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Entre Nos Lignes

La capsule sonore, littéraire et féministe du site Les Missives

Entre nos lignes, c’est le podcast du site de critiques de livres Les Missives. C'est une capsule sonore et littéraire pour dénicher de nouvelles lectures et repérer les ouvrages qui comptent.Ce sont quelques lignes d’un
9/18/2021

Lauren Bastide, Présentes

Saison 3, Ép. 29
Lire Présentes, c'est faire le plein d'arguments pour parler de la place des femmes dans l'espace public et comprendre les luttes féministes et antiracistes. Et c'est rapidement devenu un livre-référence, une bible à avoir toujours à portée de mains. Ce sont des chiffres et des paroles de chercheuses ou de militantes qui sont mises en avant pour parler de la place des femmes dans la ville, dans les médias, en politique. C'est implacable et irréfutable : elles sont encore minoritaires partout. Et en même temps plein d'espoir, de volonté de trouver de réelles solutions pour l'égalité femmes-hommes et ça fait du bien. La révolution est là, entre ces lignes.Cet extrait résonne avec une de mes principales motivations dans mon travail avec le Collectif Lilalune etc : créer des espaces où les récits des femmes peuvent se déployer, raconter/incarner leurs histoires.C'est ce que nous avons fait pour écrire le texte du projet Présentes, toutes au Panthéon ! Nous avons rencontré des femmes de tous âges, de toutes origines dans la ville de Colombes et nous les avons fait écrire, parler, dire "je". Et dans ces récits intimes, beaucoup pouvaient/pourront se reconnaître. Et de ces échanges naissaient aussi une forme de sororité.Voilà, au moment où cette création va voir le jour au Panthéon le 25 Septembre, il me semblait évident de lire un extrait de cet essai essentiel et inspirant auquel le titre du spectacle rend bien évidemment hommage.Collectif Lilalune etc : https://lilaluneetc.wixsite.com/website
7/17/2021

Judith Aquien, Trois Mois Sous Silence

Saison 2, Ép. 27
Une fois de plus, l'intime est politique. Et questionner ce silence attendu qui entoure les trois premiers mois de la grossesse (que ce soit par superstition, convenance ou réelle envie), c'est finalement aussi s'attaquer à un tabou systémique et à une nouvelle injonction faite aux femmes. Avant ma grossesse, je ne m'étais jamais interrogée sur cette "règle" tacite. Mais, ne pas en parler, c'est en fait encore faire reposer une charge mentale sur les femmes qui devront gérer leur tristesse, leur état, seules et sans pouvoir l'expliquer au travail ou dans leur quotidien. En France, on estime à 20000 environ le nombre de fausses couches chaque année. Ce risque pèse de tout son poids tout au long du fameux premier trimestre. La preuve, ce n’est qu’à la fin de ces trois mois, qu’on se verra décerner un certificat de grossesse. Pourquoi ? Une grossesse dure 9 mois. Pourquoi se taire et faire comme si ces trois mois ne comptaient pas. Personnellement, pendant ces 3 mois, j'ai éprouvé une excitation intense en voyant le résultat du test, puis la peur de l'inconnu et de l'arrêt de la grossesse justement, une envie de vomir aussi fréquente que mon envie de fumer (du moins au début, après ça m'a dégoûtée) et je me suis même parfois privée de sorties le premier mois pour ne rien dévoiler. Et puis, pour certain.e.s proches, nous n'avons pas respecté le délai et avons annoncé la nouvelle à 6 semaines. Et j'ai été soulagée. Parce que, de toute façon, si ça ne se passait pas bien, j'aurais envie de partager cela avec les gens qui me sont chers. Alors bravo à Judith Aquien de participer à libérer vraiment la parole en la portant haut et fort, hors d'un cercle restreint, avec ce livre manifeste. Témoignages, chiffres, retour sur les mythes fondateurs de notre société, analyse du sexisme au travail ou dans le monde médical, le texte est facile à lire, pertinent et important. En plus, il est magnifiquement préfacé par Camille Froidevaux-Metterie.
5/5/2021

Maya Angelou, Lettre à ma fille

Saison 2, Ép. 24
Difficile de ne choisir que quelques lignes de ce livre tellement inspirant, juste et rempli de tolérance.Ces quelques lignes ont fait écho en moi, et à l’actualité de ces derniers temps. J’ai pensé aux réseaux sociaux, aux affaires et aux hommes politiques récemment condamnés ou accusés, au devoir d’exemplarité, à Darmanin Démission que l’on dira autant qu’il le faudra. Et voilà.Maya Angelou, pilier de la littérature américaine est écrivaine, dramaturge, poète, actrice, professeure, militante pour l’égalité des droits (elle a cotoyé Martin Luther King ou encore James Baldwin). Écrit en 2008 (elle est morte en 2014),Lettre à ma filles’adresse à la fille qu’elle n’a pas eue, et finalement surtout, à nous toutes.Le texte est simple, découpé en 28 courts chapitres et autant d’anecdotes, de tranches de vie, parfois dures, parfois drôles, toujours affutées et nécessaires qui invitent à s’élever, à rebondir et à défendre ses convictions.Vingt-huit chapitres comme un chemin de vie et de combats. Celui d’une femme forte, féministe, fière de ses choix, qui ne s’est jamais départie de cette farouche détermination à croire au monde des possibles et à s’autodéfinir sans laisser de prise aux déterminismes. Beaucoup de sujets sont abordés comme la condition des noirs aux États-Unis, le racisme, la violence, le sexisme, la maternité à l’adolescence, le viol, l’ouverture au monde et aux autres, la politique, la poésie, le pouvoir d’un sourire…Pas de grand discours et pourtant, chaque histoire est presque un conseil, une feuille de route qui donne à réfléchir.Son écriture est belle, pleine de douceur et de mélancolie mais elle donne pourtant envie de se battre pour ses idéaux avec intransigeance. L’un de ces poèmes ne dit pas autre chose «Agissez […] Et gardez bien à l’esprit qu’un seule personne bien intentionnée, peut constituer la majorité […], vous êtes prêts, sortez et transformez le monde».(Bon, il y avait cette phrase aussi : «tu ne peux pas contrôler tous les évènements qui t’arrivent mais tu peux décider de ne pas être réduite à eux»)