Confidences du Haut Niveau

  • 26. Qui a décidé qu’un champion devait arrêter sa carrière au sommet ?

    10:07||Saison 2, Ep. 26
    Pourquoi faudrait-il absolument arrêter sa carrière sportive quand on est au sommet ?C'est une question que je ne m'étais jamais vraiment posée. Jusqu'à ce que je tombe sur un article concernant Venus Williams.À 46 ans, l'ancienne numéro 1 mondiale continue de jouer au tennis malgré une longue série de défaites. Et forcément, les critiques se multiplient : elle devrait savoir s'arrêter, préserver son image, quitter le sport avant de perdre davantage.Mais qui a décidé qu'un champion devait forcément terminer sa carrière sur une victoire ?Dans cet épisode, je vous raconte comment cette histoire m'a fait remettre en question une idée que j'avais moi-même intégrée, malgré mes quinze années dans le sport de haut niveau.Je parle aussi de l'âgisme dans le sport, de ces athlètes à qui l'on commence parfois à parler de retraite à seulement 27 ans, et de Yeldos Smetov, avec qui j'ai travaillé au Kazakhstan et qui est devenu champion olympique de judo à 32 ans.Et puis il y a une autre question, beaucoup moins simple : qu'est-ce que cela signifie, psychologiquement, d'arrêter d'être un sportif de haut niveau ?Je reviens sur plusieurs études scientifiques concernant la santé mentale des athlètes retraités, la place de l'identité sportive et l'importance de pouvoir choisir et préparer sa fin de carrière.Parce qu'on attend énormément des champions : qu'ils gagnent, qu'ils restent au sommet, qu'ils soient presque invincibles… et qu'ils sachent partir au bon moment.Mais peut-être qu'on oublie quelque chose d'essentiel.Les champions sont aussi des êtres humains. Et ils devraient avoir le droit de continuer à pratiquer leur sport, même lorsqu'ils ne gagnent plus.
  • 26. Le mythe de l'entraîneur providentiel

    09:00||Saison 2, Ep. 26
    Il y a quelques semaines, après les premiers matchs de Zinédine Zidane à la tête de l'équipe de France, je suis tombée sur un article dont le titre suggérait que tout ce que touchait Zizou se transformait en or.Alors, je vous rassure immédiatement : aujourd'hui, je ne vais absolument pas critiquer Zidane !En revanche, cette manière de présenter les choses m'a fait réfléchir à une idée que l'on retrouve régulièrement dans le sport de haut niveau : celle de l'entraîneur providentiel, capable de transformer une équipe en quelques jours.Parce que si l'arrivée d'un nouveau coach peut apporter de la fraîcheur, de la motivation ou un nouvel élan psychologique, construire une équipe, développer des qualités physiques, mettre en place une stratégie d'entraînement et faire évoluer une performance demande du temps.Des semaines, des mois et parfois des années.Dans cet épisode, je vous raconte ce que j'observe dans le judo lorsque des équipes changent d'entraîneur, et pourquoi les premiers résultats d'un nouveau coach sont aussi, très souvent, le fruit du travail de son prédécesseur.Je fais également le parallèle avec mon métier de kiné : si je reprends une rééducation après trois mois de travail et que l'athlète commence soudainement à aller mieux, est-ce vraiment grâce à moi ?Une réflexion sur le travail de fond, la reconnaissance des entraîneurs et notre tendance à attribuer trop rapidement les succès sportifs à la dernière personne arrivée.Parce que les résultats d'aujourd'hui se construisent souvent bien avant celui ou celle à qui on en attribue le mérite.
  • 25. Le judo a changé ma vie. Et pas seulement ma carrière.

    14:18||Saison 2, Ep. 25
    Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale du judo. Et cette année, le thème est l'appartenance (Belonging).Alors j'avais envie de vous raconter ce que le judo m'a apporté. Parce qu'après plus de quinze ans à travailler dans ce sport, je crois pouvoir dire qu'il a changé ma vie.Il m'a d'abord aidée à traverser mes études, avant de devenir mon métier. À l'époque, j'avais même accroché au-dessus de mon bureau un petit Post-it sur lequel était écrit : « Je veux devenir kiné de l'équipe de France de judo. » Quelques années plus tard, j'y travaillais.Mais le judo m'a surtout apporté bien davantage qu'une carrière.Il m'a ouvert l'esprit, permis de découvrir d'autres cultures, de vivre en France, au Kazakhstan puis en Azerbaïdjan. Il m'a aussi appris à avoir confiance en moi, notamment grâce à ces champions que j'admirais enfant et qui, un jour, m'ont fait confiance à leur tour.Et puis il m'a donné une deuxième famille.Des personnes avec qui j'ai partagé des victoires, des anniversaires, des moments de bonheur, mais aussi des deuils et des périodes difficiles. Des personnes avec qui je passe aujourd'hui près de 300 jours par an, bien davantage qu'avec ma propre famille.Dans cet épisode plus personnel, je vous raconte comment le judo a façonné mon parcours, mes convictions, ma confiance et mon sentiment d'appartenance.
  • 24. J’ai viré un athlète de sa rééducation. Un kiné doit-il tout accepter ?

    14:26||Saison 2, Ep. 24
    Hier, j'ai exclu un athlète de ma rééducation.Des retards répétés, des rendez-vous manqués, des avertissements à n'en plus finir… Et malgré toute l'affection que je porte à ce sportif, j'ai fini par prendre une décision qui pourrait avoir de vraies conséquences sur la suite de sa carrière.Mais jusqu'où doit-on aller pour aider un athlète qui ne s'investit pas dans sa propre rééducation ?Dans cet épisode, je vous raconte pourquoi j'ai décidé de poser cette limite, les doutes qu'elle suscite chez moi et la difficulté de trouver un équilibre entre bienveillance, exigence et responsabilité professionnelle.Je reviens également sur plusieurs études scientifiques concernant l'adhésion aux programmes de rééducation : est-ce que les sportifs les plus assidus récupèrent mieux ? Et pourquoi certains patients ont-ils autant de difficultés à suivre leur traitement ?Puis j'élargis la réflexion à une question plus délicate : un kinésithérapeute peut-il refuser de poursuivre une prise en charge ? Qu'en est-il lorsqu'un patient ne respecte pas les règles ou tient des propos discriminatoires pendant les soins ?Entre expérience personnelle, science et déontologie, une réflexion sur les limites de notre métier, les responsabilités de chacun et le respect dans la relation soignant–soigné.Parce qu'on ne peut pas faire une rééducation à la place de son patient. Mais cela ne dispense pas un soignant de s'interroger sur ses propres responsabilités.
  • 23. Confiance, ambition ou arrogance : faut-il se croire meilleur pour gagner ?

    09:05||Saison 2, Ep. 23
    Il y a six mois, Frederick Richard annonçait publiquement qu'il allait devenir champion du monde de gymnastique. Le détail ? Un an auparavant, il n'avait même pas été sélectionné pour les Mondiaux. Et ce week-end, il est effectivement devenu champion du monde au sol.Alors, où se situe la frontière entre confiance en soi, ambition et arrogance ?Dans cet épisode, je vous parle de ces sportifs qui n'hésitent pas à annoncer qu'ils vont gagner, de ceux qui ont besoin de pression pour performer et de cette place parfois mal comprise de l'ego dans le sport de haut niveau.De Frederick Richard à Gabby Williams, en passant par les champions que j'ai accompagnés, je m'interroge sur notre manière de percevoir les athlètes qui osent affirmer leurs ambitions.Je fais aussi un petit détour par Dua Lipa et la tendance du manifesting : est-ce que formuler ses rêves permet réellement de les réaliser ? Que nous dit la science ? Et pourquoi entend-on surtout parler des prédictions qui se sont réalisées ?Entre confiance en soi, préparation mentale et biais du survivant, une réflexion sur ce qui pousse les champions à croire en leurs capacités.Parce qu'avoir de l'ambition ne signifie pas nécessairement être arrogant. Et parce que croire en sa victoire ne garantit pas de gagner.
  • 22. « Dopage, féminisme, blessures : je réponds à vos questions sans filtre »

    20:30||Saison 2, Ep. 22
    Après une soirée organisée par notre fédération pour célébrer les sept médailles des Championnats du monde, j'ai exceptionnellement préféré mon lit à mon micro samedi matin. On se retrouve donc ce dimanche pour répondre à vos questions de la semaine !Est-ce qu'il m'est déjà arrivé d'être en désaccord avec un entraîneur sur la reprise d'un athlète blessé ? Est-ce que je croirais un sportif contrôlé positif qui me jure n'avoir rien pris ? Et qu'est-ce qui se serait passé si j'avais accidentellement dopé un athlète avec des gouttes pour les yeux ?Je vous parle de la responsabilité du personnel médical, des rapports parfois compliqués entre entraîneurs et soignants, mais aussi du dopage et de ces situations humaines qui rendent certains jugements beaucoup moins évidents.Je reviens également sur un épisode de ma carrière où mes prises de position ont eu des conséquences professionnelles, et sur cette fatigue que peut provoquer la violence des réseaux sociaux.Enfin, on parle de champions. De ceux qui perdent leur motivation après avoir tout gagné, de ceux qui continuent à performer pendant quinze ans et de cette question qui me passionne : qu'est-ce qui fait réellement un champion ?
  • 21. Le plus dur, ce n'est pas de gagner. C'est de rester au sommet

    11:57||Saison 2, Ep. 21
    Gagner une médaille, c'est exceptionnel. Mais quand on gagne régulièrement, est-ce que la victoire finit par devenir normale ?Il y a quelques jours, Remco Evenepoel mettait en garde le jeune cycliste Paul Seixas : le plus difficile dans le sport de haut niveau, ce n'est pas forcément d'arriver au sommet, c'est d'y rester.Une réflexion qui m'a particulièrement interpellée.Dans cet épisode, je vous parle de ces performances extraordinaires qu'on finit parfois par banaliser, de Teddy Riner à Félix Lebrun, en passant par les judokas que j'accompagne au quotidien.Je reviens aussi sur nos Championnats du monde et sur la différence de réactions entre une médaille d'or inattendue et une médaille d'argent remportée par un favori.Et puis je vous partage une conversation qui m'avait marquée avec Clarisse Agbegnenou, autour de la difficulté de retrouver, après une grande victoire, la motivation et l'énergie nécessaires pour s'imposer à nouveau les mêmes exigences.Parce qu'au-delà du talent, rester au sommet demande de recommencer, encore et encore, un travail immense.
  • 20. " Il y a quand même plus important en ce moment " : doit-on arrêter de parler de sport ?

    13:34||Saison 2, Ep. 20
    « Il y a quand même plus important en ce moment. »C'est le message que j'ai reçu après avoir annoncé un épisode de podcast consacré à la lutte antidopage.Et cette phrase m'a fait réfléchir.Évidemment qu'il existe des sujets plus importants que le sport de haut niveau. Évidemment que les mobilisations sociales, les discriminations et les combats pour l'égalité méritent toute notre attention.Mais est-ce que cela signifie qu'on devrait arrêter de parler d'autre chose ?Dans cet épisode un peu différent, je vous parle de la pression à prendre publiquement position, de cette idée selon laquelle ce qu'on ne montre pas sur les réseaux sociaux n'existerait pas, mais aussi du coût personnel et professionnel que peut avoir l'engagement.Je reviens sur mes propres expériences, sur la violence que peuvent engendrer les réseaux sociaux et sur cette difficulté à trouver un équilibre entre convictions, engagement, travail et préservation de soi.Parce qu'on peut soutenir des causes sans en faire l'intégralité de son identité publique.Et parce que continuer à parler de sport ne signifie pas être indifférent au reste du monde.
  • 19. Le jour où j'ai failli doper un athlète… avec des gouttes pour les yeux

    12:27||Saison 2, Ep. 19
    J’ai failli donner un produit dopant à un athlète. Avec de simples gouttes pour les yeux. 😳Un doigt dans l’œil pendant une compétition de judo, un produit trouvé dans ma valise médicale et une vérification faite presque par hasard…Heureusement que j’ai eu le réflexe de contrôler le produit avant de l’utiliser.Parce que cette petite erreur aurait pu avoir des conséquences énormes, pour l’athlète comme pour moi.Dans l’épisode du jour, je vous raconte cette histoire, mais aussi une autre situation où j’ai refusé qu’un athlète reçoive un médicament dont nous ne connaissions pas précisément la composition.Dans le sport de haut niveau, même un médicament qui paraît anodin peut poser un problème antidopage.🎧 Nouvel épisode de Confidences du Haut Niveau, pour notre premier Mercredi de l’anecdote.
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