Choses à Savoir HISTOIRE

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Que sont les “palais flottants” de Caligula ?

Le court règne de l'empereur Caligula, qui resta au pouvoir de 37 à 41, fut marqué par la démesure d'un souverain toujours plus autocratique. Amateur d'un luxe quelque peu oriental, il se fit construire de véritables "palais flottants".


Une découverte au fond d'un lac


Si la description des "palais flottants" de Caligula est aussi précise, c'est qu'on les a retrouvés. En effet, deux d'entre eux ont été découverts, en 1929-1930, au fond du lac de Nemi, à une vingtaine de kilomètres au sud de Rome.


Les recherches avaient été déclenchées à l'initiative de Mussolini, toujours soucieux de se réclamer de l'héritage de l'Empire romain.


Un troisième "palais flottant" pourrait d'ailleurs reposer dans les eaux du lac. En 1944, le musée abritant les deux navires fut détruit par un incendie.


De somptueux navires de plaisance


D'aucuns ont pu prétendre que Caligula avait la folie des grandeurs. La description des bateaux retrouvés au fond du lac de Nemi le laisse en tous cas supposer. En effet, leurs dimensions sont impressionnantes.


Le luxe de leur aménagement permet de penser qu'il s'agissait de navires de plaisance. Dans l'un d'eux avait été érigé un temple en l'honneur de la déesse Diane, pour laquelle Caligula éprouvait une grande dévotion.


Si le lac de Nemi avait été choisi comme port d'attache de ces bateaux, c'est d'ailleurs en raison de la présence d'un ancien sanctuaire dédié à la déesse, que l'empereur fit restaurer.


Des colonnes de marbres soutenaient le toit de ce temple flottant, recouvert lui-même de tuiles dorées. Quant au sol, il était pavé de mosaïques. De son côté, l'autre navire avait été aménagé comme un véritable palais, à l'usage de l'empereur.


Il pouvait même y prendre des bains, car des thermes y avaient construits, semblables à ceux qui équipaient les autres résidences impériales. Il est probable que l'empereur organisait dans ses palais flottants des fêtes et des orgies dignes de sa réputation de débauché.


La coque des navires était très plate, protégée par un mélange de poix, d'huile de lin et de bitume. On ne sait si ces navires furent coulés sur l'ordre de Claude, le successeur de Caligula.

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4/6/2022

Pourquoi le stakhanovisme est-il né d'un mensonge ?

Méthode de propagande mise au point durant l'ère stalinienne, le stakhanovisme conduit à une forte augmentation de la production, tout en ayant des effets pervers. Mais il est probable que l'exploit qui en est à l'origine fut en partie arrangé pour les besoins de la cause.Les prouesses d'un mineurNé en 1906, le mineur Alekseï Stakhanov commence à travailler, en 1927, dans une mine de charbon du Donbass. Le 31 août 1935, il aurait extrait, en six heures de travail, 102 tonnes de charbon. Soit environ 14 fois plus que le norme d'extraction fixée pour ce minerai.Quelques mois plus tard, en septembre, il bat son propre record, en parvenant à extraire, à lui seul, 227 tonnes de charbon. La propagande soviétique s'empare aussitôt de ces prouesses.Elle encourage l'émulation des autres travailleurs, l'exploit du mineur du Donbass devenant une véritable méthode d'exploitation, le "stakhanovisme".Des concours sont organisés et, dans tous les secteurs de l'économie, chacun essaie de rivaliser avec Stakhanov. Ces efforts individuels ne sont sans doute pas étrangers à la forte augmentation de la productivité qu'on enregistra à la fin des années 1930.Fêté par le régime et montré en exemple, Stakhanov est décoré et promu à la direction d'une mine.Un exploit arrangéIl apparaît aujourd'hui que l'exploit de Stakhanov doit être relativisé. En effet, il est probable que le régime a monté de toutes pièces cette prétendue prouesse.De fait, elle ne repose que sur l'action individuelle de Stakhanov. Or, il semble bien qu'il ait été aidé, dans sa tâche, par des mineurs qui soutenaient les parois et d'autres qui ont participé à l'évacuation du charbon.Pourtant, le travail d'un mineur russe, à cette époque, comportait bien toutes ces tâches. Quoi qu'il en soit, le stakhanovisme n'eut pas que des effets positifs.Ainsi, le rythme intensif de travail qu'il supposait aurait conduit à une usure prématurée des matériels. Il se serait aussi traduit par une détérioration des conditions de travail, avec des journées plus lourdes et des sanctions pour les travailleurs ne dépassant pas les quotas de production.
4/4/2022

Quel est le scandale des avions renifleurs ?

L'affaire des "avions renifleurs", révélée par "Le canard enchaîné", provoqua, à partir de 1983, un véritable scandale politico-financier, dans lequel furent impliquées des responsables de haut rang.Un avion qui a du flairLe stratagème qui donnera naissance à cette affaire est imaginé par un réparateur de télévisions italien, Aldo Bonassoli, et un ingénieur belge, Alain de Villegas. C'est dans le château de celui-ci que les deux hommes mèneront de supposées recherches.Vers le milieu des années 1970, les deux compères prétendent avoir mis au point un avion d'un genre particulier. En effet, le simple survol d'une zone par cet appareil lui permettrait de repérer les gisements pétrolifères qu'elle pourrait receler.Le résultat s'afficherait aussitôt sur un tableau. Les deux hommes prétendent que leur avion peut aussi détecter des nappes phréatiques et même des sous-marins.Aussi ne tardent-ils pas à intéresser le groupe Elf à leur invention. Elle semble très intéressante à ses responsables à un moment où, après le premier choc pétrolier, il devient urgent de trouver d'autres sources d'approvisionnement.Les deux inventeurs trouvent également des soutiens dans les milieux politique et bancaire. En juillet 1976, un contrat est signé, avec l'aval, semble-t-il, du Président Giscard d'Estaing et du Premier ministre Raymond Barre.Une supercherie vite éventéeMais des doutes vont très vite se faire jour. En effet, d'après les indications de Bonassoli et Villegas, Elf entreprend des forages en Afrique du Sud. Mais ils ne révèlent aucune trace de pétrole.Par ailleurs, on apprendra que les gisements prétendument découverts en survolant la rase de Brest l'auraient été grâce à des renseignements que possédaient déjà les deux inventeurs. En outre, on s'aperçoit que le tableau censé révéler la présence des gisements est truqué.Le scandale éclate au grand jour en 1983, révélé par un journaliste du "Canard enchaîné". Comme l'affaire semble d'importance, le gouvernement réunit une commission d'enquête.Elle blanchit Valéry Giscard d'Estaing, mais épingle Raymond Barre, qu'elle accuse d'avoir cherché à étouffer l'affaire. Quant aux inventeurs, ils ressortent ruinés de ce scandale. Aldo Bonassoli reprendra même son activité de réparateur de télévisions.
4/3/2022

Qu'est-ce qu'un carnet de bal ?

Le carnet de bal était l'accessoire indispensable des bals mondains du XIXe et du début du XXe siècle. Devenu, avec le temps, un véritable objet d'art, il a revêtu plusieurs formes.Un aide-mémoire très utileLes bals organisés par les grandes familles de l'aristocratie ou de la bourgeoisie étaient des événements mondains où il fallait se montrer. Ils permettaient d'assurer son rang dans la société et de marquer les débuts "dans le monde" des jeunes filles à marier.Les danseuses ne se séparaient pas de leur carnet de bal. Apparu vers 1820, cet accessoire leur servait en quelque sorte d'aide-mémoire.Le bal était organisé avec soin, et le programme de danses qui le composait était publié à l'avance, dans l'ordre de leur déroulement. Ainsi, la danseuse pouvait inscrire, en regard de chaque danse, le nom du cavalier qu'elle avait agréé.Certains carnets de bal avaient une autre utilité pour les danseuses novices. Ils reprenaient en effet les principales figures de certaines danses.Un véritable objet d'artAu début, le carnet de bal n'est pas vraiment un accessoire en soi. En effet, la danseuse se sert de son éventail, au dos duquel elle inscrit le nom de son cavalier.Mais, au fil du temps, le carnet de bal devient un véritable objet d'art, fabriqué et décoré avec beaucoup de soin. Il est confectionné dans des matières précieuses, comme la nacre, l'argent, l'ivoire ou l'écaille.Ce petit carnet est souvent orné de tableautins ou de délicates miniatures. S'il prend cette forme de carnet, il comporte alors autant de feuillets que de danses. Sur chacun d'eux, la danseuse inscrit le nom de son cavalier au moyen d'un petit crayon relié au carnet par un fin cordon.Mais ce "carnet" de bal se réduit souvent à un carton imprimé, où sont précisés l'ordre des danses et les engagements pris, pour chacune d'entre elles, par la danseuse.À l'époque de la Monarchie de Juillet et du Second Empire, ce carton de bal prenait la forme d'une carte de porcelaine, qui devint l'accessoire indispensable des bals à la mode.