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Bernard Rappaz, Rédacteur en chef de la RTS

Saison 1, Ép. 14

"Trop longtemps les médias ont fait preuve d'arrogance [au moment où] nous sommes en train de vivre le plus grand chamboulement depuis l'invention de l'imprimerie. [...] Puis est arrivée une classe politique qui a compris qu'elle pouvait jouer de cette situation en stigmatisant l'intermédiaire, le journaliste, en le dénonçant [pour] affaiblir durablement la presse."

Bernard Rappaz est rédacteur en chef de l'actualité à la Radio Télévision Suisse. A ce titre, il est en première ligne des efforts de modernisation du service public Helvétique, et fait quotidiennement face aux défis éditoriaux, politiques et technologiques induits par la révolution digitale.

Comment la "place du village" télévisuelle peut-elle survivre à la fragmentation du marché? Comment garder le lien avec une population qui cherche à consommer l'information 24/7 sur les canaux numériques? Comment piloter une rédaction quand la seule certitude est que l'ancien modèle est mort, sans savoir précisément de quoi sera fait le futur?

Dans cette interview, Bernard Rappaz partage son regard sur le présent et le futur des médias. Une vision posée et réfléchie, ancrée dans 20 ans d'expérience du monde numérique. Son regard est optimiste, et prend racine dans l'auto-critique d'une profession qui a tardé à se réinventer, mais qui se remet aujourd'hui en phase avec les besoins du monde dans lequel elle évolue. Il nous parle de ses efforts pour ré-ancrer le journalisme dans le terrain, de l'importance de regagner la confiance du peuple, de l'art de combiner les différents canaux pour atteindre tous les publics, ou de la nécessité de créer plus de diversité dans les rédactions. Il évoque aussi l'émergence d'un nouveau type de journalisme "constructif", où le rôle des médias ne se limite plus à mettre des mots sur les faits, mais à proposer des solutions aux défis sociaux de notre époque.


Bernard Rappaz sur Twitter: https://twitter.com/Bernard_Rappaz

Bernard Rappaz sur LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/bernard-rappaz-0ab23763/

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Plus d'épisodes

4/29/2019

Blaise Matthey, Directeur Général de la FER Genève

Saison 1, Ép. 15
"Gardez vous des illusions et des dogmatismes. Si les choses était aussi simples ça se saurait. Il n’y a pas de solutions évidentes dans notre société. Travaillez avec la complexité et la difficulté, acceptez les et sachez que vous pouvez y faire face."Blaise Matthey est "le patron des patrons" en Suisse Romande, et côtoie chaque jour toutes les couches du tissu économique, des grandes multinationales aux PMEs locales. Il dirige la Fédération des Entreprises Romandes Genève, une organisation qui propose de multiples services aux entreprises, de la gestion des assurances sociales ou des salaires à la formation des employés.Mais avant toute chose, Blaise Matthey qui est depuis toujours engagé dans une réflexion sur la façon dont notre société peut réussir et faire réussir, tant sur les plans économiques qu'humains. Impliqué dans de multiples organisations locates et internationales, il participe aux réflexions menés par l'OIT sur l'avenir du travail. Avec lui, j'ai évoqué plusieurs sujets chauds du moment, de l'impact de l'automatisation sur l'emploi aux inégalités qui minent encore notre société.Vers la fin du travail?On prédit la fin du travail depuis longtemps, et pourtant ça n'est jamais arrivé malgré de multiples innovations technologiques. Si des métiers disparaissent, on ne cesse de créer de nouveaux emplois, souvent plus qualifiés et mieux rémunérés.Les technologies, comme la robotique dans l'industrie, ne font pas disparaître les emplois mais en changent profondément la nature. L’automatisation retire des tâches qui ne conviennent pas à l’homme, et l’amène vers des jobs physiquement moins pénibles. Le défi est donc d'éviter de se retrouver avec une société moins égalitaire, avec des emplois peu qualifiés et mal rémunérés d'un côté, et des emplois de plus en plus qualifiés et bien rémunérés de l'autre.Le cadre juridique va lui aussi devoir s'adapter, comme le montrent les questions posées par les sociétés qui utilisent de travailleurs juridiquement indépendants, mais essentiellement dépendants d'une plateforme.Les secrets du miracle Suisse?Plus que le secret bancaire, le fait que la Suisse est sortie des deux guerres mondiales avec des infrastructures intactes a permis au pays de prospérer alors que l'Europe était en reconstruction. Mais ça n'est pas tout: la Suisse est un pays qui respecte la «valeur travail» et l'entreprise. Forcé de composer sans force militaire, diplomatique ou économique, ce pays "miraculeux", composé de trois ethnies, a su combiner ouverture et prudence pour jouer des coudes avec les grands pays qui l'entourent.Comment se former aux jobs de demain?Comment peut-on faire pour se préparer à un futur incertain? Commencez par les fondamentaux: lire, écrire, compter. Ouvrez vous, regardez derrière vous sans rester braqués sur le passé. Soyez curieux tout le temps.Blaise Matthey sur LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/blaisematthey/FER Genève: https://www.fer-ge.ch
2/14/2019

Olivier Brourhant, CEO de Amaris Group

Saison 1, Ép. 13
«Si mes employeurs précédents m’avaient donné de la liberté et du sens, je ne serais jamais devenu entrepreneur.»Olivier Brourhant a lancé Amaris, une société extra-ordinaire au sens littéral du terme, puisqu'elle a été fondée il y a moins d'une décennie et compte déjà près de... 5'000 employés. L'entreprise est construite sur des fondamentaux simples que l'on peut résumer en trois mots: global, digital, humain.Un ADN globalD'un côté, l'industrie du conseil est composée d'acteurs locaux incapables de répondre aux besoins d'entreprises mondiales. A l'opposé, les acteurs globaux ne peuvent offrir un service régional dans chaque recoin du globe. Amaris se positionne entre ces deux extrêmes, et propose des services homogènes qui peuvent se déployer à l'international en très peu de temps. C'est un groupe taillé pour accompagner les entreprises digitales de nouvelle génération, amenées à se déployer très rapidement et à moindre coûts dans de nouveaux pays.Un groupe "digital native"Tous les consultants font aujourd'hui de la "transformation digitale". Mais beaucoup sont des "migrants", arrivés sur le tard sur cette thématique au moment ou celle-ci est devenue suffisamment répandue pour être rentable. Amaris s'est positionné dès le début sur ce mouvement, travaillant directement dans le cloud et en réseau, partant du principe qu'avoir un bureau physique n'est plus essentiel, que les employés veulent de la liberté et de l'autonomie, que les diplômes universitaires ne sont pas une garantie de succès. Fort d'une moyenne d'âge de 31 ans, Amaris ne se contente pas de cantonner la jeunesse au bas de la pyramide, mais donne des responsabilités aux meilleurs. Exemple: l'activité Chinoise a été ouverte par une jeune femme de 26 ans, partie de lausanne sans expérience ni connaissance de la langue. 10 ans plus tard, elle dirige 1200 personnes et l'un des plus grands bureaux du groupe.Une aventure humaine"L'entreprise est une aventure humaine, [...] comme les structures traditionnelles telle l'école ou les gouvernements ont démissionné, elle est devenue le principal levier de transformation". Qu'on le veuille ou non, les entreprises ont aujourd'hui un rôle politique et social de premier plan, et Olivier Brourhant l'a bien compris. Et comme il le dit, ça n'est pas un raisonnement philanthropique, car une entreprise porteuse de sens sera une entreprise performante. Comment pourrait-il en être autrement quand le travail devient intangible et non mesurable, et que les collaborateurs travaillent de chez eux?Olivier Brourhant nous parle de tout cela, et aussi de pourquoi il faut arrêter d’écouter ce que l’on vous raconte, de la clé d'une croissance intelligente (ne pas avoir trop d'argent sur son compte en banque), et du secret de la réussite qui est finalement très simple: les bonnes personnes, au bon moment, et au bon endroit.Olivier Brourhant: www.linkedin.com/in/brourhant/Amaris: www.amaris.com/
1/28/2019

Stefana Broadbent, anthropologue des technologies

00Ép. 12
"Une chose très intéressante que j'aime bien regarder, c'est ce qui énerve les parents! [...] Les heures de jeu, les heures d'appel, ça révèle ce que sont les nouvelles tensions sociales portées par la technologie."Stefana Broadbent plante ses antennes là où l'on n'attend pas forcément une anthropologue de renom, dont le TED talk a été vu plus de deux millions de fois. Elle étudie par exemple l'usage des technologies chez les SDF, et constate que le smartphone est devenu un outil essentiel à travers lequel ils s'informent, mais qui leur permet également de se sentir plus entourés et en sécurité.Elle s'est penchée sur les "interfaces critiques" afin de comprendre les enjeux et minimiser les risques d'accident dans les centrales nucléaires. Les accidents, autre sujet d'étude, quand elle observe les métiers devenus tellement automatisés que les opérateurs humains finissent par se plonger dans leur téléphone portable. Avec parfois des conséquences dramatiques, comme dans le cas de catastrophes ferroviaires récentes.Entrepreneuse, chercheuse, enseignante, elle pose un regard optimiste sur les nouvelles générations qui, souvent accusées de futilités digitales, sont plutôt en train de développer des compétences critiques, comme la capacité de collaborer à distance ou de comprendre correctement des communications menées au travers de canaux très ambigus. Elle voit dans Youtube un nouveau wikipedia, et dans l'intelligence collective une réponse viable et pérenne à l'automatisation engendrée par les technologies dites "intelligentes".Stefana Broadbent sur LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/stefanabroadbent/Stefana Broadbent sur Nesta: https://www.nesta.org.uk/team/stefana-broadbent/How the Internet enables intimacy (TED Talk): https://www.ted.com/talks/stefana_broadbent_how_the_internet_enables_intimacy