{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/66057de88268a800162cadf2/6ae20c7fba6a95a5e0d7ad8d?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi les riches deviennent-ils plus riches ?","description":"<p>Pourquoi ceux qui possèdent déjà beaucoup semblent-ils accumuler toujours davantage, tandis que ceux qui ont peu peinent à rattraper leur retard ? Ce phénomène porte un nom étonnant : l&#39;effet Matthieu.</p><p>Son origine remonte à la Bible, précisément à l&#39;Évangile selon saint Matthieu. On y trouve cette phrase : « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l&#39;abondance, mais à celui qui n&#39;a pas, on ôtera même ce qu&#39;il a. »</p><p>En 1968, le sociologue américain Robert K. Merton reprend cette idée dans une étude publiée dans la revue Science. Il observe un phénomène surprenant dans le monde scientifique : lorsqu&#39;un chercheur célèbre et un chercheur inconnu réalisent une découverte comparable, le premier reçoit généralement beaucoup plus de reconnaissance.</p><p>Pourquoi ? Parce que sa réputation lui donne déjà un avantage. Ses travaux sont davantage lus, cités et diffusés. Cette visibilité lui permet d&#39;obtenir plus facilement des financements, qui favorisent de nouvelles découvertes, renforçant encore sa réputation.</p><p>C&#39;est un cercle qui s&#39;autoalimente : le succès engendre le succès.</p><p>Mais ce mécanisme dépasse largement le monde scientifique.</p><p>Prenons l&#39;exemple de deux personnes. La première possède 10 000 euros, la seconde un million. Toutes deux investissent leur argent avec un rendement annuel de 5 %.</p><p>Après un an, la première gagne 500 euros, tandis que la seconde en gagne 50 000. Pourtant, elles ont obtenu exactement le même rendement !</p><p>Et si elles réinvestissent systématiquement leurs gains, les intérêts composés amplifient progressivement cet écart.</p><p>L&#39;effet Matthieu intervient également dans l&#39;éducation.</p><p>En 1986, le psychologue Keith Stanovich montre comment les différences initiales dans l&#39;apprentissage de la lecture peuvent s&#39;accentuer avec le temps.</p><p>Un enfant qui apprend facilement à lire prend davantage plaisir à la lecture. Il lit donc plus souvent, enrichit son vocabulaire et améliore encore ses compétences.</p><p>À l&#39;inverse, un enfant qui rencontre des difficultés risque de lire moins, ce qui peut accentuer son retard.</p><p>On retrouve ce phénomène sur les réseaux sociaux : un compte déjà populaire attire plus facilement de nouveaux abonnés, simplement parce qu&#39;il bénéficie d&#39;une visibilité supérieure.</p><p>Attention cependant : l&#39;effet Matthieu n&#39;est pas une loi absolue. Les avantages peuvent disparaître et des politiques adaptées peuvent réduire les inégalités.</p><p>Mais il révèle un mécanisme essentiel de nos sociétés : les écarts ne viennent pas seulement des différences de talent ou d&#39;effort. Ils peuvent aussi provenir des avantages que procure une position de départ favorable.</p><p>Autrement dit, dans bien des domaines, avoir une longueur d&#39;avance facilite considérablement la course.</p>","author_name":"Choses à Savoir"}