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Bonjour chez vous !
L'intégrale du mardi 13 janvier
Ep. 70
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Au programme de cette édition : À l’approche des municipales, on s'arrête sur la question des transports. Comment sortir du tout-voiture, notamment dans les zones rurales ? La gratuité des transports est-elle une solution durable et efficace ? Cap sur plusieurs communes, à Montpellier, Cérons en Gironde et Limeil-Brévannes en Île-de-France.Quel modèle de mobilité pour les territoires ? Éclairage avec le ministre des Transports, Philippe Tabarot.À la une de nos régions, direction la Corse, après l'assassinat de l’ancien militant nationaliste Alain Orsoni, survenue lors des obsèques de sa mère. Quelles réactions sur l’île ? Analyse avec Henri Mariani, journaliste à Corse Matin, en direct d’Ajaccio.Et puis les discussions autour du budget reprennent au Parlement. Sébastien Lecornu peut-il obtenir son adoption ? Un accord de non-censure avec les socialistes est-il envisageable, et à quelles conditions ? Réponse avec Thierry Cozic, sénateur socialiste, chef de file du PS sur le budget au Sénat.
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Thierry Cozic : « Le débat parlementaire a eu lieu, mais l’usage du 49.3 s’impose »
24:26|La recherche de compromis sur la question budgétaire reprend son cours à l’Assemblée nationale ce 13 janvier. Le gouvernement cherche à maintenir le cap des 5% de déficit, mais Les Républicains et le Parti Socialiste restent fermes sur leurs revendications. À la demande de ces derniers, le spectre de l’article 49.3 réapparaît.Thierry Cozic, sénateur (PS) de la Sarthe et vice-président de la commission des finances au Sénat regrette « que chacun reste campé sur ses positions, que ce soient Les Républicains ou le bloc central. Le Parti Socialiste s’est mis à disposition pour trouver un compromis. Un compromis nécessite que tout le monde soit d’accord sur un texte. Les Français attendent un budget, les collectivités en ont besoin. Nous sommes simplement dans un moment où la droite sénatoriale est revancharde avec la sortie ratée du gouvernement de Bruno Retailleau ».Thierry Cozic trouve « difficile d’adopter le budget avec la composition actuelle de l’Assemblée nationale. Donc je pense que le 49.3 s’impose, une fois que le débat parlementaire s’est tenu de façon riche et variée avec beaucoup d’échanges. Le fait que nous ayons initialement interdit l’usage du 49.3 sous peine de voter la censure du gouvernement n’était pas une erreur, car cela a eu le mérite d’ouvrir ce débat parlementaire ».
La gratuité des transports publics est-elle généralisable ?
32:07|Alors que le déficit public explose et que le débat budgétaire s’éternise au Parlement, de plus en plus de collectivités françaises promettent à leurs habitants l’usage de transports urbains gratuits. Mais qui en paye le prix ? À l’approche des élections municipales, la question se pose. Danielle Attias, économiste et professeur émérite à Centrale Supélec / Paris-Saclay, estime que « la gratuité des transports prise en charge par plusieurs commune est viable, à condition de se poser les questions à court terme et à plus long terme. À plus long terme, toute la question des investissements est posée, parce qu’à court terme ça redynamise les centres urbains, ça crée un peu plus de pouvoir d’achat pour les usagers qui peuvent abandonner leur voiture ».Mathieu Flonneau, historien des mobilités et professeur à Paris 1, rappelle que « la gratuité a un coût, c’est évident. Il faut voir qui le paye, et c’est tout l’enjeu des municipales. L’effet de transfert-modèle sur la gratuité des transports en commun n’a pas eu lieu aussi massivement que l’on pouvait l’espérer. Autrement dit, la chasse à la voiture en centre-ville, la décarbonation, les impératifs de mobilité pour rendre la société plus agréable n’ont pas été cochés par cette mesure ».
Philippe Tabarot : « Les usagers du train couvrent environ 25% du coût du transport »
25:23|À l’approche des élections municipales, « Bonjour chez vous » propose chaque semaine un débat sur un enjeu précis, avec aujourd’hui la question des transports. Philippe Tabarot, ministre des Transports était l’invité de l’émission.Sur les tarifs du transport ferroviaire, un chiffre frappe, une augmentation des prix Ouigo de 73% en 6 ans. Philippe Tabarot explique « qu’un Français sur deux qui ne prenait pas le train l’a pris à travers Ouigo, qui avait, au début, des tarifs attractifs. Au début, Ouigo pouvait se le permettre car les trains partaient de gares secondaires et pour des trajets plus réduits en distance. Les choses ont évolué aujourd’hui et il y a eu une évolution tarifaire. Mais je rappelle que les usagers paient seulement 25% du billet de train et que le reste est pris en charge, alors que dans d’autres pays européens, la contribution on peut aller jusqu’à 60% ».Philippe Tabarot est revenu également sur le débat budgétaire enlisé à l’Assemblée nationale et les instruments pour passer en force : « Ceux qui réclament le 49.3 sont ceux qui ont demandé pendant des années de ralentir le rythme de son usage. Moi-même au Sénat j’ai toujours vu d’un mauvais œil l’usage de cet article. Il ne doit être utilisé, au même titre que les ordonnances, qu’en cas d’extrême impossibilité de faire voter le budget ».
Christian Cambon : « L’Europe n’a pas les moyens d’empêcher l’annexion du Groenland »
26:28|Main-mise des États-Unis sur le Venezuela, menaces de Donald Trump sur Cuba, volonté d’annexion du Groenland, signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, manifestations révolutionnaires en Iran réprimées dans le sang : l’actualité internationale est en ébullition. Le sénateur (LR) Christian Cambon du Val-de-Marne et envoyé spécial du président du Sénat pour les relations internationales est notre invité pour revenir sur l’ensemble de ces sujets.Christian Cambon considère notamment « que l’Europe n’a pas les moyens d’empêcher l’annexion du Groenland par les États-Unis. Si Donald Trump va au bout de son projet de manière offensive, je pense que l’Europe ne peut pas y faire grand-chose. Est-ce que le Danemark va partir en guerre contre les États-Unis ? C’est impossible alors qu’une partie de l’Europe compte sur les Américains eux-mêmes pour leur propre défense ».Concernant les débats sur le Mercosur, Christian Cambon tient à nuancer « la complexité du Mercosur vient du fait qu’un certain nombre de secteurs économiques profitent de la mise en œuvre de ce traité. Pour les secteurs gagnants, on pense aux services, à l’industrie, aux viticultures, la filière laitière, et tous ces gens-là ne se prononcent pas. Et de l’autre côté, pour les perdants, il y a le miel, mais le plus grave c’est l’élevage. Et c’est important, car c’est la qualité de ce qui se trouve dans nos assiettes qui est en jeu ».
69. L'intégrale du lundi 12 janvier
01:28:39||Ep. 69Au programme de cette édition : Le Mercosur n'en finit pas de créer des tensions dans la classe politique. A l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu affronte deux motions et évoque la possibilité d’une dissolution et de législatives simultanées aux municipales. Coup de bluff ? On en débat avec Yves Thréard et Elizabeth Martichoux.Le vote du Mercosur, malgré l’opposition du gouvernement, illustre-t-il un affaiblissement de la France en Europe ? Réponse avec Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris.L’Union européenne peut-elle freiner les velléités de Donald Trump au Groenland ? Éclairage avec Christian Cambon, sénateur LR et envoyé spécial du Président du Sénat pour les relations internationales.Enfin "À la une de nos régions", nous partons à la rencontre du plus vieux maire de France, Guy Delattre, 93 ans et maire depuis 1971. Il est en campagne pour un nouveau.
Yannick Jadot : « Le Mercosur est un accord du XXème siècle qui poursuit le dérèglement climatique »
25:38|Malgré les manifestations répétées des agriculteurs à Bruxelles et désormais dans toute la France, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur devrait être signé le 17 janvier. Après plus de 25 ans d’errances, le texte aboutirait, avec pour seul opposant au texte : la France. La présidente de la commission européen Ursula von der Leyen s’est félicitée de sa ratification prochaine, et le président brésilien Lula da Silva a applaudi « un jour historique pour le multilatéralisme ».Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris et ancien candidat à l’élection présidentielle, est particulièrement réticent à ce traité. Il le considère « d’abord comme un échec pour l’Union européenne ». Il interroge : « Quelle est le modèle qu’elle veut porter ? Est-ce que c’est un modèle où l’on continue à détruire l’Amazonie ? L’Amazonie est à un point de bascule alors que c’est le premier poumon de la planète (...). Depuis trente ans, au total c’est l’équivalent de l’Espagne et du Portugal en surface qui a été détruit ».Yannick Jadot rappelle que « cet accord a été lancé en 1999. Il faut que nous développions avec les pays du Mercosur une relation politique et commerciale du XXIème siècle. Depuis, en France c’est 200.000 fermes qui ont été fermées. Et nous sommes encore dans les accords du XXème siècle, avec des accords de commerce qui, au fond, n’apportent pas grand-chose : les estimations c’est 0,05% du PIB en 2040. Mais on reste dans la logique de la mondialisation du dérèglement climatique, de la disparition des paysans, de la malbouffe et de l’effondrement de la biodiversité ».
Mercosur, censure : Lecornu joue son va-tout ?
30:38|Le Rassemblement national et La France Insoumise ont déposé chacun une motion de censure en protestation de la future signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Le Parti Socialiste a déjà assuré qu’il ne les voterait pas, mais Les Républicains maintiennent l’ambiguïté. La censure du gouvernement entraînerait probablement une dissolution de l’Assemblée nationale, et donc des législatives anticipées qui s’additionneraient aux municipales en mars.Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction au Figaro, estime que les motions de censure du RN et de LFI : « n’ont pas beaucoup de chances d’aboutir. Le Parti Socialiste et Les Républicains n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait des élections. Les Républicains sont dans un état subclaquant, et ils font tout pour d’ailleurs. Et le Parti Socialiste n’est pas en mesure de mener une campagne législative qui leur soit favorable. Lecornu souhaite simplement renforcer la pression sur ces deux partis ».Élizabeth Martichoux, éditorialiste politique sur LCI et Public Sénat, juge que « Sébastien Lecornu a été exaspéré par deux choses. D’abord le fait que les écologistes ne jouent pas le jeu d’être allés à Bercy et d’aborder une piste d’atterrissage sur le budget de l’État. Et par ailleurs, une petite musique courait au Parti Socialiste sur le thème d’un hypothétique vote de la censure, quelle qu’elle soit, parce qu’il y en a cinq à venir quand même : trois sur le budget et deux sur le Mercosur.
Manon Aubry : « L’Union européenne est en train de disparaître de l’Histoire »
25:48|Après négociation avec le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, a obtenu le report de la signature de l’accord de libre-échange UE-Mercosur, du samedi 20 décembre au mois de janvier. Un délai qui permettrait de renégocier les clauses de sauvegardes et les clauses miroirs pour les importations d’Amérique latine.Pour Manon Aubry, députée européenne de La France Insoumise : « C’est une énorme opération d’enfumage. Je sais que c’est bientôt Noël et qu’on a envie d’y croire. Mais que ce soit en décembre ou en janvier, cet accord ne va pas bouger d’une seule virgule. Tout est déjà finalisé : le contenu de l’accord, mais aussi les clauses de sauvegarde. Pour qu’elles soient activées, il faut une variation des prix et des volumes de 8%, à la seule initiative de la Commission européenne, prouver une causalité avec l’accord, etc. Elles n’ont aucune chance d’être activées, et quand bien même elles le seraient, elles ne prévoient pas une suspension des importations en provenance du Brésil et de l’Argentine ».Manon Aubry ajoute que « l’Union européenne est en train de disparaître de l’Histoire. Que ce soit pour l’accord de paix qui n’a pas été respecté à Gaza, sur la perspective d’un accord de paix en Ukraine, sur les questions commerciales, c’est Donald Trump qui est en train de dicter sa loi à l’Union européenne ».