Chasseurs de science

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Judith Resnik : le destin tragique d’une femme dans l’espace

Dans les années 80, Judith Resnik vit son rêve. Elle est astronaute pour la Nasa et la deuxième femme américaine à s’être rendue dans l’espace. En janvier 1986, elle embarque à bord de la navette Challenger avec le reste de l’équipage.

Cette femme moderne sera l’une des victimes de la tristement mémorable explosion de Challenger. Cet épisode de Chasseurs de science vous propose de revivre ce tragique épisode de l’histoire de l’aérospatiale aux côtés de Judith.


Pour aller plus loin :

Découvrez le documentaire de la chaîne Stardust sur le drame de Challenger.

Rendez-vous sur CielMania pour y lire l'article de Jean-Baptiste Feldmann sur le mémorial lunaire créé en hommage à ces astronautes.


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Transcription du podcast :

Bienvenue dans Chasseurs de science, un podcast produit par Futura. Je suis Julie et je serai votre guide temporelle au cours de cette excursion. Aujourd’hui, nous partons pour le pas de lancement de la navette Challenger, en Floride. Vous écoutez Chasseurs de science, si ce podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous soutenir en le partageant sur les réseaux sociaux et en nous laissant une note sur les plateformes de diffusion.

En janvier 1978, Judith Resnik a 29 ans et elle vient de recevoir une nouvelle qui va bouleverser sa vie : elle est sélectionnée pour devenir astronaute pour la Nasa parmi plusieurs milliers de candidats. Elle prévient immédiatement ses parents Marvin et Sarah, tout deux immigrants d’Ukraine. Tout sourit à Judith. L’année précédente, elle a obtenu un doctorat en génie électrique et elle occupe un poste d’ingénieur à l’Institut national de la santé à Bethesda. Devenir l’une des premières femmes astronautes, c’est juste incroyable !

Après l’annonce de sa sélection, Judith intègre un programme d’entraînement qui lui permet de devenir spécialiste de mission. À ce poste, elle sera en charge d’une partie bien précise des missions scientifiques que devront réaliser les astronautes une fois dans l’espace. Six ans après son entrée à la Nasa, Judith prend part à la mission Discovery. Elle est la seule femme de son équipage.

Le 30 août 1984, alors que la navette décolle du pas de tir 39A du Kennedy Space Center à Cap Canaveral, elle sait que son nom marquera l’histoire avec un grand H. En effet, à ce moment-là, elle devient la deuxième femme américaine à rejoindre l’espace, et seulement la quatrième au niveau international, après deux astronautes russes et sa compatriote Sally Ride.

Elle expérimente alors la sensation indescriptible d’impesanteur, voit ses cheveux flotter autour de sa tête et tous les outils qu’elle manipule ne jamais retomber sur le sol. À bord de Discovery, une image de Judith fera le tour du monde. Devant les caméras, elle brandit un carton où elle avait inscrit « Hi Dad ! » (« Salut, Papa  ! »), en sachant pertinemment que son père suivait avec attention ses aventures spatiales.

Après le succès du premier vol de Discovery, Judith intègre immédiatement un autre programme ambitieux de la Nasa : STS 51-L Challenger. La mission doit se dérouler comme suit. Le premier matin sera dédié à la préparation de la mise en orbite du satellite TDRS-B ; l’après-midi à son déploiement. Le deuxième jour, le programme de suivi de la comète Halley débute et Christa McAuliffe, deuxième femme de l’équipage et institutrice tiendra le premier cours donné depuis l’espace à des enfants. Les jours 3, 4 et 5 seront destinés à la mise en orbite du satellite Spartan. Judith est en charge de manier le bras robotique de la navette pour le déployer. Enfin, le retour de l’équipage est prévu 144 heures et 34 minutes après leur départ.

Tout est organisé au millimètre. Judith et ses collègues connaissent par coeur les gestes et les procédures pour faire face à toutes les situations. Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu.

Dès le lancement, la 25e mission de Challenger accumule les couacs. Le 22 janvier 1986 à 15h43, sur le pas de tir B, tout est prêt pour le décollage. Mais la météo fait des siennes. On reprogramme le lancement le 23, puis le 24 janvier. Challenger est toujours clouée au sol. Le 25 janvier, c’est une tempête de l’autre côté de l’Atlantique qui empêche le départ. Le mauvais temps atteint la Floride, repoussant encore le lancement. La tension est palpable entre les astronautes. Arriveront-ils à décoller un jour ? Une nouvelle date est planifiée : le 27 janvier 1986 à 9h37. Repoussée encore. Cette fois-ci, c’est une trappe qui refuse de se fermer.

Finalement, la navette Challenger décolle le 28 janvier 1986 à 11h38, soit 2 heures après l’heure prévue. Un logiciel qui pilote le système anti-incendie connaît une panne alors qu’on remplit les réservoirs externes d’hydrogène liquide, avant le départ. Dans le cockpit, Judith et le reste de l’équipage échangent un regard. Challenger quitte enfin le sol de la Floride et son funeste destin est scellé.

Seulement 0.678 secondes après le décollage, les spectateurs au sol voient une inquiétante fumée grise s’échapper de l’arrière du fuselage. Le père et le frère de Judith sont présents. Entre 0,836 et 2,5 secondes, la fumée se fait plus dense. La navette prend de la vitesse et rencontre ses premiers vents de haute altitude à 37 secondes. En réponse au cisaillement du vent, le système de navigation augmente la puissance des propulseurs pour maintenir la direction de la navette.

58 secondes. Une petite flamme apparaît. Elle grandit rapidement et l’ordinateur de bord alerte sur la diminution de la pression dans le propulseur droit. De toute évidence, il fuit. À l’intérieur, l’équipage surentraîné est prisonnier. Les sept astronautes n’ont aucun moyen de sortir de Challenger. La navette n’est pas équipée de sièges éjectables et la présence d’un système d’évacuation a été jugée « d’une utilité limitée ».

À 64 secondes, le feu change de couleur, signe que l’hydrogène s’est mêlé aux flammes. L’ordinateur de bord tente de mettre fin au drame qui se joue, en vain. 73 secondes. Le réservoir d’hydrogène liquide perd son dôme et plus de 1.200 tonnes de carburant alimentent le brasier. En un battement de cil, Challenger explose à 46.000 pieds d’altitude dans le ciel de Cap Canaveral. La navette se désintègre dans une boule de feu entourée d’une fumée brune sous les yeux horrifiés du personnel de la Nasa, des spectateurs et de la famille et des amis de l’équipage.

Judith Resnik, spécialiste de mission,

Christa McAuliffe, spécialiste des charges utiles,

Gregory Jarvis, spécialiste des charges utiles,

Francis Scobee, commandant,

Ronald McNair, spécialiste de mission,

Ellison Onizuka, spécialiste de mission,

et Michael Smith, pilote, ont disparu en même temps que Challenger. 

Les restes de la navette spatiale finissent leur course dans l’océan à 334 km/h, emportant avec eux tout espoir de retrouver des survivants. 

La Nasa lance immédiatement une mission pour récupérer les débris de la navette et d’éventuels restes humains. Le corps de Judith est le premier retrouvé au milieu des décombres. Elle n’avait que 36 ans.

Devant son écran de télévision, sa mère, Sarah, a vu l’explosion. Elle se rend chez une voisine en criant : « Ils sont morts là-haut. Ils sont morts, ils sont morts ! » La nuit du drame, le président Ronald Reagan rend hommage aux victimes lors d’un discours devant le Congrès. Trois jours après, une cérémonie nationale, retransmise en direct, se tient au Centre spatial de Houston en présence de plus de 10.000 personnes.

Une commission chargée d’enquêter sur les circonstances de l’accident est créée par le président américain. Richard Feynman en est l’un des membres les plus célèbres. Il remarque que les estimations de fiabilité communiquées par la Nasa étaient irréalistes et divergeaient totalement de celles faites par les ingénieurs. Il déclare alors : 

« Pour qu'une technologie soit couronnée de succès, la réalité doit prendre le dessus sur les relations publiques, car on ne peut pas tromper la Nature. »

L’enquête n’a pas permis d’établir avec certitude les causes de la mort de l’équipage. Le rapport émet l’hypothèse, sans assurance, que les astronautes auraient perdu conscience peu avant l’explosion. Judith Resnik et ses collègues deviennent alors des héros, mais ils étaient avant tout des femmes et des hommes avec des amis, une famille et des collègues qui se souviennent d’eux.

Michael Coates, pilote sur la première mission de la navette Discovery, se rappelle de Judith – ou Judy, comme ses proches l’appelaient – en ces termes : 

« C’était quelqu'un qui comptait beaucoup. Elle vivait, travaillait et s’amusait intensément. Elle n'était pas parfaite, elle était têtue, et elle devait toujours avoir son mot à dire. Mais à la fin d’un dispute, elle souriait et c'était tout. On se sentait à l'aise avec elle. À bien des égards, c'était une astronaute idéale. Elle laissera un grand vide. »

Merci d’avoir écouté Chasseurs de science. La musique de cet épisode a été composée par Patricia Chaylade. Au texte et à la narration : Julie Kern. Merci à Vincent Heidelberg, qui prête sa voix à Michael Coates. Rendez-vous sur sa chaîne Youtube Stardust pour y découvrir son documentaire consacré à l’histoire de Challenger.

Si vous appréciez notre travail, n‘hésitez pas à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion pour nous soutenir et améliorer notre visibilité. Vous pouvez aussi vous abonner sur Spotify, Deezer et Apple Podcast pour ne plus manquer un seul épisode. Quant à moi, je vous retrouverai bientôt pour une future expédition temporelle dans Chasseurs de science. À bientôt !

Plus d'épisodes

12/25/2020

Michael Faraday et les spectaculaires conférences de Noël

En cette saison de fêtes, plongez au coeur du XIXe siècle et célébrez Noël comme les Victoriens : avec des sciences ! Durant cette époque où le progrès technique offre la promesse d’un avenir meilleur, les fêtes de fin d'année prennent une tournure inédite : expositions, démonstrations, spectacles et cadeaux à thématique scientifique apparaissent de toutes parts et captivent le public. Les scientifiques eux-mêmes deviennent des figures populaires que l’on retrouve jusque dans les oeuvres de fiction de Jules Verne ou de Charles Dickens. Parmi ces personnages, un en particulier marque l’histoire : Michael Faraday.Michael Faraday fut l’un des plus grands scientifiques de son siècle. Doté d’un esprit génial assorti à un enthousiasme enfantin, ce chimiste, inventeur et explorateur des domaines liés à l’électricité a su faire progresser la science de son époque comme nul autre et a étudié avec une curiosité insatiable le monde qui l’entourait. En 1824, il initie les conférences de Noël de la Royal Institution, que nous vous proposons de revivre pour un moment dans ce nouvel épisode de Chasseurs de sciences.Pour aller plus loin :Le sapin de Noël, un arbre féeriqueNoël serait une réalité... dans le cerveauQui était Michael Faraday ?VoirAcast.com/privacypour les informations sur la vie privée et l'opt-out.Transcription du podcast:Bienvenue dans Chasseurs de science, un podcast produit par Futura. Je m'appelle Emma, et je serai votre guide temporelle au cours de cette excursion. Aujourd'hui, nous célébrons Noël comme les Victoriens, avec une conférence scientifique animée par l’un des plus brillants esprits du XIXe siècle : Michael Faraday. Vous écoutez Chasseurs de sciences, si ce podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous soutenir en le partageant sur les réseaux sociaux et en nous laissant une note sur les plateformes de diffusion.L’excitation dans l’amphithéâtre est à son comble. Scientifiques, familles, journalistes et membres de l’élite se sont tous réunis à la Royal Institution en ce soir de Noël pour assister à une présentation exceptionnelle, animée par nul autre que le célèbre Michael Faraday. Près d’un millier de paires d’yeux brillants sont rivées sur le jeune chimiste, debout devant une table recouverte d’objets tous plus étranges les uns que les autres. Avec un sens du spectacle indiscutable et un enthousiasme proprement enfantin, il vient de leur exposer pendant plus d’une heure les principes fondamentaux de la chimie, de remplir des bulles de savon de toutes sortes de gaz et de leur poser toutes sortes de questions sur le fonctionnement du monde. Aux côtés de leurs parents, les bambins jubilent et boivent chacune des paroles du grand scientifique redevenu enfant pour la soirée. Jamais les sciences ne leur ont paru aussi simples, claires et incroyablement divertissantes. La conférence se conclut dans un tonnerre d’applaudissementsMichael voit le jour en 1791, dans une atmosphère d’ébullition intellectuelle et scientifique.Enfant du siècle des Lumières mais aussi d’une famille d’origine modeste, cet esprit curieux au corps frêle sait que sa meilleure chance réside dans ce que l’école publique de son village aura à lui enseigner. Malheureusement, le jeune garçon est affligé d’un trouble de l’élocution qui l’empêche de prononcer jusqu’à son propre nom.Fawaday. Je m’appelle Michael Fawaday.Ce handicap, ainsi que la philosophie de l’époque en matière d’éducation, lui valent de nombreuses remontrances, et, un jour, Michael est battu si violemment par son institutrice que sa mère décide de le retirer de l’école.Il grandit dans un foyer aimant, mais il lui faudra plus que cela pour garantir son avenir. À l’âge de 13 ans, il distribue des journaux pour le compte de George Riebau, un maître relieur établi à Londres, et deux ans plus tard, il signe un contrat d’apprentissage avec ce dernier. Soudain, le jeune Faraday est entouré de plus de livres qu’il n’en a vu de sa courte vie. Il parcourt avec avidité les volumes qui passent entre ses mains, ébloui par la quantité de savoir et de sagesse que ceux-ci ont à livrer. Il s’abîme dans l’exploration de l’Encyclopédie britannique, où les articles sur l’électricité agissent tels des aimants sur son intellect.Mais surtout, il se perd dans les pages de Conversations sur la Chimie. L’ouvrage est rédigé par Jane Marcet, une auteure de sciences populaires engagée dans l’éducation des femmes et des publics les moins érudits. Il connaît à l’époque un remarquable succès avec pas moins de 16 éditions en Angleterre seulement, et marque un tournant dans la vie de Faraday. Il racontera plus tard :Lorsque j'ai fait la connaissance personnelle de Mme Marcet, combien de fois ai-je laissé mes pensées vagabonder en arrière, ravi de connecter le passé et le présent ! Combien de fois ai-je pensé à ma première instructrice lorsque je lui envoyais un article en gage de ma gratitude.Il explique :J'étais une personne très enjouée et imaginative, et je pouvais croire aux Mille et Une Nuits aussi facilement qu’à ce que disait l'Encyclopédie. Mais les faits étaient importants pour moi et ce sont eux qui m'ont sauvé... Alors quand j'ai mis à l’épreuve le contenu du livre de Mme Marcet avec les petites expériences que je parvenais à réaliser, et que j'ai trouvé qu'il était fidèle aux faits tels que je les comprenais, j'ai senti que j’avais trouvé une ancre dans la connaissance de la chimie et je m'y suis accroché.De là découle ma profonde vénération pour Mme Marcet, en tant que personne capable de transmettre à l'esprit jeune, non instruit et curieux, les vérités et les principes de ces domaines illimités de la connaissance qui concernent les choses naturelles.Aiguillonné par ces lectures, Michael, désormais âgé de 20 ans, se rend dès la fin de son apprentissage à plusieurs conférences du chimiste Sir Humphry Davy. Autre grande figure de son temps, le scientifique est aussi génial qu’il est extravagant, et étudie de nombreux domaines comme la chimie, l’électricité, l’ingénierie, ou même le gaz hilarant, qui lui vaudra sa renommée au début du XIXe siècle. Il remarque rapidement l’esprit brillant de Faraday lorsque celui-ci lui fait suivre un ouvrage de 300 pages basé sur les notes prises durant ses conférences, et le recrute immédiatement comme assistant à la Royal Institution.Il ne faudra que treize années au jeune autodidacte pour y devenir directeur de laboratoire, puis professeur en 1833. Faraday exulte, s’exalte, excelle. Il commence par découvrir le benzène dans des gisements de houille, puis, grâce à un appareil simple et ingénieux, parvient à liquéfier la quasi-totalité des gaz connus de son époque. Il poursuit en complétant les théories d’Ampère sur l’électromagnétisme, pose les fondations du moteur électrique, et invente la première dynamo. On lui doit les termes d’électrode, d’ion ou encore d’électrolyse, ainsi que la célèbre cage de Faraday, qui porte son nom. Alors que l’engouement pour la science populaire ne fait qu’accroître, il devient une sorte de super star parmi ses pairs mais aussi pour le public.En effet, au milieu du siècle les Victoriens ne jurent plus que par la science, et ce en particulier… durant les fêtes. Devenue symbole de développement technologique et de progrès social, elle incarne l’espoir et inspire toutes sortes de manifestations à l’arrivée de Noël. Des expositions étonnantes, des démonstrations époustouflantes, des cadeaux scientifiques ébouriffants et des spectacles de pantomime bourrés d’effets spéciaux et d’illusions d’optique émergent et captivent les foules. Les performances sont généralement suivies ou accompagnées de conférences scientifiques visant à décrypter tel phénomène ou tel tour de passe-passe, auxquelles assistent parents, passants et enfants.La correspondance de l’auteur Charles Dickens suggère que celui-ci se serait inspiré de Faraday lui-même pour créer le personnage du professeur au centre de son dernier ouvrage L’Homme hanté. L’adaptation de ce dernier au théâtre connaît un succès retentissant, en particulier grâce au jeu de miroirs qui donne l’illusion de la présence d’un véritable fantôme sur scène.Quant à Faraday, il initie en 1825 la tradition bientôt bicentenaire des conférences de Noël, tenues chaque année à la Royal Institution pour le plus grand plaisir des petits curieux. Une fois de plus, le grand scientifique qu’il est devenu regarde en arrière, au temps où il n’était qu’un jeune garçon feuilletant les pages d’un ouvrage de chimie populaire. Il songe à l’émerveillement qu’il a ressenti et ressent encore à chaque fois qu’il se plonge avec passion dans ses expériences. Il repense à ses parents, à Jane Marcet, à Humphry Davy, et à tous ceux qui ont su nourrir et sublimer le feu qui brûle en lui. Avec ces conférences, avec cet héritage, il espère rendre au centuple ce qui lui a été donné, et inspirer de nouvelles générations d’enfants qui ignorent peut-être encore combien ils ont à apporter au monde.Merci d'avoir écouté Chasseurs de science. La musique de cet épisode a été composée par Patricia Chaylade. Au texte et à la narration : Emma Hollen. Merci à Nino, qui prête sa voix au jeune Michael, et à Pierre Henriquet du compte Twitter astropierre, qui prête la sienne à Faraday adulte. Saluons également les performances de Camille, Erwan, Hortense, Kessi, Léonard, Maëlie, Matilda, Nathanaël et Salim.Si vous appréciez notre travail, n’hésitez pas à vous abonner et à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion pour nous soutenir et améliorer notre visibilité. Vous pouvez nous retrouver sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, Castbox et bien d’autres pour ne plus manquer un seul épisode. Quant à moi, je vous retrouverai l’année prochaine pour une future expédition temporelle, dans Chasseurs de science. Bonnes fêtes de fin d’année à tous !
12/5/2020

L'extravagant William Buckland et le premier dinosaure

William Buckland, le paléontologue le plus fantasque de l’université d’Oxford est dans Chasseurs de science. Cet esprit aussi brillant que lunaire n’hésitait pas à raconter des anecdotes insolites à ces étudiants ou à les traumatiser avec des crânes d’animaux.Mais si William Buckland est un original, il est aussi un grand scientifique. Au fil des années, il a rassemblé les fossiles d’une espèce antédiluvienne, un lézard géant qu’il baptise le Megalosaurus : le premier dinosaure décrit de l’histoire.Pour aller plus loin :L'ère des dinosaures : introduction sur leur époque | DossierComment les dinosaures ont-ils disparu ?Découvrez l'intérieur du crâne d'un dinosaure en 3DVoirAcast.com/privacypour les informations sur la vie privée et l'opt-out.Transcription du podcast:Bienvenue dans Chasseurs de science, un podcast produit par Futura, je suis Julie et je serai guide temporelle pour ce voyage. Aujourd’hui nous remontons le temps à la racine de la paléontologie, en compagnie d’un homme qui a marqué l’histoire scientifique de la première moitié du XIXe siècle autant de par ses travaux scientifiques que de par sa personnalité fantasque.À la fin du XVIIIe siècle, le jeune William Buckland parcourt en long et en large la campagne anglaise du Devon dans laquelle il vit. Il visite les grottes, les forêts, les carrièresà la recherche de quelque chose de bien précis : des fossiles. En effet, le Devon, mais aussi le Dorset, juste à côté, sont connus pour leurs gisements d’ossements et de restes d’animaux. Bien des années plus tard, il fera une découverte qui marquera l’histoire des sciences.William Buckland commence ses études sur les bancs des cours de théologie de l’université d’Oxford, mais il s’intéresse aussi aux sciences naturelles, et notamment à la géologie, où il excelle. En 1813, il devient chargé des cours de géologie et de minéralogie à l’université. Sa légende commence ici.Les cours de sciences naturelles n’attirent pas beaucoup d’étudiants car ils ne sont pas obligatoires. Mais peu à peu, les conférences de Buckland deviennent l’attraction de l’université. C’est un vrai showman qui tient ses élèves en haleine en vivant ses cours comme des pièces de théâtre, où la science côtoie des imitations clownesques. Ses qualités d'orateur font de lui un génie de la vulgarisation scientifique.Un témoignage d’un étudiant de l’époque permet de s’imaginer l’ambiance qui régnait dans la salle de cours :« Buckland, un crâne de hyène dans la main se précipita vers le premier élève assis au premier rang et cria " Qu’est-ce qui dirige le monde ? ". L’élève, absolument terrifié, ne répondit rien. Il se dirigea alors vers moi, le crâne de hyène tout près de mon visage. " Qu’est-ce qui dirige le monde ? " Sans connaître la réponse, je dis " L’estomac, sir ". Il poussa une exclamation. »L’extravagant William Buckland propose aussi de l’alcool à ses élèves et n’hésite pas à partager ses anecdotes les plus insolites. Il assure qu’il a goûté à tous les animaux qui existent — sauf la taupe et la mouche à viande, qui sont immondes à ses yeux. Il en sert à dîner à ses invités. Il a aussi goûté de la chair humaine ! Il aime raconter qu’il a avalé un fragment du cœur de Louis XIV, sans dire s'il l'a trouvé à son goût, lors d’un dîner chez la famille Harcourt .Sa personnalité n’empêche pas William Buckland d’être un scientifique sérieux. Les fossiles constituent toujours le squelette de son travail de recherche. Il publie un premier ouvrage remarqué en 1822. Dans Reliquiae Diluvianae il décrit et analyse plusieurs fossiles, notamment ceux d’un hippopotame, trouvés dans la grotte de Kirkdale dans le Yorkshire. Il démontre alors que ces restes ne proviennent pas d’animaux morts pendant le Déluge, mais qu’ils sont les témoins d’une faune tropicale passée. Fils d’un pasteur anglican et croyant lui-même, William Buckland ne partage pas les idées de Charles Darwin sur la théorie de l’évolution, mais il a tout de même un point de vue différent de ses contemporains créationnistes. Il pense qu’il existait des animaux sur Terre avant l'apparition des Hommes.Ce n’est pas son travail le plus célèbre.Une autre collection de fossiles concentre toute l’attention de Buckland. Au fil des années, il en a découvert plusieurs dans la carrière de Stonesfield, qui appartiennent à la même espèce. Il a bien une idée en tête, mais elle semble folle. Il l’expose tout de même à l’anatomiste français George Cuvier. Ce dernier pense que les fossiles sont les restes d’animaux disparus, plus particulièrement des reptiles.Après sa correspondances avec Cuvier, Buckland en est sûr : les vertèbres, les os des membres,et surtout cette mâchoire dotée de longues dents pointues, sont les restes d’un lézard géant, long de plus de 30 mètres, qui devaient marcher à quatre pattes, le ventre près du sol un peu comme un crocodile. Il le baptise Megalosaurus :le lézard géant. En 1824, il publie son ouvrage le plus célèbre Notes sur le Megalosaurus, ou le lézard géant de Stonesfield.Sans le savoir, il vient de décrire le premier dinosaure de l’histoire. En effet, le mot « dinosaure » ou dinosauria n’existe tout simplement pas. Il est inventé en 1841 par le paléontologue Richard Owen, à partir de deux mots grecs : deinos qui signifie « terriblement grand », et saurospour « lézard ». Owen repense aussi la description de Buckland, en suggérant que le Megalosaurus possède de longues pattes postérieures et deux pattes antérieures plus petites, ce qui correspond plus à l’image actuelle des dinosaures.Quelques années après la parution de son ouvrage phare, la santé mentale de Buckland commence à décliner. Ses extravagances cachent le début d’une démence sévère. Mais c’est un scientifique reconnu : il a reçu bon nombre d’honneur comme la médaille Copley de la Royal Society, la récompense la plus prestigieuse et ancienne décernée par la société savante anglaise, dont il fut membre de sa jeunesse. Et comme ses délires ne détonnent pas avec sa personnalité, personne ne le voit alors comme un vieil homme sénile. Il meurt finalement en 1856 à l’âge de 72 ans, laissant derrière lui un héritage énorme.Si Buckland reste avant tout célèbre pour sa description du Megalosaurus, il est aussi à l’origine d’une discipline scientifique à part entière :l’analyse des coprolithes,des excréments fossilisés. On peut imaginer, au regard de la personnalité atypique de Buckland, que c'était sûrement sa plus grande fierté.En parlant des coprolithes, on raconte que le truculent scientifique buvait le thé avec ses invités, qui posaient leurs tasses et leurs cuillères sur une table faite à partir d’un énorme excrément fossilisé coupé en deux.Merci d’avoir écouté Chasseurs de science. La musique de cet épisode a été composée par Patricia Chaylade. Au texte et à la narration Julie Kern.Pour soutenir notre travail et améliorer notre visibilité, surtout laissez-nous 5 étoiles et un commentaire sur vos applications audio préférées. Pour ne manquer aucun autre épisode, abonnez-vous sur Spotify, Deezer et Apple Podcast. À bientôt dans Chasseurs de science.
11/14/2020

Charles Turner, l'homme qui parlait à l'oreille des insectes

Charles Henry Turner est l'une des grandes figures oubliées de la science. Né en 1867, il consacre sa vie à l'étude des animaux, de leur anatomie, de leurs comportements, de leurs perceptions et de leur intelligence. Scientifique passionné, travaillant sans relâche pour alimenter sa discipline, il bat de nombreux records, produit d'innombrables publications, mais il est également confronté à une société qui refuse de lui accorder le crédit qu'il mérite.À cause de ses origines afro-américaines, les contributions de Turner bénéficieront à tous, mais son nom tombera dans les oubliettes de l'histoire. En parallèle de sa vie de chercheur, de professeur et de père de famille, il trouve encore le temps de militer pour l'égalité des droits civiques, et pour l'accès à l'éducation, d'offrir aux jeunes générations la chance qu'on lui refuse. L'histoire de Charles Turner, c'est celle d'un combat mené dans l'humilité, la passion et la détermination. Un combat qu'il est grand temps de déterrer de l'oubli.Pour aller plus loin :Les hommes, nom de famille HOMOTous les animaux souffrent-ils de la même façon ?Pourquoi les apiculteurs s'habillent-ils en blanc ?VoirAcast.com/privacypour les informations sur la vie privée et l'opt-out.Transcription du podcast:Bienvenue dans Chasseurs de science, un podcast produit par Futura. Je m'appelle Emma, et je serai votre guide temporelle au cours de cette excursion. Aujourd'hui, nous plongeons dans le cerveau des animaux et des petites bêtes aux côtés de Charles Henry Turner, l’un des plus grands scientifiques oubliés du début du XXe siècle. Vous écoutez Chasseurs de sciences, si ce podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous soutenir en le partageant sur les réseaux sociaux et en nous laissant une note sur les plateformes de diffusion.Le soleil de l’été 1910 cogne fort au-dessus de la ville de Saint-Louis, Missouri. Mais Charles Turner n’en a cure. Agenouillé dans un champ qui borde le parc O’Fallon, le scientifique observe avec intensité les abeilles qui s’affairent au milieu du mélilot blanc. Ces dernières semblent ostensiblement ignorer les six disques rouges enduits de miel qu’il a soigneusement disposés au niveau des herbes sauvages. Les oreilles pleines du bourdonnement des travailleuses, il tente désespérément de les attirer lui-même vers ses fleurs artificielles, en vain. Cela fait deux heures qu’il est là, et il redoute que son étude ne se solde par un échec. Soudain, une ouvrière, vient se poser sur le rebord de l’un des disques, juste sous ses yeux. Elle est rapidement rejointe par une seconde, et Turner se réjouit de les voir toutes deux absorber le précieux liquide. L’expérience peut commencer.Le lendemain, à 8 heures du matin, le scientifique retourne sur place pour découvrir que deux des disques ont été entièrement vidés de leur stock de miel, et que ses sujets ont même été jusqu’à emporter une partie de leur papier rouge, encore imbibé de sucre. Enthousiaste, il accroche six nouveaux cercles rouges identiques aux précédents, et six bleus pour leur part dépourvus de récompense. Immédiatement les abeilles arrivent par nuées pour butiner avec frénésie les coquelicots artificiels de Turner.Maintenant arrive l’instant crucial : après un quart d’heure de ce manège aérien, alors que les travailleuses repartent vers la ruche pour y déposer leur butin, le chercheur se saisit de l’une des cibles rouges et la remplace par un cercle bleu, dans l’espoir de répondre à la question qui le taraude : «les abeilles sont-elles capables de distinguer les couleurs ?». Les secondes passent, puis les minutes. Finalement, les créatures reviennent, fonçant tout droit vers le dernier lieu de récolte. Carnet de notes en main, Turner sent ses doigts enserrer le stylo dont la pointe est posée sur la page. Dans un splendide mouvement courbe, les abeilles changent subitement de destination en laissant derrière elles la cible azur, les antennes pointées vers la tache écarlate la plus proche. Turner jubile, mais l’expérimentation n’est pas terminée. Parce qu’il tient à fournir des résultats rigoureux, il passe encore plusieurs jours à tester une trentaine de manipulations, voyageant d’un cercle à l’autre comme une abeille dans un champ de fleurs. Il va jusqu’à façonner de petites cornes d’abondance en papier et recueille, en guise de final, des ouvrières dans la paume de sa main. Avec passion et application il rassemble les données qui lui permettront de mettre fin au débat qui anime lemilieu des entomologistes depuis des décennies. Sa conclusion est proclamée avec une humilité et un engouement caractéristiques le 18 juillet 1910 : les abeilles sont bel et bien capables de discriminer les fleurs en fonction de leurs couleurs pour optimiser leur collecte.C’est un accomplissement notoire pour Turner, un tour de force qui tombera dans les oubliettes de l’Histoire, et échappera même à la mémoire de ses pairs. Car à l’époque, un autre type de discrimination basée sur la couleur est en train de se jouer.Né en 1867, deux ans après la fin de la Guerre civile, Charles Henry Turner est le fils d’un gardien d’église et d’une infirmière afro-américains, qui très tôt, lui transmettent l’amour de l’apprentissage et bientôt, celui de l’éducation. À l’âge de 19 ans, il quitte le lycée avec les meilleures notes de sa promotion, et un an après, il épouse la jeune institutrice Leontine Troy. Turner est le premier diplômé afro-américain de l’université de Cincinnati lorsqu’il obtient son master en 1886, puis devient possiblement le premier à recevoir un doctorat de l’université de Chicago, avec les honneurs, en 1907. Au cours de la décennie qui sépare ces deux événements, il démontre à maintes occasions son application et sa rigueur en publiant un travail de plus de 100 pages sur l’anatomie du cerveau chez les oiseaux, copieusement agrémenté d’illustrations détaillées. Cet article, son tout premier, est publié dans la prestigieuse revue Science, dont il est possiblement le premier contributeur afro-américain, installant, une fois encore, un nouveau record.Il ne s’arrête pas là puisqu’en 1892, son article sur la construction des toiles d’araignées fait également de lui le premier auteur de psychologie comparée afro-américain. Un autre article est publiédans Science, suivi plus tard par un troisième, et, tant qu’à faire, Turner découvre plusieurs nouvelles espèces marines dans les eaux de Cincinnati. D’autre part, il rédige avec son mentor Clarence Herrick un volume de 500 pages sur les Entomostraca, une sous-espècede crustacés vivant dans la région. Malheureusement, l’année de publication de l’ouvrage est également marquée par la mort de sa femme, laissant désormais à Charles la charge intégrale de ses trois enfants, âgés d’un à trois ans.Il redouble désormais d’ardeur afin d’offrir à sa famille la stabilité dont elle a besoin. En dépit de près d’une trentaine d’articles publiés en 1907 et d’une renommée qui s’étend jusqu’en Europe, Turner essuie des refus répétés et dans certains cas inhumains. Alors que le précédent directeur de l’université de Chicago, décédé en 1906, souhaitait rendre l’éducation accessible à tous et reconnaissait à Turner le statut d’autorité majeure dans son domaine, son successeur tient un autre discours. En place depuis moins d’un an lorsque notre ami zoologue obtient son doctorat (rappelons-le, avec les honneurs), il lui déclare qu’il ne recrutera pas un « n*gre ».Accompagné de sa seconde femme et de ses trois enfants, ce dernier est donc contraint pendant plusieurs années de naviguer d’école en école. En parallèle de son travail à plein temps, et de sa vie de famille, il continue de produire deux articles par an, un rythme de production bien supérieur à celui de ses pairs de l’époque. Entomologiste passionné, il s’intéresse à toutes sortes de créatures : papillons de nuit, cafards, guêpes, vers, ou encore fourmis. On pense qu’il est le premier à tester le conditionnement pavlovien chez les insectes, il découvre que ceux-ci sont capables de percevoir les sons, de former des souvenirs, des pensées individuelles, peut-être même des émotions, d’exercer un libre arbitre distinct du simple acte réflexe ou instinctuel, il souligne l’importance de collecter des données dans la nature plutôt que dans un laboratoire, il instaure une méthodologie rigoureuse incorporant des conditions contrôles... Bref, à travers sa soif de savoir, sa rigueur et son enthousiasme, Turner offre une contribution unique à sa discipline et nous invite à voir les insectes comme bien plus que de simples nuisibles sans cervelle. Il écrit :« Après avoir étudié le sujet sous tous les angles possibles, je suis parvenu à la conviction que ni la fourmi grouillante, ni l'abeille volante, ni la guêpe chasseresse ne sont guidées par un mystérieux instinct, ou une combinaison de tropismes, ou uniquement par la mémoire musculaire, mais par quelque chose que chacun acquiert par expérience. »À l’âge de 41 ans, Turner s’établit enfin au lycée Sumner de Saint-Louis, le premier lycée afro-américain fondé à l’est du Mississippi. Il sait pertinemment qu’il ne s’y verra pas accorder de temps libre pour ses recherches, que son salaire de 1.080 dollars par an lui permettra à peine de subvenir à ses besoins, que la charge de travail sera lourde et ingrate, mais, ainsi qu’il l’exprime :« Je sens qu’on a besoin de moi ici, et je peux y faire tellement pour mes semblables. »Dès 1897, Turner produit plusieurs articles sur l’égalité des droits et l’accès à l’éducation. Cette dernière constitue selon lui la clef qui mettra fin au racisme dont lui et sa communauté sont victimes, et motive son envie d’enseigner dans des écoles accueillant des étudiants afro-américains. Il devient un emblème de la lutte pour les droits civiques à Saint-Louis et une figure d’attachement pour ses élèves, avec qui il mène diverses expérimentations sur les abeilles durant les pauses au réfectoire.En 1922, le professeur, malade, prend sa retraite et passe ses derniers mois chez son fils, Darwin. Une dizaine de jours seulement après la célébration de ses 55 ans, Charles Turner s’éteint laissant derrière lui plus de 70 publications académiques, un héritage précieux pour les zoologues, les éthologues et les biologistes, et pas la moindre trace de ses contributions dans les livres d’Histoire. Né à une époque où les Afro-américains étaient encore traités par beaucoup comme du bétail ou des êtres dotés d’une intelligence inférieure, Turner fut très probablement délibérément ignoré et oublié par ses contemporains. C’est pourtant cette même science à laquelle il contribuera tout au long de sa vie qui démantèlera progressivement les croyances qui envenimèrent la société dans laquelle il vécut. La science, et le bon sens, dont il ne manqua jamais.Son ami entomologiste Philip Rau déclarera à sa mort :« Les handicaps et les contraintes qui ont marqué la carrière de Turner ont été nombreux, et il les a affrontés avec humilité et bravoure. »Merci d'avoir écouté Chasseurs de science. La musique de cet épisode a été composée par Patricia Chaylade. Au texte et à la narration : Emma Hollen. Merci à Darryl Fantaisie, qui prête sa voix à Charles Turner, et à Guillaume Coolen, qui prête la sienne à Philip Rau.Si vous appréciez notre travail n’hésitez pas à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion pour nous soutenir et améliorer notre visibilité. Vous pouvez aussi vous abonner sur Spotify, Deezer et Apple podcast pour ne plus manquer un seul épisode. Quant à moi, je vous retrouverai bientôt pour une future expédition temporelle, dans Chasseurs de Science. À bientôt !