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Choses à Savoir ÉCONOMIE

Quelle est la fortune de Roger Federer ?

On le connaît pour son élégance sur les courts, ses revers à une main et ses vingt titres du Grand Chelem. Mais aujourd’hui, Roger Federer s’illustre surtout dans un autre classement : celui des milliardaires. Selon l’indice Bloomberg, repris récemment par BFM, l’ancien numéro un mondial dispose désormais d’une fortune estimée à 1,1 milliard d’euros. Et fait remarquable : il a gagné bien plus en dehors des terrains que raquette en main.


Car si ses gains sportifs ne sont pas négligeables – environ 111 millions d’euros cumulés en carrière, pour 103 titres remportés – cela ne représente qu’une petite portion de sa fortune totale. La clé de sa réussite ? Un savant mélange de contrats de sponsoring premium et d’investissements judicieux.

Sponsoring de luxe

Federer a toujours soigneusement cultivé son image. Sans scandale, sans déclaration controversée, il est devenu une valeur sûre pour les grandes marques. Rolex, Lindt, Mercedes-Benz : des noms qui font rêver, et qui sont restés fidèles bien après sa retraite en 2022. Mais c’est surtout son contrat avec Uniqlo qui marque les esprits : en 2018, il quitte Nike pour signer un contrat de 300 millions de dollars sur dix ans avec la marque japonaise. Une somme colossale, qui montre l’ampleur de son capital-marque.

Un coup droit dans la tech

Mais c’est aussi sur le terrain de la finance que Federer a frappé fort. En investissant dans On Holding AG, une marque suisse de chaussures de sport, il a vu son flair récompensé. Il détient 3 % du capital, et cette participation est désormais valorisée à 430 millions d’euros. L’entreprise, introduite en Bourse, affiche une capitalisation de 14,5 milliards d’euros. Ce pari gagnant représente à lui seul une bonne moitié de la fortune du champion.

Une fortune à l’image du joueur

Aujourd’hui, Roger Federer rejoint le cercle très restreint des sportifs milliardaires, aux côtés de Tiger Woods ou Michael Jordan. Mais contrairement à ces figures flamboyantes, Federer incarne la sobriété, la rigueur, la constance. Un profil qui rassure les investisseurs comme les marques, et qui lui a permis de bâtir un empire tranquille, mais solide.

Son secret ? Peut-être résumé par cette formule d’un analyste : « Il ne dit jamais de bêtises ». Et dans le monde de la communication et des affaires, cela vaut parfois de l’or.


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  • Pourquoi les Etats Unis veulent-ils que les passagers s'habillent mieux à bord des avions ?

    02:19|
    Officiellement, ce n’est pas une lubie fashion ni une envie de ressusciter les années 60 : c’est une tentative – très symbolique – de calmer la montée des tensions dans le transport aérien.Depuis quelques années, Washington observe une explosion des comportements agressifs dans les avions : insultes, menaces, refus d’obtempérer, bagarres… Au point que la Federal Aviation Administration (FAA) a durci sa politique de sanctions. Dans ce contexte, le Department of Transportation (DOT) a lancé fin 2025 une campagne nationale baptisée « The Golden Age of Travel Starts With You », destinée à relancer la “civilité” dans les aéroports et à bord.Mais quel rapport avec la tenue vestimentaire ?Le secrétaire aux Transports Sean Duffy a explicitement relié l’idée de civilité au fait de se présenter dans une tenue « respectueuse », en donnant des exemples très concrets : éviter les pyjamas, les chaussons, le style “je sors du lit”, et préférer un minimum de tenue correcte – par exemple jean et chemise. Dans l’esprit de la campagne, mieux on s’habille, mieux on se comporte.C’est une approche psychologique assez classique : ce qu’on appelle parfois “l’effet costume”. En bref, l’apparence influence notre état d’esprit. Se sentir “présentable” incite à se comporter comme dans un espace public — pas comme sur son canapé.Deuxième objectif, plus pragmatique : rappeler que l’avion est un espace ultra-contraint, où une incivilité peut dégénérer très vite. Et où la sécurité dépend aussi de la coopération des passagers. Une personne pieds nus, en chaussons, ou en tenue trop relâchée n’est pas seulement une question d’élégance : c’est aussi une question d’hygiène, de règles de cabine, et de respect du personnel navigant.Troisième raison : la campagne vise surtout à réinstaller une norme sociale. Pas une loi. Il n’y a aucune obligation juridique à s’habiller “classe”. C’est un message de responsabilisation, au même titre que “respectez l’équipage” ou “restez courtois”.Évidemment, les critiques sont nombreuses : plusieurs médias soulignent l’hypocrisie d’un appel au “glamour” alors que l’expérience aérienne moderne est tout sauf luxueuse (cabines serrées, retards, stress, services réduits).Conclusion : si les États-Unis poussent les passagers à mieux s’habiller, c’est moins pour la mode… que pour tenter de restaurer de la discipline sociale dans un transport devenu explosif.
  • Qu'est-ce que l'instrument “anti-coercition” ?

    02:43|
    Quand on parle de guerre commerciale, on imagine tout de suite des surtaxes, des ports bloqués, des containers coincés… Mais depuis peu, l’Union européenne s’est dotée d’une arme très spécifique pour répondre à un phénomène moderne : le chantage économique.Cet outil s’appelle l’instrument anti-coercition, ou ACI.Le principe est simple : lorsqu’un pays tiers menace l’Union européenne – ou l’un de ses États membres – avec des mesures commerciales pour lui faire changer une décision politique, l’UE peut riposter avec des contre-mesures lourdes, rapides et coordonnées.Et c’est précisément ce que vise Emmanuel Macron dans le contexte actuel : Donald Trump a brandi de nouvelles menaces de surtaxes douanières contre plusieurs pays européens. Pour Paris, ce n’est pas seulement un conflit commercial classique : c’est une tentative de pression politique via l’économie.Alors, qu’est-ce que la “coercition économique” exactement ?Selon la définition de la Commission européenne, il s’agit d’une situation dans laquelle un pays tente de forcer l’UE ou un État membre à adopter – ou abandonner – une décision, en menaçant d’agir sur le commerce ou l’investissement. Concrètement : “faites ce que je veux, ou je vous taxe”. C’est ce que Bruxelles considère comme une interférence inacceptable dans la souveraineté européenne.L’ACI est surnommé le “bazooka commercial” parce qu’il autorise une gamme de représailles très large.Cela peut commencer “soft” : droits de douane, quotas, restrictions sur certains produits.Mais cela peut aller beaucoup plus loin, notamment en visant des secteurs stratégiques : services numériques, investissements, accès au marché unique, et même marchés publics européens. En clair : l’Europe peut dire à certaines entreprises étrangères “vous ne jouerez plus chez nous”.Attention : ce n’est pas une arme qu’on déclenche sur un coup de tête.D’abord, la Commission européenne doit analyser les faits, vérifier si la situation rentre bien dans la définition de coercition. Ensuite, elle propose une réponse. Puis les États membres valident à la majorité qualifiée. Cela signifie que l’activation peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.Et un point important : l’ACI a été adopté récemment, via le règlement européen 2023/2675, entré en vigueur le 27 décembre 2023. Jusqu’ici, il n’a jamais été utilisé.En résumé : l’instrument anti-coercition, ce n’est pas un simple outil de taxation. C’est une doctrine : si quelqu’un tente de faire plier un pays européen par l’économie, c’est toute l’Union qui répond.
  • Pourquoi 31 tonnes d’or sont bloquées à Londres ?

    01:30|
    Le Venezuela possède environ 31 tonnes d’or conservées depuis des décennies dans les coffres de la Bank of England (Banque d’Angleterre), comme beaucoup d’États qui stockent une partie de leurs réserves à l’étranger pour des raisons de sécurité et de liquidité. En 2020, ces 31 tonnes étaient évaluées à environ 1,95 milliard de dollars, soit environ 15% des réserves du pays (les montants ont évolué depuis avec le prix de l’or)...
  • Pourquoi Trump veut plafonner les intérêt des cartes bancaires ?

    02:20|
    Donald Trump a relancé une idée spectaculaire : plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10%, au moins temporairement. L’annonce a fait l’effet d’une bombe, car aujourd’hui, le coût réel d’un crédit revolving aux États-Unis est souvent bien plus élevé : les taux moyens tournent autour de 19–21%, et peuvent monter bien davantage selon le profil de l’emprunteur...
  • Pourquoi vos transactions crypto ne seront plus jamais invisibles ?

    01:48|
    Si vous avez déjà acheté du Bitcoin, échangé de l’Ethereum, ou simplement testé une plateforme crypto “pour voir”… cette info vous concerne : depuis le 1er janvier 2026, l’Union européenne a déclenché une nouvelle étape dans la traque fiscale. Et cette fois, ce n’est plus une menace vague : c’est un mécanisme automatique...
  • Quel “jouet” emblématique signe son grand retour ?

    01:58|
    Trente ans après leur apparition, les petits œufs électroniques Tamagotchi signent un retour spectaculaire. Pas un simple frisson nostalgique : un vrai phénomène économique.Le chiffre qui résume tout tient en une ligne : les ventes de produits Tamagotchi (hors jeux vidéo) ont été multipliées par environ sept en cinq ans, depuis 2019. Autrement dit, la “renaissance” s’est construite sur la période post-Covid : davantage de temps à la maison, un besoin de réconfort, et l’envie d’objets simples, affectifs, quasi anti-stress.Ce retour s’appuie aussi sur un socle industriel solide. Bandai Namco rappelle qu’au total, plus de 100 millions de Tamagotchi (ces “œufs” de poche) ont été vendus dans le monde depuis le lancement de la marque. Ce volume historique compte, car il transforme le produit en icône transgénérationnelle : les parents d’hier peuvent aujourd’hui offrir à leurs enfants un objet qu’ils ont connu… et s’en racheter un “pour de bon”.Pourquoi ça marche maintenant, alors que le smartphone existe ? Justement parce que le Tamagotchi est l’inverse du smartphone : un usage limité, des règles simples, une petite dose de responsabilité et de récompense. Et surtout, c’est un objet. Il se porte, se montre, se collectionne. La preuve : à Tokyo, l’effet “accessoire de mode” est devenu un argument en soi, notamment chez les plus jeunes. Économiquement, le Tamagotchi profite d’un marché en forte traction : celui des “kidults”, ces adultes qui achètent des jouets pour eux-mêmes, à la frontière entre collection, lifestyle et cadeau. C’est un segment sur lequel Bandai multiplie les déclinaisons : éditions, couleurs, collaborations, et renouvellement régulier des gammes. Et l’actualité alimente la machine : expositions anniversaires, communication événementielle, et mise en scène du produit comme un morceau de culture pop. Au fond, l’histoire est classique… et très moderne. Dans une économie saturée d’écrans et d’abonnements, un petit objet à trois boutons et à l’attachement quasi émotionnel devient un produit parfait : faible barrière d’entrée, fort capital nostalgie, et achat impulsif. Le Covid n’a pas “créé” le Tamagotchi ; il a remis en valeur ce que l’objet vend depuis 1996 : une relation, miniature, mais intense. 
  • Pourquoi Lidl ne fera plus de publicité à la télévision ?

    02:01|
    Pendant des années, les pubs Lidl faisaient presque partie du décor télévisuel français. Des promos qui claquent, des prix choc, une mécanique bien huilée… Et puis, soudain : rideau. Lidl annonce qu’il stoppe la publicité sur la télévision linéaire, c’est-à-dire la télévision “classique”, celle des grandes chaînes et des écrans publicitaires traditionnels.Officiellement, la raison est simple : le risque réglementaire est devenu trop élevé. En juillet 2025, Lidl a été condamné par la Cour d’appel de Paris à verser 43 millions d’euros à Intermarché. En cause : des publicités jugées trompeuses, accusées d’avoir mis en avant des produits en promotion sans garantir leur disponibilité sur une durée conforme à la loi. Car en France, lorsqu’un distributeur communique à la télévision sur une offre promotionnelle, il doit pouvoir prouver que les produits sont disponibles suffisamment longtemps — typiquement pendant quinze semaines — afin d’éviter l’effet “produit fantôme” : une promo séduisante… mais introuvable en magasin.Résultat : Lidl estime que la télé n’est plus un terrain rentable. Car sur ce média, tout est très encadré, très surveillé, et surtout : une erreur coûte extrêmement cher. Quand une pub passe à la télévision, elle touche des millions de personnes d’un coup. Donc si un juge considère qu’il y a tromperie, les dommages peuvent devenir gigantesques.Mais il y a une seconde raison, moins avouée — et plus stratégique.Lidl n’a plus vraiment besoin de la télévision. La marque est déjà connue, installée, populaire. Et surtout, aujourd’hui, le vrai pouvoir publicitaire se joue ailleurs : sur Internet.Le digital permet de cibler. De personnaliser. D’optimiser. Là où la télé bombarde tout le monde au même moment avec le même message, la pub en ligne permet d’adresser le bon produit, à la bonne personne, au bon endroit. Une promotion sur un outil de bricolage ? Vous la verrez si vous habitez une zone où ça se vend bien. Une offre alimentaire locale ? Elle peut être adaptée région par région. Autrement dit : on ne “pêche” plus au filet géant, on vise au harpon.Et puis, dernier point essentiel : sur Internet, les règles existent… mais le contrôle est souvent plus tardif, plus diffus, moins immédiat. Donc le risque financier paraît, à tort ou à raison, plus faible.La décision de Lidl est donc peut-être moins un coup de tête qu’un signal : la télévision perd son statut de média roi, surtout pour les grands distributeurs. Et Lidl pourrait bien être le premier domino d’une longue série.
  • Comment la Chine veut transformer le yuan numérique en véritable compte d’épargne ?

    02:52|
    À partir du 1er janvier, la Chine franchit une nouvelle étape décisive dans sa stratégie monétaire. Pékin lance un plan d’action inédit : les banques commenceront à verser des intérêts sur les soldes détenus en yuans numériques, la monnaie digitale de banque centrale du pays. Une évolution majeure, qui pourrait profondément modifier le rapport des ménages chinois à la monnaie… et redessiner l’équilibre du système bancaire.Jusqu’ici, le yuan numérique, aussi appelé e-CNY, fonctionnait comme une version électronique du cash. Utile pour payer, rapide, traçable, mais sans rendement. Autrement dit, garder de l’argent en yuans numériques ne rapportait rien, exactement comme des billets dans un portefeuille. Avec ce nouveau dispositif, la logique change : le yuan numérique commence à ressembler à un compte bancaire rémunéré, même si les taux annoncés restent modestes.L’objectif est clair : encourager l’adoption massive du yuan numérique. Malgré plusieurs années de tests et des centaines de millions d’utilisateurs enregistrés, l’e-CNY reste encore peu utilisé dans la vie quotidienne. En offrant des intérêts, même faibles, les autorités créent une incitation directe à conserver des soldes en monnaie numérique plutôt que sur des comptes classiques ou en liquide.Mais cette décision répond aussi à un enjeu macroéconomique. L’économie chinoise fait face à une consommation atone, à une épargne de précaution élevée et à une perte de confiance persistante après la crise immobilière. En rémunérant les soldes en yuan numérique, les autorités espèrent canaliser l’épargne, mieux la suivre, et potentiellement l’orienter plus facilement vers des politiques de relance ciblées.Derrière cette mesure se cache également une transformation du rôle des banques. Le yuan numérique est émis par la Banque populaire de Chine, mais distribué par les établissements commerciaux. En rémunérant ces soldes, les banques deviennent des acteurs clés d’un système monétaire hybride, où la frontière entre monnaie centrale et dépôts bancaires s’amincit. À terme, cela pourrait concurrencer les comptes traditionnels, surtout si les taux proposés deviennent plus attractifs.Le plan a aussi une dimension stratégique. La Chine est aujourd’hui le pays le plus avancé au monde sur les monnaies numériques de banque centrale à grande échelle. En ajoutant une rémunération, Pékin teste un outil puissant : une monnaie programmable, traçable et désormais incitative. Un instrument qui pourrait, demain, permettre des politiques monétaires beaucoup plus fines, allant jusqu’à des taux différenciés selon les usages ou les profils.Enfin, ce projet dépasse les frontières chinoises. À long terme, le yuan numérique pourrait devenir un outil de souveraineté financière, facilitant les paiements transfrontaliers hors du système dominé par le dollar. Si l’e-CNY devient attractif pour les résidents, il pourrait aussi séduire certains partenaires commerciaux.En résumé, en rémunérant le yuan numérique, la Chine ne cherche pas seulement à moderniser ses paiements. Elle expérimente une nouvelle forme de monnaie, à la fois instrument économique, politique et géopolitique. Une expérience que le reste du monde observe de très près.
  • Pourquoi le prix du simit a été multiplié par 6 en cinq ans ?

    02:12|
    En Turquie, l’inflation ne se lit pas seulement dans les statistiques officielles. Elle se voit, se touche… et se mange. Depuis quelques années, un aliment en particulier est devenu le thermomètre quotidien de la crise du pouvoir d’achat : le simit, ce petit pain circulaire recouvert de sésame, omniprésent dans les rues turques depuis des siècles. En moins de cinq ans, son prix est passé d’environ 3 livres turques à 20 livres, parfois davantage selon les quartiers. Une multiplication par six, qui résume à elle seule la violence de l’inflation subie par le pays.Le simit occupe une place unique dans la société turque. Peu cher, nourrissant, vendu partout dès l’aube, il constitue le petit-déjeuner traditionnel des classes populaires. Mais avec la flambée des prix, il est devenu bien plus que cela. Pour de nombreux ménages, étudiants, chômeurs ou travailleurs précaires, le simit est désormais aussi un déjeuner, parfois même l’unique repas de la journée. Quand les revenus stagnent et que les prix explosent, ce pain devient un refuge alimentaire.Pourquoi une telle hausse ? D’abord parce que le simit concentre plusieurs facteurs inflationnistes. La farine, l’énergie, le transport et les loyers commerciaux ont tous fortement augmenté. L’alimentation affiche une inflation proche de 35 % sur un an, le logement dépasse 50 %, et l’éducation plus de 65 %. Même un produit simple, composé de farine, d’eau et de mélasse, n’échappe pas à cette spirale.Ensuite, particularité turque, le prix du simit est encadré par l’État, au même titre que le salaire minimum. Officiellement plafonné, il est régulièrement réajusté à la hausse pour suivre – imparfaitement – l’inflation. Au 1er janvier, une nouvelle augmentation de 27 % est prévue. Une hausse inférieure à l’inflation officielle, ce qui signifie que le pouvoir d’achat continue de reculer.Le paradoxe est là : même quand l’inflation ralentit, les prix restent durablement élevés. Après avoir dépassé 75 % en rythme annuel en 2024, l’inflation est retombée autour de 30 %, mais sans retour en arrière. Le simit ne redeviendra pas bon marché. Il incarne ce phénomène bien connu des économistes : la rigidité à la baisse des prix.Le symbole est d’autant plus fort qu’il renvoie à l’histoire politique du pays. En 1993, alors candidat à la mairie d’Istanbul, Recep Tayyip Erdogan dénonçait déjà un système dans lequel une famille ne pouvait vivre décemment en ne consommant que des simits et du thé. Trente ans plus tard, le calcul refait montre qu’une famille nourrie ainsi dépenserait près de 22 500 livres par mois, soit l’essentiel du salaire minimum, qui concerne plus de 11 millions de travailleurs.Ainsi, le simit est devenu bien plus qu’un pain. Il est le baromètre social d’un pays où l’inflation, même en recul, continue de ronger le quotidien. Et tant que ce symbole restera hors de portée, la crise restera tangible pour des millions de Turcs.