{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/69a76e30ddf4d3439a54b232/69abf6fe6ffdcd8188cc2913?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"\"Je me bats pour une meilleure représentativité des femmes dans la gouvernance sécuritaire\"","thumbnail_width":200,"thumbnail_height":200,"thumbnail_url":"https://open-images.acast.com/shows/69a76e30ddf4d3439a54b232/1774540048843-895cbfcb-da3d-4794-ae6b-93513588ccc2.jpeg?height=200","description":"<p>« Je me bats pour une meilleure représentativité des femmes dans la gouvernance sécuritaire »</p><p>Nana Alassane Touré est originaire du Mali, à la croisée du centre et du nord. Issue de la société civile, elle préside l’ONG SAGOPS, engagée pour la justice, la gouvernance, la paix et la sécurité. Son engagement n’est pas né d’un événement précis, mais plutôt du quotidien. Dans un contexte où les violations des droits des femmes et des filles sont si fréquentes qu’elles finissent par sembler normales, s’engager devient presque une évidence.</p><p>Elle parle aussi depuis une expérience personnelle. Celle d’une femme qui a eu la « chance » d’aller à l’école jusqu’à l’université, quand tant d’autres filles autour d’elle ont dû arrêter leurs études pour un mariage précoce, pour soutenir leur famille ou à cause de la fermeture des écoles liée aux crises. Elle décrit une réalité simple et brutale : moins d’école, c’est moins d’options, moins d’autonomie, et très vite une vie qui se rétrécit.</p><p>Dans son travail, Nana insiste sur un point essentiel : la sécurité ne peut pas rester un domaine exclusivement masculin, limité aux frontières et aux équipements militaires. Elle défend une vision plus large, celle de la sécurité humaine. Une sécurité qui touche à la dignité : l’accès à l’éducation, à la santé, à un logement décent, la liberté de se déplacer sans danger, l’accès aux droits sexuels et reproductifs, et la protection contre les violences, y compris le viol en période de conflit. Autant d’aspects qui restent encore trop souvent absents des discussions officielles sur la sécurité, faute d’être portés par des femmes dans les espaces de décision.</p><p>C’est là que se situe son combat central : faire entrer davantage de femmes dans la gouvernance sécuritaire. Dans les mécanismes liés aux processus de paix, dans les commissions nationales sur la réforme du secteur de la sécurité, le désarmement ou la justice transitionnelle, leur présence demeure marginale. Pourtant, quand les femmes ne sont pas là, leurs besoins spécifiques disparaissent des priorités. On parle de sécurité, mais on oublie ce qu’elle signifie pour celles qui n’ont pas accès à la contraception, pour celles qui ne peuvent pas poursuivre leurs études, ou pour celles qui vivent avec la peur constante des violences.</p><p>Avec d’autres acteurs engagés, Nana a franchi un cap : passer de la recherche à l’action. La création de SAGOPS (sahélienne pour la justice, la gouvernance, la paix et la sécurité) s’inscrit dans cette dynamique, avec des actions concrètes de sensibilisation, de plaidoyer, de communication et d’enquête. Dans cette dynamique, l’organisation met actuellement en œuvre un projet structurant intitulé « Initiative d’amélioration de la gouvernance locale sous le leadership des femmes et des jeunes pour la paix et la sécurité au Sahel ». À travers cette initiative, SAGOPS accompagne concrètement des femmes et des jeunes pour qu’ils prennent leur place dans les espaces locaux de décision, notamment sur les questions de prévention des conflits, de cohésion sociale et de sécurité communautaire.</p><p>L’idée est simple mais essentielle : celles et ceux qui vivent l’insécurité au quotidien doivent pouvoir participer à la construction des réponses et influencer les politiques locales. L’organisation porte également des projets de suivi des violences sexuelles liées aux conflits dans la zone des trois frontières, ainsi que des monitorings périodiques des besoins sécuritaires des femmes et des jeunes dans les zones affectées par l’insécurité.</p><p>Elle le dit sans détour : écrire ne suffit pas, surtout dans un contexte où beaucoup de femmes n’ont pas eu accès à l’école. Il faut des formats qui circulent, qui parlent directement aux communautés. C’est dans cette logique qu’elle a fait le choix d’utiliser TikTok. Parce qu’on peut y parler sans écrire, et parce que les échanges y sont plus directs, plus ancrés dans le vécu. </p>","author_name":"Fondation de l'innovation pour la démocratie"}