{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/67e2c36f7cf166247a2d0a3f/67e2c6f262322291cd1b9331?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"6. Jane Nardal, \"Pantins Exotiques\", octobre 1928","thumbnail_width":200,"thumbnail_height":200,"thumbnail_url":"https://open-images.acast.com/shows/67e2c36f7cf166247a2d0a3f/1743005085835-a8bcbd13-fb1e-4226-a259-a34f51cd63fb.jpeg?height=200","description":"<p><strong>« </strong>De la puissance d’évocation de certains mots, le créole qui a séjourné en France peut facilement se rendre compte. Vient-on à savoir ou à s’apercevoir que vous êtes « exotique », vous suscitez un vif intérêt, des questions saugrenues, les rêves et les regrets de ceux qui n’ont jamais voyagé : « Ah ! Les Iles d’Or ! les pays merveilleux ! aux heureux, aux naïfs, aux insouciants habitants ! En vain, vous efforcerez-vous de détruire maintes légendes l’on ne vous croit guère : si bien que vous vous reprochez d’essayer de détruire des illusions profondément ancrées dans l’esprit français et tombées de la littérature dans le domaine public.</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tel Léon Werth, lorsqu’il écrit dans Danses, Danseurs et Dancings : « C’est alors que j’aperçus la femme noire. Je ne suis pas sûre qu’elle ne fut point parée tout d’abord d’une poésie livresque. Peut-être fut-elle d’abord une négresse littéraire, princesse et sultane. Romans des Iles et Contes des Mille et une nuit. Mais ce n’est point de ma faute, si cette grâce flexible a passé jusque dans la littérature ou plutôt si elle est devenue une sorte de poésie sexuelle, innée en nous ».</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Aurions-nous le courage de nous dépouiller du prestige que nous confère la littérature exotique et de détonner, modernes, sur le décor passé, rococo des hamacs, palmiers, forêts vierges, etc.</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quelle déception pour celui qui évoque en notre honneur des princesses exotiques, si vous alliez lui dire que, tout comme une petite bourgeoise française, vous poursuivez à Paris des études commencées là-bas, sous les tropiques, au Lycée ? Non, les droits de l’imagination étant imprescriptibles, vous vous résignez à usurper ce rôle, à venir de ces pays lointains où tout est vibrant et enflammé : l’air, les cœurs, les corps. »</p>","author_name":"Palais de la Porte Dorée"}