Partager

cover art for Les diamants sont-ils vraiment indestructibles ?

Choses à Savoir SCIENCES

Les diamants sont-ils vraiment indestructibles ?

Le diamant, souvent considéré comme la substance naturelle la plus dure, est réputé pour sa capacité à résister aux rayures. Cette caractéristique provient de sa structure cristalline unique, où chaque atome de carbone est lié de manière covalente à quatre autres atomes, formant un réseau tridimensionnel extrêmement stable. Cette configuration confère au diamant une dureté de 10 sur l'échelle de Mohs, le plaçant au sommet de cette classification.


Cependant, cette dureté exceptionnelle ne doit pas être confondue avec l'indestructibilité. En effet, malgré sa résistance aux rayures, le diamant possède des plans de clivage distincts. Ces plans sont des zones de faiblesse dans la structure cristalline où les liaisons atomiques sont moins robustes. Ainsi, un choc appliqué selon ces plans peut provoquer une fracture nette du diamant. C'est pourquoi, bien que le diamant soit extrêmement dur, il demeure fragile et susceptible de se casser sous un impact approprié.


De plus, le diamant est sensible à des conditions environnementales spécifiques. Par exemple, à des températures élevées, notamment au-delà de 800 °C, il peut s'oxyder en présence d'oxygène, se transformant en graphite, une autre forme allotropique du carbone. Cette transformation est favorisée thermodynamiquement, bien que cinétiquement lente dans des conditions normales. Par ailleurs, certains produits chimiques agressifs peuvent également altérer la surface du diamant, affectant ainsi son éclat et sa transparence.


Il est également intéressant de noter que, bien que le diamant soit la substance naturelle la plus dure connue, certaines substances synthétiques ou récemment découvertes pourraient le surpasser en termes de dureté. Cela souligne que la dureté, bien que remarquable, n'est pas synonyme d'indestructibilité.


En conclusion, bien que le diamant soit le matériau naturel le plus dur, il n'est pas indestructible. Sa dureté exceptionnelle le rend résistant aux rayures, mais sa structure cristalline le rend vulnérable aux fractures sous certains angles et à des conditions environnementales spécifiques. Il est donc essentiel de manipuler et d'entretenir les diamants avec soin pour préserver leur intégrité et leur éclat au fil du temps

More episodes

View all episodes

  • Quel est le premier médicament conçu par l'IA ?

    02:14|
    Depuis quelques années, on nous promet que l’intelligence artificielle va révolutionner la médecine. Mais jusqu’ici, l’IA restait surtout un outil : pour analyser des images médicales, repérer des cancers, lire des dossiers… Aujourd’hui, un cap est en train d’être franchi : un médicament conçu grâce à de l’IA pourrait devenir le premier traitement commercialisé issu d’un processus de découverte “end-to-end” par IA.Son nom : rentosertib.Rentosertib, auparavant connu sous le code ISM001-055, est développé par la société de biotechnologie Insilico Medicine. Il cible une maladie grave et encore largement incurable : la fibrose pulmonaire idiopathique, ou IPF. C’est une pathologie où le tissu des poumons se transforme progressivement en “cicatrice”, ce qui réduit l’oxygénation et conduit souvent à une insuffisance respiratoire. Les traitements actuels ne guérissent pas : ils ralentissent simplement la progression.Ce qui rend rentosertib unique, c’est son histoire. D’après les informations publiées ces dernières années, l’IA n’a pas servi uniquement à “accélérer” des étapes. Elle aurait été utilisée pour identifier une cible biologique prometteuse (une protéine impliquée dans la maladie), puis pour concevoir chimiquement une molécule capable de l’inhiber. Ici, la cible est une enzyme appelée TNIK. L’algorithme a analysé des masses de données scientifiques, repéré un signal biologique cohérent, puis généré et optimisé des structures moléculaires jusqu’à obtenir un candidat médicament.Rentosertib a déjà franchi des étapes cruciales : des essais initiaux chez l’humain ont montré un profil de sécurité acceptable, puis une étude de phase 2a a donné des signaux encourageants sur l’amélioration ou la stabilisation de certains indicateurs respiratoires après quelques semaines de traitement.Et maintenant, l’enjeu est énorme : la phase 3. C’est la dernière marche avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché : un essai long, sur beaucoup de patients, comparant le médicament à un placebo ou au traitement standard. C’est aussi l’étape où la majorité des molécules échouent.Si rentosertib réussit cette phase, il pourrait être le premier médicament réellement “conçu par IA” à arriver en pharmacie — potentiellement avant 2030. Ce ne serait pas seulement une victoire médicale : ce serait la preuve que l’IA peut, concrètement, inventer des traitements plus vite… et peut-être mieux, contre des maladies aujourd’hui sans vraie solution.
  • Qu'est-ce que l'épigénétique ?

    02:20|
    L’épigénétique désigne l’ensemble des mécanismes biologiques qui modifient l’activité de nos gènes… sans changer la séquence de notre ADN. Dit autrement : ton ADN est comme un texte. L’épigénétique, c’est tout ce qui agit comme des post-it, des surlignages ou des interrupteurs pour dire : “ce gène-là, on l’allume”, “celui-là, on le met en veille”.C’est une révolution dans la façon de comprendre le vivant, parce qu’elle montre que gènes et environnement dialoguent en permanence. Nos gènes ne sont pas un destin figé : ils peuvent être exprimés différemment selon notre alimentation, notre stress, notre sommeil, nos toxines, notre activité physique… et même parfois selon ce qu’ont vécu nos parents.Les mécanismes principaux sont au nombre de trois.D’abord, la méthylation de l’ADN : de petits groupes chimiques, appelés “méthyles”, viennent se fixer sur l’ADN et empêchent certains gènes de s’exprimer. C’est comme coller un scotch sur un paragraphe : il est toujours là, mais on ne le lit plus.Ensuite, les modifications des histones. L’ADN n’est pas déroulé en ligne droite : il est enroulé autour de protéines, les histones. Selon la façon dont ces histones sont modifiées, l’ADN devient plus ou moins “accessible”. Si l’ADN est serré, les gènes sont silencieux. Si l’ADN est plus relâché, ils sont actifs.Enfin, il existe des ARN non codants, de petites molécules qui ne fabriquent pas de protéines mais servent à réguler l’expression des gènes, comme des chefs d’orchestre invisibles.Un exemple spectaculaire : les abeilles. Toutes les larves ont le même ADN, mais si une larve est nourrie avec de la gelée royale, elle devient une reine. Sinon, elle devient une ouvrière. Ce n’est pas génétique : c’est épigénétique.Autre exemple célèbre : l’étude de la famine hollandaise (1944-45). Les enfants exposés in utero à cette période de sous-nutrition ont montré, des décennies plus tard, un risque accru de troubles métaboliques. On a observé chez eux des différences épigénétiques sur des gènes liés à la croissance et au métabolisme.C’est tout l’enjeu : l’épigénétique explique pourquoi des jumeaux identiques peuvent vieillir différemment ou développer des maladies différentes. Elle joue aussi un rôle clé dans le cancer, où certains gènes protecteurs sont “éteints” à tort.Conclusion : l’épigénétique, c’est la science qui montre comment l’environnement écrit, au-dessus de nos gènes, une seconde couche d’information. Une couche réversible… mais parfois durable.
  • Comment répondre aux gens qui inventent n’importe quoi ?

    02:21|
    Le rasoir de Hitchens est une règle de pensée simple, tranchante… et terriblement efficace. Elle tient en une phrase :« Ce qui est affirmé sans preuve peut être rejeté sans preuve. »Cette maxime est attribuée à Christopher Hitchens, essayiste et polémiste anglo-américain connu pour son style incisif, son goût du débat et son exigence intellectuelle. On parle de “rasoir” par analogie avec d’autres outils logiques comme le rasoir d’Occam : une règle qui “rase” les explications inutiles pour ne garder que l’essentiel. Ici, Hitchens ne rase pas les hypothèses trop compliquées : il rase les affirmations gratuites.Une arme contre les croyances infalsifiablesLe rasoir de Hitchens repose sur une idée fondamentale en rationalité : la charge de la preuve appartient à celui qui affirme. Si quelqu’un prétend quelque chose, c’est à lui de fournir des éléments solides pour le soutenir. Ce n’est pas à l’interlocuteur de démontrer que c’est faux.Et ça change tout. Car dans beaucoup de discussions, surtout sur Internet, la logique est inversée : une personne lance une théorie invérifiable — par exemple “les élites contrôlent tout”, “on nous ment”, “on a caché des preuves” — puis exige que les autres prouvent que c’est faux. Mais si l’affirmation ne repose sur rien de sérieux, on n’a pas à perdre son temps à la réfuter point par point : on peut la rejeter immédiatement.Exemple concretImagine quelqu’un qui dit :“Un esprit invisible hante mon appartement.”S’il n’y a aucune preuve, aucun indice, aucune observation vérifiable, le rasoir de Hitchens permet de répondre :“OK, mais je n’ai aucune raison d’y croire.”Pas besoin d’enquêter pendant trois semaines pour “prouver” qu’il n’y a pas de fantôme.Attention : ce n’est pas du cynismeLe rasoir de Hitchens ne dit pas : “tout est faux jusqu’à preuve du contraire”. Il dit : “je n’accepte pas une affirmation sans base”. C’est une posture intellectuelle saine, qui protège contre les rumeurs, les pseudo-sciences, les théories complotistes… mais aussi contre certaines manipulations politiques ou marketing.En résumé : le rasoir de Hitchens est une règle de bon sens déguisée en principe philosophique. Une règle qui rappelle ceci : si tu veux convaincre, apporte des preuves. Sinon, ton affirmation peut être balayée.
  • Quelle base secrète l’explorateur Jean Malaurie a-t-il découvert ?

    02:38|
    Pour écouter les deux épisodes recommandés:1/ Pourquoi votre opinion change-t-elle sans que vous ne vous en rendiez compte ?Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/us/podcast/pourquoi-votre-opinion-change-t-elle-sans-que-vous/id1048372492?i=1000746638428Spotify:https://open.spotify.com/episode/0dzW7snN390LBqxeDluaoW?si=kTTF4LlVSMGVOQ9S_5XAEA2/ Dans quel pays est-il interdit de chanter en playback ?Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/us/podcast/dans-quel-pays-est-il-interdit-de-chanter-en-playback/id1048372492?i=1000746550059Spotify:https://open.spotify.com/episode/3Ocem5LLM6sPtRnuyrll6W?si=MEBGO8qeSFGMVpiqLh9_3A--------------------------En 1951, l’explorateur et ethnologue français Jean Malaurie fait une découverte qui va le bouleverser et, surtout, donner une dimension politique à toute sa vie : au Groenland, dans l’extrême Nord, il tombe sur l’existence d’une immense base militaire américaine en cours de construction, que l’on n’avait pas annoncée publiquement. Une base stratégique, secrète, surgie dans un territoire que l’on imagine alors encore largement préservé.À cette époque, Jean Malaurie n’est pas encore l’auteur célèbre qu’il deviendra plus tard avec Les Derniers Rois de Thulé. Il est d’abord un homme de terrain, fasciné par le monde polaire, la géologie, la cartographie, et la vie des Inuits. Il explore le Nord du Groenland, dans la région de Thulé, une zone isolée, rude, mais habitée depuis des siècles. Son projet, au départ, n’a rien de militaire : il observe, il mesure, il marche, il partage le quotidien des habitants.Et puis, au détour de son expédition, il découvre ce qui ressemble à une apparition : une gigantesque infrastructure américaine en train de naître dans la toundra. Ce n’est pas une cabane, ni un petit poste avancé. C’est une véritable ville militaire, avec des engins, des pistes, des bâtiments, un dispositif logistique colossal. Cette base, c’est Thulé : un futur verrou arctique dans la stratégie américaine.Pourquoi l’Arctique ? Parce que nous sommes au début de la Guerre froide. Les États-Unis cherchent alors à sécuriser une position avancée qui permette de surveiller l’Union soviétique, de détecter des attaques, et d’installer des systèmes de défense ou de dissuasion. L’Arctique devient un espace clé : c’est le chemin le plus court entre l’Amérique du Nord et la Russie. Autrement dit : le Groenland, ce n’est plus seulement de la glace et des fjords, c’est un point géopolitique majeur.Mais ce qui frappe Malaurie, c’est surtout le coût humain. L’installation de cette base implique des bouleversements énormes pour les populations inuites locales. Dans ces territoires où tout repose sur l’équilibre fragile entre l’homme et la nature, l’arrivée d’un chantier militaire transforme brutalement l’environnement, le rythme, les déplacements, les ressources. Et surtout, elle annonce un basculement : désormais, les habitants ne sont plus seuls maîtres chez eux.Cette découverte agit comme un réveil. Malaurie comprend que l’exploration n’est pas neutre : elle est traversée par des intérêts de puissance. Dès lors, il ne sera plus seulement un scientifique ou un aventurier. Il deviendra aussi un témoin et un défenseur des peuples arctiques.En résumé : en 1951, Jean Malaurie découvre la base américaine secrète de Thulé au Groenland — un symbole de la Guerre froide — et cette découverte changera le sens de son œuvre, en le plaçant face aux conséquences concrètes de la géopolitique sur les Inuits.
  • Pourquoi le feu devient-il une sphère dans l'espace ?

    02:34|
    Dans l’espace, une flamme ne ressemble pas du tout à celle qu’on connaît sur Terre. Ici-bas, quand on allume une bougie, le feu forme naturellement une “goutte” étirée vers le haut. Mais en microgravité, le feu devient une boule : une flamme presque parfaitement sphérique. C’est spectaculaire… et c’est surtout une conséquence directe des lois de la physique.Sur Terre, la flamme monte parce que l’air chaud monte. Lors de la combustion, le combustible réagit avec l’oxygène et libère de la chaleur. L’air autour de la flamme est donc chauffé, ce qui le rend moins dense. Résultat : cet air chaud s’élève sous l’effet de la gravité. C’est ce qu’on appelle la convection, liée à la poussée d’Archimède. En montant, l’air chaud emporte les gaz brûlés et “aspire” en bas de la flamme de l’air frais riche en oxygène. Ce flux permanent alimente le feu et étire la flamme verticalement. Le feu n’est donc pas naturellement pointu : il est “tiré” vers le haut par le mouvement de l’air.Mais dans l’espace, ce mécanisme s’effondre. En microgravité, il n’y a pratiquement plus de convection : l’air chaud ne monte pas, car il n’y a plus de force dominante pour séparer “air chaud” et “air froid”. Les gaz brûlés restent autour de la zone de combustion au lieu de s’évacuer vers le haut. Du coup, l’oxygène n’arrive plus par le bas comme sur Terre : il arrive lentement depuis toutes les directions, uniquement par diffusion, c’est-à-dire par le mouvement aléatoire des molécules. Cette alimentation en oxygène étant symétrique, la flamme l’est aussi : elle devient sphérique.Autre effet surprenant : comme l’oxygène arrive plus lentement, la combustion est souvent plus douce. La flamme est généralement plus froide, plus lente et plus “propre”, avec moins de suie. C’est pour cela qu’en microgravité, la flamme paraît parfois bleutée et moins lumineuse.Mais attention : cette beauté est dangereuse. Dans un vaisseau spatial, tout est confiné. Il y a des câbles, des plastiques, des textiles techniques, des mousses isolantes… un environnement très inflammable si une étincelle se produit. Et une flamme sphérique est difficile à gérer : elle peut flotter, se déplacer avec les courants d’air produits par la ventilation ou par les mouvements des astronautes. Sur Terre, le feu “monte”, donc on sait où il va. Dans l’espace, il peut aller partout.Le risque est encore plus critique si l’atmosphère du vaisseau contient davantage d’oxygène. Pour réduire la pression totale et alléger les contraintes sur la coque, certaines configurations de mission envisagent un air enrichi en oxygène. Mais plus l’air est riche en oxygène, plus les matériaux s’enflamment facilement et plus un départ de feu peut devenir violent.C’est pour cela que la maîtrise du feu en microgravité est un enjeu essentiel : comprendre comment une flamme naît, se propage et comment l’éteindre rapidement, c’est littéralement une question de survie pour les missions spatiales longues.
  • Pourquoi perd-on du poids par l'expiration ?

    02:31|
    Lorsque l’on parle de « brûler » des graisses, l’image qui nous vient souvent en tête est celle d’un glaçon qui fond. En réalité, la biologie raconte une histoire bien plus surprenante : lorsque nous perdons de la graisse après un effort physique, la majorité de cette graisse quitte notre corps… par la respiration.Tout commence dans nos cellules. Lorsqu’elles ont besoin d’énergie — pendant une séance de sport, une marche rapide ou même une simple montée d’escaliers — elles vont puiser dans leurs réserves : les triglycérides. Ces molécules sont stockées dans les adipocytes, nos cellules graisseuses. Leur rôle est d’emmagasiner de l’énergie sous une forme compacte et stable, en attendant un moment de besoin. Quand l’organisme réclame du carburant, ces triglycérides sont démontés en acides gras et en glycérol.C’est dans les mitochondries que la véritable « combustion » a lieu. Grâce à l’oxygène que nous respirons, ces acides gras sont métabolisés. Et c’est là que survient la révélation : la graisse ne disparaît pas, elle se transforme. Son produit final n’est pas de la chaleur ni de la sueur, mais principalement du dioxyde de carbone (CO₂) et de l’eau.Pour donner une idée concrète : si vous perdez 100 g de graisse, environ 84 g seront transformés en CO₂. À un rythme respiratoire normal, cela représente plusieurs dizaines de litres de CO₂ expirés au fil des heures. La dépense énergétique d’une séance de sport d’intensité modérée peut mobiliser 50 à 150 g de graisse, ce qui signifie que l’on expire littéralement des dizaines de grammes de graisse sous forme de CO₂ après un seul entraînement.Les 16 % restants de la masse initiale sont transformés en eau, éliminée par la sueur, l’urine et même la vapeur d’eau expirée. Contrairement aux idées reçues, la transpiration n’est pas la preuve que nous « brûlons » de la graisse : elle sert surtout à refroidir le corps.Cette découverte — popularisée après une étude publiée en 2014 dans BMJ — a renversé nombre d’idées que l’on croyait acquises : maigrir est avant tout un processus respiratoire. Chaque mouvement accélère la transformation des triglycérides en CO₂, et c’est en expirant que nous perdons réellement du poids.En résumé : pour perdre de la graisse, il faut bouger… et respirer. L’oxygène que nous inspirons, et surtout le CO₂ que nous expirons, portent la signature chimique de notre perte de poids.
  • Pourquoi observe-t-on davantage d’accouchements la nuit que le jour ?

    02:03|
    Ce phénomène est bien documenté et concerne surtout les accouchements spontanés, c’est-à-dire non déclenchés médicalement. La raison principale est biologique : le corps féminin est naturellement programmé pour accoucher plus facilement pendant la nuit.Le premier élément clé est le rythme circadien, notre horloge biologique interne. Cette horloge régule de nombreuses fonctions physiologiques sur un cycle de vingt-quatre heures, notamment la sécrétion hormonale. Or, plusieurs hormones essentielles au travail de l’accouchement atteignent leur pic durant la nuit.L’hormone la plus importante dans ce processus est l’ocytocine. Elle est responsable des contractions utérines qui permettent la dilatation du col et la naissance du bébé. La production d’ocytocine augmente naturellement la nuit, car elle est inhibée par le stress, la lumière et certaines hormones de l’éveil, comme le cortisol. La nuit, l’environnement est plus calme, plus sombre, et l’organisme est moins stimulé. Les freins hormonaux diminuent, ce qui rend les contractions plus efficaces et plus régulières.Une autre hormone joue un rôle crucial : la mélatonine, souvent appelée hormone du sommeil. Elle est sécrétée en grande quantité dans l’obscurité. Des études ont montré que la mélatonine agit en synergie avec l’ocytocine, en renforçant l’intensité et la coordination des contractions utérines. Autrement dit, la mélatonine ne favorise pas seulement le sommeil, elle participe aussi activement au bon déroulement de l’accouchement.Ce phénomène s’explique également par l’évolution. Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, accoucher la nuit offrait un avantage en termes de survie. L’obscurité réduisait l’exposition aux prédateurs, l’activité du groupe était moindre et les conditions étaient plus propices au calme et à la concentration. Le corps humain a conservé cette programmation biologique ancestrale.Enfin, il est important de préciser que cette tendance est aujourd’hui atténuée par la médicalisation des naissances. Les déclenchements programmés et les césariennes planifiées ont déplacé une partie des accouchements vers la journée. Mais lorsque le travail débute spontanément, sans intervention médicale, la physiologie naturelle continue de privilégier la nuit.En résumé, si les femmes accouchent plus souvent la nuit, c’est parce que leur horloge biologique, leurs hormones et leur héritage évolutif s’alignent pour faire de la nuit le moment le plus favorable à la naissance.
  • Que se passerait-il si la Terre cessait soudainement de tourner ?

    02:06|
    D’abord, rappelons un chiffre : à l’équateur, la surface de la Terre se déplace à environ 465 m/s, soit 1 670 km/h. À Paris, c’est encore autour de 1 100 km/h. Cette vitesse n’est pas “une sensation” : c’est une énergie cinétique réelle, emmagasinée par tout ce qui est posé sur le sol — atmosphère, océans, bâtiments… et nous.1) La catastrophe immédiate : l’inertieSi la Terre s’arrêtait net, tout ce qui n’est pas solidement attaché au socle rocheux continuerait à avancer à sa vitesse actuelle, par inertie. Résultat :des vents supersoniques : l’atmosphère garderait sa vitesse, déclenchant des rafales capables de raser des continents ;les océans se déplaceraient aussi : des mégatsunamis balaieraient les côtes et progresseraient profondément dans les terres ;les objets, les véhicules et les humains seraient littéralement projetés vers l’est.Cette phase serait la plus meurtrière : une conversion brutale d’énergie de rotation en destruction mécanique.2) Le chaos géophysique : réorganisation de la planèteEnsuite, la Terre chercherait un nouvel équilibre. Aujourd’hui, la rotation crée un renflement équatorial : la Terre est plus large d’environ 21 km à l’équateur qu’entre les pôles. Sans rotation, ce renflement n’aurait plus de raison d’être. Le manteau et la croûte se réajusteraient lentement, mais cela impliquerait une forte activité tectonique :séismes massifs,volcanisme accru,redistribution des contraintes dans la lithosphère.3) L’eau migrerait vers les pôlesUn effet contre-intuitif : sans force centrifuge, les océans ne resteraient pas répartis comme aujourd’hui. Ils se dirigeraient davantage vers les pôles, formant deux énormes calottes océaniques, et laissant émerger de vastes zones près de l’équateur.4) Un jour durerait un an… ou presqueSans rotation, la “journée” n’existerait plus au sens habituel. Un point de la surface ferait face au Soleil pendant environ 6 mois, puis serait plongé dans la nuit pendant 6 mois. Les écarts de température deviendraient extrêmes :sur la face éclairée : échauffement intense,sur la face sombre : refroidissement massif, gel généralisé.5) Le champ magnétique se dérègleEnfin, le champ magnétique terrestre dépend en partie de la dynamique interne du noyau (effet dynamo). La rotation joue un rôle crucial dans l’organisation des mouvements conducteurs. Un arrêt brutal pourrait affaiblir fortement le champ magnétique, exposant davantage la surface aux particules solaires.Conclusion : arrêter la Terre, ce n’est pas seulement “supprimer l’alternance jour-nuit”. C’est libérer une énergie colossale, déchaîner l’atmosphère et les océans, et transformer durablement la géographie et le climat. Un arrêt… et le monde tel qu’on le connaît disparaît.
  • Comment les chiens apprennent-ils de nouveaux mots ?

    02:20|
    Imaginez la scène : vous êtes dans votre salon, vous discutez avec quelqu’un, vous parlez d’un nouvel objet… et votre chien, tranquillement dans son panier, “enregistre” le mot. Quelques minutes plus tard, vous lui demandez d’aller chercher ce même objet… et il le trouve.Ça ressemble à de la magie. En réalité, c’est de la scienceUne étude publiée le 8 janvier 2026 dans la revue Science montre que certains chiens, très rares, sont capables d’apprendre de nouveaux mots sans être entraînés directement : simplement en observant et en écoutant les interactions humaines. Les chercheurs parlent d’un petit groupe particulier : les “Gifted Word Learners” — littéralement, des chiens “doués” pour l’apprentissage des mots. Ces chiens connaissent déjà beaucoup de noms d’objets, souvent des jouets. Certains en reconnaissent plus de 100 et, dans certains cas, plusieurs centaines. Le point clé : ils ne se contentent pas d’obéir à des ordres (“assis”, “au pied”). Ils comprennent des étiquettes verbales associées à des objets précis : “la balle bleue”, “le kangourou”, “la pizza”, etc.Comment apprennent-ils ?Dans l’expérience, les chercheurs ont testé 10 chiens GWL. Les propriétaires introduisaient deux jouets inconnus, mais selon deux méthodes :1. Apprentissage direct : le maître montre le jouet, répète son nom, joue.2. Écoute passive : le chien n’est pas sollicité. Deux humains discutent, manipulent le jouet, prononcent son nom… mais sans s’adresser au chien.Et là, résultat spectaculaire : après simple écoute, 7 chiens sur 10 ont retrouvé correctement les jouets lors du test. Leur performance atteignait environ 80–83%, très proche de l’apprentissage direct, mesuré autour de 90–92%.Pour réussir, le chien doit faire plusieurs opérations mentales complexes :prêter attention à une conversation humaine,repérer qu’un mot est le nom d’un objet,associer ce mot à un objet précis,mémoriser l’information,et la ressortir plus tard dans un autre contexte.C’est exactement un mécanisme que l’on observe aussi chez l’enfant : vers 18 mois, certains bébés apprennent des mots en “espionnant” les échanges des adultes. Pourquoi c’est important ?Cette découverte suggère que l’apprentissage des mots ne repose pas uniquement sur le langage humain, mais sur des compétences plus générales : attention sociale, mémoire, lecture des intentions.Et elle pose une question fascinante : après des millénaires aux côtés de l’homme, certains chiens auraient-ils développé une forme rare, mais réelle, de “pré-langage” social ?En bref : ces chiens ne parlent pas. Mais certains savent écouter… vraiment.