Battements

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La Morgue

Saison 1, Ép. 8

l est très difficile de parler de la mort, de s’intéresser à ce qui arrive au corps d’un être humain une fois que la vie la quitté, sans que cela nous renvoie à la fragilité de notre existence, et au caractère purement organique de notre corps. On préfère ne pas en parler, ne pas savoir. Et par la même occasion, un lourd tabou pèse sur les métiers qui travaillent avec la mort.


Nous sommes allées toquer à la porte de la morgue de l’hôpital, et deux hommes nous ont ouvert, surpris qu’on vienne les voir et qu’on s’intéresse à eux. Nous avons rencontré des personnes douées d’une grande empathie, et du courage nécessaires pour mener à bien leur travail.


Pour tout l’hôpital, ils ne sont que deux. Quand on leur demande qu’est-ce qu’il se passerait s’ils étaient malades et ne pouvaient se rendre au travail, ils répondent simplement que ça n’est jamais arrivé. Que ça ne peut pas arriver.


Ensemble, ils s'occupent des patients décédés en attendant la prise en charge par les pompes funèbres. Ils effectuent le transport du défunt vers la chambre mortuaire ainsi que les soins et la préparation du corps avant la présentation à la famille.


La majorité du temps ce sont des défunts adultes mais parfois des enfants et des nouveau-nés et aussi des fœtus.


Quand les familles viennent, il faut pouvoir répondre aux questions et accueillir la souffrance, sous toutes ses formes. Parfois il n’y a pas de familles. Parfois il n’a pas assez de place pour les accueillir. Il faut appréhender les coutumes et les rites religieux des différentes cultures. Il faut s’occuper aussi des plus démunis.


Les préposés à la morgue sont là, jusqu'au bout, pour s’assurer que chaque défunt puisse partir dignement, et que ces proches puissent lui dire adieu.

Plus d'épisodes

6/14/2022

Les soins intensifs

Saison 1, Ép. 6
Vous vous en souvenez, lors des premiers mois de la pandémie du coronavirus, Bruxelles et d’autres villes vibraientà 20haux sons des applaudissements. Peut-être vous êtes-vous demandé qui étaient celles et ceux qui dans les hôpitaux de votre ville faisaient face à la crise sanitaire de plein fouet.Aujourd’hui vous allez entendre les voix de trois hommes qui travaillent ensemble dans un service de soins intensifs. Des hommes passionnés par leur métier de soignants. Mais vous entendrez aussi des hommes profondément usés par la réalité institutionnelle dans laquelle ils doivent exercer le métier qu’ils ont choisi pour ses valeurs humaines et ses défis techniques.Nous avons rencontré des collègues liés les uns aux autres, qui parlent avec admiration de leur chef de service, qui lui-même parle avec douceur et fierté de son équipe. Une équipe d’infirmiers et d’infirmières qui se soutiennent au quotidien dans un service de l’ombre, où ils persévèrent dans des conditions parfois chaotiques à aller chercher les dernières ressources vitales de leurs patients.Nous avons appris que certains courent ensemble les 20km de Bruxelles. Qu’on y vit de grandes histoires d’amitiés, et qu’on y trouve même des couples.Nous avons compris aussi qu’ils sont nombreux à quitter la profession, épuisés par le rythme qui leur est imposé et le manque de perspectives qui leur sont proposées, ou que beaucoup d’entre eux sont obligés d’avoir une activité complémentaire pour tenir le coup moralement.En Belgique une étude faite après la première vague du coronavirus avait montré que 68% du personnel aux soins intensifs risquait un burn-out.Il est urgent de revaloriser ces travailleurs, leur profession, leurs salaires, et leur santé à eux aussi, sans quoi nous serons de moins en moins en mesure de prétendre à une qualité de soins correcte.
5/24/2022

L'hôtellerie et l'aide logistique

Saison 1, Ép. 5
Quand vous passez un séjour dans un hôpital public, celui-ci doit pouvoir vous nourrir et vous fournir tout ce que vous auriez chez vous à la maison, c’est-à-diredes vêtements, des draps, des taies d'oreillers, des couvertures, des serviettes, des gants de toilette, ...Dans cet épisode, nous avons décidé de rassembler la cuisine, la lingerie et les aides logistiques qui travaillent à fournir tout ce qui est nécessaire au bien-être des patients mais aussi tout le matériel de travail quotidien et les repas pour le personnel de l’hôpital.Aujourd’hui nous vous emmenons dans l’envers du décor de l’hôpital, dans ces lieux que vous ne verrez jamais en tant que visiteurs ou visiteuses, comme par exemple la cuisine et la lingerie. A travers ces portraits sonores nous vous invitons à découvrir ces personnes qui travaillent jour et nuit à l’abri des regards.Aucune unité ne pourrait fonctionner correctement sans l’assistance des aides logistiques, qui sont comme elles le disent les petites mains du service, qui sont polyvalentes et courent au-devant des besoins et des problèmes de tout le monde.Vous apprendrez que dans les sous-sols, une immense machine trie et distribue sans répit les uniformes de tous les travailleurs et travailleuses. Dans ce bruit et au beau milieu des piles de draps et de vêtements, la responsable de la lingerie, une passionnée de romans thriller, connait presque par cœur tous les noms des travailleurs de l’hôpital, qu’elle qualifie d’humanistes, et donc elle se charge avec son équipe de fournir les vêtements de travail. Et si vous faisiez un tour dans les cuisines, vous pourriez par exemple y trouver un tendre rockeur qui travaille là depuis 34 ans.Ensemble ils travaillent à la même mission, celle de l’hôpital public, dont les portes ne sont jamais fermées, et qui ne cesse d’accueillir, de soigner, de nourrir, de laver, d’opérer, de voir naître et mourir les habitants de sa ville. Dans ce cycle, chacun a un rôle important à jouer, et son histoire à raconter.
5/12/2022

Le brancardage

Saison 1, Ép. 4
S’il vous arrive de vous perdre dans les couloirs d’un hôpital, la meilleure chose que vous ayez à faire est de demander votre chemin à un brancardier ou une brancardière. On les surnomme les GPS de l’hôpital. Chaque jour ils parcourent des dizaines de kilomètres, du dernier étage au sous-sol, dont ils connaissent tous les recoins. Le bâtiment n’a aucun secret pour eux. Equipés de leurs chaussures de course et de leurs téléphones, leurs missions arrivent par messages. Sans hésitations ils empruntent les raccourcis, saluent les collègues et les visiteurs sur leur passage : ils connaissent tout le monde, et tout le monde les connait.Aujourd’hui dans cet épisode nous vous présentons l’équipe du brancardage. Ces personnes s’occupent du transport des patients, qui partent en consultation ou au bloc opératoire. La prise en charge se fait en chaise roulante, en lit, ou à pied en fonction de la validité du patient.C’est souvent dans ces moments de trajets, que les patients se confient, et évacuent leurs émotions, l’anxiété et l’incompréhension qui peuvent accompagner leur séjour à l’hôpital. Avec patience et respect, les brancardiers et brancardières écoutent, rassurent, et encouragent les patients. Parfois on fait des blagues pour aller chercher un sourire, parfois on parle des enfants, ou du temps qu’il fait dehors, pour amener le monde extérieur dans l’hôpital.Avec précision et précaution, il faut assurer la sécurité des patients, et confirmer leur identité tout au long de leur parcours pour éviter les erreurs. Il faut manipuler du matériel très lourd, comme les lits, dans des couloirs parfois encombrés, tout en effectuant les transports dans les temps.Vous apprendrez peut-être que l’équipe du brancardage s’occupe également du transport des prélèvements de toutes sortes qui partent en analyse au laboratoire. Ils s’occupent aussi de transporter les défunts vers la chambre mortuaire.Ici encore, comme pour de nombreux autres de métiers de l’hôpital, vous entendrez qu’il faut beaucoup de courage, et entretenir une résistance physique et morale au quotidien.