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Choses à Savoir PLANETE
Pourquoi les ouragans devraient être moins nombreux cette année ?
Alors que les dernières années ont été marquées par une activité cyclonique intense, les climatologues estiment désormais qu'il y a plus d'une chance sur deux pour que cette saison se situe sous les moyennes historiques. Mais comment expliquer un tel répit ? Le grand responsable de ce changement porte un nom bien connu : El Niño.
Ce phénomène climatique naturel est de retour. Il se caractérise par un réchauffement anormal et significatif des eaux de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique tropical. Si cette hausse des températures aquatiques a tendance à surcharger l’atmosphère en énergie et à provoquer une hyperactivité de tempêtes du côté du Pacifique, elle produit exactement l’effet inverse dans le bassin atlantique, agissant comme un véritable bouclier.
Le secret de ce mécanisme réside dans ce que les météorologues appellent le « cisaillement du vent ». En réchauffant le Pacifique, El Niño modifie la circulation de l'air à l'échelle planétaire et déplace les courants-jets. Cela génère des vents très puissants et instables en haute altitude au-dessus de l'Atlantique. Ces vents soufflent dans des directions différentes de ceux de la surface, ce qui vient littéralement cisailler et dissiper les structures verticales des tempêtes en formation. En rompant la transmission d'énergie, ce phénomène empêche les perturbations tropicales de s’organiser et de se transformer en ouragans majeurs. Même si les eaux de surface de l'Atlantique restent chaudes, ce cisaillement atmosphérique neutralise leur potentiel destructeur.
Les prévisions scientifiques anticipent ainsi un nombre de tempêtes nommées et d'ouragans inférieur aux normales. Toutefois, la nature reste imprévisible. Les experts rappellent un principe fondamental de prudence : une saison globalement calme à l'échelle de l'océan n'exclut pas qu'un phénomène isolé et puissant touche terre. Il suffit d'une seule tempête pour transformer une année tranquille en catastrophe locale.
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Poisson d’élevage ou poisson sauvage : lequel contient le moins de microplastiques aujourd’hui ?
01:34|La réponse est plus compliquée qu’on pourrait le croire. Pendant longtemps, beaucoup de consommateurs ont pensé que le poisson sauvage était forcément plus « naturel » et donc moins contaminé. Pourtant, les études récentes montrent que ce n’est pas toujours le cas lorsqu’on parle des microplastiques.Les microplastiques sont de minuscules fragments de plastique, souvent inférieurs à 5 millimètres, présents aujourd’hui dans pratiquement tous les milieux aquatiques : océans, rivières, lacs et même eaux souterraines. Les poissons les ingèrent en les confondant avec de la nourriture ou en les absorbant indirectement via leur alimentation. Alors, qui est le plus contaminé ?De nombreuses recherches ont observé que les poissons d’élevage présentent souvent des niveaux de microplastiques égaux ou supérieurs à ceux des poissons sauvages. Une revue scientifique mondiale publiée en 2025 souligne que plusieurs études ont mis en évidence une contamination plus importante dans les poissons issus de l’aquaculture. Pourquoi ? Principalement à cause de leur environnement et de leur alimentation. Les poissons d’élevage vivent dans des espaces confinés où les microplastiques peuvent provenir des filets, des cordages, des bassins, mais aussi des aliments industriels qui leur sont distribués. Certaines recherches ont montré que les farines de poisson utilisées dans les élevages peuvent déjà contenir des particules plastiques. Une étude publiée en 2025 sur plusieurs espèces commercialisées en Turquie a par exemple trouvé des quantités particulièrement élevées de microplastiques chez certaines espèces d’élevage, notamment la truite arc-en-ciel et la dorade. Cependant, cela ne signifie pas que le poisson sauvage est systématiquement plus sûr. Les chercheurs constatent que l’environnement joue souvent un rôle encore plus important que le mode de production. Un poisson sauvage vivant près d'une grande ville côtière, d’un port ou d’une zone recevant des eaux usées peut accumuler davantage de microplastiques qu’un poisson élevé dans une ferme bien contrôlée. Autrement dit, la différence ne dépend pas seulement du fait que le poisson soit sauvage ou d’élevage, mais aussi de l’endroit où il vit, de ce qu’il mange et de l’état de pollution de son environnement.La mauvaise nouvelle est qu’aucune catégorie n’échappe réellement au problème. Des études retrouvent aujourd’hui des microplastiques dans une grande partie des poissons et produits de la mer analysés. En résumé, les données scientifiques actuelles suggèrent que les poissons d’élevage contiennent souvent autant, voire davantage, de microplastiques que les poissons sauvages. Mais il existe de fortes variations selon les espèces et les régions. Le véritable facteur déterminant semble être le niveau de pollution de l’environnement aquatique, qui touche désormais aussi bien les élevages que les océans du monde entier.
Pourquoi Pando défie-t-il notre définition d’une forêt ?
02:46|Au premier regard, le Pando ressemble à une forêt classique de peupliers. Des milliers d’arbres aux troncs clairs couvrant plusieurs dizaines d’hectares dans l’État de l’Utah, aux États-Unis. Pourtant, cette forêt cache une particularité extraordinaire : il ne s’agit pas de milliers d’arbres indépendants, mais d’un seul et même organisme vivant.Le nom « Pando » vient du latin et signifie « je m’étends ». Un nom parfaitement choisi, car cette immense colonie végétale est reliée par un gigantesque réseau de racines souterraines. Chaque tronc visible à la surface est en réalité une pousse issue de ce même système racinaire commun. Autrement dit, ce que l’on prend pour une forêt entière est biologiquement un unique individu.Pando appartient à l’espèce des peupliers faux-trembles, appelés aussi trembles d’Amérique. Ces arbres ont une capacité particulière : ils peuvent se reproduire non seulement par graines, mais aussi en faisant surgir de nouvelles pousses directement depuis leurs racines. Avec le temps, ce mécanisme a permis à Pando de s’étendre progressivement sur environ 43 hectares.Les scientifiques estiment que cet organisme pourrait compter plus de 40 000 troncs reliés entre eux. Son poids total serait d’environ 6 000 tonnes, ce qui ferait de lui l’organisme vivant le plus lourd connu sur Terre, devant les baleines bleues et même certains gigantesques champignons souterrains.Mais ce qui impressionne peut-être encore davantage, c’est son âge. Certains chercheurs pensent que le système racinaire de Pando pourrait avoir plusieurs milliers d’années, peut-être jusqu’à 14 000 ans. Cela signifie qu’une partie de cet organisme existait déjà à la fin de la dernière période glaciaire.Bien sûr, les troncs visibles aujourd’hui ne sont pas aussi anciens. Chaque arbre individuel vit généralement entre 100 et 150 ans avant de mourir. Mais le réseau souterrain, lui, survit et produit continuellement de nouvelles pousses. C’est donc un organisme qui se renouvelle sans cesse tout en restant biologiquement le même individu.Malheureusement, Pando est aujourd’hui menacé. Le principal danger vient des cerfs et des élans qui mangent les jeunes pousses avant qu’elles ne puissent devenir de nouveaux arbres. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, des sécheresses et des activités humaines.Le cas de Pando fascine les biologistes, car il remet en question notre manière habituelle de définir un arbre ou une forêt. Ce géant silencieux montre que la nature fonctionne parfois comme un immense réseau vivant invisible sous nos pieds.Ainsi, derrière cette apparente forêt ordinaire se cache l’un des êtres vivants les plus étonnants — et les plus anciens — de notre planète.
Que cacheraient les Alpes et les Pyrénées ?
01:53|Bonjour à tous ! Aujourd'hui, nous prenons de la hauteur direction les sommets des Alpes et des Pyrénées. Mais nous n'allons pas parler de paysages enneigés ou de randonnées. Nous allons plonger sous la roche, là où ces géants de pierre cacheraient un véritable trésor pour l’avenir de notre planète : une immense réserve d’hydrogène naturel.Alors que l'hydrogène industriel actuel pollue en émettant environ 10 kilos de CO2 pour chaque kilo produit, l'hydrogène blanc, ou naturel, est une énergie 100 % propre, générée directement par la Terre. Mais comment un tel miracle est-il possible en haute altitude ?Tout est une question de géologie et de chimie. Sous nos montagnes, des roches issues du manteau terrestre remontent vers la surface. Au contact de l'eau, elles subissent une réaction chimique fascinante appelée "serpentinisation". C’est ce processus qui donne naissance au précieux gaz H2, qui s'accumule ensuite dans de grands réservoirs souterrains.Une récente étude scientifique de l'Université de La Nouvelle-Orléans et du centre GFZ vient de confirmer que les Alpes et les Pyrénées réunissent les conditions parfaites pour ce phénomène. Mais les chercheurs ont mis le doigt sur un équilibre très fragile : le rôle de l'érosion.Si l'érosion est modérée, elle aide les roches profondes à remonter, stimulant ainsi la création d’hydrogène. En revanche, si l'érosion est trop rapide, elle détruit purement et simplement les réservoirs naturels et perturbe la chaleur nécessaire à sa formation. À ce jeu-là, l’étude montre que les Pyrénées se révèlent particulièrement prometteuses et favorables par rapport aux Alpes.Pourquoi est-ce une révolution ? Pour l'instant, la France consomme près de 900 000 tonnes d’hydrogène par an, presque entièrement issu des énergies fossiles. Si le potentiel des Pyrénées et des Alpes se confirme à grande échelle, ces montagnes pourraient nous fournir une énergie propre, locale et inépuisable, capable de remplacer le pétrole et de propulser notre transition énergétique.Les scientifiques doivent encore mener des recherches pour localiser les sites de forage parfaits, mais l'avenir de l'énergie verte se joue peut-être au cœur de nos plus beaux sommets.
Pourquoi les climatiseurs aggravent-ils le réchauffement climatique ?
02:33|Quand il fait très chaud, la climatisation peut sembler indispensable. Mais beaucoup de scientifiques s’inquiètent d’un paradoxe : les climatiseurs nous protègent du réchauffement climatique… tout en pouvant contribuer à l’aggraver.D’abord, il faut comprendre comment fonctionne une climatisation. Contrairement à ce qu’on imagine, elle ne crée pas du froid. Elle retire simplement la chaleur d’une pièce pour la rejeter à l’extérieur grâce à un compresseur électrique. Résultat : l’intérieur refroidit, mais l’extérieur chauffe un peu plus.À petite échelle, cela paraît négligeable. Mais à l’échelle mondiale, l’impact devient énorme.Selon une étude majeure de l’Agence internationale de l’énergie, le nombre de climatiseurs pourrait passer d’environ 2 milliards aujourd’hui à plus de 5,5 milliards d’ici 2050. La climatisation deviendrait alors l’un des principaux moteurs de croissance de la consommation mondiale d’électricité. Le problème, c’est que cette électricité est encore souvent produite avec du charbon, du gaz ou du pétrole. Plus les climatiseurs tournent, plus certaines centrales électriques émettent de CO₂.Mais ce n’est pas le seul souci.Les climatiseurs utilisent aussi des gaz réfrigérants appelés HFC, les hydrofluorocarbures. Et certains sont extrêmement puissants pour réchauffer l’atmosphère. Le HFC-134a, par exemple, possède un pouvoir de réchauffement environ 1 400 fois supérieur à celui du CO₂ sur une période de 100 ans lorsqu’il s’échappe dans l’air.Une étude publiée dans la revue scientifique Environmental Research Letters a estimé que sans régulation, les systèmes de climatisation et de réfrigération pourraient ajouter jusqu’à 0,5 °C de réchauffement climatique supplémentaire d’ici 2100.Et il existe aussi un effet local très visible : dans les grandes villes, les climatiseurs rejettent énormément de chaleur dans les rues. À Tokyo ou Paris, certaines études ont montré qu’ils peuvent augmenter la température urbaine de plusieurs degrés pendant les canicules.Mais attention : cela ne veut pas dire que la climatisation est “mauvaise” dans tous les cas.Lors des vagues de chaleur extrême, elle sauve des vies, notamment chez les personnes âgées ou fragiles. Des chercheurs rappellent que les canicules sont déjà responsables de dizaines de milliers de morts chaque année.Le véritable enjeu est donc de rendre les climatiseurs beaucoup plus efficaces, d’utiliser des gaz moins polluants et surtout de produire une électricité plus propre.En réalité, la climatisation résume parfaitement le défi climatique moderne : une technologie utile, parfois vitale… mais qui doit évoluer rapidement pour ne pas devenir elle-même une partie du problème.
Qui est Bear, le chien sauveur de koalas ?
02:21|Dans l’histoire récente de la protection animale, peu de chiens sont devenus aussi célèbres que Bear. Ce border collie australien n’est pourtant ni un chien policier ni un chien de secours classique. Sa mission est beaucoup plus inhabituelle : retrouver des koalas en danger.Bear est né en Australie et, au départ, rien ne le destinait à devenir un héros. Très énergique, obsédé par les jouets et difficile à canaliser, il était considéré comme peu adapté à une vie domestique normale. Mais ces traits de caractère allaient justement faire de lui un candidat idéal pour le travail de détection.Il est alors récupéré et formé par une équipe spécialisée dans la protection de la faune sauvage, notamment l’organisation International Fund for Animal Welfare. Son entraînement repose sur une méthode simple : apprendre à reconnaître l’odeur des koalas. Bear est capable de détecter leurs poils et surtout leurs excréments, appelés “scats”, dont l’odeur est très caractéristique.Pourquoi est-ce si utile ? Parce que les koalas sont extrêmement difficiles à repérer dans la nature. Ils passent la majeure partie de leur vie perchés dans les eucalyptus, souvent immobiles pendant des heures. Leur pelage gris se confond facilement avec les troncs et les branches. Même les spécialistes peuvent passer à côté d’eux.Grâce à son flair exceptionnel, Bear peut retrouver des koalas invisibles pour les humains. Il parcourt les forêts, renifle le sol et signale immédiatement la présence d’un animal. Cela permet aux scientifiques de cartographier les populations de koalas, de surveiller leur santé et surtout de secourir des individus blessés.Mais Bear devient véritablement une célébrité mondiale lors des gigantesques incendies australiens de 2019 et 2020. Ces feux catastrophiques détruisent des millions d’hectares de forêt et tuent ou déplacent d’innombrables animaux. Les koalas, déjà fragilisés par la déforestation et le réchauffement climatique, sont particulièrement touchés.Dans les zones brûlées, Bear participe aux recherches de survivants. Équipé de petites bottes de protection pour éviter les braises et les surfaces brûlantes, il aide les équipes à retrouver des koalas blessés ou piégés dans les décombres. Les images de ce chien sillonnant les forêts détruites font alors le tour du monde.Bear symbolise aussi une nouvelle approche de la conservation : utiliser les capacités naturelles des animaux pour sauver d’autres espèces. Aujourd’hui encore, des chiens détecteurs comme lui sont employés pour protéger des espèces menacées partout dans le monde.Et dans le cas de Bear, son énergie débordante — autrefois considérée comme un problème — est devenue un véritable superpouvoir au service de la nature.
Pourquoi les pommes de terre auraient-elles modifié l’ADN humain ?
02:23|Pendant longtemps, les scientifiques ont pensé que l’évolution humaine se déroulait sur des dizaines de milliers d’années, presque imperceptiblement. Pourtant, certaines habitudes alimentaires ont parfois transformé notre corps bien plus rapidement qu’on ne l’imaginait. Et parmi les aliments qui auraient modifié l’ADN humain… figure la pomme de terre.Une étude récente menée par des chercheurs américains s’est intéressée aux populations autochtones des Andes, au Pérou. Ces peuples vivent depuis des millénaires dans des régions montagneuses où la pomme de terre constitue l’aliment de base. Or, les scientifiques ont découvert quelque chose de fascinant dans leur ADN : beaucoup possèdent davantage de copies d’un gène appelé AMY1.Mais à quoi sert ce gène ?Le gène AMY1 permet de produire une enzyme présente dans la salive : l’amylase salivaire. Son rôle est essentiel : elle commence à digérer l’amidon dès la mastication. L’amidon est un glucide complexe que l’on trouve notamment dans les pommes de terre, le riz, le blé ou le maïs.Plus une personne possède de copies du gène AMY1, plus elle peut produire d’amylase salivaire. Résultat : elle digère plus efficacement les aliments riches en amidon et peut en tirer davantage d’énergie.Les chercheurs pensent donc que cette caractéristique génétique s’est développée progressivement chez les populations andines à cause de leur alimentation traditionnelle. Depuis environ 7 000 à 8 000 ans, les habitants des Andes cultivent des centaines de variétés de pommes de terre. Dans ces régions froides et en altitude, cet aliment représentait une source vitale de calories.Au fil des générations, les individus capables de mieux digérer l’amidon auraient donc bénéficié d’un avantage : plus d’énergie, une meilleure survie, peut-être davantage d’enfants. Petit à petit, les copies supplémentaires du gène AMY1 seraient devenues plus fréquentes dans la population. C’est un exemple classique de sélection naturelle.Cette découverte montre quelque chose de fondamental : notre alimentation ne change pas seulement notre santé… elle peut influencer notre évolution biologique.Les scientifiques avaient déjà observé des phénomènes similaires ailleurs dans le monde. Par exemple, certaines populations européennes ont développé la capacité de digérer le lactose à l’âge adulte grâce à l’élevage. D’autres groupes humains se sont adaptés à des régimes riches en poissons, en céréales ou en viande.L’étude sur les Andes rappelle donc que l’être humain reste profondément lié à son environnement. Pendant des millénaires, la culture d’un simple tubercule aurait laissé une trace durable dans le génome humain. En quelque sorte, les pommes de terre auraient contribué à façonner biologiquement ceux qui les cultivaient.
Pourquoi la première grande révolte écologique française a-t-elle éclaté à Cassis ?
02:28|En 1910, bien avant les grandes mobilisations écologistes modernes, une étonnante révolte éclate autour des Calanques de Cassis. Des milliers de Marseillais, d’artistes, de pêcheurs, de randonneurs et de notables s’opposent à un projet industriel menaçant la spectaculaire calanque de Port-Miou. Aujourd’hui largement oubliée, cette affaire est pourtant considérée par certains historiens comme l’un des premiers grands mouvements de protection environnementale en France.À l’époque, les calanques ne sont pas encore un parc national ni un site touristique mondialement célèbre. Ce sont des espaces sauvages, fréquentés surtout par des pêcheurs, quelques excursionnistes et des familles marseillaises venant profiter de la mer. Mais ces falaises blanches attirent aussi les industriels. La pierre calcaire extraite dans la région est très recherchée, notamment pour la fabrication du ciment et les grands travaux urbains.Des entrepreneurs projettent alors d’étendre l’exploitation des carrières dans la calanque de Port-Miou, près de Cassis. Le projet prévoit d’importants aménagements industriels, des explosions de roche et une transformation profonde du paysage.Très vite, l’opposition s’organise. Des journaux marseillais publient des tribunes alarmistes. Des associations se créent. Des excursions militantes sont organisées dans les calanques afin de sensibiliser le public. Les opposants dénoncent la destruction d’un patrimoine naturel exceptionnel, la disparition des paysages méditerranéens et les dégâts causés à la faune marine.Mais cette mobilisation cache aussi des intérêts plus complexes.De nombreux propriétaires locaux craignent surtout une dévalorisation de leurs terrains et de leurs activités touristiques naissantes. Certains habitants veulent préserver la beauté du site… mais aussi maintenir sa valeur économique et résidentielle. À Marseille, les classes aisées commencent à considérer les calanques comme des lieux de loisirs et de villégiature. La défense de la nature se mélange donc à des préoccupations sociales, économiques et esthétiques.Malgré cela, cette mobilisation reste remarquable pour son époque. Nous sommes plusieurs décennies avant les grands mouvements écologistes contemporains. Les notions de biodiversité ou de protection des écosystèmes sont encore peu répandues. Pourtant, les manifestants parlent déjà de “patrimoine naturel” et de destruction irréversible des paysages.La controverse autour de Port-Miou marque ainsi une étape importante dans l’histoire de la conscience environnementale française. Elle montre surtout que l’écologie naît rarement d’une motivation unique. Même les premiers combats pour protéger la nature mêlaient déjà attachement sincère aux paysages, défense du cadre de vie… et intérêts particuliers.
Les Saints de glace sont-ils une supersitition ?
02:36|Chaque année, au mois de mai, des millions de jardiniers scrutent le ciel avec inquiétude. Car arrivent les célèbres « saints de glace » : les 11, 12 et 13 mai, associés à saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais. Selon une vieille croyance populaire, ces journées marqueraient un dernier retour du froid avant l’arrivée définitive du printemps. Mais cette réputation est-elle vraiment fondée scientifiquement ?En réalité, la réponse est… oui et non.D’abord, il faut comprendre d’où vient cette croyance. Pendant des siècles, les paysans ont observé que le mois de mai était une période instable. On pouvait passer d’une douceur presque estivale à une brusque descente d’air froid. Or, ces refroidissements tardifs pouvaient détruire les cultures fragiles, comme la vigne ou les jeunes plants de légumes. Les saints de glace sont donc devenus un repère pratique transmis de génération en génération.Mais aujourd’hui, les météorologues ont des données précises. Et selon Météo-France, « ce phénomène est faux les deux tiers du temps ». Une vaste étude menée sur 130 stations météorologiques françaises entre 1951 et 2023 montre en effet que, dans 67 % des cas, les dernières gelées de l’année ont eu lieu… après les saints de glace.Autrement dit : contrairement à ce qu’affirme le dicton, le risque de gel ne disparaît pas magiquement après le 13 mai.Cela signifie-t-il que les saints de glace sont une pure superstition ? Pas complètement. Car le début du mois de mai reste une période météorologique particulière. À cette époque de l’année, l’atmosphère se réchauffe rapidement, mais l’océan Atlantique demeure encore froid. Ce contraste favorise parfois des descentes d’air polaire vers l’Europe occidentale. Résultat : des coups de froid tardifs peuvent effectivement survenir.Mais ces épisodes ne tombent pas systématiquement les 11, 12 et 13 mai. Certaines années, les saints de glace sont même très doux. En 2022 par exemple, la France connaissait une chaleur exceptionnelle pendant cette période. En revanche, en 2010, de vraies gelées avaient bien été observées dans plusieurs régions françaises.Le réchauffement climatique modifie aussi la situation. Les épisodes de gel tardif deviennent globalement moins fréquents et touchent des zones plus limitées qu’autrefois.Finalement, les saints de glace ne sont ni totalement un mythe, ni une loi scientifique. Ce sont surtout un héritage du savoir paysan : une règle empirique née de l’observation du climat, utile autrefois, mais beaucoup moins fiable qu’on ne l’imagine aujourd’hui.