{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/6901c48ef2800f626d098553/6a03ef6b5c981a357397d696?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Qu'est-ce que le “lundi noir” de 1360 ?","description":"<p>Le 13 avril 1360, en pleine guerre de Cent Ans, une armée anglaise traverse les plaines françaises dans un climat de terreur. À sa tête se trouve Édouard III, souverain redouté, victorieux de nombreuses batailles et convaincu que la couronne de France lui revient de droit.</p><p>Depuis des mois, les Anglais ravagent le royaume. Villages incendiés, récoltes détruites, populations massacrées… La France est à genoux. Le roi français Jean II le Bon est même prisonnier des Anglais depuis la désastreuse bataille de Poitiers. Tout semble sourire à Édouard III.</p><p>Et pourtant, ce 13 avril 1360, quelque chose d’inexplicable va se produire.</p><p>L’armée anglaise approche de Chartres. Le ciel est lourd, étrange. Certains chroniqueurs racontent que l’air lui-même semble chargé d’électricité. Mais les soldats avancent malgré tout. Ils sont des milliers : chevaliers bardés d’acier, archers gallois, cavaliers, fantassins… Une véritable machine de guerre.</p><p>Puis soudain, le ciel explose.</p><p>Un vent glacial s’abat sur l’armée. En quelques minutes, une tempête d’une violence terrifiante éclate. Une pluie torrentielle laisse place à une grêle monstrueuse. Les grêlons sont énormes, durs comme des pierres. Les chevaux paniquent. Les hommes tombent au sol sous les impacts.</p><p>Le tonnerre couvre les cris.</p><p>Des éclairs frappent partout autour de l’armée. Les chroniqueurs parlent d’un ciel noir en plein jour. Certains soldats voient là la colère divine. D’autres pensent assister à la fin du monde.</p><p>Les archers, peu protégés, sont les premiers à mourir. Les chevaux s’effondrent sous la grêle. Des tentes sont arrachées par le vent. Des armures deviennent de véritables pièges métalliques sous les impacts glacés.</p><p>En à peine une demi-heure, le chaos est total.</p><p>Des centaines — peut-être des milliers — de soldats anglais meurent sur place. Les chiffres exacts restent débattus, mais le choc psychologique est immense. Car ce n’est pas une bataille qui vient de frapper l’armée d’Édouard III. Ce n’est ni la France, ni ses chevaliers, ni ses forteresses.</p><p>C’est le ciel lui-même.</p><p>Édouard III est bouleversé. Le roi, profondément religieux, interprète immédiatement la catastrophe comme un signe de Dieu. Lui qui se croyait presque invincible commence à douter. Selon plusieurs récits, il descend même de cheval et prie longuement dans la boue, au milieu des morts et des chevaux éventrés.</p><p>Et quelques semaines plus tard survient un événement décisif : les Anglais acceptent de négocier.</p><p>Le terrible “lundi noir” conduit directement au traité de Brétigny, signé quelques semaines plus tard. Ce traité met temporairement fin à une partie du conflit et offre d’immenses territoires à l’Angleterre. Mais surtout, il marque un tournant psychologique : même le puissant Édouard III a compris ce jour-là qu’aucune armée n’est invincible.</p><p>Pendant des siècles, le “lundi noir” restera dans les mémoires comme une journée maudite. Une bataille sans ennemi visible. Un moment où la nature, ou peut-être Dieu selon les hommes de l’époque, sembla intervenir directement dans l’histoire des rois.</p>","author_name":"Audio Sapiens"}