{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/660673f553b2df00165bc856/6abd1a2856d8e12f09bf8186?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Quel est le médicament contre le racisme ?","description":"<p>Existe-t-il un médicament capable de réduire le racisme ? La question paraît provocatrice. Pourtant, une expérience menée par des chercheurs de l’université d’Oxford a obtenu un résultat étonnant avec un médicament très connu : le propranolol.</p><p><br></p><p>Le propranolol appartient à la famille des bêtabloquants. Il est notamment utilisé contre certains troubles cardiovasculaires, mais aussi contre les migraines, les tremblements ou les manifestations physiques de l’anxiété. Son action principale consiste à bloquer certains effets de l’adrénaline et de la noradrénaline dans l’organisme.</p><p><br></p><p>En 2012, des chercheurs d’Oxford ont voulu savoir si cette action pouvait également modifier certaines réactions émotionnelles inconscientes. Ils ont recruté 36 volontaires blancs en bonne santé. Dans cette étude réalisée en double aveugle, certains reçurent une dose unique de 40 milligrammes de propranolol, les autres un placebo.</p><p><br></p><p>Une à deux heures plus tard, les participants passèrent notamment un « test d’association implicite », ou IAT. Ce test mesure la rapidité avec laquelle une personne associe certaines catégories — par exemple des visages noirs ou blancs — à des mots positifs ou négatifs.</p><p><br></p><p>Résultat : dans le groupe ayant reçu du propranolol, le biais racial négatif implicite mesuré par ce test était significativement réduit, au point de ne plus être détectable statistiquement dans cette expérience. En revanche, le médicament ne modifiait pas les opinions raciales exprimées consciemment par les participants.</p><p><br></p><p>Comment l’expliquer ?</p><p><br></p><p>Les chercheurs ont proposé que certains préjugés automatiques puissent être en partie liés à des réactions émotionnelles faisant intervenir la noradrénaline. En atténuant ces réactions physiologiques, le propranolol pourrait donc modifier certaines associations automatiques.</p><p><br></p><p>Mais attention : cela ne signifie absolument pas que le propranolol est un « médicament contre le racisme ».</p><p><br></p><p>D’abord, l’expérience ne portait que sur 36 personnes et sur une seule dose. Ensuite, elle mesurait un biais implicite à l’aide d’un test psychologique, et non des comportements racistes dans la vie quotidienne. Les auteurs eux-mêmes soulignaient que d’autres études étaient nécessaires avant de savoir si cet effet pouvait se retrouver chez des patients prenant régulièrement le médicament.</p><p><br></p><p>Cette étude soulève néanmoins une question fascinante : nos opinions morales et sociales sont-elles totalement indépendantes de notre biologie ?</p><p><br></p><p>Le propranolol ne transforme évidemment pas les convictions d’une personne. Mais cette expérience suggère qu’un médicament agissant sur nos réactions émotionnelles pourrait, dans certaines circonstances, modifier certaines associations sociales inconscientes.</p><p><br></p><p>Et cela pose une question vertigineuse : jusqu’à quel point notre chimie cérébrale participe-t-elle à ce que nous appelons nos opinions ?</p>","author_name":"Choses à Savoir"}