Elles s'attablent

Partager

Myriam Sabet, la mémoire et l’audace

Saison 2, Ép. 6

Abonnez-vous 👉 https://linktr.ee/elleatable


L’histoire de Myriam est faite de rires, de sucre, de chiffres et de chance.

 

Tout débute il y a quarante ans en Syrie. Myriam voit le jour dans une famille de la classe moyenne à Alep. Amour et gourmandise sont les deux piliers de son enfance car, comme le dit « dans ma famille, on aime les bonnes choses. Mal manger, pour nous, c’est déprimant ». A l’âge de dix ans, cap vers l’Afrique où son père, agronome, est muté. Elle passe du Sahel nigérien aux plages du Bénin, puis file vers Montréal pour ses études. Diplôme de finance en poche, elle accepte un poste dans la Ville Lumière. Elle y sera banquière. Au menu : du travail, de l’adrénaline et de l’argent. Reste que ça manque de sens…

 

À la naissance de sa fille, Myriam hésite. Veut-elle vraiment passer ses journées devant des écrans de chiffres ? Non. Ce qu’elle aime, c’est cuisiner. Et, au fil des années, elle s’est aperçue que les pâtisseries orientales proposées à Paris était loin de correspondre aux saveurs subtiles de son enfance. Trop sucré, trop gras, trop frustre. Et si elle imaginait un truc fou ? Mixer les saveurs orientales au meilleur du savoir-faire pâtissier et aux produits les plus excellents des terroirs français. Un CAP de pâtisserie en poche, elle se forme auprès d’un vieux pâtissier syrien, puis ouvre Maison Aleph en 2017.

 

Nomade, cultivée, rayonnante, Myriam est une femme qui donne l’impression que tout est possible, racontant un parcours fait de doutes, d’initiatives, d’amour et d’audace. Elle nous dit aussi à quel point les saveurs permettent de s’inscrire dans une filiation et une culture, surtout face à un monde disparu : celui d’une Syrie paisible et œcuménique. C’est d’ailleurs ce qui a motivé le nom de son projet : « Aleph », presque comme Alep, et première lettre des alphabets hébreu et arabe. Dans ses gâteaux, il y a de la crème et du sumac, de l’origan et du beurre, du zaatar et des citrons d’Amalfi. Sorte de précipité du Levant, chaque bouchée de ses créations font voyager très loin et ramènent tout près du cœur.

 

Au cours de cet entretien enregistré dans sa pâtisserie au 20 rue de la Verrerie (Paris-4e), il est question d’amour, d’eau de rose, de grand-mère, d’entreprise, de difficultés, de surprises, de kadaïf, de réalisation de soi, d’identité, d’épices et de fraternité… Un concentré de ce que devrait être la vie. Ici maintenant et partout ailleurs.


Production :

© Juillet 2021 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier Vignot


Invitée :

Myriam Sabet


Remerciements :

Danièle Gerkens, Claire Fimes et Jean-Philippe Siourd

Plus d'épisodes

8/25/2020

Ariane Grumbach, la diététicienne bienveillante

Saison 1, Ép. 2
Abonnez-vous 👉 https://linktr.ee/elleatableEt si les femmes faisaient la paix avec leurs assiettes?En matière alimentaire, la France cultive le paradoxe. Dans ce nouvel épisode d’«Elles s’attablent», nous nous intéressons au rapport que les Françaises entretiennent avec l’alimentation. Si elles sont les femmes les plus minces d’Europe, les Françaises sont aussi celles qui veulent le plus perdre du poids. 67 % d’entre elles disent faire attention à leur poids et 55 % auraient déjà suivi un régime. Investies dans l’immense majorité des familles de la responsabilité d’une alimentation équilibrée, gourmande, saine, fraîche et, si possible, de saison, les Françaises s’imposent aussi de rester minces. Un paradoxe d’autant plus perceptible que l’on monte dans la hiérarchie sociale…Loin des «régimes miracle» qui fleurissent chaque printemps, promettant une silhouette mince et tonique, Ariane Grumbach prône au contraire un rapport apaisé à l’assiette et aux saveurs, un regard positif sur soi-même, une prise en charge moins invasive qu’éclairée. D’où lui vient ce talent? D’un parcours atypique mêlant le conseil, le hasard, Air France, la curiosité… Avec elle, nous évoquons le poids de l’éducation, l’esclavage des injonctions, le paradoxe de «la Maman et la putain» aux fourneaux, la diversité des corps et des âges, ainsi que les concepts d’alimentation intuitive et méditative. Son arme fatale? Remettre les femmes en cuisine pour les aider à reprendre confiance en elles.Rendez-vous dans son cabinet dominant les toits parisiens pour un échange incisif, déculpabilisant et gourmand !Crédits :Production :©Août 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier VignotInvitée :Ariane GrumbachRemerciements :Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd.
9/14/2020

Chef Anto, l’ambassadrice de la cuisine africaine

Saison 1, Ép. 3
Abonnez-vous 👉 https://linktr.ee/elleatableItalie, Japon, Chine, Pérou… Au fil des années, la cuisine a digéré toutes les influences, faisant de certains plats typiques (le couscous, les sushis, le guacamole), des basiques de nos assiettes. Tous les pays du monde? Non. Reste un invité, et de taille: l’Afrique sub-saharienne. Comment changer cela? En ouvrant l’Europe aux gastronomies africaines et en valorisant auprès des Africains eux-mêmes leurs savoir-faire et leurs produits.Pour atteindre ces objectifs ambitieux, il y a une (jeune) femme: Chef Anto.D’origine gabonaise, cette trentenaire pétillante abat un à un les obstacles que la vie a placé devant elle. Venue en France étudier la gastronomie, elle veut revenir ouvrir un restaurant au Gabon. C’est sans compter la misogynie locale qui considère que ce n’est pas un projet sérieux. De retour dans l’Hexagone, elle se réinvente en traiteur, consultante et cheffe à domicile, initiant les Français aux gombos, au mafé, au poisson séché et aux sauces de là-bas. Mieux, elle est aussi la présentatrice d’une émission culinaire sur Canal + Afrique où elle sillonne le continent et met en lumière son patrimoine culinaire.Au cœur du quartier de Château-Rouge, Chef Anto nous raconte avec humour son parcours étonnant. Il y est question de volonté, de racisme, de combat féministe, de bouillon cube, de lutte contre les stéréotypes, de joie de vivre, de Pygmées, d’adaptation, de viande de crocodile, de mondialisation… Et d’une conviction profonde: l’Afrique, continent de demain, va bouleverser la gastronomie mondiale!Crédits :Production :©Septembre 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier VignotInvitée :Chef AntoRemerciements :Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd.
10/12/2020

Alexia Duchêne, la cheffe militante

Saison 1, Ép. 4
Abonnez-vous 👉 https://linktr.ee/elleatableÀ 24 ans, la semi-finaliste de Top Chef 2019 est une jeune femme pressée. Pressée de gagner, pressée de se réaliser, pressée de vivre... Contrairement à tant d’autres, Alexia revendique son ambition et son tempérament, tout en constatant que les fourneaux restent des lieux inégalitaires et violents. «À 15 ans, j’ai été violée par trois garçons à l’école. Pendant des années, je me suis tue, malgré un procès. Depuis peu, j’ai décidé de faire savoir ce qui m’est arrivé, y compris à mes équipes en cuisine, en affirmant que je tolérerais plus la moindre violence», déclare Alexia Duchêne.Dans le quatrième épisode du podcast «ELLEs s’attablent», elle raconte son histoire et analyse ce phénomène en l’attribuant principalement «au manque d’inclusivité de cet univers et aux horaires infernaux de 70 heures par semaine qui empêchent les jeunes de se former, de s’informer, de découvrir d’autres choses et d’autres manières de vivre». Demain? «En cuisine, comme ailleurs, il sera féminin», affirme-t-elle, persuadée que le changement en cours est inéluctable.Au cours de cette conversation libre, il sera question avec Alexia de double culture franco-britannique, de l’importance d’oser, de savoir saisir les opportunités, d’une vue sur la tour Eiffel, d’agilité face à la crise économique et sanitaire, de la force féminine, d’un livre à venir et de son nouveau défi: réinventer «Chez Allard», table mythique parisienne!Crédits :Production :©Octobre 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier VignotInvitée :Alexia DuchêneRemerciements :Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd