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Choses à Savoir SANTE

Quel féculent a l’index glycémique le plus élevé ?

Quand il s'agit de choisir un féculent, l’index glycémique (IG) est un critère essentiel, notamment pour les personnes soucieuses de leur santé, du contrôle de leur glycémie ou de leur énergie tout au long de la journée. L’IG mesure la vitesse à laquelle un aliment contenant des glucides élève le taux de sucre dans le sang. Plus l’IG est élevé, plus la glycémie augmente rapidement, entraînant un pic d’insuline. Alors, entre les pâtes, le riz et la pomme de terre, quel est le grand gagnant en matière d’IG ?


La pomme de terre : championne de l’IG élevé

Sans grande surprise, la pomme de terre a généralement l’index glycémique le plus élevé. Son IG varie selon le mode de cuisson et la variété, mais en moyenne, il se situe entre 70 et 95. Les pommes de terre en purée ou cuites au four atteignent même des valeurs proches de 90-95, ce qui en fait un féculent à digestion rapide. Cela peut entraîner des fluctuations importantes de la glycémie, ce qui est peu favorable pour les personnes souffrant de diabète ou cherchant à éviter les coups de fatigue après un repas.


Le riz : un IG variable selon la variété

Le riz affiche un IG très variable en fonction du type consommé. Le riz blanc, et notamment le riz gluant ou le riz basmati blanc, a un IG situé entre 60 et 85. Plus le riz est raffiné et moins il contient de fibres, plus son IG est élevé. À l’inverse, le riz complet ou le riz basmati brun présentent un IG plus modéré, entre 50 et 60, grâce à la présence de fibres et de nutriments ralentissant l’absorption du glucose.


Les pâtes : un IG relativement bas

Les pâtes ont généralement l’index glycémique le plus bas des trois féculents. Lorsqu'elles sont cuites "al dente", leur IG est d’environ 40 à 50, ce qui en fait un choix plus stable pour la glycémie. Cette particularité s’explique par la structure de l’amidon contenu dans les pâtes, qui est plus lentement digéré par l’organisme. Cependant, si elles sont trop cuites, leur IG peut grimper jusqu’à 60-65.


Verdict ?

La pomme de terre est le féculent avec l’index glycémique le plus élevé, suivie du riz, tandis que les pâtes "al dente" sont celles qui ont l’IG le plus bas. Pour une meilleure gestion de la glycémie, il est recommandé d’opter pour des pâtes peu cuites ou du riz complet, et d’accompagner ses repas de fibres et de protéines pour ralentir l’absorption du sucre.


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  • Pourquoi le froid fatigue-t-il le cœur ?

    01:49|
    Derrière cette sensation de fatigue ou d’essoufflement par temps froid se cachent des mécanismes physiologiques bien précis.Lorsque la température extérieure baisse, le corps doit en priorité préserver sa chaleur interne. Pour y parvenir, les vaisseaux sanguins situés à la surface de la peau se contractent : c’est ce qu’on appelle la vasoconstriction. Ce réflexe limite les pertes de chaleur, mais il a une conséquence directe : le sang circule dans des vaisseaux plus étroits. Le cœur doit alors pomper plus fort pour maintenir une circulation suffisante vers les organes vitaux.Cette augmentation de l’effort cardiaque entraîne une élévation de la pression artérielle. En hiver, on observe d’ailleurs une hausse moyenne de la tension chez de nombreuses personnes, même chez celles qui ne sont pas hypertendues le reste de l’année. Pour le cœur, cela signifie un travail supplémentaire, jour après jour.Le froid agit aussi sur la fréquence cardiaque. Face au stress thermique, le système nerveux sympathique — celui de l’alerte — s’active. Il accélère le rythme cardiaque et augmente la force de contraction du muscle cardiaque. Là encore, ce mécanisme est utile à court terme, mais il devient fatigant lorsqu’il est sollicité de manière prolongée.Autre point souvent sous-estimé : le froid augmente la viscosité du sang. À basse température, le sang devient légèrement plus épais, ce qui complique son passage dans les petits vaisseaux. Le cœur doit fournir un effort supplémentaire pour assurer une bonne oxygénation des tissus. Chez les personnes à risque, cela peut favoriser la formation de caillots.L’effort physique en milieu froid représente un stress supplémentaire. Respirer de l’air froid contracte les bronches et augmente les besoins en oxygène du cœur. Monter une côte ou marcher vite par temps glacial peut ainsi provoquer un essoufflement ou des douleurs thoraciques plus rapidement qu’en été, surtout chez les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires.C’est pour ces raisons que les statistiques montrent une augmentation des infarctus et des accidents cardiovasculaires en hiver, en particulier lors des vagues de froid. Le cœur doit lutter sur plusieurs fronts à la fois : pression artérielle plus élevée, rythme accéléré, sang plus épais et demandes énergétiques accrues.En résumé, le froid fatigue le cœur parce qu’il l’oblige à travailler plus dur pour maintenir l’équilibre du corps. Se couvrir correctement, éviter les efforts brutaux par temps froid et surveiller sa tension sont des gestes simples mais essentiels pour protéger son cœur durant l’hiver.
  • Quelle est la règle du 3-3-3, la méthode pour calmer l’anxiété ?

    02:12|
    La règle du 3-3-3 est une technique de recentrage mental utilisée en cas d’anxiété aiguë, de stress intense ou de début de crise d’angoisse. Elle est très populaire en psychologie cognitive, car elle est simple, rapide et utilisable partout, sans matériel ni préparation.Son principe repose sur trois étapes successives, qui mobilisent volontairement l’attention.Première étape : regarder autour de soi et nommer trois choses que l’on voit. Il peut s’agir d’objets anodins : une fenêtre, une chaise, une couleur sur un mur. L’objectif n’est pas de juger ou d’interpréter, mais simplement d’observer. Cette étape force le cerveau à quitter le flot des pensées anxieuses, souvent tournées vers l’avenir ou vers des scénarios catastrophes, pour revenir à l’environnement immédiat.Deuxième étape : écouter et identifier trois sons. Là encore, peu importe leur importance : un bruit de ventilation, une voix lointaine, le son de sa respiration. Cette focalisation auditive mobilise une autre zone du cerveau et renforce l’ancrage dans le moment présent.Troisième étape : bouger trois parties du corps. Par exemple, remuer les doigts, rouler les épaules, fléchir les chevilles. Ce mouvement conscient réintroduit le corps dans l’expérience, ce qui est fondamental, car l’anxiété est souvent une réaction corporelle amplifiée par le mental.Pourquoi cette méthode est-elle efficace ? Parce que l’anxiété active le système nerveux sympathique, celui de l’alerte et du danger. Le cerveau se comporte alors comme si une menace imminente existait. La règle du 3-3-3 agit comme un signal de sécurité. En sollicitant les sens et le mouvement volontaire, elle stimule le cortex préfrontal, la zone du cerveau impliquée dans le raisonnement et la régulation émotionnelle. Cela aide à calmer l’amygdale, structure centrale dans les réactions de peur.Il est important de comprendre que la règle du 3-3-3 ne supprime pas l’anxiété de manière magique. Elle ne traite pas la cause profonde. En revanche, elle permet de faire redescendre l’intensité, de reprendre le contrôle et d’éviter l’escalade vers une crise plus sévère.En résumé, la règle du 3-3-3 est un outil de premiers secours psychologiques. Facile à mémoriser, discrète et efficace, elle rappelle une chose essentielle : pour apaiser l’anxiété, revenir au présent est souvent la première étape vers le calme.
  • Pourquoi les cheveux blancs pourraient être le signe d’une protection contre le cancer ?

    02:24|
    L’idée peut surprendre, mais elle est prise au sérieux par la recherche scientifique : le blanchiment des cheveux pourrait être lié à des mécanismes biologiques qui protègent aussi contre le cancer. Attention toutefois : cela ne signifie pas que les cheveux blancs empêchent le cancer, mais qu’ils peuvent être le marqueur visible de processus cellulaires protecteurs.Tout commence dans les mélanocytes, les cellules responsables de la couleur des cheveux. Ces cellules produisent la mélanine à partir de cellules souches spécialisées, situées dans le follicule pileux. Avec l’âge, le stress ou certaines agressions biologiques, ces cellules souches s’épuisent ou cessent de fonctionner correctement. Résultat : la production de mélanine s’arrête, et le cheveu devient blanc.En 2023, une étude menée par des chercheurs du MIT et publiée dans Nature a montré un point clé : le blanchiment des cheveux est souvent lié à une activation accrue de mécanismes de protection cellulaire, en particulier ceux qui empêchent les cellules endommagées de continuer à se diviser. Autrement dit, quand une cellule détecte des dommages à son ADN, elle peut choisir de se mettre à l’arrêt plutôt que de risquer une division dangereuse. C’est exactement le type de mécanisme qui protège contre le cancer.Un acteur central de cette protection est une protéine bien connue en oncologie : p53, parfois surnommée « le gardien du génome ». Lorsqu’une cellule accumule trop de dommages, p53 peut déclencher soit une réparation, soit un arrêt définitif de la cellule, voire sa destruction. Or, cette activation de p53 est aussi impliquée dans la perte de fonction des cellules souches des mélanocytes. Résultat : les cheveux blanchissent, mais les cellules potentiellement cancéreuses sont neutralisées.Autre élément intéressant : le stress oxydatif. Il joue un rôle majeur dans le vieillissement, le blanchiment des cheveux et le cancer. Certaines personnes ont une réponse biologique plus “radicale” au stress oxydatif : leurs cellules arrêtent plus vite de fonctionner pour éviter les mutations. Cette stratégie est coûteuse sur le plan esthétique — cheveux blancs plus précoces — mais potentiellement bénéfique sur le plan de la prévention des cancers.Cela pourrait expliquer pourquoi certaines études observationnelles ont noté, chez des individus ayant blanchi tôt, un risque légèrement réduit pour certains cancers, même si ces résultats restent débattus et variables selon les types de cancer.En résumé, les cheveux blancs ne sont pas une armure anticancer. Mais ils pourraient être le signe visible d’un organisme qui privilégie la sécurité cellulaire à la longévité fonctionnelle. Un compromis biologique : vieillir plus vite en apparence, pour mieux se protéger des dérives cellulaires graves. Comme souvent en biologie, rien n’est gratuit — tout est question d’équilibre.
  • Pourquoi observe-t-on davantage d’accouchements la nuit que le jour ?

    02:03|
    Ce phénomène est bien documenté et concerne surtout les accouchements spontanés, c’est-à-dire non déclenchés médicalement. La raison principale est biologique : le corps féminin est naturellement programmé pour accoucher plus facilement pendant la nuit.Le premier élément clé est le rythme circadien, notre horloge biologique interne. Cette horloge régule de nombreuses fonctions physiologiques sur un cycle de vingt-quatre heures, notamment la sécrétion hormonale. Or, plusieurs hormones essentielles au travail de l’accouchement atteignent leur pic durant la nuit.L’hormone la plus importante dans ce processus est l’ocytocine. Elle est responsable des contractions utérines qui permettent la dilatation du col et la naissance du bébé. La production d’ocytocine augmente naturellement la nuit, car elle est inhibée par le stress, la lumière et certaines hormones de l’éveil, comme le cortisol. La nuit, l’environnement est plus calme, plus sombre, et l’organisme est moins stimulé. Les freins hormonaux diminuent, ce qui rend les contractions plus efficaces et plus régulières.Une autre hormone joue un rôle crucial : la mélatonine, souvent appelée hormone du sommeil. Elle est sécrétée en grande quantité dans l’obscurité. Des études ont montré que la mélatonine agit en synergie avec l’ocytocine, en renforçant l’intensité et la coordination des contractions utérines. Autrement dit, la mélatonine ne favorise pas seulement le sommeil, elle participe aussi activement au bon déroulement de l’accouchement.Ce phénomène s’explique également par l’évolution. Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, accoucher la nuit offrait un avantage en termes de survie. L’obscurité réduisait l’exposition aux prédateurs, l’activité du groupe était moindre et les conditions étaient plus propices au calme et à la concentration. Le corps humain a conservé cette programmation biologique ancestrale.Enfin, il est important de préciser que cette tendance est aujourd’hui atténuée par la médicalisation des naissances. Les déclenchements programmés et les césariennes planifiées ont déplacé une partie des accouchements vers la journée. Mais lorsque le travail débute spontanément, sans intervention médicale, la physiologie naturelle continue de privilégier la nuit.En résumé, si les femmes accouchent plus souvent la nuit, c’est parce que leur horloge biologique, leurs hormones et leur héritage évolutif s’alignent pour faire de la nuit le moment le plus favorable à la naissance.
  • Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées par la maladie d'Alzheimer que les hommes ?

    02:30|
    La maladie d’Alzheimer touche davantage les femmes que les hommes. Aujourd’hui, près de deux tiers des personnes atteintes sont des femmes. Longtemps, cette différence a été expliquée presque uniquement par un facteur simple : les femmes vivent plus longtemps. Or, les recherches récentes montrent que cette explication est insuffisante. Même à âge égal, les femmes présentent un risque plus élevé de développer la maladie.Une étude de référence publiée dans la revue scientifique Nature Medicine montre que le cerveau féminin vieillit différemment face aux mécanismes d’Alzheimer. Les chercheurs ont mis en évidence des différences biologiques profondes, notamment dans la manière dont les protéines toxiques associées à la maladie s’accumulent et se propagent.Le premier facteur clé est hormonal. Les œstrogènes, hormones sexuelles féminines, jouent un rôle protecteur pour le cerveau. Elles favorisent la plasticité neuronale, soutiennent la mémoire et aident à réguler l’utilisation du glucose par les cellules cérébrales. Or, lors de la ménopause, les niveaux d’œstrogènes chutent brutalement. Cette transition hormonale pourrait rendre le cerveau plus vulnérable aux lésions liées à Alzheimer, en particulier si elle survient précocement ou sans compensation hormonale.Le deuxième facteur est génétique. Le principal gène de risque connu pour Alzheimer, appelé APOE ε4, n’a pas le même impact selon le sexe. Plusieurs études montrent que les femmes porteuses de ce gène présentent un risque plus élevé que les hommes porteurs du même variant. Autrement dit, à patrimoine génétique égal, le cerveau féminin semble plus sensible aux mécanismes pathologiques de la maladie.Troisièmement, le métabolisme cérébral diffère entre les sexes. Les études d’imagerie montrent que, chez les femmes, certaines régions du cerveau impliquées dans la mémoire consomment l’énergie différemment au cours du vieillissement. Cette adaptation, efficace plus jeune, pourrait devenir un point de fragilité avec l’âge.Enfin, des facteurs sociaux entrent aussi en jeu. Les femmes âgées aujourd’hui ont souvent eu, dans leur jeunesse, un accès plus limité à l’éducation ou à des carrières intellectuellement stimulantes. Cela peut réduire la « réserve cognitive », c’est-à-dire la capacité du cerveau à compenser les lésions avant l’apparition des symptômes.En résumé, si les femmes sont plus touchées par Alzheimer, ce n’est pas seulement parce qu’elles vivent plus longtemps. C’est le résultat d’une combinaison de facteurs hormonaux, génétiques, métaboliques et sociaux. Comprendre ces différences est essentiel pour développer, à l’avenir, des stratégies de prévention et de traitement mieux adaptées aux femmes comme aux hommes.
  • Quels sont les bienfaits du kimchi ?

    02:04|
    Le kimchi est un plat traditionnel coréen composé principalement de légumes fermentés, le plus souvent du chou chinois ou du radis, assaisonnés avec de l’ail, du gingembre, du piment, de la ciboule et parfois des fruits de mer fermentés. Consommé quotidiennement en Corée depuis des siècles, il se décline en des centaines de variantes selon les régions et les saisons. Son goût est à la fois acidulé, épicé et umami, résultat d’un processus de fermentation naturelle qui transforme profondément ses ingrédients.Premier atout majeur : le kimchi est un aliment fermenté, riche en probiotiques naturels. Lors de la fermentation, des bactéries bénéfiques — notamment des lactobacilles — se développent. Ces micro-organismes vivants renforcent le microbiote intestinal, cet écosystème de milliards de bactéries qui joue un rôle central dans la digestion, l’immunité et même la santé mentale. Un microbiote équilibré est associé à une meilleure absorption des nutriments et à une diminution des inflammations chroniques.Deuxième bénéfice clé : le kimchi soutient le système immunitaire. Il est naturellement riche en vitamines A, B et surtout vitamine C, et les probiotiques qu’il contient stimulent la réponse immunitaire. Plusieurs études suggèrent que la consommation régulière d’aliments fermentés est associée à une réduction du risque d’infections et à une meilleure régulation des défenses de l’organisme.Le kimchi possède également des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. Le piment, l’ail et le gingembre contiennent des composés bioactifs capables de neutraliser les radicaux libres et de limiter le stress oxydatif, impliqué dans le vieillissement cellulaire et les maladies chroniques.Autre avantage souvent cité : son impact positif sur la santé métabolique. Peu calorique, riche en fibres et très rassasiant, le kimchi est associé à une amélioration de la sensibilité à l’insuline, à une baisse du cholestérol LDL et à un meilleur contrôle du poids dans certaines études observationnelles.Enfin, en agissant sur le microbiote, le kimchi influence aussi l’axe intestin-cerveau, un système de communication impliqué dans l’humeur et le stress. Attention toutefois à sa teneur en sel, qui impose une consommation modérée chez les personnes hypertendues.En résumé, le kimchi est bien plus qu’un simple condiment : c’est un aliment fermenté ancestral, dont les bienfaits digestifs, immunitaires et métaboliques sont aujourd’hui largement confirmés par la science moderne.
  • A quel âge le risque de cancer baisse-t-il ?

    02:01|
    Le risque de cancer ne baisse pas brutalement à un âge précis, mais évolue différemment selon les types de cancers et selon l’âge auquel on est exposé aux facteurs de risque. C’est précisément ce qu’ont montré des chercheurs de l’Université de Stanford dans une étude marquante publiée en 2024 dans la revue Nature.Les chercheurs ont analysé des millions de données médicales et ont observé que le risque de développer plusieurs cancers augmente fortement jusqu’à l’âge mûr, puis ralentit, voire diminue pour certains cancers après environ 80 ans. Cette baisse apparente ne signifie pas que le corps devient soudainement plus résistant, mais qu’un ensemble de mécanismes biologiques et statistiques entre en jeu.Selon l’équipe de Stanford, plusieurs facteurs expliquent ce phénomène :1. Sélection biologiqueLes individus qui atteignent un âge très avancé sont souvent ceux dont les mécanismes de réparation cellulaire sont les plus efficaces. Autrement dit, les personnes les plus vulnérables ont déjà développé la maladie plus tôt dans la vie.2. Ralentissement de la division cellulaireAvec l’âge, les cellules se divisent moins rapidement. Or le cancer est avant tout une maladie de la division cellulaire incontrôlée. Moins de divisions, c’est mécaniquement moins d’occasions d’erreurs génétiques.3. Changements du micro-environnement cellulaireLes chercheurs montrent que les tissus âgés deviennent parfois moins favorables à la prolifération tumorale, même si cela s’accompagne d’autres fragilités.L’étude insiste sur un point essentiel : les expositions précoces comptent davantage que l’âge auquel le cancer apparaît. Les dommages à l’ADN causés dans l’enfance, l’adolescence ou chez le jeune adulte — par exemple par les UV, le tabac ou certains polluants — s’accumulent silencieusement pendant des décennies.C’est pourquoi, pour des cancers comme le mélanome, le risque est fortement lié à l’exposition aux UV avant 30 ans, même si le diagnostic survient bien plus tard.Le risque de cancer augmente tout au long de la vie, Il semble diminuer après 80 ans pour certains cancers, selon l’étude de Stanford (Nature),Mais la prévention est surtout cruciale tôt dans la vie, car les dégâts sur l’ADN sont cumulatifs et irréversibles.Conclusion implicite mais claire : ce n’est pas l’âge auquel on tombe malade qui compte le plus, mais l’âge auquel on s’expose aux risques.
  • Pourquoi les cabines UV sont-elles encore plus néfastes qu'on le pensait ?

    02:12|
    Pendant longtemps, les cabines UV ont été présentées comme une alternative « contrôlée » au soleil naturel. Une exposition brève, maîtrisée, prétendument plus sûre qu’un après-midi à la plage. Mais cette idée vole aujourd’hui en éclats. Une étude américaine publiée dans la revue Science Advances montre que les cabines de bronzage sont en réalité bien plus dangereuses qu’on ne le pensait.Premier constat, et il est glaçant : l’utilisation des cabines UV triple le risque de mélanome, la forme la plus agressive de cancer de la peau. Ce chiffre dépasse largement les estimations précédentes. Pourquoi ? Parce que les UV artificiels délivrés par ces appareils sont extrêmement concentrés, souvent plus intenses que ceux du soleil de midi sous les tropiques. En quelques minutes, la peau reçoit une dose massive de rayonnements, sans le temps de s’adapter.Mais l’étude va plus loin. Grâce à des analyses cellulaires fines, les chercheurs ont observé que les dommages à l’ADN ne se limitent pas aux zones directement exposées. Contrairement à ce que l’on croyait, les mutations génétiques apparaissent sur l’ensemble de la surface cutanée, y compris dans des régions qui ne bronzent pas visiblement. Autrement dit : même si la peau ne rougit pas, même si le bronzage semble « harmonieux », l’ADN, lui, est déjà altéré.Ces lésions sont loin d’être anodines. Les UV provoquent des cassures de l’ADN et des erreurs de réparation dans les cellules de la peau. Or ce sont précisément ces erreurs accumulées qui, avec le temps, peuvent déclencher un cancer. Le problème est que la peau possède une mémoire : chaque séance UV laisse une trace, irréversible.Autre élément inquiétant : les cabines UV émettent principalement des UVA, des rayons longtemps considérés comme moins dangereux que les UVB. On sait désormais que c’est faux. Les UVA pénètrent plus profondément dans la peau, atteignent les cellules souches cutanées et favorisent le vieillissement prématuré, mais aussi la transformation cancéreuse des cellules.Enfin, l’étude rappelle un point crucial : il n’existe pas de bronzage “préventif” ou “protecteur”. Le bronzage est en réalité une réaction de défense de la peau face à une agression. Se bronzer, que ce soit au soleil ou sous UV, signifie déjà que l’ADN a été endommagé.Conclusion sans appel : les cabines UV ne sont pas seulement inutiles, elles sont dangereuses par nature. À la lumière de ces nouvelles données, leur usage relève moins du soin esthétique que d’une exposition volontaire à un cancérogène reconnu. Une peau bronzée peut sembler belle… mais elle peut surtout être profondément abîmée, bien avant que les premiers signes ne soient visibles.
  • Pourquoi le placebo agit-il bien au-delà d’un simple faux médicament ?

    02:23|
    Quand on parle de l’effet placebo, on l’imagine souvent comme un comprimé de sucre donné à un patient « pour voir ». Cette vision est réductrice. En réalité, le placebo ne désigne pas seulement un faux médicament, mais l’ensemble des effets psychophysiologiques liés au contexte du soin. Les chercheurs parlent aujourd’hui plus volontiers d’effets contextuels du traitement.Ces effets reposent sur un élément central : l’attente du patient. Si une personne croit qu’un traitement va l’aider, son cerveau peut activer de véritables mécanismes biologiques. Ce n’est pas une illusion. Des études en neuroimagerie ont montré que le placebo peut stimuler la libération d’endorphines, des analgésiques naturels, ou de dopamine, impliquée dans la motivation et le bien-être. En 2001, une équipe dirigée par Fabrizio Benedetti a démontré que l’analgésie placebo pouvait être bloquée par la naloxone, un antidote des opioïdes, preuve que le cerveau produit réellement des substances actives.Mais l’attente ne naît pas dans le vide. Elle est façonnée par tout ce qui entoure le soin. La personnalité du médecin, son empathie, son assurance, sa manière de parler comptent énormément. Une étude publiée dans The Lancet en 2008 a montré que des patients souffrant du syndrome du côlon irritable allaient significativement mieux lorsque le praticien adoptait une attitude chaleureuse et attentive, même sans traitement spécifique.L’apparence du soin joue aussi un rôle. Une injection est souvent plus efficace qu’un comprimé, une grosse pilule plus qu’une petite, une pilule colorée plus qu’une blanche. Le prix influence également la réponse : une étude parue dans JAMA en 2008 a révélé qu’un placebo présenté comme coûteux soulageait mieux la douleur qu’un placebo « bon marché ». Le cerveau associe inconsciemment valeur économique et efficacité.Même le cadre médical compte : blouse blanche, matériel visible, langage technique, rituel de la consultation. Tous ces éléments renforcent la crédibilité du traitement et donc la réponse biologique du patient. À l’inverse, on parle d’effet nocebo lorsque des attentes négatives aggravent les symptômes ou provoquent des effets secondaires bien réels.Ce que montre la recherche moderne, c’est que le placebo n’est pas « dans la tête » au sens imaginaire du terme. Il est dans le cerveau, dans ses circuits neurochimiques, influencés par le contexte social, relationnel et symbolique du soin. Comprendre ces mécanismes ne revient pas à tromper le patient, mais à rappeler une chose essentielle : soigner, ce n’est pas seulement prescrire une molécule, c’est aussi créer les conditions favorables à la guérison.