Partager

cover art for Ciné Culte : la Belle de Rome

Ciné Culte

Ciné Culte : la Belle de Rome

L'éditeur Tamasa a exhumé un film important de Luigi Comencini dans un digipack DVD/Blu-ray accompagné d'un livret instructif de 16 pages et d'un entretien avec Paoloa Palma une historienne spécialiste du cinéma italien — une édition soignée pour un film qu'on redécouvre avec un plaisir intact :Rome, 1955. Une jeune femme au charme irrésistible, un fiancé boxeur derrière les barreaux, et deux prétendants qui gravitent autour d'elle . La Belle de Rome s'inscrit dans la veine tendre et drôle initiée par Comencini avec son diptyque Pain, amour et fantaisie, mais troque l'atmosphère rurale pittoresque pour celle, urbaine et fiévreuse, de la Ville Éternelle.

Derrière l'apparence d'une comédie légère, le film dresse en réalité un portrait acéré du petit bourgeois italien : père indifférent, mari sans chaleur humaine, coureur de jupons soumis à l'Église mais de manière toute superstitieuse. La belle de Rome du titre Nannina s'impose comme un personnage fort, espiègle et intelligent, loin du « sois belle et tais-toi » de certaines productions de l'époque.

https://www.tamasa-cinema.com/boutique/produit/belle-de-rome-la-combo-blu-ray-et-dvd/

More episodes

View all episodes

  • Ciné Culte: les Babas Cool

    12:41|
    Les Babas-cool, sorti en 1981 et signé François Leterrier, n'est pas tout à fait la comédie potache qu'on croit. Derrière son titre souriant se cache un objet cinématographique étonnamment subtil : une satire douce-amère de l'utopie communautaire, portée par un casting d'orfèvre — Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Philippe Léotard, Richard Bohringer, Anémone et une toute jeune Catherine Frot. Sur le fond, le film joue un double jeu : il se moque avec tendresse des illusions libertaires des années 70, tout en retournant la critique vers le conformisme bourgeois de son héros. A noter la musique de Nino Ferrer qui enveloppe le tout d'une mélancolie inattendue.Studio Canal offre à ce film drôle et touchant une seconde vie grâce à une restauration Blu-ray soignée qui restitue toute la chaleur solaire de ses images. Couleurs, grain, précision des visages : le travail accompli redonne au film l'éclat qu'il n'aurait jamais dû perdre.Dans ce podcast, on revient sur ce film culte méconnu, et sur ce qu'il dit — peut-être mieux que beaucoup d'autres — de notre rapport éternel à la libertéhttps://metalunastore.fr/products/les-babas-cool
  • Ciné Culte : Rouslan et Ludmila

    24:27|
    Kiev, l'an mil. Une princesse enlevée par un sorcier nain. Un héros en quête de l'impossible. Et derrière la caméra, un vieux magicien soviétique qui jette ses dernières forces dans une œuvre pharaonique. Rouslan et Ludmila est réalisé en 1972 par Alexandre Ptouchko, qui décède deux mois après la sortie du film à Moscou. Un testament flamboyant.Ptouchko connaît le succès dès 1935 avec son film de marionnettes Le Nouveau Gulliver, prouesse de fantaisie et d'innovations techniques. Il enchaîne pendant près de 40 ans des films adaptant les contes et légendes de la Grande Russie, mêlant épopée, historique et féérie. Rouslan et Ludmila est l'aboutissement de cette trajectoire : la troisième fois que le maître du cinéma fantastique russe adapte Pouchkine, en une succession quasi ininterrompue de tableaux renversants.Sur le fond, le film puise dans un poème en vers écrit par Pouchkine entre 1817 et 1820 — une quête chevaleresque aux accents de conte universel. Sur la forme, les séquences culte s'enchaînent : la lugubre forêt de Tchernomor, la rencontre avec le magicien finnois dans une grotte magnifique, la confrontation avec la tête coupée d'un géant. Côté restauration, Mosfilm a réalisé un nouveau scan 4K des négatifs 35 mm, et le résultat est un ravissement pour les yeux, restituant enfin toute la richesse des couleurs vives et pastelles. La définition tient parfaitement le choc, les contrastes sont bien gérés et les détails en arrière-plan confirment l'excellente tenue de ce Blu-ray. Artus Films complète l'édition d'un Mediabook soigné, avec un livre de près de cent pages retraçant la production chaotique de ce chef-d'œuvre.Un grand spectacle oublié, enfin ressuscité dans toute sa splendeur.https://artusfilms.com/products/rouslan-et-ludmila
  • Ciné Culte : Casino

    22:45|
    Trente ans après sa sortie, Casino de Martin Scorsese revient sur le devant de la scène grâce à l'éditeur L'Atelier d'Images, dans une édition collector 4K Ultra HD qui lui rend enfin justice. Et c'est l'occasion rêvée de redécouvrir ce monument dans la filmographie du réalisateur italo américain. Car Casino, c'est bien plus qu'un film de gangsters, c'est une fresque documentaire autant que fictionnelle, coécrite avec Nicholas Pileggi à partir de faits réels, qui dissèque avec une précision clinique les rouages d'un empire criminel. Scorsese y déploie une narration éclatée, polyphonique, où les voix off se superposent, se contredisent, et tissent ensemble la chronique d'une chute inévitable. Sur la forme, le cinéaste pousse ses expérimentations formelles à leur paroxysme : montage non linéaire d'une virtuosité vertigineuse, photographie éblouissante signée Robert Richardson, et une bande-son fleuve de près de 60 titres qui raconte le film autant qu'elle l'accompagne.Quant à la restauration 4K HDR, elle opère une véritable renaissance visuelle. Les pellicules 35mm tournées dans les néons crus du Riviera de Las Vegas révèlent une profondeur et une saturation chromatique saisissantes — un gouffre face aux éditions précédentes. Les costumes de De Niro, les robes de Sharon Stone, les dorures du Tangiers : tout éclate enfin dans sa splendeur originelle. Bienvenue dans Las Vegas. Faites vos jeux , un fable cruelle sur la crise du captitalisme et l’impossibilité du couple.https://latelierdimages.fr/produit/casino-combo-4k-blu-ray-collector
  • Ciné Culte: Papa est en voyage d'affaires

    15:21|
    Malavida nous propose de redécouvrir le second film de Kusturica tourné en 1985 : Sarajevo, 1950. la Yougoslavie communiste tremble encore des secousses de la rupture Tito-Staline. C'est dans ce contexte de paranoïa politique que Kusturica place sa caméra... mais à hauteur d'enfant. Le pari scénaristique est audacieux : observer les affres d'une période historique à travers le regard innocent du jeune Malik, à peine 6 ans. Un père dénoncé pour une blague, envoyé au camp de travail. Une mère qui protège ses enfants avec un mensonge délicat qui donne son titre au film. Entre le drame politique et la comédie humaine, Kusturica invente une langue cinématographique à nul autre pareil : l’oeuvre n’est ni une reconstitution historique ni une analyse politique — c'est une comédie dramatique pleine de truculence, de gaieté et d'ironie. L’audace est saluée par la Palme d'or à Cannes en 1985, faisant de lui l'un des plus jeunes réalisateurs à obtenir la suprême récompense. Côté restauration, le film ressort en version restaurée en octobre 2024, puis en Blu-ray grâce à l'éditeur Malavida avec en bonus un livret de 15 pages et une master class de Miki Manojlovic au Festival d’ Arras 2024.Quarante ans après sa Palme, ce film reste une œuvre à part qu’il faut redécouvrir absolument.https://www.malavidafilms.com/cinema/papaestenvoyagedaffaires
  • Ciné Culte : Le Privé

    20:54|
    BQHL vous emmène dans les rues brumeuses du Los Angeles des années 70 : à travers cette relecture audacieuse du mythe du détective privé, Altman dynamite les codes du film noir classique pour mieux en révéler l’ironie, la mélancolie et la modernité.Porté par la nonchalance magnétique d’Elliott Gould dans le rôle de Philip Marlowe, le film joue sur le décalage entre un héros tout droit sorti des années 40 et une Amérique désenchantée. Voilà un polar à contre-courant : plus qu’une enquête, une errance existentielle, un regard acide sur la fin des illusions. Altman impose une mise en scène fluide et immersive, faite de longs plans, de dialogues qui se chevauchent et d’une bande originale obsédante déclinant un même thème en variations subtiles. La restauration redonne toute sa profondeur aux lumières crépusculaires, à la texture granuleuse de l’image et à la richesse sonore du film. Une occasion idéale de redécouvrir ce classique anticonformiste dans toute sa splendeur — et d’en mesurer toute la modernité.Retro à la CF à partir du 22 avril 2026https://bqhl.com/produit/le-prive/
  • Cine Culte: Parsifal

    12:57|
    Parsifal (1951) – Daniel Mangrané & Carlos Serrano de OsmaRéalisé en 1951 en pleine Espagne franquiste, Parsifal porte en lui une ambition folle : adapter Wagner au cinéma, avec un mélange d'expressionnisme, de ferveur religieuse et de poésie médiévale.Superproduction épique et mystique dotée d'un budget considérable pour l'époque, le film s'entoure du peintre José Caballero pour les décors et de la danseuse française Ludmilla Tchérina dans le rôle de Kundry.Sur le fond, le parcours du héros devient un voyage initiatique moderne et une réflexion sur la guerre : chaque rencontre et chaque décor semblent chargés d'un sens caché, explorant la notion de pureté non comme une vertu morale, mais comme une force intérieure capable de résister aux séductions du monde. Sur la forme, le film reprend pour la première fois au cinéma les véritables morceaux musicaux de Wagner, utilisés tantôt comme bande sonore de fond, tantôt comme ponctuations associées à des cartons explicatifs rappelant délibérément l'ère du cinéma muet. Tourné dans un noir et blanc délicieusement expressionniste, il marie les sublimes paysages de la montagne de Montserrat à des décors de studio barcelonais.Concernant la restauration dee nombreux efforts ont cependant été effectués pour atténuer les défauts et redonner au master une certaine tenue, le noir et blanc et ses contrastes contribuant à dissimuler ces fragilités techniques derrière une belle patine d'objet ancien.Sélectionné au Festival de Cannes 1952, ce film demeure à ce jour la plus grande adaptation cinématographique du mythe de Parsifal.https://artusfilms.com/products/parsifal
  • Ciné Culte : les Chevaux de Feu

    15:25|
     Les Chevaux de Feu de Serguei ParadjanovDans les Carpates ukrainiennes, deux familles se haïssent. Deux jeunes gens s'aiment mais le destin malin va les séparer ... Les Chevaux de feu — Tini zaboutkh predkiv en ukrainien — est un film de Sergueï Paradjanov sorti en 1965, 97 minutes de couleurs et de folklore houtsoul portées en version restaurée par Carlotta Films, au cinéma le 18 juin 2025 ressort maintenant en DVD Bluray . Avec ce film flamboyant, Paradjanov rompt avec les codes du réalisme socialiste et signe un acte de rébellion esthétique aussi radical que fulgurant. Il abandonne toute forme de réalisme social pour aller vers un formalisme absolu et un lyrisme cinématographique qui n'est pas vraiment la tendance de l'école cinématographique ukrainienne.Sur la forme, le film sidère avec ses mouvements de caméra déjantés, tordus en tous sens, s'enchaînant avec une rapidité folle — un travail à mettre au crédit du chef opérateur Youri Illienko. Et Paradjanov lui-même revendiquait cette vision : « Je me suis habitué à considérer chaque cadre cinématographique comme un tableau indépendant. Dans la pratique, je choisis souvent la solution picturale, plutôt que la solution littéraire. »Ethnographiques, poétiques, métaphysiques, les douze chapitres du film, d'une beauté vertigineuse, permirent au cinéaste d'accéder à la renommée internationale. Quant à la restauration portée par Carlotta Films, elle restitue des couleurs exaltées à ce chef-d'œuvre trop longtemps confiné aux marges — une résurrection lumineuse pour une œuvre qui brûle encore, soixante ans après.https://carlottafilms.com/films/les-chevaux-de-feu/
  • Ciné Culte:Urgence

    17:53|
    Quarante ans après sa sortie, revoilà grâce à Arcadès Éditions « Urgence » de Gilles Béhat dans une restauration qui rend pleinement justice à la patine urbaine et nocturne du film. C’est un thriller de genre trop longtemps oublié, qui méritait amplement ce retour à la lumière : Paris en 1985 un journaliste infiltré dans une cellule néo-nazie est abattu avant d'avoir pu révéler l'imminence d'un attentat.  Dans un cinéma français des années 80 encore indécis, Béhat fait un choix radical : un traitement résolument anglo-saxon — rythme haletant, action sans répit — au service d'un sujet brûlant, la montée des extrémismes, qui n'a pas pris une ride. Les acteurs sont au top : Richard Berry, Donnadieu et Balmer se livrent à un jeu de forces redoutable et la jeune Fanny Bastien est touchante dans un rôle clef . Ce polar sombre sublimé par la photographie de Pierre Lhomme mérite d’être redécouvert comme l’ensemble de la filmographie de Gilles Béhat.https://www.unifrance.org/film/3724/urgence