{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/697215612fc16cfb936ea255/69b846744266c9b1c786156b?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Tarrare, l’homme qui ne pouvait jamais cesser de manger","thumbnail_width":200,"thumbnail_height":200,"thumbnail_url":"https://open-images.acast.com/shows/697215612fc16cfb936ea255/1773683995497-56d7a717-066e-4d8d-b751-5790c87392b9.jpeg?height=200","description":"<p>Dans l’histoire de la médecine, certains cas défient toute logique. Des corps qui semblent fonctionner selon des règles inconnues. Parmi eux, celui d’un homme dont le nom n’a jamais été un véritable patronyme, mais un surnom resté dans les archives : Tarrare.</p><p><br></p><p>Nous sommes dans la France révolutionnaire, à la fin du XVIIIᵉ siècle. Tarrare serait né vers 1772. On sait peu de choses de son enfance, sinon un détail stupéfiant : il souffre d’un appétit absolument insatiable.</p><p><br></p><p>Adolescent, il mange des quantités de nourriture si gigantesques que sa famille finit par ne plus pouvoir le nourrir. Ses parents le mettent à la porte. Livré à lui-même, Tarrare rejoint une troupe de marginaux — voleurs et prostituées — qui parcourent la France en proposant des spectacles de rue tout en détroussant le public. Et Tarrare devient leur attraction principale : l’homme capable de manger n’importe quoi. Son numéro est à la fois fascinant et répugnant. Il peut engloutir des paniers entiers de pommes, les joues gonflées comme celles d’un hamster. Il avale des pierres, des bouchons, et même des animaux vivants. Certains témoins racontent qu’il saisissait un chat avec les dents, l’éventrait, en buvait le sang puis dévorait le corps, ne laissant que le squelette. On dit aussi qu’il avalait des chiens et qu’une fois, il aurait englouti une anguille vivante sans la mâcher. Même les animaux semblent comprendre le danger. Un chirurgien militaire qui l’étudiera plus tard écrira que chiens et chats fuyaient à sa vue, « comme s’ils pressentaient le sort qui les attendait ».</p><p><br></p><p>Malgré cet appétit monstrueux, Tarrare a l’apparence d’un homme affamé. À 17 ans, il pèse à peine 45 kilos. Il est constamment fatigué, distrait, et présente tous les signes de la malnutrition… sauf un : il mange assez pour nourrir plusieurs hommes. Son corps intrigue les médecins. Lorsque Tarrare mange, son ventre se gonfle comme un ballon. Sa peau, extrêmement distendue, peut s’étirer pour contenir des quantités de nourriture stupéfiantes. Mais peu après, il évacue presque tout, laissant derrière lui une odeur que les médecins décrivent comme « fétide au-delà de toute imagination ».Lorsqu’il est à jeun, sa peau retombe en plis pendants. Les chirurgiens affirment qu’on pourrait presque nouer les replis de sa taille comme une ceinture. Ses joues tombent comme des oreilles d’éléphant. Et puis il y a l’odeur. Un rapport médical explique que son corps dégage une puanteur si intense qu’on ne peut rester à moins de vingt pas de lui. Sa peau est chaude, couverte de sueur, et une vapeur nauséabonde semble parfois flotter autour de lui. </p><p><br></p><p>De retour en France, Tarrare supplie l’armée de ne plus l’utiliser comme messager. Il demande même au baron Percy de le guérir. Le médecin tente tout : vinaigre, tabac, laudanum — un opiacé très utilisé à l’époque — et divers remèdes. Rien n’y fait. La faim de Tarrare ne disparaît jamais. Pire encore, elle semble empirer. À l’hôpital, il est surpris en train de boire le sang retiré aux patients et de manger des corps à la morgue. Lorsque la disparition d’un bébé de 14 mois fait naître des soupçons contre lui, le baron Percy décide de l’expulser. Pendant plusieurs années, Tarrare disparaît. Puis en 1798, Percy apprend qu’il agonise dans un hôpital de Versailles. Tarrare meurt de tuberculose, à seulement 26 ans. Même après sa mort, le mystère persiste. L’autopsie révèle un corps ravagé : un foie gigantesque, un estomac immense occupant presque toute la cavité abdominale, un œsophage anormalement large. Son estomac est si distendu qu’il couvre presque tout l’abdomen. Les médecins veulent poursuivre l’examen, mais l’odeur est insupportable. Ils abandonnent l’autopsie.&nbsp;</p>","author_name":"Sans déconner"}