{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/6a2d5637252d86e84699e723/6a6b5d020d497875eb9c1639?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"L'un arrive, l'autre s'en va : littérature anglosaxonne, deux recueils maîtrisés","thumbnail_width":200,"thumbnail_height":200,"thumbnail_url":"https://open-images.acast.com/shows/6a2d5637252d86e84699e723/1785417772958-d79c37c6-bb65-4e3d-aa0c-0b5501e62ed2.jpeg?height=200","description":"<p>Deux auteurs, l'un anglais, l'autre américain, dans des dynamiques différentes (l'un arrive, l'autre quitte la scène littéraire), mais avec deux points communs : le talent, même si personnellement je suis restée en dehors (tout en admirant le savoir-faire ) et la mélancolie, et là je souscris !</p><p><br></p><p>Départ(s), Julian Barnes (Stock, La cosmopolite)</p><p>Julian Barnes vient de fêter ses 80 ans, il est malade (une leucémie gérable mais incurable, c'est à dire qu'il ne mourra pas de son cancer du sang, mais avec), et il veut clore son oeuvre en beauté, et en pleine possession de ses moyens. Départ(s) sera son dernier opus (annoncé du moins), sa 15ème et ultime oeuvre de fiction. </p><p>C'est ma première entrée dans son oeuvre, alléchée par les critiques du Masque et la plume, qui étaient quasi unanimement d'accord pour dire que le récit était intelligent, et émouvant, et l'unanimité au Masque est suffisamment rare pour que cela me mette la puce à l'oreille. </p><p>J'y suis allée, et je me suis trouvée face à un texte pudique et stoïque, sans trop de trame romanesque, hormis celle de son couple d'amis pour lesquels il a joué les entremetteurs. Le texte est avant tout composé de digressions autobiographiques, philosophiques, à l'image du tout début du roman : au petit-déjeuner avec son journal ,il tombe sur un article scientifique : suite à une hémorragie cérébrale, un homme découvre que le goût d'une tarte aux pommes déclenche le(s) souvenir(s) de toutes les tartes aux pommes qu'il a mangées. Ils lui reviennent en tête de façon chronologique et en succession rapide, comme en cascade. A partir de là Julian Barnes fait des digressions autour de la mémoire, de la madeleine de Proust, etc. etc. Et le reste est à l'avenant. </p><p>C'est très stoïque, lui qui a passé toute sa vie à penser à la mort avoue qu'il n'est absolument pas prêt à l'affronter au quasi terme de sa vie, et l'humour british qu'il met en oeuvre n'est qu'une façon d'essayer de l'apprivoiser. La dimension testamentaire est là, dans la fin surtout, très belle et émouvante. </p><p>Les critiques parlent de révérence littéraire magistrale, mêlant gravité, profondeur philosophique et élégance spirituelle. Je souscris de loin, n'ayant pas encore eu le plaisir de lire ses autres romans. </p><p><br></p><p>La forme et la couleur des sons, Ben Shattuck (Albin Michel, Terres d'Amérique)</p><p>Nous sommes dans un recueil de 12 nouvelles à la construction très maîtrisée, reliées entre elles selon le principe du hook-and-chain, une forme poétique et musicale où chaque récit fait écho au précédent par un objet, un personnage, un lien ou un souvenir. </p><p>J'ai personnellement capté quelques-unes de ces correspondances, sans doute pas toutes, et ça n'est pas grave. Il est justement beaucoup question de mémoire, de perte, de transmission, d'objets que l'on laisse derrière soi, d'amour bien sûr, des thèmes universels qui nous traversent tous. Il faut une certaine disponibilité intellectuelle pour appréhender au mieux tout cela. </p><p>Il y a une unité de lieu, à savoir la Nouvelle-Angleterre (avec des états comme le Maine, le New-Hampshire, l'île de Nantucket, dans le Massachussets), mais on visite par contre plusieurs époques. Personnellement j'ai parfois, quand possible, appréhendé le livre comme un tableau qui se compose au fil et à mesure, la forme s'y prêtait, mais n'étant pas une grand visuelle, ça ne l'a pas trop fait pour moi. Mais cela ne concerne que moi </p><p><br></p><p> C'est surtout la mélancolie surtout qui relie ces deux recueils, et pour le coup j'en ai perçu la beauté ! A conseiller aux amateurs/trices d'une écriture \"classique\" et pudique.</p><p><br></p><p><br></p><p><br></p>","author_name":"Un matin bouquin"}