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Choses à Savoir SANTE

Pourquoi la calvitie touche davantage les hommes ?

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En valeur absolue, il existe certaines inégalités physiques entre l’homme et la femme, comme le pourcentage de muscle et de graisse dans le corps, l’épaisseur des os ou la souplesse articulaire. La calvitie, quant à elle, touche environ 25% des hommes âgés de moins de 65 ans contre seulement 2% des femmes de la même tranche d’âge.

Comment s’expliquent ces différences ? Sont-elles uniquement liées à des aspects génétiques et physiologiques, ou dépendent-elles aussi de facteurs extérieurs ?

Le poids de la génétique et des hormones dans l’alopécie androgénétique

La calvitie, c’est-à-dire l’absence de cheveux sur une partie plus ou moins importante du cuir chevelu, est généralement liée à une situation d’alopécie androgénétique héréditaire. Celle-ci concerne 70% des hommes tous âges confondus, et se manifeste par la perte progressive des cheveux. Il faut bien la différencier de l’alopécie aigue, qui fait suite à un traitement ou à un empoisonnement, de l’alopécie localisée, consécutive à une radiothérapie ou à des parasites, et de l’alopécie areata, qui est elle plus fréquente chez les femmes et se manifeste par des chutes de cheveux ou de poils en plaques.

Ce sont les hormones androgènes qui jouent le rôle le plus important dans la perte des cheveux des suites d’une alopécie androgénétique. Plus précisément, la dihydrotestostérone, dite DHT, produite en grande quantité par l’homme, s’avère responsable d’un rétrécissement des follicules pileux chez les individus qui présentent une sensibilité génétique accrue à cette hormone. Lorsque les follicules sont plus petits, les cheveux disposent d’une durée de vie raccourcie et tombent plus rapidement.

Le facteur héréditaire de la calvitie masculine se manifeste par la prévalence élevée de calvitie chez un individu avec des antécédents familiaux. La mère comme le père peuvent transmettre les allèles du gène considéré comme en cause de l’alopécie, mais ce gène s’exprimera plus fortement chez les hommes puisque ces derniers produisent davantage de DHT.

D’autres facteurs interviennent dans la calvitie des hommes

Outre le poids des gènes, il faut prendre en compte d’autres facteurs qui peuvent influencer le développement de la calvitie chez l’homme. Le stress, d’abord, physique ou émotionnel, conditionne sérieusement la perte de cheveux. En situation stressante, l’organisme libère du cortisol, une hormone qui affaiblit les follicules pileux et peut de la sorte entrainer la chute des cheveux, de façon permanente ou transitoire. Les hommes les plus exposés au stress, ceux qui ont par exemple une situation professionnelle à haute responsabilité, ont plus de risques de développer une alopécie...

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  • Cerveau et sperme : un lien biologique insoupçonné ?

    02:07|
    Pour beaucoup, l’intelligence générale et la qualité du sperme n’ont rien à voir l’une avec l’autre : la première est une fonction cognitive, l’autre un paramètre de fertilité. Pourtant, une étude scientifique surprenante suggère qu’il existe une corrélation positive entre ces deux traits humains apparemment disjoints, et que comprendre ce lien peut enrichir notre vision de la biologie humaine. Dans une recherche publiée en 2008 dans la revue Intelligence, des scientifiques ont examiné un groupe de 425 anciens combattants américains de la guerre du Vietnam. Ces hommes avaient passé plusieurs tests d’intelligence bien établis (incluant des mesures verbales, arithmétiques et logiques) et fourni des échantillons de sperme analysés pour différentes caractéristiques qualitatives. Les résultats montrent une association positive, bien que modérée, entre le niveau d’intelligence générale (le fameux facteur g) et plusieurs paramètres clés de la qualité du sperme :la concentration de spermatozoïdes,le nombre total de spermatozoïdes,et la motilité, c’est-à-dire la capacité de ces cellules à se déplacer efficacement. Statistiquement, ces corrélations ne sont pas liées à des facteurs évidents comme l’âge, l’indice de masse corporelle, ou le style de vie (consommation d’alcool, de tabac ou de drogues) : elles persistent même après avoir contrôlé ces variables. Alors, comment expliquer scientifiquement cette relation ? Les auteurs avancent l’idée d’un « facteur de forme physique phénotypique » : certains aspects de la santé biologique globale pourraient être liés à des ensembles de gènes qui influencent simultanément des fonctions cérébrales et des processus physiologiques dans d’autres organes, y compris les testicules. Cette hypothèse s’appuie sur le constat que beaucoup de gènes sont pléiotropiques – ils agissent sur plusieurs traits à la fois. Dans un contexte plus large, cette étude s’inscrit dans le champ émergent de la « cognition épidémiologique », qui explore comment l’intelligence est associée à des résultats de santé physique variés, de la longévité aux maladies cardiovasculaires. La corrélation avec la qualité du sperme est un exemple fascinant de la façon dont des dimensions neurocognitives et biologiques peuvent être interconnectées à un niveau fondamental. Cependant, les chercheurs eux-mêmes soulignent que la corrélation observée est relativement faible : elle ne signifie pas que les hommes plus intelligents sont automatiquement plus fertiles, ni que booster son intelligence améliorera directement la qualité du sperme. Il s’agit plutôt d’un indice d’un profil physiologique global où plusieurs systèmes corporels pourraient évoluer de manière quelque peu synchronisée. En neurosciences, ce genre de résultat nous pousse à repenser l’intelligence non seulement comme un phénomène cognitif isolé, mais comme un trait inscrit dans un réseau complexe de relations biologiques à l’échelle de l’organisme tout entier.
  • Pourquoi ne faut-il jamais recongeler un aliment décongelé ?

    02:29|
    On nous répète souvent qu’il ne faut jamais recongeler un aliment qui a déjà été décongelé. Mais pourquoi exactement ? Que se passe-t-il dans cet aliment pour qu'un simple aller-retour entre le congélateur et la cuisine puisse devenir dangereux ?Pour comprendre, il faut d’abord connaître un principe essentiel : la congélation ne tue pas la plupart des bactéries. À une température de moins 18 degrés, leur multiplication s’arrête pratiquement, mais beaucoup restent vivantes. Elles sont simplement mises en sommeil.Or, lorsqu’on décongèle un aliment, sa température remonte. Les bactéries éventuellement présentes peuvent alors recommencer à se multiplier. Et plus l’aliment se réchauffe, plus cette multiplication peut devenir rapide.Prenons un exemple. Une bactérie qui se divise toutes les vingt minutes, dans des conditions favorables, peut donner naissance à plus de mille bactéries en seulement trois heures et demie. Certaines bactéries dangereuses, comme les salmonelles, peuvent ainsi atteindre des concentrations importantes.Le problème, c’est que recongeler l’aliment ne fait pas disparaître ces nouvelles bactéries. Elles restent présentes, et lorsque l’aliment est décongelé une seconde fois, elles peuvent reprendre leur multiplication.Autrement dit, chaque décongélation mal maîtrisée ajoute une nouvelle période pendant laquelle les microbes peuvent proliférer.Et les conséquences peuvent être sérieuses : diarrhées, vomissements, douleurs abdominales, fièvre, voire infections graves chez les personnes fragiles.Il existe également un autre danger : certaines bactéries produisent des toxines qui peuvent résister à la chaleur. Même une cuisson ultérieure ne garantit donc pas toujours l'innocuité d’un aliment mal conservé.Mais attention, il faut apporter une nuance importante.Recongeler un aliment décongelé n’est pas automatiquement dangereux. Si celui-ci a été décongelé exclusivement au réfrigérateur, à une température inférieure ou égale à 4 degrés, et conservé correctement, une recongélation peut rester sûre. C’est notamment ce qu’indiquent les autorités sanitaires américaines. Toutefois, les recommandations françaises privilégient, par précaution, l’absence de recongélation.En revanche, un aliment périssable resté plusieurs heures à température ambiante ne doit pas être recongelé.Enfin, on peut parfaitement décongeler une viande, la cuire correctement, puis congeler le plat préparé, à condition de respecter les règles de refroidissement et de conservation.Retenez donc l’essentiel : le véritable danger n’est pas la recongélation elle-même, mais la multiplication des microbes pendant les périodes où l’aliment n’est plus suffisamment froid.Et contrairement à une idée reçue, un aliment contaminé peut conserver une odeur, une couleur et un goût parfaitement normaux.
  • Qu'est-ce que la demi-vie d'un médicament ?

    02:16|
    Lorsqu'on prend un médicament, combien de temps reste-t-il dans notre organisme ? Quelques heures ? Plusieurs jours ? Et pourquoi certains traitements doivent-ils être pris trois fois par jour, tandis que d'autres ne nécessitent qu'une seule prise ?Pour comprendre, il faut connaître une notion essentielle en pharmacologie : la demi-vie.La demi-vie d'un médicament correspond au temps nécessaire pour que sa concentration dans le sang diminue de moitié.Prenons un exemple très simple.Supposons qu'un médicament possède une demi-vie de 12 heures. Si sa concentration dans le sang est de 100 unités au départ, elle ne sera plus que de 50 unités après 12 heures.Douze heures plus tard, elle tombera à 25 unités. Puis à 12,5 unités après 36 heures.Vous l'avez compris : à chaque demi-vie, la quantité restante est divisée par deux.Mais attention, cela signifie qu'un médicament ne disparaît pas complètement après une demi-vie. Il en reste encore 50 % !En réalité, on considère généralement qu'après cinq demi-vies, environ 97 % du médicament a été éliminé.Ainsi, pour un médicament dont la demi-vie est de 12 heures, il faut environ deux jours et demi pour en éliminer la quasi-totalité.Mais pourquoi cette notion est-elle si importante ?D'abord, parce qu'elle aide les médecins à déterminer la fréquence des prises. Un médicament éliminé rapidement peut nécessiter plusieurs administrations quotidiennes. À l'inverse, un médicament dont la demi-vie est longue peut parfois être pris une seule fois par jour.Ensuite, parce qu'elle permet de comprendre un phénomène appelé l'accumulation.En effet, si vous prenez une nouvelle dose alors que la précédente n'a pas encore été éliminée, les quantités présentes dans l'organisme s'additionnent.Cette accumulation est souvent normale et recherchée. Elle permet d'obtenir une concentration relativement stable du médicament dans le sang.Généralement, cet équilibre est atteint après quatre à cinq demi-vies, lorsque les prises sont régulières.Enfin, il faut savoir que la demi-vie peut varier selon les individus. L'âge, le fonctionnement du foie et des reins, ou encore certaines interactions médicamenteuses peuvent la modifier.Et surtout, la demi-vie ne correspond pas nécessairement à la durée des effets ressentis. Certains médicaments continuent d'agir alors que leur concentration diminue, tandis que d'autres cessent de produire un effet bien avant leur élimination complète.En résumé, la demi-vie est une sorte d'horloge biologique du médicament. Elle aide à comprendre combien de temps il reste dans notre organisme et comment adapter son administration, sans suffire à elle seule pour décider de la posologie.
  • Pourquoi l’emballage de votre burger peut-il être dangereux ?

    02:27|
    Lorsque vous mangez un burger dans un fast-food, vous pensez probablement aux calories, aux graisses ou au sel qu’il contient. Mais un autre danger, beaucoup moins visible, pourrait se cacher dans ce qui entoure votre repas : son emballage. Je vous explique.Ici, pendant des décennies, les industriels ont utilisé des substances chimiques particulières pour fabriquer les papiers et les cartons alimentaires. Et leur objectif était simple : empêcher les graisses et les sauces de traverser les emballages.Or, ces substances appartiennent à une grande famille appelée les P.F.A.S, souvent surnommés « polluants éternels ».Pourquoi ce nom ? Et bien parce que leurs liaisons chimiques sont extrêmement résistantes. Certaines de ces molécules se dégradent très lentement dans l'environnement et peuvent s’accumuler dans les organismes vivants.Or, le problème apparaît lorsque ces emballages entrent en contact avec nos aliments.En effet, certains P.F.A.S peuvent migrer du papier ou du carton vers la nourriture. Cette migration dépend notamment de la température, de la composition des aliments et de la durée du contact.Autrement dit, en mangeant votre burger ou vos frites, vous pouvez également ingérer de petites quantités de substances provenant de leur emballage.Mais alors, quels sont exactement les risques ?Et bien les recherches scientifiques ont associé l’exposition à certains P.F.A.S à plusieurs problèmes de santé : augmentation du cholestérol, perturbations du fonctionnement du foie, effets sur la reproduction et affaiblissement de certaines réponses immunitaires.En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer a même classé l’un de ces composés, le PFOA, comme cancérogène pour l’être humain.Attention cependant : cela ne signifie pas qu’un hamburger emballé dans du papier contenant des PFAS provoque un cancer. Le risque dépend des substances concernées, des quantités absorbées et de la durée d’exposition.Aussi, face à ces inquiétudes, l’Union européenne a décidé d’agir.Depuis le 12 août 2026, une nouvelle réglementation interdit la mise sur le marché des emballages alimentaires dépassant certains seuils de PFAS.Les fabricants doivent donc développer des alternatives : fibres végétales, matériaux issus de la canne à sucre ou nouveaux revêtements capables de résister aux graisses.Toutefois, cette réglementation ne fait pas disparaître immédiatement toute trace de PFAS, déjà présents dans notre environnement.D'ailleurs, les emballages ne représentent qu’une source d’exposition parmi d’autres, notamment l’eau et certains aliments contaminés.
  • Pourquoi certaines personnes ont-elles une peur panique du vendredi 13 ?

    02:38|
    Pour beaucoup, le vendredi 13 est un jour comme un autre. Mais pour certaines personnes, cette date provoque une véritable angoisse, au point de les empêcher de sortir, de voyager ou de prendre des décisions importantes. Cette peur porte un nom particulièrement compliqué : la paraskevidékatriaphobie.Ce terme vient du grec : « paraskevi » signifie vendredi, « dekatreis » désigne le nombre treize et « phobos » signifie peur. Mais pourquoi cette date est-elle devenue si inquiétante ?Pour le comprendre, il faut remonter à plusieurs traditions anciennes.D'abord, le nombre 13 possède depuis longtemps une mauvaise réputation dans les sociétés occidentales. En effet, le nombre 12 symbolise traditionnellement l'ordre et l'harmonie : douze mois dans l'année, douze signes du zodiaque, douze apôtres. Le 13, qui vient rompre cet équilibre, aurait progressivement été considéré comme un nombre néfaste.D'ailleurs, dans la tradition chrétienne, treize personnes participent au dernier repas de Jésus, la Cène, avant sa trahison par Judas.Mais pourquoi associer ce nombre au vendredi ?Tout simplement parce que, selon la tradition chrétienne, Jésus aurait été crucifié un vendredi. Ce jour possédait donc lui aussi une connotation négative.Cependant, contrairement à une idée répandue, la superstition du vendredi 13 ne remonte pas nécessairement à l'Antiquité. L'association précise de ces deux éléments semble surtout s'être popularisée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, notamment grâce à la littérature, puis au cinéma.Mais alors, comment une simple superstition peut-elle devenir une véritable phobie ?C'est ici qu'intervient la psychologie.En effet, notre cerveau cherche constamment à établir des liens entre les événements. Si une personne connaît une mauvaise expérience un vendredi 13, elle risque de l'attribuer à cette date plutôt qu'au hasard.Ce phénomène s'appelle le biais de confirmation : nous retenons davantage les événements qui confirment nos croyances et oublions ceux qui les contredisent.Par conséquent, la peur peut progressivement s'amplifier. Chez certaines personnes, elle provoque des palpitations, des sueurs, des tremblements ou des crises de panique.Toutefois, être superstitieux ne signifie pas nécessairement souffrir d'une phobie. On parle véritablement de trouble phobique lorsque la peur devient disproportionnée, persistante et perturbe la vie quotidienne.Heureusement, cette peur peut être traitée, notamment grâce aux thérapies cognitivo-comportementales, qui permettent de modifier les pensées anxieuses et de s'exposer progressivement à ce qui fait peur.Finalement, le vendredi 13 illustre une particularité fascinante de notre cerveau : une croyance peut provoquer une peur bien réelle, même lorsque le danger, lui, n'existe pas.
  • Pourquoi certaines personnes sentent-elles des odeurs qui n'existent pas ?

    02:11|
    Sentir une odeur de fumée alors que rien ne brûle, percevoir une odeur de parfum dans une pièce vide, ou avoir soudainement l'impression que quelque chose pourrit autour de soi… Ces expériences peuvent sembler étranges, voire inquiétantes. Pourtant, elles correspondent à un phénomène médical bien réel : la fantosmie.La fantosmie est une forme d'hallucination olfactive. Autrement dit, le cerveau perçoit une odeur alors qu'aucune substance odorante ne se trouve réellement dans l'environnement.Pour comprendre ce phénomène, rappelons comment fonctionne normalement notre odorat.Lorsque nous respirons, de minuscules molécules odorantes pénètrent dans notre nez. Elles stimulent des récepteurs spécialisés, situés dans la partie supérieure des fosses nasales. Ces récepteurs envoient ensuite des signaux électriques au cerveau, qui les interprète comme des odeurs.Mais dans le cas de la fantosmie, ce système se dérègle. Le cerveau reçoit ou produit un signal olfactif anormal, qu'il interprète comme une véritable odeur.Et ce qui est particulièrement étonnant, c'est que ces odeurs imaginaires sont souvent désagréables : fumée de cigarette, caoutchouc brûlé, produits chimiques ou aliments pourris.Pourquoi cela arrive-t-il ?Les causes sont nombreuses.La fantosmie peut apparaître après une infection respiratoire, notamment la Covid-19, qui peut perturber durablement le fonctionnement de l'odorat.Elle peut également être liée à une inflammation des sinus, à un traumatisme crânien ou à certains médicaments.Dans d'autres cas, son origine est neurologique. Certaines migraines peuvent s'accompagner de perceptions olfactives inhabituelles. Plus rarement, une crise d'épilepsie touchant les régions temporales du cerveau peut provoquer une odeur fantôme.Et parfois, aucune cause précise n'est identifiée.Faut-il s'en inquiéter ?Dans la majorité des cas, la fantosmie est bénigne et peut disparaître spontanément, parfois après quelques semaines. Mais si elle persiste, un examen médical, notamment auprès d'un ORL, est recommandé.Il faut enfin distinguer la fantosmie d'un autre trouble, la parosmie. Dans ce dernier cas, l'odeur existe réellement, mais elle est déformée : un café peut, par exemple, sentir les ordures.La fantosmie révèle ainsi une particularité fascinante de notre cerveau : il peut nous faire sentir quelque chose qui n'existe absolument pas, avec une impression aussi réaliste qu'une véritable odeur. Cleveland Clinic+2
  • Comment peut-on contrôler le cerveau avec de la lumière ?

    02:22|
    Peut-on commander certains neurones avec de la lumière ? Cela ressemble à de la science-fiction. Pourtant, c’est précisément ce que permet l’optogénétique, une technique devenue essentielle en neurosciences et couronnée en 2026 par le prix Nobel de médecine.Son principe repose sur une idée simple : rendre certains neurones sensibles à la lumière.Pour cela, les chercheurs utilisent des protéines particulières, appelées opsines, dont certaines proviennent de micro-organismes comme des algues. Ces protéines fonctionnent comme de minuscules interrupteurs lumineux. Lorsqu’elles reçoivent une lumière d’une couleur précise, elles modifient l’activité électrique de la cellule dans laquelle elles se trouvent.Mais un neurone humain ne possède normalement pas ce type d’interrupteur.Les scientifiques commencent donc par introduire, dans certains neurones seulement, le gène permettant de fabriquer une opsine. Ils peuvent cibler une catégorie particulière de cellules cérébrales. Une fois ces neurones équipés, une fibre optique ou une autre source lumineuse permet de les stimuler.Un bref flash de lumière peut alors les activer. Avec d’autres protéines, il est au contraire possible de les inhiber.L’intérêt est considérable.Le cerveau humain contient environ 86 milliards de neurones organisés en réseaux extrêmement complexes. Pendant longtemps, lorsqu’on stimulait électriquement une région cérébrale, on activait simultanément plusieurs types de cellules. Il était donc difficile de savoir précisément lesquelles étaient responsables d’un comportement donné.L’optogénétique permet une précision beaucoup plus grande.Chez des animaux de laboratoire, les chercheurs peuvent par exemple activer un groupe précis de neurones et observer immédiatement les conséquences : déclenchement d’un mouvement, modification du sommeil, apparition d’un comportement de peur ou changement de la motivation.L’expérience peut également être inversée : désactiver momentanément certains neurones pour vérifier si un comportement disparaît.Cette technique permet ainsi de comprendre non seulement quelles régions du cerveau sont actives, mais surtout quels circuits sont directement responsables de certaines fonctions.L’optogénétique est aujourd’hui utilisée pour étudier des maladies comme Parkinson, l’épilepsie, les addictions ou certains troubles psychiatriques. Elle ouvre également des pistes thérapeutiques, même si son utilisation chez l’être humain reste encore très expérimentale.Sa force tient donc à une idée presque paradoxale : pour mieux comprendre l’un des organes les plus complexes de notre corps, les scientifiques utilisent quelque chose d’extrêmement simple.De la lumière.Grâce à elle, ils peuvent désormais allumer ou éteindre certains neurones avec une précision de l’ordre de la milliseconde et observer, presque en direct, comment fonctionne le cerveau.
  • Faut-il craindre le retour de la peste ?

    02:21|
    La peste évoque immédiatement la peste noire du Moyen Âge et ses dizaines de millions de morts. Alors forcément, lorsqu’un possible cas de peste pulmonaire apparaît en Russie, l’inquiétude peut être immédiate. Mais faut-il réellement craindre une nouvelle épidémie ?L’affaire débute en Sibérie, dans la région d’Irkoutsk. Une technicienne de 28 ans travaillant dans un institut spécialisé dans l’étude de la peste tombe gravement malade avant de mourir le 2 octobre 2026 d’une pneumonie.Plusieurs médias russes affirment qu’elle aurait auparavant été victime d’un accident de laboratoire impliquant la bactérie responsable de la peste, Yersinia pestis. Mais attention : cette version n’est, pour l’instant, pas officiellement confirmée. Les autorités sanitaires russes parlent d’une « pneumonie d’origine indéterminée » et affirment n’avoir retrouvé aucun microorganisme lié à son activité professionnelle.Par précaution, près de 200 personnes ayant potentiellement été en contact avec elle ont néanmoins été placées sous surveillance médicale.Pourquoi une telle prudence ?Parce que si la peste bubonique, transmise principalement par les puces de rongeurs, passe très rarement directement d’un humain à l’autre, la peste pulmonaire est différente. Lorsque la bactérie atteint les poumons, un malade peut transmettre Yersinia pestis à une autre personne par des gouttelettes respiratoires, notamment lors de contacts rapprochés.Sans traitement, cette forme est extrêmement dangereuse et peut tuer en seulement quelques jours, parfois même en moins de 24 heures après l’apparition des symptômes graves.Mais plusieurs éléments sont rassurants.D’abord, la peste n’est plus la maladie incontrôlable qu’elle était au Moyen Âge. C’est une infection bactérienne, et elle peut aujourd’hui être traitée efficacement avec des antibiotiques lorsqu’ils sont administrés suffisamment tôt.Ensuite, la peste pulmonaire ne se transmet pas aussi facilement que des maladies comme la rougeole ou le Covid-19. Sa propagation nécessite généralement un contact assez proche avec une personne malade.Enfin, pour l’instant, aucun foyer important de transmission n’a été mis en évidence autour du cas russe. L’Organisation mondiale de la santé estime d’ailleurs que, sur la base des informations disponibles, le risque pour la population générale est faible.Il faut donc surveiller attentivement la situation, mais pas imaginer le retour imminent de la peste noire.La peste existe toujours au XXIe siècle. La différence essentielle, c’est que nous disposons désormais des antibiotiques, du diagnostic, de l’isolement des malades et de la surveillance des contacts pour empêcher quelques cas de devenir une catastrophe.
  • Comment soignait‑on la gueule de bois autrefois ?

    02:25|
    La gueule de bois est probablement presque aussi ancienne que l’alcool lui-même. Et pendant des siècles, les hommes ont imaginé des remèdes parfois surprenants pour faire disparaître maux de tête, nausées et fatigue après une soirée trop arrosée.Dans l’Antiquité, l’un des grands remèdes était… le chou.Pline l’Ancien rapporte ainsi que certains Grecs pensaient que le chou avait une sorte d’« inimitié naturelle » avec la vigne. Manger du chou avant de boire devait empêcher l’ivresse ; en consommer après devait aider à dissiper ses effets. Les Romains lui attribuaient d’ailleurs toutes sortes de vertus médicinales.Mais les textes antiques mentionnent des traitements beaucoup plus étranges. Pline rapporte par exemple une recette attribuée aux Assyriens : un bec d’hirondelle broyé et mélangé à de la myrrhe. Difficile de savoir à quel point ce traitement était réellement répandu, mais il montre jusqu’où pouvaient aller les pharmacopées anciennes.Au Moyen Âge et à l’époque moderne, on retrouve d’autres remèdes. Les amandes amères furent longtemps réputées protéger contre les effets de l’alcool. Leur efficacité était pourtant déjà contestée au XVIIe siècle. D’autres préparations recommandaient même des anguilles crues ou diverses décoctions censées rééquilibrer les humeurs du corps.Un principe particulièrement tenace apparaît également : combattre l’alcool… avec de l’alcool.C’est le fameux « hair of the dog », littéralement « le poil du chien ». L’expression vient d’une ancienne croyance selon laquelle, après avoir été mordu par un chien, on pouvait soigner la blessure en y appliquant des poils de l’animal. Transposé à l’alcool, le principe devient simple : puisque l’alcool vous a rendu malade, reprenez-en un peu le lendemain matin.Au XIXe siècle apparaît ainsi le « Prairie Oyster », cocktail destiné aux lendemains difficiles : jaune d’œuf cru, sauce Worcestershire, poivre, sel et parfois sauce piquante. Certaines versions contiennent également de l’alcool.Le problème, c’est que la plupart de ces remèdes ne guérissent pas réellement la gueule de bois.Aujourd’hui, on sait qu’elle résulte de plusieurs phénomènes : déshydratation, perturbation du sommeil, inflammation, irritation digestive et transformation de l’alcool dans l’organisme.Le remède le plus efficace aurait donc certainement déçu nos ancêtres : boire moins, s’hydrater, manger normalement et attendre que le corps élimine l’alcool.Beaucoup moins spectaculaire qu’un bec d’hirondelle à la myrrhe… mais nettement plus raisonnable.