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Les mots des autres

“Queer”, “hijras”, “muxes” : les identités et le genre ailleurs dans le monde

Saison 1, Ep. 9

Dans Les Mots des autres, notre podcast sur les langues étrangères, nous vous présentons chaque mois une collection de curiosités linguistiques qui racontent nos sociétés, leur évolution et leur actualité. Les remous provoqués par l’arrivée du pronom non genré “iel” dans un dictionnaire français nous ont donné envie de raconter comment les autres langues parlent des identités de genre. 


Cet épisode contient treize mots et locutions, dans six langues différentes. Voici la liste complète avec leur définition :


Hen : en suédois, ce pronom de la 3e personne du singulier non genré a été introduit en 2015, pour s’ajouter aux pronoms “han” et “hon”, qui correspondent à nos “il” et “elle”. 


Hän : le pronom personnel non genré finnois qui existe depuis 1543, et dont les autres langues scandinaves se sont inspirées pour créer les leurs. 


Elle : le pronom non genré espagnol, qui complète les pronoms “ella” et “ello” (“elle” et “il”). 


Hijras : communauté présente dans tout le sous-continent indien, correspondant aux personnes du troisième genre – ni masculin ni féminin – officiellement reconnu par la loi indienne depuis 2014. 


Muxes : dans l’État d’Oaxaca, au sud du Mexique, ce mot de la langue zapotèque, désigne des personnes assignées hommes à la naissance, qui endossent l’identité et les rôles sociaux traditionnellement associés aux femmes. Le terme serait un dérivé du mot espagnol “mujer”, qui signifie “femme”.


Makkunrai : dans le sud de l’Indonésie, sur l’île de Sulawesi, ce terme désigne l’un des cinq genres reconnus par le peuple des Bugis. Les “makkunrai” désignent les femmes cisgenres, c’est-à-dire en accord avec le genre qu’on leur assigné à la naissance. Les “oroani” sont les hommes cisgenres. 


Calalai et calabai : toujours dans la culture des Bugis, en Indonésie, les calalai sont des personnes nées avec un corps de femme mais qui assument un rôle social traditionnellement masculin, tandis que les calabai naissent dans un corps d’homme et assument un rôle social traditionnellement féminin. 


Bissu : cinquième genre reconnu par les Bugis en Indonésie, les bissu sont la synthèse parfaite du masculin et du féminin, et sont à cet égard considérés comme des êtres spirituels, qui transcendent littéralement les notions de genres.


Queer : ce terme anglais qui signifie “étrange” était à l’origine un terme insultant pour décrire toutes les personnes dont la sexualité ou l’identité s’écartaient des normes hétérosexuelles. Ces dernières décennies, les militants ont repris le terme à leur compte pour revendiquer leurs droits, et celui-ci est même ajouté au sigle LGBT, qui comprenait au départ seulement les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.

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  • 6. Les mots voyageurs - L’étranger d’ici à là-bas (5/5)

    06:26||Saison 2, Ep. 6
    Preuve que les langues sont vivantes, elles ont aussi la bougeotte. Et quand les mots partent en goguette, leur périple est aussi passionnant au plan linguistique qu’historique. Pour conclure cette série, on remonte aux sources d’un mot qui comme Ulysse, a fait un bien beau voyage et a surtout beaucoup évolué : alors qu’à son départ, il désignait les Français, à son arrivée, il signifie « étranger » sur trois continents !Comme leur nom l’indique les Français sont les descendants des Francs. Mais les Francs ont également engendré un rejeton étymologique qui, dans de nombreuses autres langues, a pris un sens très différent (et même diamétralement opposé à celui des Français) : « farang ». Un terme qui circule entre les continents et exprime l’idée d’« étranger ».Alors comment le nom des Français, hérité d’une tribu germanique, est-il devenu synonyme d’étranger presque partout dans le monde ? Pour y répondre, il faut remonter loin en arrière, au temps des croisades, et suivre le mouvement d’expansion de différentes civilisations sur plusieurs siècles.
  • 6. Les mots voyageurs - La météo tous azimuts (4/5)

    04:02||Saison 2, Ep. 6
    Partout où il pleut, neige ou vente, les langues ont inventé des termes pour désigner ces phénomènes naturels. Mais que se passe-t-il lorsque des hommes découvrent une spécificité climatique inédite et inconnue sous leurs latitudes ?La pluie, tout le monde connaît. Mais que dire quand on découvre un pays où elle dure des mois et des mois ?Les phénomènes naturels transcendant les frontières, on a tendance à les croire universels. Ainsi toutes les régions du monde connaissent la pluie et toutes les langues du monde ont un mot (ou plusieurs) pour la désigner.Mais il existe des phénomènes naturels, et notamment météorologiques, spécifiques à certaines régions. Pour en parler, le plus simple consiste généralement à emprunter des termes aux langues locales - et à faire tourner.
  • 6. Les mots voyageurs - Quand le langage fleurit (3/5)

    05:22||Saison 2, Ep. 6
    Les mots sont parfois comme des plantes qui essaiment entre les langues et les continents : ils se croisent, s’hybrident et se fondent dans de nouveaux paysages linguistiques. Il était donc logique, dans le troisième épisode de cette série audio sur les mots voyageurs, que l’on s’intéresse à la flore.
  • 6. Les mots voyageurs − Vous avez dit franglais? (2/5)

    06:22||Saison 2, Ep. 6
    Entre la France et l’Angleterre, la rivalité ne date pas d’hier. Entre meilleurs ennemis, invasions et pillages sont monnaie courante - y compris au plan linguistique. Et les mots sont parfois comme des butins qu’on s’approprie mais que l’ennemi peut nous reprendre. C’est d’ailleurs pour ça que l’histoire de certains termes ressemble à une partie de ping-pong entre Londres et Paris. Dans ce deuxième épisode de notre série audio sur les mots voyageurs, on vous raconte ces curieux allers-retours entre la langue de Shakespeare et celle de Molière.
  • 6. Les mots voyageurs − L’envers du vêtement (1/5)

    06:02||Saison 2, Ep. 6
    Au gré des grandes épopées humaines, les langues ont évolué, elles se sont nourries les unes des autres. Dans cette nouvelle série audio, ce n’est pas aux mots-valise qu’on s’intéresse, mais aux mots voyageurs : ceux qui ont traversé les frontières des pays, et même parfois des continents. Ce premier épisode est consacré au vocabulaire vestimentaire : saviez-vous que le mot "cravate" a été inventé sous Louis XIII, en référence à un régiment croate ? Ou que l'histoire du pantalon "chino" prend sa source à la fois de la colonisation britannique des Indes et de la guerre de Trente ans, qui opposait les États-Unis à l'Espagne ? Découvrez dans cet épisode l'envers du vêtement.
  • 5. Bulle apéritive : lâcher les chevaux (10/10)

    01:24||Saison 2, Ep. 5
    Le rapport entre la tequila et le cheval ? Il faut être mexicain pour le connaître et savoir ce qu’est un caballito, littéralement un “petit cheval”. Ou écouter l’ultime épisode de notre série d’été.Notre série de dix bulles sonores et apéritives se termine aujourd’hui, nous espérons qu’elle vous a plu ! Rendez-vous à l’automne pour de nouveaux épisodes sur l’actualité vue par les langues étrangères.L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
  • 5. Bulle apéritive : des lendemains qui tanguent (9/10)

    01:33||Saison 2, Ep. 5
    En matière d’excès, surtout alcoolisés, tout est affaire de degrés. S’il arrive aux meilleurs d’entre nous de participer à une soirée bien (trop) arrosée, il est des situations extrêmes où l’ivresse se poursuit pendant plusieurs jours, voire semaines.En russe, c’est ce que l’on appelle zapoï.Et si certains sont tentés d’idéaliser cet état second, on notera que c’est surtout une forme de naufrage qu’on ne souhaite à personne.L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
  • 5. Bulle apéritive : trinquez, parlez ! (8/10)

    01:25||Saison 2, Ep. 5
    Au Japon, partager un verre entre collègues est parfois encouragé au nom d’un concept original : l’alcommunication (アルコミュニケーション), mot-valise associant les termes “alcool” et “communication”. Une idée selon laquelle l’alcool aurait l’effet d’un lubrifiant social favorisant la communication entre les gens. Dans les faits, ça ne se vérifie pas vraiment et l’exercice reste très codifié.Les prochains épisodes seront diffusés chaque jour de la semaine dans le Réveil Courrier, jusqu’au vendredi 4 août.L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
  • 5. Bulle apéritive : éméché, dans la dignité (7/10)

    01:25||Saison 2, Ep. 5
    Dans les occasions festives, il est utile de se souvenir qu’il y a toujours des limites. La boisson pouvant faire tomber certaines inhibitions, il convient de faire preuve de modération.Le suédois semble ne jamais l’oublier et a forgé un terme pour nous le rappeler : salongsberusad. On y retrouve un mot familier, salong, dérivé de notre « salon » français, accolé à l’adjectif berusad qui signifie « éméché ».Entre pompette et poli(e), il ne faut pas toujours choisir.