{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/66057de88268a800162cadf2/6ae328494c5345b929799076?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi ne faut-il jamais dire « basé sur » ?","description":"<p>« Ce film est basé sur une histoire vraie. » « Cette décision est basée sur des faits scientifiques. » « Mon raisonnement est basé sur une étude récente. »</p><p>Ces expressions vous semblent parfaitement naturelles ? Pourtant, selon l’Académie française, elles sont toutes incorrectes !</p><p>Pourquoi ? Parce que l’expression « basé sur » serait un anglicisme, autrement dit une construction empruntée à l’anglais.</p><p>Pour comprendre, il faut revenir à l’origine du verbe « baser ».</p><p>En français, le mot « base » désigne d’abord ce sur quoi repose quelque chose : la base d’un bâtiment, d’une colonne ou d’une construction. Le verbe « baser » a ensuite été utilisé dans le vocabulaire militaire.</p><p>On peut ainsi dire qu’une unité militaire est « basée » dans une ville, ou que des troupes sont « basées » près d’une frontière. Il s’agit alors de leur lieu de stationnement.</p><p>Mais lorsque nous affirmons qu’un film est « basé sur » une histoire vraie, nous employons le verbe dans un sens figuré, pour signifier qu’il repose sur cette histoire.</p><p>Et c’est précisément cet emploi que critique l’Académie française.</p><p>En anglais, l’expression « based on » est parfaitement correcte et extrêmement courante. On dira par exemple « based on a true story », pour désigner un film inspiré de faits réels.</p><p>Sous l’influence de l’anglais, cette construction s’est progressivement imposée dans notre langue, au point de devenir presque automatique.</p><p>Pourtant, le français dispose déjà de plusieurs expressions équivalentes.</p><p>Plutôt que « un raisonnement basé sur des faits », on préférera « un raisonnement fondé sur des faits ».</p><p>Plutôt que « une décision basée sur des statistiques », on pourra dire « une décision établie à partir de statistiques ».</p><p>Et plutôt que « un film basé sur une histoire vraie », on choisira « un film inspiré d’une histoire vraie ».</p><p>Cette question linguistique ne date d’ailleurs pas d’hier.</p><p>Au XIXe siècle, le philosophe et homme politique Pierre-Paul Royer-Collard s’opposa tellement à l’entrée du verbe « baser » dans le dictionnaire de l’Académie qu’il aurait lancé cette formule célèbre : « S’il entre, je sors ! » </p><p><br></p><p>Mais attention : tous les linguistes ne partagent pas aujourd’hui la sévérité de l’Académie. Certains dictionnaires, notamment Usito, reconnaissent parfaitement l’emploi figuré de « baser sur », désormais très répandu. </p><p><br></p><p>Il ne s’agit donc pas d’une erreur universellement reconnue, mais d’un usage contesté.</p><p>Alors, pour éviter toute critique et privilégier un français soigné, un conseil : remplacez « basé sur » par « fondé sur », « établi sur » ou « reposant sur ».</p><p>Une petite modification qui suffit à respecter les recommandations de l’Académie française !</p>","author_name":"Choses à Savoir"}