{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/660673c9f50dab0016c98cc4/69cf106ad2e95f51318f4a66?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi le Portugal rétrécit-il ?","description":"<p>Dire que le Portugal “rétrécit” n’est pas une image. C’est une réalité mesurable. Depuis plusieurs décennies, le pays perd progressivement du terrain face à l’océan Atlantique. Et les chiffres donnent le vertige.</p><p>Entre 1958 et 2021, le Portugal a perdu environ 1 320 hectares de territoire côtier, soit plus de 13 km² littéralement avalés par la mer. </p><p>À l’échelle d’un pays, cela peut sembler modeste. Mais concentré sur le littoral, l’impact est considérable.</p><p>Car le phénomène est localement beaucoup plus rapide. Sur certaines portions de côte, le recul atteint 2 à 2,5 mètres par an, notamment entre Óbidos et Peniche ou sur la Costa da Caparica. </p><p>Dans les zones les plus exposées, on observe même des pertes de 6 à 8 mètres par an. </p><p>Et lors d’événements extrêmes, tout s’accélère brutalement : certaines tempêtes récentes ont provoqué des reculs ponctuels de 20 mètres en quelques jours.</p><p>Pourquoi une telle accélération ?</p><p>D’abord, il y a une cause invisible mais majeure : les barrages. Les grands fleuves portugais, comme le Douro, transportaient autrefois du sable vers l’océan. Aujourd’hui, ces sédiments sont bloqués en amont. Résultat : les plages ne sont plus alimentées. Elles s’amincissent et deviennent vulnérables.</p><p>Ensuite, le changement climatique amplifie le phénomène. Le niveau de la mer monte lentement, environ 2 à 3 millimètres par an dans certaines régions comme l’Algarve. </p><p>Ce chiffre peut sembler faible, mais sur plusieurs décennies, il modifie profondément l’équilibre du littoral.</p><p>Surtout, les tempêtes deviennent plus fréquentes et plus violentes. Et c’est là que tout se joue. Une seule tempête peut effacer en quelques heures ce que la nature avait mis des années à construire.</p><p>Aujourd’hui, environ 20 à 30 % du littoral portugais est directement touché par l’érosion. </p><p>Et dans le pire des scénarios, jusqu’à 40 % des plages pourraient disparaître d’ici la fin du siècle.</p><p>Face à cela, le Portugal tente de résister. Le pays a investi plus d’un milliard d’euros en dix ans pour recharger les plages en sable et construire des protections. </p><p>Mais ces solutions restent temporaires.</p><p>Au fond, le Portugal ne disparaît pas, il recule. Et ce recul nous rappelle une chose essentielle : les côtes ne sont pas fixes. Ce sont des frontières vivantes. Et aujourd’hui, sous l’effet combiné de l’homme et du climat, l’océan reprend progressivement sa place.</p><p><br></p><p><br></p>","author_name":"Choses à Savoir"}