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Choses à Savoir TECH
Amazon prépare un smartphone 100% IA ?
Douze ans après l’échec retentissant du Fire Phone, Amazon semble prêt à retenter sa chance sur le marché des smartphones. Selon plusieurs informations, le groupe travaillerait actuellement sur un nouveau projet baptisé en interne « Transformer », un appareil fortement orienté vers l’intelligence artificielle et son assistant vocal Alexa.
Le souvenir du Fire Phone, lancé en 2014, reste encore vif. À l’époque, Amazon avait tenté de se démarquer avec des fonctionnalités originales, comme un affichage 3D sans lunettes ou encore Firefly, un outil capable d’identifier des objets via la caméra. Malgré un prix attractif, environ 200 dollars sans abonnement, le téléphone n’a jamais trouvé son public. En cause notamment : un écosystème applicatif limité, basé sur l’Amazon Appstore, loin derrière le Google Play Store en termes de choix et de diversité. Résultat, le produit a été retiré du marché à peine un an après sa sortie.
Avec ce nouveau projet, Amazon change d’approche. Plutôt que de rivaliser frontalement avec les boutiques d’applications traditionnelles, l’entreprise mise sur une autre logique : l’intelligence artificielle comme interface principale. L’idée serait de permettre à l’utilisateur d’interagir directement avec son téléphone via Alexa, sans forcément passer par des applications classiques. Concrètement, cela signifie que certaines tâches, commander un repas, lancer un film, gérer son agenda, pourraient être exécutées à la voix ou via des requêtes intelligentes, sans ouvrir d’application dédiée. Une manière de contourner le problème qui avait plombé le Fire Phone : la dépendance à un catalogue d’apps insuffisant.
Le futur smartphone serait également conçu pour s’intégrer étroitement à l’écosystème Amazon : Prime Video, Prime Music, services de livraison comme Grubhub, ou encore la plateforme de commerce en ligne. Alexa deviendrait ainsi le point d’entrée central pour accéder à l’ensemble de ces services. Attention toutefois : Alexa ne serait pas le système d’exploitation lui-même, mais plutôt une couche d’interaction avancée. Une différence notable avec le Fire Phone, dont le fonctionnement était trop dépendant de l’environnement Amazon.
Reste que ce pari est loin d’être gagné. Le marché des smartphones est aujourd’hui dominé par quelques acteurs majeurs, et les habitudes des utilisateurs sont bien ancrées. Miser sur une interface centrée sur l’IA constitue une rupture… mais aussi un risque. D’autant que, pour l’instant, le projet reste au stade de développement.
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Pourquoi les RTX 5080 et 5090 disparaissent-elles des boutiques ?
02:35|Une carte graphique lancée à 999 dollars qui se retrouve proposée à plus de 2 000 dollars chez certains revendeurs américains. Et qui, en plus, disparaît de la boutique officielle de son fabricant. Voilà la situation étonnante dans laquelle se trouve la GeForce RTX 5080 de Nvidia, alors que sa grande sœur, la RTX 5090, connaît des difficultés comparables.Fin octobre, plusieurs médias spécialisés ont constaté que Nvidia avait retiré les références de ces deux cartes de son catalogue commercial américain. Un détail interpelle : les modèles moins puissants restent affichés, même lorsqu'ils sont en rupture de stock. La disparition d'une fiche commerciale ne signifie pourtant pas nécessairement l'arrêt de fabrication d'un produit. Nvidia a d'ailleurs démenti cette hypothèse concernant la RTX 5090. Jeff Fisher, responsable de sa division GeForce, reconnaît toutefois que l'approvisionnement reste limité. Le phénomène intervient dans un contexte particulier : Nvidia fournit à la fois des cartes graphiques pour les joueurs et des accélérateurs destinés aux entreprises qui développent des intelligences artificielles. Ces deux marchés ne sont pas totalement séparés. Certaines puces reposent sur des technologies et des capacités industrielles communes. Or, les équipements professionnels destinés à l'IA peuvent rapporter beaucoup plus que les cartes vendues au grand public. D'où les interrogations sur les priorités industrielles du fabricant. Des rumeurs évoquent une réorientation de certaines puces vers des produits professionnels, mais Nvidia n'a confirmé aucune décision de cette nature concernant les RTX 5080.Autre difficulté : la mémoire graphique. La demande en composants mémoire est particulièrement forte et peut limiter la quantité de cartes assemblées, même lorsque les processeurs graphiques sont disponibles. Une possible évolution de la gamme alimente également les spéculations. Nvidia préparerait une RTX 5080 équipée de 24 gigaoctets de mémoire, contre 16 actuellement, avec une commercialisation envisagée début 2027. Cette version n'a pas été officiellement annoncée. Pour les joueurs français, les cartes n'ont pas disparu de tous les circuits de vente. Mais les difficultés américaines illustrent un marché où la disponibilité et les prix deviennent de plus en plus imprévisibles. Le contraste est particulièrement frappant pour Nvidia : l'entreprise profite de l'explosion mondiale de l'intelligence artificielle, tandis que les amateurs de jeux vidéo peinent à acheter ses modèles les plus puissants à un tarif raisonnable.Source : Tom's Hardware
Binance piraté par... la Corée du Nord ?
02:52|En une vingtaine de minutes, des pirates informatiques sont parvenus à détourner plus de six milliards de dollars en cryptomonnaies sur Binance, la plus grande plateforme d'échange du secteur. Un butin sans précédent, désormais attribué officiellement par le FBI à des cybercriminels liés à la Corée du Nord.L'attaque remonte au 29 octobre. Selon les spécialistes de la sécurité informatique, environ 6,3 milliards de dollars ont été transférés depuis les portefeuilles numériques de Binance. Trois jours plus tard, le FBI désigne le groupe TraderTraitor, déjà impliqué dans plusieurs opérations attribuées au régime nord-coréen. Ce nom n'est pas inconnu des enquêteurs. En février 2025, des pirates associés au même réseau avaient dérobé près d'un milliard et demi de dollars à la plateforme Bybit. Cette fois, le montant est plus de quatre fois supérieur.Les circonstances exactes de l'intrusion restent à établir. Binance soupçonne notamment la compromission de l'ordinateur d'un ingénieur disposant d'accès techniques sensibles. Mais d'autres points d'entrée auraient également été découverts, et le FBI n'a pas rendu publiques les preuves détaillées de son attribution. L'enquête se concentre désormais sur l'argent volé. Contrairement à un transfert bancaire classique, les mouvements de cryptomonnaies sont généralement enregistrés sur des registres publics appelés blockchains. Les enquêteurs peuvent donc suivre les transactions, mais pas nécessairement identifier immédiatement les personnes qui contrôlent chaque portefeuille. Les pirates cherchent justement à compliquer cette surveillance. Ils convertissent les actifs dérobés en différentes cryptomonnaies et les font circuler entre plusieurs services d'échange.Le FBI a publié des centaines d'adresses numériques suspectes afin que les plateformes puissent bloquer les transactions correspondantes. Binance et ses partenaires affirment avoir déjà fait geler plusieurs milliards de dollars. Mais geler des fonds ne signifie pas les avoir récupérés. Et remplacer les sommes manquantes avec les réserves de l'entreprise ne revient pas davantage à reprendre l'argent aux pirates. Binance assure vouloir indemniser intégralement ses clients et a commencé à rétablir les retraits. Les conséquences économiques restent néanmoins importantes : le 2 novembre, Reuters rapporte près de 4,7 milliards de dollars de retraits nets effectués par les clients depuis la reprise du service.Derrière ce piratage, les enquêteurs américains voient aussi un enjeu de sécurité internationale. Les vols de cryptomonnaies attribués à la Corée du Nord constituent, selon les autorités, une source de financement pour le régime, soumis à de lourdes sanctions économiques. La particularité de ces attaques tient à leur double dimension : elles exploitent les faiblesses de la sécurité informatique tout en utilisant l'infrastructure financière mondiale des cryptomonnaies pour déplacer des sommes considérables.Source : FBI
Taxe sur les gigaoctets : nos téléchargements vont-ils coûter plus cher ?
02:54|Télécharger un jeu vidéo de 210 gigaoctets pourrait représenter plus de onze euros de taxes supplémentaires. Et pour une entreprise française comme OVHcloud, la facture pourrait atteindre 70 millions d'euros par an. Tout cela à cause d'un amendement adopté à une voix près, avec deux députés qui affirment aujourd'hui s'être trompés de bouton. Vendredi 30 octobre, l'Assemblée nationale a voté, par onze voix contre dix, une contribution de 5,5 centimes sur chaque gigaoctet de données envoyé aux internautes français. La mesure, proposée par le député socialiste Laurent Lhardit dans le cadre du budget 2027, vise les fournisseurs de contenus numériques. Netflix, Google, les plateformes de jeux vidéo ou encore certains hébergeurs seraient concernés. Le député espère récupérer environ dix milliards d'euros par an, principalement auprès des grandes entreprises américaines. Mais le lendemain du scrutin, Éric Coquerel, président insoumis de la commission des finances, explique que lui et son collègue Abdelkader Lahmar ont voté favorablement par erreur. Ils auraient appuyé sur le mauvais bouton pendant une série de votes rapides. Sans leurs deux voix, l'amendement aurait été rejeté.Cette justification interpelle, puisque Coquerel avait cosigné en 2024 une proposition comparable, avec un tarif près de quinze fois supérieur. Ce précédent ne prouve toutefois pas que son dernier vote était volontaire. Au-delà de cet épisode parlementaire, le mécanisme fiscal soulève une difficulté économique.La taxe serait légalement payée par les entreprises qui transmettent les données, et non directement par les internautes. Mais rien ne garantirait qu'elles absorbent ce coût sans augmenter leurs tarifs.Pour un téléchargement de 210 gigaoctets, le calcul atteint 11 euros et 55 centimes. Une heure de vidéo en très haute définition pourrait représenter plusieurs dizaines de centimes. Ce sont des coûts théoriques pour les plateformes, pas des augmentations de prix déjà décidées. La situation préoccupe aussi les entreprises françaises. Octave Klaba, fondateur d'OVHcloud, estime que son groupe pourrait supporter jusqu'à 70 millions d'euros annuels. Un hébergeur ne produit pourtant pas nécessairement les vidéos, les fichiers ou les applications qu'il transmet.Le texte prévoit des plafonds pour limiter la contribution des entreprises, mais son application aux différents intermédiaires techniques resterait délicate. Reste surtout que cette taxe n'existe pas encore. Le gouvernement s'y oppose, et les députés doivent voter le 3 novembre l'ensemble du volet recettes du budget. Si celui-ci est rejeté, l'amendement disparaîtra de cette version du texte.Source : LCP
Sony prépare-t-il la console portable ultime ?
02:44|Sony pourrait bien préparer son retour sur le marché des véritables consoles portables. Et cette fois, le constructeur japonais disposerait d'un avantage technologique que ses concurrents auraient du mal à reproduire : une puce graphique de nouvelle génération, spécialement conçue avec AMD.L'information vient de Digital Foundry, un média britannique reconnu pour ses analyses techniques du jeu vidéo. Selon son journaliste Richard Leadbetter, des discussions en coulisses évoquent une forme d'exclusivité accordée à Sony sur la future architecture graphique RDNA 5 d'AMD, destinée aux consoles portables. Attention, rien n'a été officialisé. Sony n'a même pas encore annoncé cette machine, connue dans les fuites sous le nom de code Canis.Contrairement au PlayStation Portal, qui permet principalement de jouer à des titres exécutés à distance, cette nouvelle console serait capable de faire fonctionner les jeux directement sur son propre matériel. Les premières rumeurs techniques évoquent un processeur AMD à six cœurs, accompagné de 24 gigaoctets de mémoire et d'une partie graphique reposant sur seize unités de calcul RDNA 5. Mais l'information la plus intéressante concerne les relations entre Sony et AMD.Concevoir une puce spécifiquement pour un appareil coûte extrêmement cher. Il faut mobiliser des ingénieurs, développer une architecture adaptée, puis garantir des volumes de fabrication suffisants pour rentabiliser l'investissement. Sony dispose justement d'un atout : sa capacité à commercialiser plusieurs millions de consoles. AMD pourrait donc accepter de lui réserver une puce particulière, là où des fabricants de machines portables comme Asus, Lenovo ou Valve utilisent davantage de composants proposés à plusieurs clients. Cela ne signifie pas forcément que Sony aurait signé un contrat empêchant ses concurrents d'accéder à RDNA 5. L'exclusivité pourrait simplement concerner une version conçue spécialement pour sa console.Sur le plan technique, une puce plus récente pourrait améliorer les performances graphiques, mais surtout l'efficacité énergétique. Sur une machine portable, chaque watt économisé compte, puisqu'il permet de limiter la chaleur ou de préserver l'autonomie. La future PlayStation pourrait également profiter des technologies de reconstruction d'image développées avec AMD, qui permettent d'obtenir une image plus détaillée sans calculer directement tous les pixels affichés. Reste une inconnue majeure : le prix. Entre la mémoire, la batterie et une puce personnalisée, Sony devra trouver un équilibre entre performances et accessibilité. Les rumeurs situent son arrivée autour de 2027 ou 2028, sans confirmation officielle.Source : Notebook Check
Vos données Gmail et Photos vendues sans prévenir par Google ?
02:14|Vous recevez une confirmation de réservation d'hôtel dans Gmail. Quelques jours plus tard, vous demandez à l'intelligence artificielle de Google de vous conseiller des restaurants près de cet hôtel. Elle retrouve votre réservation, identifie votre destination et vous propose des adresses adaptées. Jusqu'ici, rien de surprenant. Mais ces informations pourraient désormais contribuer aussi à choisir les publicités qui accompagnent vos recherches.Depuis le 16 octobre, Google a modifié sa politique de confidentialité. Le changement tient à une exception ajoutée à une règle que l'entreprise appliquait depuis des années : ne pas utiliser le contenu de Gmail, Google Drive et Google Photos pour personnaliser les annonces publicitaires. Cette protection existe toujours, mais elle cesse d'être absolue lorsque l'utilisateur autorise d'autres services Google à accéder à ses données personnelles. À l'origine de ce changement, on trouve notamment Personal Intelligence, une fonction qui permet à Gemini et au moteur de recherche Google de consulter certaines informations de nos applications, avec notre autorisation. L'objectif est de fournir des réponses plus pertinentes. Si votre messagerie contient un billet d'avion, l'IA peut connaître votre destination sans vous demander de la préciser. Si vous cherchez un produit, elle peut éventuellement tenir compte de vos préférences déjà exprimées.Mais ces réponses personnalisées peuvent également contenir des publicités. Et Google reconnaît désormais que les informations auxquelles son moteur de recherche a été autorisé à accéder peuvent participer à leur personnalisation. Il faut toutefois distinguer ce mécanisme d'une lecture systématique de nos courriels à des fins commerciales. Google affirme que les annonces ne sont pas directement ciblées à partir du contenu de Gmail ou de Google Photos. Les annonceurs ne reçoivent pas non plus nos messages ou nos photographies.L'activation de Personal Intelligence repose sur un choix de l'utilisateur. Pour le moment, cette fonction n'est pas disponible dans l'Espace économique européen, et donc en France. Les utilisateurs français ne sont ainsi pas directement concernés par ce nouveau fonctionnement publicitaire, même si la politique de confidentialité a été modifiée à l'échelle du groupe.Source : Android Authority
Grok présente les premières images de son Odysée IA ?
02:38|Sept minutes d'images générées par intelligence artificielle, des navires de guerre, des soldats grecs et un héros de la mythologie. Voilà ce qu'Elon Musk vient de dévoiler pour répondre, à sa manière, au cinéma de Christopher Nolan. Mais derrière cette démonstration technologique, une question se pose : fabriquer des images réalistes suffit-il à réaliser un film ?Le 23 octobre, Grok Imagine, l'outil de génération vidéo développé par xAI, a publié le premier épisode d'une adaptation de L'Odyssée d'Homère. Une production réalisée avec le studio Wonder Studios et le cinéaste Dev Walker. En juillet, Elon Musk avait promis un long-métrage complet avant la fin de l'année, fidèle à l'œuvre antique. L'annonce intervenait alors qu'il critiquait les choix artistiques du réalisateur Christopher Nolan, dont la propre adaptation venait de sortir au cinéma. Trois mois plus tard, le résultat se limite pour l'instant à sept minutes, présentées comme le début d'une série. On y découvre Ulysse quittant sa famille pour partir à la guerre de Troie, sur fond de batailles et de paysages spectaculaires.Certaines images ressemblent effectivement à celles d'une production hollywoodienne. Mais leur fabrication demande encore un travail considérable. Grok Imagine génère des séquences courtes, d'une quinzaine de secondes au maximum avant prolongation éventuelle. Pour obtenir sept minutes, il faut donc produire au minimum l'équivalent de vingt-huit séquences, puis les assembler. Il faut également veiller à ce que les personnages conservent le même visage, les mêmes vêtements et une apparence cohérente d'un plan à l'autre.Cette continuité reste l'une des grandes difficultés de la vidéo générative. Une IA peut produire une scène impressionnante sans nécessairement comprendre comment l'intégrer dans une histoire de deux heures. Et la participation du réalisateur Dev Walker rappelle que le processus n'est pas entièrement automatisé. La part exacte des interventions humaines n'a d'ailleurs pas été détaillée.L'accueil critique a été plutôt froid. Le média américain TechCrunch reconnaît la qualité visuelle de certains plans, mais reproche à l'ensemble des dialogues artificiels et une narration qui peine à susciter l'intérêt. Le projet illustre ainsi les progrès rapides de la génération vidéo, sans démontrer qu'une intelligence artificielle peut remplacer une équipe de cinéma. Pour les studios, ces outils pourraient progressivement faciliter la création de décors, de séquences préparatoires ou d'effets visuels. Mais produire des images et raconter une histoire restent deux compétences bien différentes.Source : TechCrunch
Face aux licenciements IA, que prévoit la France ?
02:38|Cinq mille emplois supprimés dans une banque qui vient pourtant d'augmenter ses bénéfices de 12 %. C'est ce qu'a annoncé Barclays, au Royaume-Uni, le 22 octobre. L'établissement explique vouloir réduire ses coûts grâce, notamment, à l'automatisation et à l'intelligence artificielle. Et pendant que certaines entreprises commencent à réduire leurs effectifs, la Chine vient de présenter un plan pour limiter les conséquences de cette transformation sur l'emploi. Le 23 octobre, Pékin a publié dix-huit mesures destinées à accompagner l'arrivée de l'IA dans les entreprises. L'idée est d'éviter que les gains de productivité se traduisent trop brutalement par des suppressions de postes.Le gouvernement chinois demande notamment d'évaluer les risques pour l'emploi avant certains projets d'automatisation importants. Il encourage aussi les entreprises à privilégier l'intelligence artificielle dans les métiers où la main-d'œuvre manque, ou lorsque les tâches présentent des dangers pour les salariés. Autre proposition : instaurer des périodes de transition, pendant lesquelles les travailleurs seraient prévenus suffisamment tôt et accompagnés vers de nouvelles fonctions. Attention toutefois, ces orientations ne constituent pas une interdiction générale des licenciements liés à l'IA.Et en France ? Le gouvernement a présenté en septembre son programme « Impulsion IA 2027 », doté de plus de 80 millions d'euros pour l'année à venir. Douze mesures sont prévues, principalement autour de la formation, de l'accompagnement des entreprises et de l'observation des métiers menacés ou transformés. Les salariés bénéficient également de protections déjà inscrites dans le droit du travail. Dans certaines entreprises, les représentants du personnel doivent être consultés lorsqu'une nouvelle technologie modifie sensiblement l'organisation du travail.En septembre, la justice française a ainsi suspendu un projet de réorganisation chez un éditeur de presse qui souhaitait automatiser une partie du travail de ses secrétaires de rédaction. L'entreprise estimait que l'IA pouvait accomplir environ 70 % de leurs tâches. Le tribunal a demandé des vérifications supplémentaires, notamment sur les conséquences pour les salariés restants. L'exemple de Barclays montre cependant que l'automatisation s'inscrit souvent dans des stratégies plus larges de réduction des coûts. Il serait donc trompeur d'attribuer chacune de ses cinq mille suppressions de postes à l'IA seule.Entre la Chine, qui cherche à ralentir les effets sociaux de l'automatisation, et la France, qui privilégie la formation et les protections existantes, une même difficulté apparaît : les entreprises peuvent décider rapidement de réduire leurs effectifs, alors que la reconversion des salariés demande souvent plusieurs années.Source : Clubic
BioWare : la fin d'un géant du jeu vidéo ?
02:51|Pendant plus de trente ans, BioWare a permis aux joueurs d'explorer des galaxies entières, de nouer des amitiés avec des personnages virtuels et de prendre des décisions capables de changer le cours d'une histoire. Le 21 octobre 2026, Electronic Arts a annoncé la fermeture de ce studio canadien, ainsi que l'abandon du prochain Mass Effect. Pour comprendre ce que représente cette disparition, il faut remonter à 1995, lorsque BioWare voit le jour à Edmonton, au Canada. Trois ans plus tard, le studio sort Baldur's Gate, un jeu de rôle dans lequel les décisions du joueur influencent le déroulement de l'aventure. Suivront notamment Star Wars: Knights of the Old Republic, Dragon Age et Mass Effect, qui deviendront des références du genre.BioWare s'était spécialisé dans une forme de jeu vidéo exigeante : de longues aventures, des dialogues nombreux, des personnages complexes et des scénarios qui évoluent selon les choix du joueur. Des productions coûteuses, dont le développement mobilise parfois des centaines de personnes pendant plusieurs années. Racheté par Electronic Arts en 2007, BioWare connaît ensuite une période plus difficile. Mass Effect: Andromeda, sorti en 2017, déçoit une partie des fans. Deux ans plus tard, Anthem, conçu autour d'un modèle multijoueur censé fidéliser durablement les joueurs, échoue à s'imposer. Enfin, Dragon Age: The Veilguard, commercialisé en 2024, n'atteint pas les objectifs fixés par son éditeur.La fermeture intervient également dans un contexte financier particulier. Electronic Arts a été racheté en août 2026 pour 55 milliards de dollars par un consortium notamment soutenu par le fonds souverain saoudien. L'opération a alourdi l'endettement du groupe, désormais engagé dans une politique de réduction des coûts. Selon les informations rapportées par Bloomberg, environ 400 postes seraient supprimés chez Electronic Arts, dont une cinquantaine chez BioWare. L'éditeur préfère désormais concentrer ses investissements sur Battlefield, Apex Legends, ses franchises sportives et un nombre plus réduit de grandes productions. Le prochain Mass Effect, encore au début de son développement, fait les frais de ce recentrage.Cela ne signifie pas que Mass Effect ou Dragon Age disparaissent définitivement. Electronic Arts conserve leurs droits et pourrait un jour confier ces univers à d'autres équipes. Mais aucune suite n'est annoncée à ce stade. Pour les joueurs, la disparition de BioWare représente donc davantage que l'annulation d'un titre attendu. Elle illustre les difficultés économiques d'un modèle de création où chaque nouvelle aventure exige des années d'investissement, sans garantie de succès. Les univers imaginés par BioWare continueront d'exister. Ce qui disparaît aujourd'hui, c'est l'équipe historique qui leur donnait leur identité.Source : Bioware
Peut-on revendre les licences de nos logiciels Microsoft ?
02:24|Acheter un logiciel, l'utiliser pendant plusieurs années, puis le revendre lorsqu'on n'en a plus besoin : ce principe paraît parfaitement normal pour un objet physique. Mais dans l'univers numérique, Microsoft tente depuis des années d'en limiter l'application. Un nouveau revers judiciaire vient compliquer la position du géant américain. Au Royaume-Uni, la justice a refusé de lui accorder l'autorisation de poursuivre un appel dans un litige qui l'oppose à ValueLicensing, une entreprise spécialisée dans la revente de licences Microsoft d'occasion.Pour comprendre l'affaire, il faut revenir au fonctionnement des licences perpétuelles. Contrairement à un abonnement Microsoft 365, qui nécessite des paiements réguliers, une licence perpétuelle permet d'utiliser une version donnée d'un logiciel sans renouvellement périodique. Une entreprise qui possède plusieurs centaines de licences Office peut donc souhaiter revendre celles devenues inutiles. C'est précisément le marché sur lequel travaille ValueLicensing. Mais Microsoft contestait notamment la possibilité de séparer des licences achetées en volume pour les revendre individuellement. L'entreprise invoquait également les droits d'auteur protégeant certains éléments graphiques de ses logiciels.Les juges ont rejeté ces arguments dans le cadre du litige. Leur raisonnement repose sur un principe européen déjà reconnu en 2012 : lorsqu'un éditeur vend une copie de logiciel avec un droit d'utilisation permanent, son droit de contrôler les reventes ultérieures peut être épuisé. Autrement dit, il ne peut pas nécessairement interdire une seconde vente simplement parce que le produit est numérique. Une condition demeure essentielle : le vendeur doit cesser d'utiliser les copies correspondant aux licences revendues. Acheter une licence d'occasion ne signifie donc pas pouvoir multiplier librement les installations.Le dernier refus judiciaire ne règle cependant pas toute l'affaire. Microsoft peut encore tenter de saisir directement la Cour suprême britannique, tandis que les accusations de pratiques anticoncurrentielles doivent être distinguées des questions déjà tranchées sur la revente. Pour les entreprises européennes, l'enjeu dépasse le prix d'Office ou de Windows. Un marché de l'occasion permet de prolonger la valeur économique de logiciels déjà achetés, plutôt que de dépendre exclusivement de nouveaux contrats ou d'abonnements.Source : The Register