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Bonjour chez vous !

Fin de vie : faut-il reconnaître un droit à mourir ?

Faut-il légaliser le suicide assisté ? Avec le début des discussions au Sénat sur le texte de loi sur la fin de vie, la matinale « Bonjour chez vous ! » organise un débat sur la question. Pour le moment, le texte prévoit une aide à mourir pour des patients condamnés par la maladie, qui refusent une agonie prolongée. Le patient s’administrerait lui-même le produit létal, sauf s’il n’est pas physiquement en mesure de le faire.Laurence Garnier, sénatrice (LR) de Loire-Atlantique, estime que « la législation sur la fin de vie aux Pays-Bas est ce à quoi nous ne voulons surtout pas arriver. Et c’est tout le travail que nous sommes en train de conduire. On constate que dès que l’on ouvre une porte, parce qu’on veut entendre la souffrance de patients en fin de vie, on arrive, sous couvert de lois d’exception qui ne concernent que quelques cas, à ce que proposent aujourd’hui les Pays-Bas : se voir proposer un droit à l’euthanasie à partir de 74 ans ».Alain Claeys, ancien député (PS), rappelle que dans la loi Claeys-Leonetti de 2016 dont il est co-auteur : « on autorise une sédation profonde et continue jusqu’au décès, avec l’arrêt de tous les traitements, l’hydratation et l’alimentation artificielles constituant un traitement. En ce qui me concerne, c’est une aide à mourir. Pourquoi nous n’avons pas utilisé le terme « d’euthanasie » ou de « suicide assisté » ? Parce que ce n’est pas le choix entre la vie ou la mort. La mort elle est là, la seule question que la société peut se poser est ‘quel est le chemin le moins pire pour la personne ?’ ».Ségolène Perruchio, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, a immédiatement réagi aux propos d’Alain Claeys : « Vous avez dit que ‘la mort est déjà là’. Pour moi, qui suis médecin aux soins palliatifs, qui depuis 20 ans accompagnent des phases de fin de vie : la mort n’est jamais déjà là. Certes c’est parfois la vie difficile, c’est parfois la vie à l’ombre de la mort, et notre travail est de les soulager, notamment avec la sédation dans certains cas, mais c’est toujours d’accompagner la vie, et cette différence est fondamentale ».

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  • 76. Bonjour chez vous ! du 21 janvier 2026

    01:28:40||Ep. 76
    Au programme de cette édition : le recours au 49.3 pour faire adopter le budget ouvre une nouvelle séquence politique. Face aux motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national, une question s’impose : les orientations budgétaires défendues par Sébastien Lecornu sont-elles réellement soutenues par son propre camp ? Christian Estrosi, maire de Nice et vice-président d’Horizons, analyse la solidité de la majorité et les équilibres internes du bloc gouvernemental.On se penche ensuite sur un débat de société majeur : la fin de vie. Après plusieurs reports, le Sénat examine deux textes distincts, l’un sur les soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir. Faut-il aller plus loin et légaliser le suicide assisté, voire l’euthanasie ? Le débat réunit Alain Claeys, auteur de la précédente loi, Laurence Garnier, sénatrice LR de Loire-Atlantique, et Ségolène Perruchio, présidente de la Société française de soins palliatifs.Au Sénat, focus sur l’examen du texte relatif à l’aide à mourir. Quels sont les équilibres recherchés par la majorité sénatoriale ? Quelles lignes rouges émergent entre accompagnement en fin de vie, soins palliatifs et évolution du cadre légal ? Alain Milon, rapporteur du texte, expose l’esprit du projet, les points de convergence possibles et les blocages persistants.Enfin, l’actualité des territoires met en lumière les inquiétudes du secteur viticole face aux menaces de hausses de droits de douane massives brandies par Donald Trump. Direction Reims, au cœur de la Champagne, pour comprendre les conséquences économiques et les réactions de la filière.
  • Alain Milon : « En Suisse, l’aide au suicide est légale mais l’euthanasie est un délit et un crime »

    26:14|
    Faut-il légaliser l’euthanasie et le suicide assisté ? Le texte de loi sur la fin de vie entre en discussion au Sénat. La droite, majoritaire au Sénat, s’oppose à la version du texte avancée par l’Assemblée nationale, certains refusant le principe même d’une aide à mourir.Alain Milon, sénateur (LR) du Vaucluse, rapporteur du texte relatif à l’aide à mourir au Sénat, explicite le débat entre aide au suicide et euthanasie : « Dans la plupart des pays qui ont mis en place l’aide au suicide et l’euthanasie, l’aide au suicide est mise de côté par les gens, et demandent que ce soit un professionnel de santé qui fasse le nécessaire pour les faire mourir. Car dans l’aide au suicide, c’est à eux-mêmes de s’administrer le produit létal. En Suisse, l’euthanasie est un délit et un crime. Si le patient refuse de prendre le produit, en disant ‘docteur faites-le à ma place’, le médecin n’a pas le droit de le faire ».Alain Milon a également réagi aux menaces de Donald Trump d’une hausse de 200% des droits de douanes sur les vins et champagnes français : « Je crois qu’on a actuellement au niveau mondial des dirigeants qui sont des gens un peu excités, pour ne pas dire autre chose. La seule façon de contrecarrer ce genre d’individus c’est la force, c’est la seule chose qu’ils craignent. Ce n’est qu’alors que Donald Trump, parmi d’autres, baissera d’un ton ».
  • Christian Estrosi : « J’ai trois mandats d’expérience à la mairie de Nice, Éric Ciotti n’en a pas »

    24:08|
    A l’approche des municipales, Nice est devenue le théâtre d’une « campagne de caniveau » opposant Christian Estrosi et Éric Ciotti. Autrefois amis, les deux rivaux se livrent une bataille sans merci pour la mairie de Nice, avec de nombreux dérapages, au point que le préfet a appelé au calme les équipes des deux candidats.Christian Estrosi, maire de Nice, vice-président d’Horizons, était l’invité de la matinale « Bonjour chez vous ! » pour réagir à cette situation : « Cette campagne est très peu digne de la part d’Éric Ciotti, qui tronque des vidéos, et qui dans cette période de vœux, essaye de faire passer de l’humour pour des attaques. On est dans un temps où il faut porter une campagne heureuse, dynamique. Il est temps de revenir sur le fond. J’ai trois mandats d’expérience, l’équipe d’Éric Ciotti n’a pas d’expérience ».Christian Estrosi a également alerté sur les menaces de hausse des taxes de Trump sur le vin : « C’est un véritable chantage. Sachant que je suis dans une région les plus productrices de vins exportés vers les États-Unis, 200% de taxes c’est mettre complètement à plat notre économie si jamais nous ne cédions pas à sa pression sur le Groenland. Après s’être emparé de l’exploitation du pétrole au Venezuela, des terres rares en Ukraine, maintenant aux ressources naturelles du Groenland, en ne respectant aucun principe diplomatique, jusqu’à s’attaquer aux Nations Unies, la position de Donald Trump est inacceptable ».
  • Bernard Delcros : « Le Premier ministre devrait privilégier la copie du Sénat pour le budget »

    24:19|
    Ce lundi, Sébastien Lecornu a annoncé en conseil des ministres qu’il engageait la responsabilité de son gouvernement en déclenchant l’article 49-3 pour faire passer le budget de 2026. Trois motions de censure du gouvernement seront discutées dans l’Hémicycle. Le Premier ministre doit conserver tout ou partie des amendements votés à l’Assemblée nationale ou au Sénat pour les ajouter à la copie initiale du gouvernement : un nouveau compromis à trouver.Bernard Delcros, sénateur (Union Centriste) du Cantal, président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, constate que « le pays n’a toujours pas de budget dans la deuxième quinzaine du mois de janvier, je me satisfais que Sébastien Lecornu ait choisi une voie qui permet à la France d’en être dotée. C’est ce qu’attendent nos concitoyens, les élus, les acteurs économiques, etc. J’espère simplement que le Premier ministre conservera la copie du Sénat pour les collectivités, puisque nous avons préservé ces dernières d’une ponction trop lourde ».Bernard Delcros a également abordé le retour de la loi sur la fin de vie au Sénat : « C’est un texte qui donne toute liberté aux membres des groupes parlementaires de voter pour ou contre. Nous sommes sur un sujet qui touche à l’intime, à la conscience, aux convictions au plus profond de chacun, à son parcours, à la vie de ses proches, à son vécu familial, etc. En grande majorité, tout le monde aujourd’hui s’accorde pour dire qu’il faut aller un peu plus loin de la loi Leonetti, pour aller d’une ‘sédation profonde’ vers un ‘droit à l’aide à mourir’ ou une ‘assistance médicale à mourir’ ».
  • Sébastien Martin : « L’Europe doit être moins naïve, notamment sur la question industrielle »

    23:52|
    Donald Trump menace d’une hausse drastique des droits de douane sur les pays européens qui s’opposent à son projet d’annexion du Groenland. Le président des États-Unis a fait un cas particulier du vin et du champagne français : « Je vais leur imposer des droits de douane de 200% et Macron rejoindra le Conseil de paix ». Un « Conseil de paix » pour gérer la reconstruction de la bande de Gaza, avec pour but d’offrir une alternative à l’ONU pour régler les conflits dans le monde ».Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie déplore cette situation : « La menace n’est pas œuvre de diplomatie. Se comporter exactement de la même manière, peu importe l’interlocuteur, interroge même de savoir qu’elle est la vraie ligne diplomatique des Américains. Je conçois qu’il puisse imaginer faire la pluie et le beau temps sur toute la planète à lui tout seul, mais au bout d’un moment on a toujours besoin d’alliés. Je pense que ça incite encore plus l’Europe à réagir, à s’affirmer comme puissance, et à faire preuve de moins de naïveté, notamment sur la question industrielle ».Sébastien Martin conteste l’échec du bloc présidentiel, des Républicains et du Parti Socialiste à trouver un compromis sur le budget : « Certains groupes politiques ont fait en sorte que ça ne fonctionne pas. On a réussi à trouver le compromis sur le budget de la Sécurité sociale, sur le budget de l’État, ces groupes sont venus faire durer ad vitam aeternam cette situation. Ils se nourrissent d’une forme d’irresponsabilité. Ça n’est certainement pas parce que nous n’avons pas réussi à embarquer le Parti Socialiste, mais à cause d’une alliance de circonstance RN-LFI ».
  • Maire, l’engagement au cœur de la République

    33:50|
    Les élections municipales approchent avec des scrutins qui se tiendront les 15 et 22 mars 2026. Avec le contexte de crise politique et budgétaire que traverse la France, ces élections locales seront-elles impactées par les enjeux nationaux ? Parité des listes, sécurité des élus, finances locales, la matinale « Bonjour chez vous ! » organisait un débat entre trois maires autour de ces questions : Nathalie Gavoille, maire (sans étiquette) de Trochères, Vincent Chauvet, maire (MoDem) d’Autun et Patrick Haddad, maire (PS) de Sarcelles.Sur la question de la sécurité, les maires constatent, comme dans d’autres métiers qui y sont confrontés, une montée de la violence de la société. Vincent Chauvet remarque que « les citoyens sont de moins en moins citoyens- électeurs, et de plus en plus clients-consommateurs, comme dans une relation avec un fournisseur d’accès, avec des comportements extrêmement agressifs et sans patience ».Nathalie Gavoille témoigne « d’agressions verbales». Patrick Haddad, victime d’une agression à proximité de sa mairie, notamment d’un lancer de pierre, constate : « la violence des habitants. La protection fonctionnelle nous défend physiquement, mais il y aussi le problème de la lenteur de la justice derrière. Il y a trois ou quatre mandats nous étions peut-être dans un monde qui allait moins vite, et moins conflictuel ».
  • 75. Bonjour chez vous ! du 20 janvier 2026

    01:28:54||Ep. 75
    Le gouvernement engage sa responsabilité en recourant au 49.3 pour faire adopter le budget, au terme d’une séquence marquée par l’échec du compromis parlementaire. Ce choix relance le débat sur la méthode de l’exécutif, la place du Parlement et le coût politique d’un passage en force.Au cœur de cette émission, Sébastien Martin, ministre chargé de l’Industrie, analyse la stratégie du gouvernement face aux motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise, et revient sur les conséquences économiques et industrielles de l’instabilité budgétaire.Côté Sénat, la question du rôle des collectivités territoriales s’impose. Quel effort leur est demandé ? Jusqu’où peut aller la contribution des territoires dans un contexte de finances publiques contraintes ? Bernard Delcros, président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et sénateur centriste du Cantal, apporte son éclairage.À l’approche des élections municipales, l’émission ouvre également le débat sur la place du maire dans la société française. Après un mandat marqué par des crises successives, comment les élus locaux vivent-ils leur fonction et leur rapport aux citoyens ? Trois maires viennent confronter leurs expériences et leurs visions.Enfin, à la une de nos régions un focus sur les inondations dans l’Aude, leurs conséquences locales et les réponses apportées sur le terrain.
  • Ordonnances ou 49.3 : Le dilemme de Sébastien Lecornu

    33:32|
    Sébastien Lecornu s’était refusé jusqu’ici à utiliser le 49-3 pour laisser libre cours au débat parlementaire. Cette décision faisait face aux menaces du Parti Socialiste de censurer le gouvernement en cas de recours à l’article 49-3. Avec le risque de blocage, de censure, de dissolution et de législatives anticipées, la donne a changé et des élus socialistes appellent à présent le Premier ministre a faire usage de cet outil.Élizabeth Martichoux, éditorialiste politique sur LCI et Public Sénat juge « qu’il faut en finir de toute façon. Le 49-3 avait sa préférence, sauf qu’il y a renoncé sous la pression du Parti Socialiste. Maintenant il doit le ressortir, donc s’asseoir sur une partie de ses promesses. Mais il faut en terminer avec ce feuilleton extrêmement délétère. Nous aurons certainement un 49-3 dans les heures qui viennent, annoncé demain devant la représentation nationale, discuté ensuite face à trois motions de censure. Ce sont des mauvaises solutions. Tout ça pour en arriver là ».Le Parti Socialiste estime qu’un 49-3 maintenant ne serait pas « un 49-3 de blocage, mais un blocage de compromis ». Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction au Figaro, s’amuse de cette communication : « Ils peuvent habiller ça comme ils veulent, je n’oublie pas que le 49-3 est depuis le début, pour eux, un outil anticonstitutionnel. C’est dramatique pour le discours et la crédibilité des femmes et des hommes politiques de ce pays. Tout ça fait les choux gras des extrêmes ».