Le Monde Moderne

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Devant l’OIT, Macron dénonce un capitalisme devenu fou.

 

A la façon de François Hollande dénonçant son ennemi comme la finance, Emmanuel Macron joue les chevaliers du droit social pour lancer l’acte 2 de son quinquennat et cherche à faire croire que le capitalisme peut être l’outil indispensable dans l’urgence écologique et la lutte contre les inégalités.

 

Un beau discours, qui cache mal la réalité de la politique du gouvernement depuis 2017, offrant cadeaux fiscaux aux plus riches, déroulant le tapis rouge aux traders perdus par le Brexit et ne cherchant pas à remettre en cause les lois internationales qui autorisent et incitent l’optimisation fiscale en Europe.

 

« Quelque chose ne fonctionne plus dans ce capitalisme qui profite de plus en plus à quelques-uns. Je ne veux plus que nous considérions que le sujet d’ajustement économique et de la dette prévaut sur les droits sociaux »

 

« Quand le peuple ne trouve plus sa part de progrès », il peut être « attiré par l’autoritarisme, qui dit : la démocratie ne vous protège plus contre les inégalités de ce capitalisme devenu fou. Nous allons faire des murs, des frontières, sortir de ce multilatéralisme, il est mou. »

  

A propos des Gilets jaunes, ila ajouté : « Nous avons peut-être parfois construit des bonnes réponses trop loin de nos concitoyens en considérant qu’il y avait des sachants et des subissants. C’était une erreur fondamentale »

 

Les mutilés apprécieront, comme tous ceux qui ont subis les violences policières.

 

Les beaux discours ont de plus en plus de mal à cacher les réalités des politiques inégalitaires d’Emmanuel Macron, tout comme sa dérive autoritaire. Dans la foulée des discours lénifiants, on ne compte plus les prises de parole de ministres ou d’élus qui en appellent à un parti unique, seul défenseur des intérêts de la France et discrédite les adversaires politiques en « ennemis ». Même Nathalie Loiseau à Bruxelles a commencé sa prise de fonctions par un off devant la presse où elle a critiqué tous les alliés potentiels de « Renaissance » au Parlement Européen. Une fois les critiques fuitées, sa défense fut le mensonge. Mécanique implacable et « cocktail détonnant de l’arrogance du mépris et du mensonge » pour Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles.


Les références citées dans l'épisode :


La page propagande du Monde Moderne :


MAESTRACCI, Camille, Les Attaquantes, Europe 1 Studio, 28/05/2019


MACMILLAN, Ian, MAURION, Audrey, Tiananmen (2 épisodes), Arte, 04/06/2019


TODAY IN FOCUS, China's forgotten protesters: the other Tiananmens, The Guardian, 06/06/2019


LA RÉPUBLIQUE INALTÉRABLE, Bêtise américaine, avec Eric Batistelli, Le Monde Moderne, 01/11/2018


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