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In Extenso

La parole à la recherche

In extenso, le podcast de The Conversation qui donne la parole à la recherche.
8/26/2021

Les grands enseignements de l'économie comportementale (5/5)

Saison 1, Ép. 27
Si, comme l'explique Nicolas Jacquemet dans ce cinquième et dernier épisode, les économistes sont longtemps restés mal à l'aise vis-à-vis de la morale, l'économie comportementale la remet au coeur des débats scientifiques. Ainsi dans ses travaux se demande-t-il pourquoi si peu d'individus se livre à l'évasion fiscale : vus les gains à réaliser et la faible probabilité d'être attrapé, il serait en effet logique, d'un point de vue purement rationnel, de voir la population frauder en masse. Ses expériences, alimentées par des travaux de psychologie sociale articulés autour d'une cabine téléphonique, tentent alors d'identifier la part morale qui guide nos comportements.De leur côté, Jean-François Bonnefond et le MIT entreprennent même de mettre à jour les normes morales qui nous gouvernent. Quelles décisions devraient prendre un véhicule autonome qui serait contraint de se crasher sur un individu ? Choisir de sauver l'homme plutôt que l'animal ? L'enfant plutôt que la personne âgée ? Le projet de moral machine qu'il présente a recueilli des centaines de milliers de réponses, en partie déterminées par le pays du répondant. De quoi indiquer aux décideurs les souhaits de la population et adopter une posture normative ? Pas si sûr nous dira-t-il… Crédits"In extenso." est un podcast produit par The Conversation France. Retrouvez les autres épisodes sur le site de The Conversation ou sur les plateformes de podcasts.Conception, Thibault Lieurade. Production, Romain Pollet
8/26/2021

Les grands enseignements de l'économie comportementale (4/5)

Saison 1, Ép. 26
Daniel Kahneman était psychologue social avant d'être reconnu comme économiste. C'est ainsi presque naturellement que ce quatrième épisode fait dialoguer un psychologue social, Sylvain Max, et un économiste, François Cochard. Ils parlent de ce qui rapproche mais aussi de ce qui différencie leurs disciplines académiques autour de la question des inégalités de genre.Comment expliquer que sur plus de 200 chefs d'État, seuls 21 soient de sexe féminin ? Comment expliquer de manière plus générale la faible présence des femmes aux postes à responsabilités ? Une expérience suggère que leurs homologues masculins seraient plus à l'aise dès qu'il s'agit d'entrer en compétition. Cela peut avoir trait à une surconfiance en soi née de stéréotypes sociaux. Une autre montre, avec davantage de finesse, que l'appétence pour la compétition dépend aussi de si son objet est étiqueté masculin ou féminin. Le type de compétition n'est pas non plus neutre, les femmes semblant plus à l'aise lorsqu'il faut la jouer en équipe. Au total, le phénomène s'avère source d'inefficacité : de mauvais compétiteurs entrent en lice quand de meilleurs se désengagent. Comme l'expliquent les deux chercheurs invités, cela soulève un certain nombre de questions, non sans implication pour les politiques économiques.Crédits"In extenso." est un podcast produit par The Conversation France. Retrouvez les autres épisodes sur le site de The Conversation ou sur les plateformes de podcasts.Conception, Thibault Lieurade. Production, Romain Pollet
8/26/2021

Les grands enseignements de l'économie comportementale (3/5)

Saison 1, Ép. 25
Ce comportement humain reliant fins et moyens sert-il toujours un dessein purement personnel, quitte à recourir au mensonge ? Une expérience d'économie maintes fois répliquée met en évidenceune préférence pour l'honnêteté chez de nombreux individus. Lorsqu'il leur est demandé de jeter un dé à l'abri des regards et d'en rapporter ensuite le résultat, les tricheurs systématiques s'avèrent minoritaires. De quoi nuancer quelque peu la théorie classique de la délinquance en économie attribuée à Gary Becker. Miser sur l'importance d'une sanction ou sur la probabilité de se faire prendre ne sont pas les uniques moyens de lutte. On peut ainsi observer que la propension à tricher demeure fortement corrélée à la qualité des institutions du pays dans lequel l'expérience est menée. Jouer sur la honte pourrait notamment avoir un effet sur les fraudeurs occasionnels dans les transports en commun d'après Fabio Galeotti et Marie-Claire Villeval qui dialoguent dans cet épisode. Cela serait, certes moins, efficace auprès de ceux qui ont entrepris une « carrière de délinquant », adopté un système de normes différent et qui fraudent systématiquement comme l'expliquait en 1963 le sociologue américain Howard Becker, mais pousser les individus à se sentir comme « quelqu'un de bien » pourrait être un levier d'action puissant. Il apparaît d'ailleurs que ceux qui fraudent au moment de prendre le tram… sont aussi ceux qui trichent le plus au jeu. Un constat qui invite par exemple à lutter contre la fraude en jouant sur la honte plutôt qu'en recourant à des sanctions, démontrent Fabio Galeotti et Marie-Claire Villeval (Université de Lyon)Crédits"In extenso." est un podcast produit par The Conversation France. Retrouvez les autres épisodes sur le site de The Conversation ou sur les plateformes de podcasts.Conception, Thibault Lieurade. Production, Romain Pollet
8/26/2021

Les grands enseignements de l'économie comportementale (2/5)

Saison 1, Ép. 24
En 2003 est publié dans Nature un article depuis abondamment cité, fruit des travaux des économistes Suisses Ernst Fehr et Urs Fischbacher. Leur idée ? La coopération au sein de notre société reposerait essentiellement sur un mécanisme de « sanction altruiste ». Là où des individus, ceux que les économistes nomment « passagers clandestins », peuvent profiter des efforts de leurs concitoyens sans avoir à mettre la main à la pâte, la menace que peuvent mettre à exécution ceux qui coopèrent semblent suffisante pour dissuader pareil comportement. Mais, si sanctionner représente un coût et ne rapporte rien à l'individu qui se décide à le faire, comment le mécanisme peut-il fonctionner ? Qui prendra l’initiative de la sanction ?L'expérience de laboratoire conduite par ces deux économistes et décrite dans ce deuxième épisode par Marc Willinger et David Masclet montre que c'est bien là où il y a sanction qu'il y a coopération. Cette sanction semble reposer sur la colère du coopérant se rendant compte que tout le monde n'adopte pas un comportement vertueux. Si la décision de sanctionner vise ainsi à calmer un état émotionnel négatif, l'expression « sanction altruiste » reste-t-elle alors pertinente ? Cela semble en tout cas s'éloigner un peu de la figure du parent qui sanctionne son enfant avec l'argument classique : « C'est pour son bien » … Des sanctions altruistes donc ? Pas si sûr si l'on considère ce qui les motive, à en croire Marc Willinger (Université de Montpellier) et David Masclet (Université de Rennes 1).Crédits"In extenso." est un podcast produit par The Conversation France. Retrouvez les autres épisodes sur le site de The Conversation ou sur les plateformes de podcasts.Conception, Thibault Lieurade. Production, Romain Pollet