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DeepTechs
Les bibliothèques européennes au secours des LLM
Et si la qualité des données valait mieux que leur quantité ? C'est le pari audacieux que défend Rémi Daudin, directeur scientifique de Forvia, l'équipementier automobile né de la fusion de Faurecia et HELLA. Physicien de formation, passé par la physique des particules, l'industrie pétrolière et l'automobile, il porte un projet qui bouscule les fondements mêmes du développement des grands modèles de langage (LLM) : les entraîner sur les fonds des bibliothèques nationales plutôt que sur le web ouvert.
« Les données du web, c'est de la soupe », résume-t-il sans détour. Publicités, opinions non sourcées, contenus dupliqués — les LLM actuels ingèrent en masse des informations de mauvaise qualité, ce qui les contraint à gonfler leurs paramètres pour absorber cette complexité. Résultat : des modèles lourds, coûteux, et potentiellement biaisés. « Si 10 % du corpus affirme que la Terre est plate, le modèle le répètera une fois sur dix », illustre-t-il. Sa solution ? Se tourner vers les bibliothèques. Un livre, contrairement à une page web, est un raisonnement construit, vérifié, légal. La Bibliothèque nationale de France, qui numérise ses collections depuis trente ans, compte dix millions d'œuvres. Selon Rémi Daudin, s'entraîner sur un tel corpus permettrait de produire des modèles 100 fois plus efficaces, plus petits, moins énergivores — et non biaisés.
Le projet, baptisé Mirandola — en référence à Jean Pic de la Mirandole, l'humaniste italien qui aspirait à tout savoir — se veut aussi un acte de souveraineté culturelle. À l'heure où les algorithmes américains façonnent l'information mondiale, l'idée est de redonner à l'Europe la maîtrise de ses valeurs et de sa vérité. L'Académie française, la BNF et des décideurs politiques seraient déjà sensibles à la démarche. Encore en phase d'amorçage, Mirandola cherche ses partenaires techniques — possiblement un acteur européen du LLM — pour une première phase estimée entre six et douze mois.
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1. La voiture autonome n’existera pas
38:21||Saison 1, Ep. 1Passé par Samsung Electronics, Apple et Hewlett-Packard, Luc Julia est un vétéran de la Silicon Valley où il a cofondé un certain nombre de start-ups. Auteur du livre L’intelligence artificielle n’existe pas (Editions First), il est reconnu comme l’un des 100 développeurs français les plus influents dans le monde numérique. Il évalue les promesses et les limites des futures voitures autonomes promises, notamment, par Elon Musk.
2. Nvidia, cerveau de l’intelligence artificielle
32:45||Saison 1, Ep. 2Ancien de Dell et de NEC Computers, il a rejoint le spécialiste des microprocesseurs Nvidia il y a une vingtaine d’années. Excellent connaisseur de l’industrie informatique mondiale, il nous raconte comment le groupe de Santa Clara est passé, en quelques années, de fournisseurs de composants essentiels du secteur du jeu vidéo, à sa position actuelle d’acteur incontournable dans l’univers des intelligences artificielles.
3. Plongée dans un monde quantique
40:43||Saison 1, Ep. 3Ancien dirigeant d’Orange et directeur général d’Atos, Elie Girard est aujourd’hui président exécutif d’Alice & Bob, l’une des plus belles start-up françaises de l’industrie quantique. Il nous raconte le développement spectaculaire de la recherche dans ce domaine au cours des dernières années et les premières applications concrètes des ordinateurs quantiques qui pourraient voir le jour à horizon de cinq ans. Une certitude : l’impact sera phénoménal et ceux qui ne s’y seront pas préparés seront en grand danger.
4. Les ressources de la start-up nation israélienne
40:12||Saison 1, Ep. 4Cofondateur du fonds d’investissement Catalyst à Tel Aviv, en 1999, Edouard Cukierman et l’un des pionniers du capital-risque israélien. Il compte à son palmarès une vingtaine de licornes, essentiellement dans l’univers DeepTech, parmi lesquelles Mobileye, le spécialiste des technologies anticollision, aujourd’hui valorisé près de 30 milliards de dollars. Il décrypte les rouages de la start-up nation, une machine redoutablement efficace, dont les pépites infusent aujourd’hui toute la tech mondiale.
5. Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ?
29:52||Saison 1, Ep. 5Ses recherches portent principalement sur l’affective computing, le traitement automatique de la langue parlée, la détection des émotions « real-life », l’interaction homme-machine et la robotique affective et sociale. Membre de la Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique (Cerna), elle anime un groupe de travail sur « Ethique en apprentissage machine ».
6. New Space, les nouvelles frontières de l’espace
34:34||Saison 1, Ep. 6Charles Beigbeder est un touche à tout du business et du high tech. Entrepreneur, ce centralien a notamment créé l’opérateur d’électricité Poweo et la coopérative céréalière AgroGeneration. Investisseur, il a fondé plusieurs fonds de capital-risque, notamment Quantonation dans le quantique et Expansion dédié aux start-up du New Space. Il nous parle de fusées, de lanceurs, d’exploration et de nouvelles applications dans le domaine spatial. Embarquement immédiat !
7. L’I.A. fait son cinéma
37:45||Saison 1, Ep. 7Ancien chercheur au CNRS, il est devenu un spécialiste de la diversité microbienne de l'atoll de Clipperton, dans l'océan Pacifique. Pas grand chose à voir avec son activité du moment. Il s’est depuis exilé dans la Silicon Valley où il a participé à la création de plusieurs start-up. La dernière en date, Scenario, a été fondée en 2021. Son objectif : aider les développeurs de jeux vidéo et les artistes à créer facilement des éléments de jeu cohérents sur le plan stylistique, en utilisant des modèles d'IA générative créés sur mesure. Il nous parle de création, assistée par l’intelligence artificielle, dans le jeux vidéo ou le cinéma. Et de propriété intellectuelle.
8. Le capital-risque à l’ère de l’intelligence artificielle
37:50||Saison 1, Ep. 8Il y a huit ans, Denis Barrier a cofondé Cathay Innovation avec MingPo Cai, un entrepreneur chinois installé en France. Après avoir fait l’essentiel de sa carrière chez Orange, notamment au sein de l’activité venture de l’opérateur télécom, il s’est retrouvé en charge de plus de 2 milliards d’euros d’actifs en gestion. Le nouveau fonds de Cathay, doté d’un milliard d’euros est parmi les plus importants d’Europe. Il est principalement dédié à l’intelligence artificielle. En plus de sa force de frappe financière Denis et ses équipes possèdent deux atouts fondamentaux : la présence internationale en Europe, en Chine et aux Etats-Unis et son puissant réseau industriel.
9. La révolution quantique est pour demain
43:01||Saison 1, Ep. 9En 2019, avec quatre autres physiciens de haut vol, cet ancien cadre du groupe Safran a fondé la start-up Pasqal, devenue l’une des trois pépites françaises de l’informatique quantique. Parmi ses associés, Georges-Olivier Reymond compte une star de la spécialité : Alain Aspect, prix Nobel de physique, dont il a été l’élève au prestigieux Institut d’optique, sur le plateau de Saclay, qui forme l’élite française en sciences physiques. En moins de cinq ans, avec son équipe, il a hissé Pasqal parmi l’élite de l’industrie mondiale de l’industrie quantique, rivalisant avec les géants de la high-tech américaine. A travers son expérience entrepreneuriale, il nous raconte les coulisses de cette jeune industrie, les rivalités entre les différentes technologies et les premières réalisations concrètes de Pasqal dans le monde de l’entreprise.