{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/69a76e30ddf4d3439a54b232/69abec5dc2eb2fc3ab6ddff4?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":" « Ce ne sont pas les résultats qui racontent les luttes, mais les processus qui les rendent possibles. » ","thumbnail_width":200,"thumbnail_height":200,"thumbnail_url":"https://open-images.acast.com/shows/69a76e30ddf4d3439a54b232/1775646401179-b03a03d7-9b7e-4171-980d-d08b1cafd10c.jpeg?height=200","description":"<p><em>« Celles qui portent l’Afrique » est un podcast de la Fondation de l’innovation pour la démocratie qui donne à entendre des récits de vie de féministes africaines. Au micro : Achille Mbembe et Sarah Marniesse, avec l’appui de Martin Serralta. Musique de Blick Bassy.</em></p><p><br></p><p>Raconter les luttes invisibles : avec Oumaïma Jmad</p><p><br></p><p>Oumaima Jmad est docteure en sociologie, diplômée de la faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock à Casablanca. Sa thèse porte sur les modes de vie et les trajectoires après la fermeture des mines au Maroc. Elle s’intéresse notamment à la place des femmes restées dans les villages miniers : juridiquement exclues du travail minier, mais pourtant actives dans des formes d’économie informelle invisibilisées par les statistiques et les récits dominants de l’économie.</p><p><br></p><p>Son engagement féministe se situe à la croisée de l’expérience personnelle et du travail de terrain. Élevée par sa mère et sa grand-mère, elle grandit dans un univers où la présence des femmes dans l’espace public comme dans l’espace domestique constitue une évidence. Ce vécu nourrit une sensibilité précoce aux rapports de domination, qui se transforme progressivement en conscience politique.</p><p><br></p><p>Le mouvement du 20 février en 2011 marque également sa génération. Le courage et la mobilisation des jeunes de l’époque nourrissent sa réflexion politique et l’encouragent à s’orienter vers les études de genre. Elle mène notamment une immersion en tant qu’hôtesse de l’air afin de documenter les discriminations vécues par le personnel navigant commercial féminin, un travail qui inspirera par la suite la réalisation de l’ouvrage collectif Travailleuses invisibles, les métiers de la discrimination au Maroc.</p><p><br></p><p>Ses recherches croisent les questions de genre, de classe, de territoire et de pouvoir. Elle a notamment étudié les effets sociaux du complexe solaire Noor-Ouarzazate à partir d’une perspective écoféministe. Dans un autre registre, elle a également travaillé sur la traite de femmes ivoiriennes au Maroc. Pour documenter ce phénomène et les violences institutionnelles, sexuelles et raciales qui l’accompagnent, elle choisit une forme originale : la bande dessinée, à la frontière entre recherche, action et création.</p><p><br></p><p>Oumaima Jmad revendique une approche intersectionnelle attentive aux rapports de domination qui structurent les sociétés. En tant que femme d’origine amazighe, elle interroge également les hiérarchies internes aux espaces militants, ainsi que les tensions autour de la langue, de l’identité et des agendas institutionnels.</p><p><br></p><p>Face aux contraintes politiques, une forme d’autocensure s’installe, mais elle ouvre aussi la voie à des stratégies créatives d’adaptation. Elle coordonne notamment le Parlement parallèle des étudiants pour l’égalité, porté par l’AMDF, et mobilise différentes approches pour sensibiliser sans exposer.</p><p><br></p><p>Malgré les lenteurs, les tensions et les doutes, elle continue, convaincue que si l’espoir a changé de forme, il demeure une force capable d’animer les luttes.</p>","author_name":"Fondation de l'innovation pour la démocratie"}