et décomposition. Elle crée des univers visuels sur scène où l’abject et le magique s’entremêlent : des royaumes d’ombres de champignons, d’algues et de matières visqueuses — vivants, cycliques et en constante transformation.Sa pratique brouille la frontière entre scène et sculpture, façonnant des espaces qui respirent, pourrissent et se régénèrent. Lakhtara se tourne vers les mouvements circulaires plutôt que vers les récits linéaires et s’intéresse au négatif de la réalité éveillée, à l’envers de l’existence. Elle explore les rythmes des réseaux mycéliens, la pulsation des méduses et les échos de la mémoire intergénérationnelle. Dans chacune de ses œuvres, elle cherche la connexion — réactivant ce qui est considéré comme matière morte et célébrant les liens invisibles qui relient toutes choses. Son théâtre et sa scénographie invitent les publics dans des écosystèmes tactiles où la transformation semble à la fois intime et cosmique.crédit photo : Marouane Beslem
  • 5. 05/03/2026 - Léa Tarral

    33:50||Saison 2026, Ep. 5
    Il y a un an, La Bellone me propose une résidence au Québec dont l’enjeu est de « réfléchir sur ma pratique de dramaturge » et de choisir une artiste pour m’accompagner. Je suis partie avec Joey Elmaleh, une amie et artiste avec laquelle je travaille. Je cherchais quelqu’un qui serait d’accord pour ouvrir des espaces impossibles, avancer dans la forêt, parler longtemps et se taire longtemps. Ce temps me permet de faire un point d’étape qui tire une flèche vers l’arrière, une vers le ciel, une droit devant. Je reviens sur mes pas me demandant avec quelles croyances je suis entrée dans cette pratique, quels sont mes outils aujourd’hui et vers quels espaces j’ai envie d’aller. Le point de recherche de cette résidence concernait une question qui m’occupe mais que je ne prends pas le temps de théoriser. Aussi car il est difficile de donner suffisamment de valeur à sa pratique pour considérer qu’il est intéressant d’écrire dessus. En le faisant maintenant je regrette de ne pas le faire d'avantage.Au sujet de l’artiste :Joey Elmaleh (elle/iel/il) est né·e en France en 1995. En 2020, diplômé·e de l'INSAS, iel écrit MUM. Il écrit et met en scène un premier spectacle en 2022 : Lagunes. Elle accompagne Hakim Bouacha à la mise en scène de Genesis, iel rejoint également le comité de lecture belge du Quartier des Auteurs et des Autrices. Il écrit la comédie musicale Corpresqu'ïle, autofiction-hommage à son frère et leur adolescence punk. Par la suite Joey débute la création d'un seule-en-scène drag, politique, poétique et comique : Les Épîtres de Tolérance. Joey accompagne en dramaturgie le spectacle Clichés de Hakim Bouacha, Smoggg de Raïssa Yowali et co-dirige la mise en scène la production belge de Gloria Gloria, portée par Fanny Brûlé-Kopp, écrit par Marcos Caramès- Blanco. La pratique de Joey Elmaleh sonde l'intimité politique, la queerness, et la littérarité. *Léa Tarral envisage la dramaturgie comme une pratique relationnelle et un rapport au monde. Diplomée en esthétique de l’art et en dramaturgie (UCL), elle accompagne artistes et collectifs en France et en Belgique, principalement dans le champ du théâtre et de la performance. Depuis dix ans, elle collabore avec Judith Longuet-Marx au théâtre puis au cinéma. Elles tournent leur premier film, Du Pain et des Jeux, en 2024. Depuis 2019, elle porte avec le collectif 3e Vague un travail sur l'écologie politique dans le secteur culturel. Elle a co-fondé deux groupes de travail bruxellois : « VISIONS SUPERS » sur les pratiques dramaturgiques et les Monthly Sessions.
  • 3. 13/02/2026 - Souhaïla Amri

    36:43||Saison 2026, Ep. 3
    Marquant la fin de la résidence « Ralentir : enquête sur ma pratique dramaturgique » de Souhaïla Amri, ce « Half & Half Closer », propose une rencontre en deux temps : un entretien de 30 minutes enregistré et en public, mené par l’équipe de La Bellone pour échanger avec l’artiste sur son travail en cours, puis un moment de discussion informelle autour d’un verre.Gratuit et sur inscription. Au sujet de sa résidence :Je fais cette résidence pour prendre le temps de réfléchir à ma pratique, en dehors de l’urgence de produire. J’ai longtemps travaillé dans des dynamiques collectives et en auto-formation, en apprenant par l’expérience, sans toujours pouvoir comprendre ce que je construis réellement en tant que dramaturge et metteuse en scène.Cette résidence sera pour moi un espace de recul et de recherche : observer mes manières de créer, questionner mes gestes, explorer ce qui m’anime et ce que je transmets. Enrichie par les ressources de La Bellone, j’aimerais nourrir une pratique plus consciente, plus juste, qui puisse soutenir mes futurs projets et les processus que j’accompagne.Un temps pour explorer autrement, sans pression de résultat, pour mieux comprendre comment je crée et pourquoi.Au sujet de l’artiste :Souhaïla Amri est une artiste bruxelloise, formée en histoire et gestion culturelle, qui combine son engagement militant avec sa passion pour l’art. Depuis 2017, elle a créé et co-dirigé plusieurs pièces, dont Á l’ombre du figuier, une œuvre inspirée de son histoire familiale. Sa pratique artistique explore les héritages culturels, l’histoire et les récits en marge de la sphère artistique dominante. Au-delà de la scène, Souhaïla est co-autrice de HERstory : féminisme, minorité et visualité, un ouvrage collectif récompensé par le Prix Littéraire Grenades 2024.