{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/6901a523dc8d6dca1bd9bf04/6a0a8813382d6c4030e5b6de?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Armando Valladares: dissident cubain, 22 ans de prison","description":"<p>En 1960, Cuba vient à peine de basculer dans la révolution de Fidel Castro. Dans les rues de La Havane, les affiches révolutionnaires couvrent les murs, les slogans résonnent partout et la peur commence à s’installer chez ceux qui refusent de suivre le nouveau régime.</p><p><br></p><p>Parmi eux se trouve un jeune homme de 23 ans : Armando Valladares.</p><p><br></p><p>Il travaille alors dans un service postal gouvernemental. Un jour, ses supérieurs exigent qu’il place sur son bureau une pancarte proclamant son soutien à la révolution. Valladares refuse.</p><p><br></p><p>Ce geste, minuscule en apparence, va bouleverser toute sa vie.</p><p><br></p><p>Très vite, il est arrêté par la police politique. On l’accuse de terrorisme, de complot contre la révolution et de trahison. Son procès est expéditif. Le verdict tombe comme un couperet : trente ans de prison.</p><p><br></p><p>Commence alors une descente dans l’enfer des prisons cubaines.</p><p><br></p><p>Valladares est transféré de cellule en cellule, souvent enfermé dans des cachots étroits, humides et plongés dans l’obscurité. Les gardiens veulent briser les prisonniers politiques. On les prive de sommeil. On les frappe. On les affame. Beaucoup craquent rapidement.</p><p><br></p><p>Mais Valladares refuse toujours de céder.</p><p><br></p><p>Les autorités veulent qu’il porte l’uniforme des prisonniers “rééduqués”, symbole de soumission au régime. Lui refuse obstinément. La punition est immédiate.</p><p><br></p><p>Il est envoyé dans des cellules de châtiment.</p><p><br></p><p>Parfois nu.</p><p><br></p><p>Parfois sans eau.</p><p><br></p><p>Parfois entouré de prisonniers devenus fous après des années d’isolement.</p><p><br></p><p>Les jours deviennent des semaines. Les semaines deviennent des années.</p><p><br></p><p>Dans certaines prisons, les détenus politiques organisent pourtant une résistance clandestine. Ils communiquent en frappant discrètement contre les murs. Ils mémorisent des poèmes. Ils récitent des textes pour ne pas sombrer dans la folie.</p><p><br></p><p>Valladares écrit lui aussi mentalement des vers qu’il grave dans sa mémoire faute de papier.</p><p><br></p><p>Puis son corps commence à céder.</p><p><br></p><p>Les mauvais traitements et les privations détruisent sa santé. À un moment, il perd presque totalement l’usage de ses jambes. Les autorités affirment qu’il simule. Certains gardiens le traînent au sol devant les autres détenus pour l’humilier.</p><p><br></p><p>Mais dehors, son histoire commence lentement à franchir les frontières de Cuba.</p><p><br></p><p>Sa femme mène une campagne internationale pour obtenir sa libération. Des intellectuels, des diplomates et des organisations de défense des droits humains dénoncent son emprisonnement.</p><p><br></p><p>Les années passent encore.</p><p><br></p><p>Dix ans.</p><p><br></p><p>Puis quinze.</p><p><br></p><p>Puis vingt.</p><p><br></p><p>Autour de lui, des prisonniers meurent, disparaissent ou sombrent dans le désespoir. Valladares, lui, survit.</p><p><br></p><p>Enfin, en 1982, après vingt-deux années de captivité, la pression internationale devient trop forte. Le régime accepte sa libération.</p><p><br></p><p>Lorsqu’il quitte finalement Cuba, amaigri, vieilli, mais vivant, le monde découvre l’un des plus célèbres survivants des prisons politiques de la guerre froide.</p><p><br></p><p>Son témoignage, publié plus tard dans son livre Contre toute espérance, révélera au monde les conditions extrêmes vécues par de nombreux dissidents cubains.</p><p><br></p><p>Après vingt-deux ans derrière les barreaux, Armando Valladares avait survécu à ce que beaucoup considéraient comme impossible : l’effacement lent d’un homme par un système entier.</p>","author_name":"Audio Sapiens"}