{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/6606680e53b2df0016597d4c/6ae0bf49e57912cf6f7a344a?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"L'état d'urgence","description":"<p>En France, l’État peut, dans certaines circonstances exceptionnelles, limiter temporairement certaines libertés pour protéger la population. C’est ce qu’on appelle l’état d’urgence. Mais attention : ce dispositif juridique est précisément encadré par la loi.</p><p>Pour le comprendre, il faut remonter à 1955, pendant la guerre d’Algérie. Le Parlement français adopte alors une loi permettant au gouvernement de disposer de pouvoirs renforcés face à des situations particulièrement graves.</p><p>Aujourd’hui encore, cette loi du 3 avril 1955 constitue le fondement juridique de l’état d’urgence.</p><p>Concrètement, celui-ci peut être déclaré dans deux situations : lorsqu’un danger imminent menace gravement l’ordre public, par exemple une vague d’attentats, ou lorsqu’une catastrophe d’une exceptionnelle gravité survient.</p><p>Mais qui décide ?</p><p>C’est le gouvernement, par un décret pris en Conseil des ministres. L’état d’urgence peut concerner tout le territoire français ou seulement une partie.</p><p>Sa durée initiale est limitée à douze jours. Pour le prolonger, une loi votée par le Parlement est indispensable. Chaque prolongation doit préciser sa durée.</p><p>Mais que change réellement l’état d’urgence dans la vie quotidienne ?</p><p>Il donne aux autorités administratives, notamment aux préfets et au ministre de l’Intérieur, des pouvoirs supplémentaires.</p><p>Par exemple, les préfets peuvent interdire la circulation dans certaines zones ou instaurer des couvre-feux. Des rassemblements peuvent être interdits et certains établissements temporairement fermés.</p><p>Le ministre de l’Intérieur peut également assigner certaines personnes à résidence lorsqu’il existe des raisons sérieuses de penser qu’elles constituent une menace pour la sécurité publique.</p><p>Sous certaines conditions, des perquisitions administratives peuvent aussi être autorisées, sans nécessiter l’autorisation préalable habituelle d’un juge judiciaire.</p><p>Cela signifie-t-il que la France cesse d’être une démocratie ?</p><p>Non. La Constitution continue de s’appliquer, le Parlement fonctionne et les tribunaux restent actifs. Les mesures doivent être justifiées, nécessaires et proportionnées. Elles peuvent être contestées devant la justice.</p><p>L’exemple le plus connu est celui des attentats du 13 novembre 2015. L’état d’urgence fut instauré dès le lendemain et prolongé à plusieurs reprises, jusqu’au 1er novembre 2017.</p><p>Il faut enfin distinguer l’état d’urgence classique de l’état d’urgence sanitaire, un régime juridique différent créé en 2020 pour faire face notamment à la pandémie de Covid-19.</p><p>L’essentiel à retenir est donc simple : l’état d’urgence n’est pas une suspension de la loi, mais l’application temporaire d’une loi exceptionnelle, permettant à l’État de renforcer ses moyens d’action face à un danger majeur.</p>","author_name":"Choses à Savoir"}