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Choses à Savoir SCIENCES
Pourquoi la gravité n’est peut-être qu’un effet de l’information ?
Une étude récente publiée dans la revue AIP Advances propose une idée déroutante : et si la gravité n’était pas une force fondamentale, mais le symptôme d’un univers gouverné par l’information ? Autrement dit, ce que nous appelons « gravité » pourrait être le résultat d’une loi informationnelle profonde, baptisée seconde loi de l’infodynamique.
Pour comprendre cette hypothèse, il faut d’abord rappeler ce qu’est la gravité dans la physique classique. Depuis Newton, elle est vue comme une force d’attraction entre les masses. Einstein a ensuite bouleversé cette vision : la gravité n’est plus une force au sens strict, mais une conséquence de la courbure de l’espace-temps provoquée par la masse et l’énergie. Cette description fonctionne remarquablement bien, mais elle ne dit pas pourquoi la gravité existe.
La nouvelle approche part d’un autre angle : celui de l’information. En physique moderne, l’information n’est plus un concept abstrait réservé aux ordinateurs. Elle est devenue une grandeur fondamentale, au même titre que l’énergie ou l’entropie. La seconde loi de l’infodynamique, proposée par les auteurs, affirme que les systèmes physiques évoluent spontanément vers des états qui maximisent l’efficacité de stockage et de traitement de l’information.
Selon cette idée, la gravité émergerait naturellement de cette tendance. Lorsque des particules ou des objets se rapprochent, le système global devient plus simple à décrire, plus compressible sur le plan informationnel. L’attraction gravitationnelle serait donc une conséquence statistique : les configurations où la matière est regroupée seraient favorisées parce qu’elles optimisent la gestion de l’information dans l’univers.
C’est ici qu’intervient la notion d’univers simulé. Dans une simulation informatique, les ressources sont limitées : mémoire, calcul, énergie. Regrouper les données, simplifier les structures, réduire la complexité globale sont des stratégies efficaces. La gravité, dans ce cadre, ressemblerait à un algorithme de compression cosmique : elle ferait « tomber » la matière là où l’information est la plus simple à gérer.
Attention toutefois : cette étude ne prouve pas que nous vivons dans une simulation. Elle montre seulement qu’un univers régi par des lois informationnelles produit naturellement un comportement ressemblant à la gravité, sans avoir besoin de postuler une force fondamentale mystérieuse. C’est une approche conceptuelle, encore loin d’être validée expérimentalement.
Mais ses implications sont vertigineuses. Si la gravité est une propriété émergente de l’information, alors l’espace, le temps et la matière pourraient eux-mêmes être secondaires, issus d’un substrat informationnel plus profond. La physique ne décrirait plus seulement ce que fait l’univers, mais comment il calcule.
Une idée encore spéculative, mais qui illustre une tendance forte des sciences modernes : au fond du réel, il n’y aurait peut-être pas des objets… mais de l’information.
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L'Atlantide a-t-elle vraiment existé ?
02:57|L’Atlantide est sans doute le continent perdu le plus célèbre de l’histoire… et pourtant, son existence repose sur une source unique. L’origine du récit remonte au IVᵉ siècle avant notre ère, dans deux dialogues du philosophe grec Platon : Timée et Critias. Platon y décrit une civilisation immense et prospère, située « au-delà des Colonnes d’Hercule » — généralement identifiées au détroit de Gibraltar. L’Atlantide y apparaît comme une puissance maritime technologiquement avancée, riche, orgueilleuse, qui finit par être engloutie par la mer en une seule nuit à la suite d’un cataclysme.Chez Platon, le récit a une fonction avant tout philosophique. L’Atlantide sert de contre-exemple moral à Athènes : une société devenue corrompue par sa richesse et sa soif de domination, punie par les dieux. Le texte n’est pas présenté comme un mythe poétique, mais comme un récit transmis par Solon après un voyage en Égypte. C’est précisément cette ambiguïté — récit moral ou témoignage historique ? — qui a nourri les débats pendant plus de deux millénaires.Du point de vue scientifique, le constat est clair : aucune preuve archéologique directe ne confirme l’existence de l’Atlantide telle que décrite par Platon. Aucun vestige d’un continent englouti, aucune trace d’une civilisation avancée disparue brutalement dans l’Atlantique. La tectonique des plaques, bien comprise aujourd’hui, rend d’ailleurs très improbable l’engloutissement soudain d’un continent entier en quelques heures.Cependant, certains chercheurs estiment que Platon a pu s’inspirer d’événements réels, déformés par la transmission orale. L’hypothèse la plus souvent citée concerne l’île de Santorin, dans la mer Égée. Vers 1600 av. J.-C., une éruption volcanique majeure détruit une grande partie de l’île de Théra et affaiblit la civilisation minoenne. Tsunamis, explosions, effondrements : le scénario rappelle étrangement la fin de l’Atlantide, même si la localisation ne correspond pas au texte de Platon.D’autres théories placent l’Atlantide en Espagne, au Maroc, aux Açores ou même en Antarctique, mais elles reposent sur des interprétations spéculatives, souvent sans validation scientifique solide. Aucune n’a résisté à l’examen rigoureux des géologues et des archéologues.En résumé, l’Atlantide n’a très probablement jamais existé comme civilisation réelle et autonome. Elle est plutôt un mythe philosophique, possiblement nourri de catastrophes naturelles bien réelles. Mais sa puissance symbolique demeure : l’Atlantide incarne la fascination humaine pour les mondes perdus, et la crainte intemporelle que le progrès, sans sagesse, mène à la chute. Un mythe, donc — mais un mythe extraordinairement efficace.
Rediffusion - L’énergie noire existe-t-elle ?
02:50|L'énergie noire, également appelée énergie sombre, est une composante hypothétique de l'univers introduite pour expliquer l'accélération observée de son expansion. Elle représenterait environ 70 % du contenu énergétique de l'univers, le reste étant constitué de matière noire et de matière ordinaire. Cependant, sa nature exacte demeure l'une des plus grandes énigmes de la cosmologie moderne.Observations soutenant l'existence de l'énergie noireEn 1998, des observations de supernovae de type Ia ont révélé que l'univers est en expansion accélérée. Ces supernovae, utilisées comme chandelles standard en raison de leur luminosité prévisible, apparaissaient moins lumineuses que prévu, suggérant qu'elles étaient plus éloignées qu'estimé. Pour expliquer cette accélération, les cosmologistes ont proposé l'existence d'une forme d'énergie exerçant une pression négative, d'où le concept d'énergie noire. Modèles théoriques et constantes cosmologiquesL'une des explications proposées est l'ajout d'une constante cosmologique aux équations de la relativité générale d'Einstein. Cette constante représenterait une densité d'énergie du vide spatial, responsable de l'accélération de l'expansion cosmique. Cependant, la valeur observée de cette constante diffère de plusieurs ordres de grandeur des prédictions théoriques, posant un défi majeur aux physiciens. Défis et controverses récentsMalgré son acceptation généralisée, l'existence de l'énergie noire est remise en question. Une étude récente menée par des chercheurs néo-zélandais propose une alternative sans recourir à l'énergie noire. Selon leur modèle, appelé "paysage temporel", l'accélération apparente de l'expansion de l'univers pourrait être due à des variations locales du taux d'écoulement du temps, influencées par la distribution inégale de la matière dans l'univers. Cette approche suggère que les différences de gravité entre les régions denses, comme les galaxies, et les vides cosmiques pourraient créer l'illusion d'une accélération globale. Observations et missions en coursPour approfondir la compréhension de l'énergie noire, des missions spatiales telles qu'Euclid de l'Agence spatiale européenne ont été lancées. Euclid vise à cartographier la distribution des galaxies et à étudier la géométrie de l'univers pour fournir des indices sur la nature de l'énergie noire. Les premières images de cette mission ont été publiées récemment, offrant un aperçu prometteur des données à venir. ConclusionL'existence de l'énergie noire reste un sujet de débat au sein de la communauté scientifique. Bien que les observations actuelles suggèrent une accélération de l'expansion de l'univers, les explications varient, et la nature exacte de cette force demeure incertaine. Les recherches en cours, tant théoriques qu'observationnelles, sont essentielles pour élucider ce mystère cosmique.
Rediffusion - Pourquoi n’y a t il pas d'anneaux autour des lunes ?
01:47|Les lunes ne possèdent généralement pas d'anneaux comme les planètes en raison de plusieurs facteurs physiques et dynamiques liés à leur taille, à leur gravité et à leur environnement orbital. Voici les principales raisons :1. Gravité insuffisanteLes planètes géantes, comme Saturne ou Jupiter, ont une forte gravité qui leur permet de capturer et de maintenir des débris en orbite sous forme d'anneaux. En revanche, les lunes, étant beaucoup plus petites, ne disposent pas d'une gravité suffisante pour retenir durablement un système d'anneaux stable. Les particules tendraient à retomber sur la surface de la lune ou à être éjectées dans l'espace interplanétaire.2. Forces de marée des planètes principalesLes lunes sont généralement en orbite autour d'une planète plus massive, et les forces gravitationnelles de cette planète perturbent l'équilibre des particules qui pourraient former des anneaux autour de la lune. Ces forces de marée tendent à disperser les débris au lieu de leur permettre de s'agréger et de former un système stable autour de la lune.3. Collision avec des débris planétairesLes lunes orbitent souvent à proximité d'autres satellites et de ceintures de débris en formation autour de la planète hôte. Les interactions gravitationnelles et les impacts de micrométéorites peuvent empêcher la formation et le maintien d'anneaux autour des lunes.4. Espace limité dans la sphère de HillLa sphère de Hill représente la région où une lune peut gravitationnellement retenir des objets en orbite autour d'elle-même. Pour une lune, cette région est relativement petite par rapport à celle d'une planète, ce qui rend difficile la formation et la stabilité d'un anneau autour d'elle.5. Durée de vie des anneauxSi des anneaux venaient à se former autour d'une lune, ils seraient de courte durée en raison des forces de marée de la planète hôte, des perturbations gravitationnelles et de l'action des forces non gravitationnelles comme la pression de radiation solaire et les effets électrostatiques dus au vent solaire.6. Exemples exceptionnelsBien que rares, certaines lunes pourraient avoir des structures temporaires similaires à des anneaux. Par exemple, la lune de Saturne Rhéa a été soupçonnée d'avoir un disque de matière autour d'elle, mais cela n'a pas été confirmé de manière définitive.En conclusion, la combinaison de la faible gravité des lunes, des perturbations gravitationnelles exercées par leur planète hôte et des dynamiques orbitales instables empêche généralement la formation d'anneaux autour des lunes, contrairement aux planètes géantes qui bénéficient d'un environnement plus favorable pour leur maintien.
Rediffusion - Quelle est la valeur nutritive de la chair humaine ?
02:27|La valeur nutritive de la chair humaine a été étudiée par l'anthropologue James Cole de l'Université de Brighton, dont les travaux ont été publiés en 2017 dans la revue Scientific Reports. Cette recherche visait à comprendre les motivations potentielles du cannibalisme chez les populations préhistoriques en évaluant l'apport calorique qu'un corps humain pouvait fournir.Composition calorique détaillée :Selon les estimations de Cole, un corps humain adulte moyen d'environ 65 kg offrirait un total approximatif de 125 822 calories. Cette énergie est répartie entre les différents tissus et organes du corps de la manière suivante :- Muscles (environ 28 kg) : environ 32 376 calories, soit environ 1 150 calories par kilogramme de muscle.- Graisse (environ 10,5 kg) : environ 49 940 calories, soit environ 4 756 calories par kilogramme de graisse.- Peau (environ 3,5 kg) : environ 10 280 calories, soit environ 2 937 calories par kilogramme de peau.- Foie (environ 1,05 kg) : environ 2 569 calories, soit environ 2 447 calories par kilogramme de foie.- Cerveau (environ 1,4 kg) : environ 2 706 calories, soit environ 1 933 calories par kilogramme de cerveau.- Poumons (environ 1,3 kg) : environ 1 956 calories, soit environ 1 505 calories par kilogramme de poumons.- Cœur (environ 0,3 kg) : environ 651 calories, soit environ 2 170 calories par kilogramme de cœur.- Reins (environ 0,3 kg) : environ 376 calories, soit environ 1 253 calories par kilogramme de reins.- Sang (environ 5,5 kg) : environ 2 706 calories, soit environ 492 calories par kilogramme de sang.Ces chiffres indiquent que les muscles et la graisse constituent les principales sources caloriques du corps humain, représentant ensemble plus de 80 % de l'apport énergétique total.Comparaison avec d'autres espèces :Pour mettre ces données en perspective, Cole a comparé la valeur calorique de la chair humaine à celle d'autres animaux chassés par les populations préhistoriques :- Sanglier : environ 1 800 calories pour 500 g de muscle.- Castor : environ 1 800 calories pour 500 g de muscle.- Humain : environ 650 calories pour 500 g de muscle.Ainsi, la viande humaine est moins calorique que celle de nombreux animaux, ce qui suggère que le cannibalisme chez les populations préhistoriques n'était probablement pas motivé principalement par des besoins nutritionnels. D'autres facteurs, tels que des pratiques culturelles, rituelles ou des situations de survie extrême, pourraient expliquer cette pratique. En conclusion, bien que le corps humain puisse fournir une quantité notable de calories, sa valeur nutritive est inférieure à celle de nombreuses proies animales disponibles pour les chasseurs-cueilleurs préhistoriques. Cela suggère que le cannibalisme avait probablement des motivations complexes dépassant le simple apport énergétique.
Rediffusion - Quel est le film de science fiction le plus réaliste de l’histoire ?
01:52|Sorti en 1997 et réalisé par Andrew Niccol, "Bienvenue à Gattaca" (Gattaca en version originale) est considéré par la NASA comme le film de science-fiction le plus réaliste de tous les temps. Cette distinction repose sur la plausibilité scientifique du scénario, qui aborde un futur où le génie génétique joue un rôle central dans la société humaine. Contrairement à d'autres films de science-fiction centrés sur des technologies lointaines ou futuristes, "Bienvenue à Gattaca" explore des avancées qui pourraient devenir réalité dans un avenir proche.L'intrigue du film se déroule dans un monde où les enfants sont conçus en laboratoire, permettant aux parents de choisir les caractéristiques génétiques idéales pour garantir la santé, l'intelligence et les aptitudes physiques optimales. Ceux qui naissent de manière naturelle, sans intervention génétique, sont désavantagés et subissent une discrimination institutionnalisée. Le personnage principal, Vincent Freeman, est un "invalide", c'est-à-dire un individu né sans sélection génétique, qui rêve d'intégrer Gattaca, une prestigieuse institution spatiale. Pour contourner les barrières génétiques, il usurpe l'identité d'un individu génétiquement "supérieur", soulevant ainsi des questions éthiques fondamentales sur le déterminisme génétique et le libre arbitre.Ce que la NASA a particulièrement apprécié dans "Bienvenue à Gattaca", c'est son approche réaliste des avancées en biotechnologie et en eugénisme. Avec les progrès actuels dans la manipulation du génome humain, comme la technologie CRISPR-Cas9, il est désormais envisageable de modifier l'ADN pour prévenir certaines maladies héréditaires et optimiser les caractéristiques humaines. Le film soulève des préoccupations sur l'émergence potentielle d'une société divisée entre "génétiquement privilégiés" et "naturels", ce qui résonne fortement avec les débats bioéthiques actuels.En plus de son réalisme scientifique, le film se distingue par son atmosphère épurée et son style rétro-futuriste, mettant en avant une vision dystopique où les progrès scientifiques conduisent à de nouvelles formes de discrimination. L'absence de technologies extravagantes renforce l'impression que ce futur est à portée de main, rendant le récit d'autant plus crédible.En conclusion, "Bienvenue à Gattaca" offre une réflexion percutante sur les dérives possibles du génie génétique, en s'appuyant sur des fondements scientifiques solides. Sa reconnaissance par la NASA témoigne de la pertinence de ses questionnements et de sa capacité à anticiper les défis éthiques et sociaux liés aux avancées biotechnologiques modernes.
Rediffusion - Qu’est-ce que la périhélie ?
02:04|La périhélie est le point de l'orbite d'un objet céleste, comme une planète, une comète ou un astéroïde, où il se trouve au plus proche du Soleil. Le terme vient du grec peri- (autour, proche) et helios (Soleil). À l'opposé, le point le plus éloigné du Soleil est appelé aphélie.La périhélie dans le contexte du mouvement planétaireLes planètes du Système solaire, y compris la Terre, suivent des orbites elliptiques selon les lois de Kepler, et non circulaires parfaites. Cela signifie qu'elles ont deux points caractéristiques sur leur orbite :- La périhélie, où la planète est la plus proche du Soleil.- L'aphélie, où la planète est la plus éloignée du Soleil.La Terre atteint sa périhélie autour du 3 au 5 janvier chaque année, à une distance d'environ 147 millions de kilomètres du Soleil. À l'aphélie, en juillet, la Terre est à environ 152 millions de kilomètres.Effets de la périhélieBien que la Terre soit plus proche du Soleil en janvier, cela ne signifie pas nécessairement qu'il fait plus chaud sur notre planète. En effet, les saisons terrestres sont principalement influencées par l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre (environ 23,5°), et non par la distance au Soleil. C’est pourquoi l’hémisphère nord connaît l’hiver en janvier, malgré la proximité accrue du Soleil.Cependant, la périhélie influence légèrement la vitesse orbitale de la Terre. Selon la deuxième loi de Kepler, une planète se déplace plus rapidement lorsqu'elle est proche du Soleil et plus lentement lorsqu'elle est éloignée. Ainsi, en janvier, la Terre se déplace légèrement plus vite dans son orbite qu'en juillet.La périhélie pour d'autres objets célestesD'autres corps du Système solaire, comme les comètes, ont des orbites hautement elliptiques, ce qui signifie qu'elles subissent des variations extrêmes entre leur périhélie et leur aphélie. Par exemple, la comète de Halley, qui suit une orbite très allongée, atteint sa périhélie environ tous les 76 ans, lorsqu'elle est visible depuis la Terre.ConclusionLa périhélie est donc un concept clé en astronomie pour comprendre le mouvement orbital des objets autour du Soleil. Elle a des implications sur la vitesse orbitale, les températures saisonnières (dans une moindre mesure) et la dynamique des objets célestes comme les planètes et les comètes.
Rediffusion - Les animaux connaissent-ils le deuil ?
02:35|Oui, plusieurs espèces animales semblent manifester des comportements assimilables au deuil lorsqu'elles perdent un proche. Bien que le concept du deuil tel que nous l'entendons chez les humains soit difficile à prouver scientifiquement chez les animaux, de nombreuses observations indiquent des réactions émotionnelles face à la perte d'un congénère. Voici quelques exemples d'animaux qui montrent des signes de deuil :1. Les éléphantsLes éléphants sont souvent cités comme l'exemple le plus frappant de comportements liés au deuil. Ils peuvent rester près du corps d’un membre décédé pendant des heures, voire des jours, le toucher doucement avec leur trompe, le recouvrir de branches ou de terre et émettre des vocalisations particulières. Des études montrent qu’ils reconnaissent même les ossements d’anciens compagnons longtemps après leur mort.2. Les dauphins et les orquesCes cétacés présentent également des comportements de deuil marqués. Il n’est pas rare d’observer des dauphins portant le corps de leur petit décédé sur leur dos pendant des jours, ou de voir des membres d'un groupe rester autour d’un individu mort, comme s’ils tentaient de le réanimer ou de comprendre sa disparition.3. Les chimpanzés et autres primatesLes chimpanzés, très proches de l’humain sur le plan évolutif, montrent des comportements de deuil remarquables. Ils peuvent rester aux côtés du corps d’un proche, le toucher, le toiletter et exprimer des signes de détresse émotionnelle tels que la perte d’appétit ou l’isolement temporaire. Certaines mères chimpanzés transportent le corps de leur petit décédé pendant des jours, voire des semaines.4. Les corvidés (corbeaux, pies, geais)Les corvidés, connus pour leur intelligence, organisent parfois ce qui ressemble à des « funérailles ». Lorsqu’un congénère meurt, ils se rassemblent autour du corps, le scrutent et poussent des cris spécifiques. Certains scientifiques estiment qu’il s’agit d’une forme d’apprentissage du danger, mais d’autres pensent qu'il pourrait s'agir d'un processus émotionnel plus complexe.5. Les girafesDes observations ont montré que les girafes restent parfois auprès du cadavre d'un de leurs petits pendant plusieurs heures, le léchant ou le reniflant à plusieurs reprises, témoignant potentiellement d'une forme de chagrin.6. Les loupsDans les meutes de loups, la perte d’un membre entraîne des changements de comportement notables. Les loups peuvent chercher leur compagnon disparu, hurler de manière inhabituelle, et certains montrent des signes de repli social, indiquant qu'ils ressentent une perte émotionnelle.Interprétation scientifiqueLes comportements observés chez ces animaux sont souvent interprétés comme des expressions d'attachement fort plutôt qu'un véritable deuil conscient. Néanmoins, ces observations suggèrent que la perte d'un proche a un impact émotionnel et comportemental profond dans de nombreuses espèces sociales.Ainsi, bien que nous ne puissions pas affirmer avec certitude que ces animaux « pleurent » à la manière des humains, ils montrent des signes indéniables de détresse et d'attachement face à la perte de leurs proches.
Rediffusion - Pourquoi l’URSS a asséché la Mer d’Aral ?
02:28|La mer d’Aral, autrefois l’un des plus grands lacs du monde, est aujourd’hui l’un des plus grands désastres écologiques causés par l’homme. Située en Asie centrale, à cheval entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, cette mer intérieure a commencé à se réduire drastiquement à partir des années 1960, en grande partie à cause des décisions prises par l’Union soviétique. Mais pourquoi l’URSS a-t-elle asséché la mer d’Aral ?Tout remonte aux années 1950, lorsque les dirigeants soviétiques ont lancé un ambitieux programme de développement agricole. L’objectif était de transformer l’Asie centrale en un immense grenier à coton, surnommé "l’or blanc", pour répondre aux besoins croissants de l’économie soviétique. Pour irriguer ces vastes plantations de coton, l’URSS a détourné les deux principaux fleuves qui alimentaient la mer d’Aral : l’Amou-Daria et le Syr-Daria. Des milliers de kilomètres de canaux d’irrigation ont été construits, souvent de manière peu efficace, avec d’importantes pertes d’eau par infiltration et évaporation.À court terme, cette politique a permis une augmentation massive de la production agricole, rendant l’Union soviétique autosuffisante en coton et renforçant son économie. Cependant, les conséquences écologiques n’ont pas tardé à apparaître. Privée d’une grande partie de son alimentation en eau douce, la mer d’Aral a commencé à se rétrécir rapidement, perdant environ 90 % de sa superficie en quelques décennies.Les répercussions de cet assèchement ont été catastrophiques. La salinité de l’eau a fortement augmenté, rendant impossible la survie de nombreuses espèces aquatiques. Les ports autrefois prospères sont aujourd’hui des cimetières de bateaux échoués dans le désert. Le climat local s’est également détérioré, avec des hivers plus froids et des étés plus chauds, accentuant les difficultés agricoles.De plus, les sédiments exposés, chargés de pesticides et de produits chimiques utilisés autrefois pour l’agriculture intensive, ont été soulevés par le vent, provoquant des problèmes de santé majeurs parmi les populations locales, comme des maladies respiratoires et des cancers.Aujourd’hui, des efforts sont entrepris pour restaurer partiellement la mer d’Aral, notamment par le Kazakhstan, qui a construit un barrage pour préserver sa partie nord. Toutefois, la majeure partie de l’ancien bassin est irrémédiablement perdue, laissant derrière lui une leçon amère sur les conséquences d’une gestion non durable des ressources naturelles.