{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/6605920d743327001649c686/6ab647dfcf7654f56abcd325?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi un « bal des seins nus » a-t-il eu lieu à Chenonceau ?","description":"<p>En 1577, le château de Chenonceau est le théâtre de l’une des fêtes les plus étonnantes de la Renaissance française. Catherine de Médicis, veuve d’Henri II et mère du roi Henri III, vient de faire construire sur le pont jeté au-dessus du Cher une immense galerie de 60 mètres de long. Cette nouvelle salle, destinée aux réceptions et aux bals, est inaugurée cette année-là par de somptueuses festivités.</p><p><br></p><p>L’épisode est resté dans l’histoire sous le nom de « bal des seins nus ». Le chroniqueur Pierre de L’Estoile raconte en effet qu’au cours d’un banquet, les plus belles dames de la cour assurèrent le service « à moitié nues », les cheveux défaits. Attention cependant : les récits modernes ont parfois accentué le caractère orgiaque de la soirée. Le témoignage contemporain parle surtout d’une mise en scène très audacieuse, typique des spectacles de cour de la Renaissance.</p><p><br></p><p>Pourquoi une telle provocation ?</p><p><br></p><p>D’abord parce que Catherine de Médicis utilise les fêtes comme de véritables instruments politiques. En 1577, la France sort à peine d’un nouvel épisode des guerres de Religion. Le frère du roi, François, duc d’Anjou, vient notamment de participer à la prise de La Charité-sur-Loire. Banquets, costumes extraordinaires, musique et spectacles servent à célébrer la puissance de la monarchie et à impressionner la noblesse.</p><p><br></p><p>Mais cette fête s’inscrit aussi dans une période où l’image d’Henri III fait l’objet de violentes critiques. Le roi aime les vêtements raffinés, les bijoux et les cérémonies sophistiquées. Il s’entoure également de jeunes favoris, surnommés les « mignons ». Ses adversaires politiques exploitent ces habitudes pour le présenter comme efféminé et lui prêter des relations sexuelles avec ses favoris.</p><p><br></p><p>Une interprétation souvent avancée veut donc que Catherine ait exposé les charmes des femmes de la cour pour réaffirmer publiquement l’hétérosexualité de son fils, d’autant qu’Henri III, marié depuis deux ans, n’a toujours pas d’héritier.</p><p><br></p><p>Mais il faut rester prudent : nous n’avons pas de preuve que ce fut réellement l’objectif de Catherine. Les historiens modernes soulignent aussi que le mot « mignon » désignait avant tout un favori du roi et que les accusations d’homosexualité provenaient largement de ses ennemis.</p><p><br></p><p>Le fameux « bal érotique » de Chenonceau révèle donc surtout quelque chose de la Renaissance : à la cour, le divertissement était aussi une forme de communication politique.</p>","author_name":"Choses à Savoir"}