Partager

L'AFFRANCHIE PODCAST
En poésies, rencontre avec Eva Mancuso, Zaïneb Hamdi et Mal Moya
Rencontre croisée entre Eva Mancuso, Zaïneb Hamdi et Mel Moya, publiées aux éditions L'Arbre de Diane.
>> Je n’arrive pas à parler et à dire des choses en même temps - Eva Mancuso
Il y a les vêtements qu’on ne met pas il y a les bus qu’on prend la nuit il y a les cheveux qu’on laisse sécher il y a les films qu’on a trop regardés qu’on a aimés et puis qu’on a détestés il y a les grands-mères qui font à manger les grands-mères qui aiment l’iode parce que c’est bon pour la santé il y a les films qu’on ne supporte plus il y a les films qu’on s’interdit d’aimer il y a les grands-mères qui vendent de la glace il y a les grands-pères qui vendent de la glace il y a les grands-pères qui mangent les lapins qu’ils tuent eux-mêmes et qu’ils suspendent dans la cour avec des pinces à linge il y a les histoires qui nous ont marquées il y a les hommes qui nous ont appelées il y a les hommes qui aiment regarder le cyclisme à la télévision il y a les candidat·es de téléréalité qui parlent de la lune il y a les rires préenregistrés il y a les docteur·es qui réparent les jambes qui réparent les ventres il y a le sang qu’on ne voit pas il y a les philosophes qui tombent dans les puits il y a les jambes qu’on doit épiler il y a les cheveux qu’on doit lisser il y a les verres d’eau qu’on boit en regardant par la fenêtre il y a les odeurs il y a les mains il y a les bouches il y a la peau.
>> Où mon amour sera ḥoub - Zaïneb Ḥamdi
Conte ondoyant en vagues successives tantôt apaisées, tantôt houleuses, Où mon amour sera ḥoub énonce le dehors et l’intime, au travers des formes multiples que prennent le corps et la langue.
À la suite de Fils d’Arabe, son premier recueil (Éditions Tétras Lyre, 2017), Zaïneb Ḥamdi joue de rythmes et d’images pour énumérer l’altérité, l’Autre, le Barbare, celleux que l’on a du mal à inclure. S’ajoutent en filigrane, filiation paternelle et masculinité, et leurs questions tenantes : comment se toiser, femme, homme, fille, père ? Face à tous les rôles qui leur sont astreints et dont iels voudraient se soustraire.
>> Mater Dolorosa - Mel Moya
Mel signe un recueil slam dont les textes, aussi introspectifs qu’imagés, prennent sources dans certains de ses plus douloureux souvenirs d’enfance, non pas en posant un regard fataliste, mais en les éclairant d’une lumineuse résilience. Elle questionne tantôt la place de la femme dans les foyers méditerranéens, tantôt les valeurs d’un pays dans un autre pays. Quand le bagage culturel migre, que deviennent nos colères ?
Saison #6 : Univers graphique : Mirion Malle | Habillage sonore : Pierre-Antoine Naline, accompagné de la chorale Dònas d'Òlt d'après le chant La Rota composé par Nadèta Carita | À la conversation et à la réalisation : Soazic Courbet.
More episodes
View all episodes

33. Les méritantes, rencontre avec Lucile Quillet
56:01||Saison 6, Ep. 33Rencontre avec Lucile Quillet à l'occasion de la parution de son livre, LES MÉRITANTES, Comment le monde du travail trahit les femmes, aux éditions Les Liens qui Libèrent.On a répété à l’envi que le travail serait un refuge, un moyen pour les femmes de s’extirper de leur rôle assigné de mère et d’épouse, de gagner leur argent, leur liberté, de trouver leur place dans la société… De devenir, en somme, grâce à la sueur de leur front, les égales des hommes.Et si tout cela n’était qu’une grande illusion ? Le monde du travail n’est pas un espace neutre, un tremplin méritocratique ou égalitaire. C’est un monde construit par et pour les hommes, dont les règles du jeu garantissent le maintien de leurs privilèges.Les femmes n’y sont que des invitées, appelées à montrer patte blanche et s’adapter, au prix de contorsions épuisantes. À elles de sourire et de garder le silence pour n’embêter personne, dans un système qui sous-estime ce qu’elles font et ce qu’elles sont. De faire deux fois plus pour obtenir deux fois moins.Mais n’est-ce pas plutôt au monde du travail de s’adapter aux femmes ? De réinventer les règles pour plus de justice et de bien-être au bénéfice de toutes et de tous ? Le temps est venu d’en finir avec la culpabilité, d’ouvrir les yeux et de renverser la table.Photo © JP. Baltel.
32. Bord'eLLes, rencontre avec Les feMMes dAngers
47:33||Saison 6, Ep. 32Rencontre avec Camille Gallard, Pauline Avenet et Hélène Konkuyt, à l'occasion de la parution de leur livre, BORD'ELLES, aux éditions La Contre allée.Être une femme dans ce monde est toujours un peu politique. Affirmer sa singularité, ne pas s’excuser d’être là où l’on est, se débrouiller avec son désir et celui des autres. D’abord partager ses lectures, échanger, dire, rebondir. Puis oser écrire. Écrire à trois.Ce premier ouvrage du collectif des feMMes dAngers paraît au terme de sept années passées, pour chacune d’entre elles, à provoquer des interstices dans leur vie quotidienne pour questionner leur situation de femme, leur rapport à la maternité, au travail, à la sexualité, au corps. Dans un monde fragmenté, à travers la variété des discours, comment choisir ses mots pour faire de leur fragilité une source d’émancipation ?Les feMMes dAngers construisent et éprouvent une écriture du commun où se tressent leurs trois voix.Bord’eLLes est un livre poétique, politique, relevant à la fois de l’intime et de l’élan collectif, osant l’expérience d’un va-et-vient de l’un à l’autre.Le Collectif feMMes dAngers est né en 2018. Composé de Pauline Avenet, Camille Gallard et Hélène Konkuyt, il tient son nom de la ville d’Angers, commune aux trois autrices, et fait référence à l’ouvrage de Laure Adler, Les femmes qui lisent sont dangereuses. Le collectif s’est construit autour d’échanges de textes, récits autobiographiques et pensées.Photo ©Aurélie Le Maître.
31. Le Festival d'amour ~ Y a toujours quelqu'un qui pleure
47:03||Saison 6, Ep. 31OH DEAR // Rencontre avec Chien Fou à l'occasion de la parution de sa bande dessinée, Y A TOUJOURS QUELQU'UN QUI PLEURE, à La Fourmi éditions.Rose a trompé Marnie.Marnie qui avait fait tomber ses barrières et lui avait ouvert son coeur.Alors maintenant, quoi ?Y a toujours quelqu’un qui pleure raconte un moment de rupture, lorsqu’il faut trouver comment gérer le deuil de ce qui ne sera plus jamais. À quel moment fait-on par amour une entorse aux promesses qu’on s’est faites ? Où tracer la limite du “ça suffit” ? Y a toujours quelqu’un qui pleure raconte ce qui pousse dans les fissures des coeurs abîmés.Dans cette épisode nous parlons de Synthétique et toxique, la première BD de Chien Fou, publiée à La Fourmi édition, et de Hartley coeur à vif, série TV de 1994.____Le Festival d'amour se déroule en février chaque année à L'Affranchie librairie, retrouvez les épisodes des précédentes éditions sur L'Affranchie podcast. L'identité graphique du Festival est réalisée par Chien Fou, l'habillage sonore par Pierre-Antoine Naline.
30. Le Festival d'amour ~ Lettre infinie
52:45||Saison 6, Ep. 30OH DEAR // Rencontre avec Constant Spina à l'occasion de la parution de son roman, LETTRE INFINIE, aux éditions trouble.De retour en Sicile, Thésée écrit une lettre infinie à des êtres chers, commençant par le récit d’une quête : résoudre l’énigme d’une tombe oubliée. Enfant sans genre aux mille amours, mi-centaure, mi-fantôme, il traverse un monde liminal où le réel se mêle aux mythes, légendes et aventures de l’enfance. Entre les ruines du passé et celles du présent, Thésée habite les cicatrices d’une terre peuplée de dieux et déesses, d’astres, de plantes et de créatures, et chemine au pied des montagnes de feu.Un conte méditerranéen atmosphérique où Constant Spina fait de son île natale la véritable héroïne.Le roman est suivi du court essai “Raconter nos Méditerranées : la Sicile au prisme de la pensée méridionale”.LES RECO DE CONSTANT SPINA :Éropolitique - Écoféminismes, désirs et révolution de Myriam Bahaffou, Le Passager clandestinÉcotransféminismes- Pour des écologies transféministes de Emma Bigé et Clovis Maillet, Les Liens qui libèrentLet The Record Show de Sarah Schulman, Libertalia____Le Festival d'amour se déroule en février chaque année à L'Affranchie librairie, retrouvez les épisodes des précédentes éditions sur L'Affranchie podcast. L'identité graphique du Festival est réalisée par Chien Fou, l'habillage sonore par Pierre-Antoine Naline.Photo ©Lidia Spina.
29. Le Festival d'amour ~ Insolations
52:17||Saison 6, Ep. 29OH DEAR // Rencontre avec Meryem Alqamar à l'occasion de la publication de son roman, INSOLATIONS, aux éditions Cambourakis.Mon père, lui, a fait des enfants en France, des enfants accidentés entre deux terres souffrantes. Pas pour les mêmes raisons. L’une se faisait dévorer, l’autre n’était jamais rassasiée. Je suis un peu des deux, dévorée mais jamais rassasiée.Dans ce roman tout à la fois âpre et ardent, une jeune femme entame une correspondance à sens unique avec sa thérapeute, au cours de laquelle elle revisite sans concession son enfance, les relations complexes avec son père et les femmes de sa famille, les étés passés en Algérie, les violences vécues, les silences. Après avoir eu longtemps l’impression d’étouffer, elle trouve par l’écriture les voies de sa libération.RECO DE MERYEM ALQAMAR :Toutes la discographie de Lara Fabian.Ses précédentes et futures publications évoquées dans l'épisode :Gaze N°8: Teen spirit La vie soignée, poésies à paraître aux éditions du commun____Le Festival d'amour se déroule en février chaque année à L'Affranchie librairie, retrouvez les épisodes des précédentes éditions sur L'Affranchie podcast. L'identité graphique du Festival est réalisée par Chien Fou, l'habillage sonore par Pierre-Antoine Naline.Photo © Laura Lafon.
28. Le Festival d'amour ~ Bédé Coeur : L'Espionne amoureuse
49:09||Saison 6, Ep. 28OH DEAR // Rencontre avec Nina Lechartier à l'occasion de la publication de, L'ESPIONNE AMOUREUSE, sa bédé cœur, publiée aux éditions Le Monte-en-l’air.*Attention, cet épisode contient de nombreux spoilers.*Florine a beau être une espionne chevronnée, elle n’échappe pas aux peines de cœur, et même si son ex était un crétin des plus ennuyeux, elle n’arrive pas à s’en remettre… Ce n’est un secret pour personne, l’action distrait du chagrin, alors la voilà repartie pour une mission épineuse dans le monde de la variété pop ! Armée de ses nombreux gadgets cette Mata Hari des bords de Loire va vivre sa plus grande aventure… sentimentale. Eh oui, il arrive parfois qu’en cherchant un coupable on tombe sur le grand amour.Avec L’Espionne amoureuse, Nina Lechartier s’amuse avec nos sentiments, en s’inscrivant dans la longue lignée de la comédie romantique. D’ailleurs, elle ne s’en cache pas, l’amour et l’humour sont ses sujets de prédilections. La collection Bédé Coeur ne pouvait pas passer à côté !BONUS : Oscar Nacker - "Rêve de nous 2" sortie albumPLAYLIST DU LOVE de L'Affranchie :Lucy Dacus, Best guessDisiz x Theodora, Melodrama, pour "J'suis comme un son que t'aurais pas Shazam"NoSo, I feel youLaura Cahen, Quitter la villeRECO PORNO en écoute sur L'Affranchie podcast : Lumen et Mona Servo, Lucien Fradin et Romy alizée, et plus tard dans la saison, le nouveau livre hot hot de Déborah Costes.____Le Festival d'amour se déroule en février chaque année à L'Affranchie librairie, retrouvez les épisodes des précédentes éditions sur L'Affranchie podcast. L'identité graphique du Festival est réalisée par Chien Fou, l'habillage sonore par Pierre-Antoine Naline.Photo ©Céline Michel.
27. Le Festival d'amour ~ MANQUE (CRAVE) de Sarah Kane
44:46||Saison 6, Ep. 27OH DEAR // Rencontre avec Vanasay Khamphommala, traductrice de la nouvelle édition de la pièce de théâtre, MANQUE (CRAVE) de Sarah Kane, publiée par L'Arche éditrice.comment dire te communiquer un peu de cet / immortel inconditionnel universel débordant transcendant amour qui me remplit le cœur m’ élargit l’ âme continue toujours et ne s’arrête jamais que j’ai pour toi.Puissant quatuor érotique, Manque est une quête poétique où mémoire et oubli se rencontrent pour mettre au monde une sensualité nouvelle. Des cendres d’un monde anéanti par la violence intime, familiale, sociale, collective, quatre voix émergent, et s’efforcent de réinventer un lien, une langue commune, guidées par une soif désespérée d’amour. Quatre lettres ou vies ou tensions vers l’au-delà, qui déploient leurs obsessions entre passions et dépression.Avec Manque, Sarah Kane opère un virage radical dans son écriture. Elle la porte au point de fusion poétique où les voix et les corps tout à la fois se détruisent, se réinventent et se transcendent, et où la langue même devient le théâtre du désir.Les RECO de Vanasay Khamphommala :Lapsus Chevelü | Vanasay Khamphommala ❤ direction artistique ❤ Kelly Angevine ❤ administrationSes publications : Vanasay KhamphommalaLa pièce de théâtre à ne pas manquer : Œdipe roi de Sophocle, Eddy D'Aranjo, Eddy D'Aranjo, Odéon Théâtre de l'Europe | ARTCENA____Le Festival d'amour se déroule en février chaque année à L'Affranchie librairie, retrouvez les épisodes des précédentes éditions sur L'Affranchie podcast. L'identité graphique du Festival est réalisée par Chien Fou, l'habillage sonore par Pierre-Antoine Naline.Portrait ©René de Sens & Mamana.
26. Embrasser la bisexualité, rencontre avec Camille Teste
52:10||Saison 6, Ep. 26Rencontre avec Camille Teste à l'occasion de la parution de son livre, EMBRASSER LA BISEXUALITE, aux éditions Les renversantes.La bisexualité n’est ni une phase ni une lubie. C’est un pavé dans la norme.Alors que 10 % des moins de 30 ans se disent bisexuel les, la société continue de raisonner en termes binaires : on est soit homo, soit hétéro. Entre stéréotypes tenaces, effacement dans les médias et discrimination, y compris au sein des milieux LGBTQ+, les personnes bi restent marginalisées – alors qu’elles sont pourtant nombreuses, engagées, et que la bisexualité a toujours existé.A travers un essai qui mêle analyses sociologiques, témoignages et expériences intimes, Camille Teste interroge l’invisibilisation des personnes bi et révèle les violences silencieuses qu’elles subissent. Démontant les clichés qui collent à la bisexualité, elle s'attache à lui redonner toute sa place : ni un entre-deux ni un flou, mais une identité pleine et entière, qui dérange parce qu’elle trouble les lignes binaires, questionne la norme et fragilise le système.Crédit photo : Elsa Leydier.
25. TRAUMA, rencontre avec Juliet Drouar
01:00:50||Saison 6, Ep. 25Rencontre avec Juliet Drouar à l'occasion de la parution de son livre, TRAUMA, En finir avec nos violences, aux éditons Stock.Pourquoi devient-on violent·e ? Que se passe-t-il dans notre corps lors de traumatismes ? Comment plus de pouvoir facilite le passage à l’acte violent ? Et comment se soigner ?Telles sont les questions auxquelles s’attaque Juliet Drouar, thérapeute et spécialiste des sujets de dominations. Dans cet essai aux allures de révolution copernicienne, il explore le rôle des traumatismes comme terreau des violences y compris systémiques et leur articulation avec les inégalités sociales.Il propose une nouvelle éthique du soin et de la responsabilité et, grâce à des outils accessibles à chacun·e, il ouvre la voie à une guérison individuelle et collective.Une grille de lecture nécessaire pour comprendre la reproduction des violences. Un livre essentiel à notre époque.Photo : Dorian Prost.