{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/697215612fc16cfb936ea255/697ba59339a9cd7f18bf93be?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Une entreprise détruit 46 000 ans d'histoire légalement","thumbnail_width":200,"thumbnail_height":200,"thumbnail_url":"https://open-images.acast.com/shows/697215612fc16cfb936ea255/1769710903092-5445ea73-e7ba-4898-bd99-13b7638c61e0.jpeg?height=200","description":"<p>Il existe des lieux où le temps semble immobile. Des endroits où chaque pierre, chaque poignée de poussière raconte une histoire plus ancienne que nos villes, plus ancienne que nos langues, plus ancienne même que l’agriculture. Dans l’ouest de l’Australie, au cœur de la région minière du Pilbara, il y avait un de ces lieux. Un simple abri sous roche, niché dans une gorge étroite, presque invisible pour qui ne sait pas le chercher. Et pourtant, c’était l’un des sites culturels les plus anciens du continent. Pendant 46 000 ans, des générations d’êtres humains s’y sont succédé sans interruption. Quarante-six millénaires. Puis, en quelques secondes, tout a disparu. Dynamité. Avec l’autorisation du gouvernement.</p><p><br></p><p>Le site s’appelait Juukan Gorge. Pour les peuples aborigènes Puutu Kunti Kurrama et Pinikura, que l’on désigne par l’acronyme PKKP, ce n’était pas seulement un vestige archéologique. C’était un lieu sacré. Un point d’ancrage. Une preuve vivante de leur continuité sur cette terre. « L’un des sites les plus sacrés de toute la région », expliquait Burchell Hayes, directeur de la corporation aborigène qui gère ces terres. « Nous voulions qu’il soit protégé. » Car Juukan Gorge n’était pas seulement important symboliquement. Il était unique scientifiquement.</p><p><br></p><p>Les fouilles ont révélé une occupation humaine continue remontant à la dernière période glaciaire — la seule connue à l’intérieur des terres dans tout le Pilbara occidental. Une rareté mondiale. En 2014, une campagne archéologique est lancée pour récupérer des objets avant l’extension d’une mine de fer exploitée par le géant minier Rio Tinto. Les chercheurs pensent alors explorer un site ancien. Ils vont découvrir bien plus. Des milliers d’artefacts émergent de la terre. Plus de 7 000 objets : outils, pierres à broyer vieilles de 40 000 ans, ossements d’animaux qui racontent l’évolution de la faune préhistorique. Et puis une découverte bouleversante : une mèche de cheveux humains tressés, vieille de 4 000 ans. L’ADN parle. Ces cheveux appartiennent aux ancêtres directs des habitants PKKP d’aujourd’hui. Autrement dit : une filiation biologique intacte sur quatre millénaires. Pour Hayes, c’est à la fois une fierté et une blessure. « C’est précieux d’avoir quelque chose comme cette tresse trouvée sur notre terre… mais son lieu de repos depuis 4 000 ans n’existe plus. » Car malgré ces découvertes exceptionnelles, malgré leur valeur patrimoniale évidente, rien ne change sur le plan légal.</p>","author_name":"Sans déconner"}