{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/6901c48ef2800f626d098553/6a013c15c117aa79bf3ce853?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Le plus grand naufrage oublié de l’histoire française","description":"<p>Le 9 janvier 1920, le paquebot Afrique quitte le port de Bordeaux dans un froid humide d’hiver. À son bord, près de 600 personnes. Des familles, des commerçants, des fonctionnaires coloniaux… mais surtout des centaines de soldats africains, parmi lesquels environ 200 tirailleurs sénégalais. Beaucoup rentrent enfin chez eux après l’immense carnage de la Première Guerre mondiale. Certains ont survécu aux tranchées, aux gaz, à Verdun. Ils pensent avoir échappé à la mort.</p><p>Ils ignorent qu’elle les attend en mer.</p><p>Le navire doit rejoindre l’Afrique de l’Ouest française. Dakar. Conakry. Grand-Bassam. Une route habituelle. Mais dès les premières heures, quelque chose ne va pas. Une tempête hivernale monstrueuse se lève dans le Golfe de Gascogne. Le vent hurle. Les vagues frappent la coque comme des marteaux.</p><p>Puis survient l’incident fatal.</p><p>Une avarie endommage l’hélice et le gouvernail du paquebot. L’Afrique devient presque impossible à manœuvrer. Le navire dérive lentement vers le large, emporté par les courants, tandis que les passagers commencent à comprendre que la situation devient désespérée.</p><p>À bord, la panique monte.</p><p>Les couloirs tremblent. Les lumières vacillent. L’eau s’infiltre. Les officiers tentent de garder le contrôle tandis que des appels de détresse sont envoyés dans la nuit glaciale. Mais nous sommes en 1920 : les communications radio restent limitées, imprécises, capricieuses.</p><p>Pendant des heures, le paquebot lutte contre l’océan.</p><p>Au loin, des secours aperçoivent parfois les fusées de détresse du navire perdu dans la tempête… avant de les reperdre dans les vagues gigantesques. Plusieurs bateaux essaient d’approcher, mais la mer est trop violente. Certains marins raconteront plus tard avoir entendu les cris des passagers portés par le vent.</p><p>Puis vient la nuit du 12 janvier.</p><p>Dans le noir absolu, l’Afrique finit par sombrer au large des côtes françaises, près de l'île de Ré.</p><p>Des centaines de personnes se retrouvent brutalement projetées dans une eau glaciale. Les canots se retournent. Des familles sont séparées en quelques secondes. Des tirailleurs sénégalais, qui avaient survécu à la guerre en Europe, disparaissent dans l’Atlantique sans même revoir leur terre natale.</p><p>Au matin, la mer est couverte de débris et de corps.</p><p>Le bilan est effroyable : environ 570 morts. L’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire française.</p><p>Et pourtant… presque personne n’en parle.</p><p>Car au même moment, toute la France est absorbée par un autre événement : l’élection présidentielle de 1920. Les journaux consacrent leurs unes aux tractations politiques, à la succession du président Raymond Poincaré et à l’élection de Paul Deschanel.</p><p>Le drame de l’Afrique passe presque au second plan.</p><p>Et il y a peut-être une autre raison à cet oubli : parmi les victimes figuraient de nombreux soldats coloniaux africains, dont la mémoire intéressait peu la France de l’époque.</p><p>Aujourd’hui encore, le naufrage de l’Afrique reste largement méconnu. Comme si l’océan avait englouti non seulement un navire… mais aussi une partie de la mémoire collective française.</p>","author_name":"Audio Sapiens"}