{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/697215612fc16cfb936ea255/697903789b5ca1c75ccd2bd6?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"1617 : la Norvège lance sa pire chasse aux sorcières","thumbnail_width":200,"thumbnail_height":200,"thumbnail_url":"https://open-images.acast.com/shows/697215612fc16cfb936ea255/1769538245224-3de02c45-cc48-40dc-8025-2465da991987.jpeg?height=200","description":"<p>Au XVIIᵉ siècle, cette région rude et isolée compte à peine 3 000 habitants disséminés sur un territoire immense de fjords et de côtes battues par les vents. Moins d’un pour cent de la population du pays y vit, mais près de 16 % des procès pour sorcellerie de toute la Norvège s’y déroulent. Entre 1617 et 1692, 135 personnes sont accusées. Quatre-vingt-onze seront exécutées, le plus souvent brûlées vives. Un tiers de toutes les condamnations à mort pour sorcellerie prononcées en Norvège se concentrent ici.</p><p><br></p><p>Dans l’Europe moderne, la chasse aux sorcières est un phénomène massif. Entre 1450 et 1750, environ 100 000 personnes sont accusées, 50 000 mises à mort. La Norvège reste en retrait par rapport à l’Allemagne ou à la France. Mais le Finnmark fait exception. Trois grandes vagues de panique secouent la région : 1620-1621, 1652-1653 et 1662-1663. À chaque fois, une mécanique implacable se met en route : un accusé parle, dénonce d’autres noms, et l’engrenage judiciaire s’emballe. À l’époque, le Finnmark est considéré comme l’épicentre du mal. Dans toute l’Europe circule l’idée que le Nord abrite les forces obscures, que les populations y sont familières de la sorcellerie, et que l’enfer lui-même y trouverait une entrée.</p><p><br></p><p>Les premières accusations visent surtout les Samis, peuple autochtone du nord de la Scandinavie. On leur prête des pouvoirs chamaniques, la capacité de lever les vents ou de commander à la mer. Sur seize hommes samis poursuivis, treize sont exécutés. Mais à partir des années 1620, la nature des accusations change. On ne parle plus seulement de sortilèges, mais de pactes avec le diable. En 1617, le roi Christian IV, qui règne alors sur le Danemark-Norvège, publie un décret décisif : les “vraies” sorcières sont celles qui se lient au diable et le servent. Ce texte devient une arme judiciaire. Les preuves manquent ? Qu’importe. Les confessions suffisent. Et pour les obtenir, on recourt à la torture, bien qu’elle soit théoriquement interdite avant le verdict.</p><p><br></p><p>Peu à peu, les femmes deviennent les principales cibles. Sur 91 exécutés, 77 sont des femmes. Certaines sont célibataires, d’autres mariées. Même des enfants comparaissent : six jeunes filles sont jugées en 1663, avant d’être finalement acquittées. Le Finnmark reflète une tendance européenne : environ 80 % des victimes de la chasse aux sorcières sont des femmes, perçues comme faibles, dangereuses ou moralement suspectes.</p><p><br></p><p>La dernière vague, en 1662-1663, est la plus meurtrière. Vingt femmes sont exécutées, deux meurent sous la torture avant même leur mise à mort. Après 1692, les procès cessent. Le siècle des Lumières approche, et la sorcellerie perd peu à peu son statut d’explication officielle des catastrophes. Il faut attendre 2011 pour que la Norvège rende publiquement hommage aux victimes.</p>","author_name":"Sans déconner"}