{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/66057de88268a800162cadf2/6ad60cabf883e5fdf40e3260?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi le plafonnement des prix contre l’inflation n’a-t-il rien de moderne ?","description":"<p>Pour découvrir mon nouveau podcast <em>Un mot par jour:</em></p><p><br></p><p>Apple Podcasts</p><p><a href=\"https://podcasts.apple.com/fr/podcast/un-mot-par-jour/id1492034665\" rel=\"noopener noreferrer\" target=\"_blank\">https://podcasts.apple.com/fr/podcast/un-mot-par-jour/id1492034665</a></p><p><br></p><p>Spotify</p><p><a href=\"https://open.spotify.com/show/5RVUWD1KGZwPImvngT6q51?si=2cca2533485c4925\" rel=\"noopener noreferrer\" target=\"_blank\">https://open.spotify.com/show/5RVUWD1KGZwPImvngT6q51?si=2cca2533485c4925</a></p><p><br></p><p>---------------------</p><p><br></p><p>Face à l’inflation, une idée revient régulièrement : pourquoi ne pas tout simplement interdire aux commerçants d’augmenter leurs prix ? Cette solution peut sembler moderne. Pourtant, elle a déjà été expérimentée il y a plus de 1 700 ans, dans l’Empire romain. Et les résultats furent loin d’être convaincants.</p><p>Nous sommes en 301 après Jésus-Christ. L’Empire romain traverse une grave crise économique. Depuis plusieurs décennies, les dépenses militaires augmentent, les finances publiques sont fragilisées et la monnaie a perdu une grande partie de sa valeur.</p><p>Conséquence : les prix flambent et le pouvoir d’achat de la population s’effondre.</p><p>L’empereur Dioclétien décide alors de prendre une mesure spectaculaire : fixer par la loi le prix maximum de presque tous les produits du quotidien.</p><p>C’est ce qu’on appelle l’édit du Maximum.</p><p>Ce texte établit des plafonds pour des centaines de marchandises et de services : le pain, la viande, le vin, les vêtements, mais aussi les transports et les salaires des travailleurs.</p><p>Par exemple, une livre de viande de bœuf ne doit pas coûter plus de huit deniers, et une journée de travail agricole est plafonnée à vingt-cinq deniers, lorsque le travailleur est nourri.</p><p>Et Dioclétien ne plaisante pas : ceux qui dépassent les prix autorisés risquent la peine de mort !</p><p>L’objectif est simple : empêcher les commerçants de profiter de la crise pour augmenter leurs tarifs.</p><p>Mais rapidement, le système montre ses limites.</p><p>Premier problème : les prix sont fixés uniformément dans un empire immense. Or, produire du blé en Égypte ne coûte pas la même chose que l&#39;acheminer jusqu&#39;en Gaule. Certains plafonds deviennent donc économiquement intenables.</p><p>Deuxième problème : lorsque le prix autorisé est trop faible, les commerçants peuvent préférer ne plus vendre leurs marchandises. Les pénuries risquent alors de s&#39;aggraver.</p><p>Troisième problème : le développement d&#39;un marché clandestin où les produits s&#39;échangent plus cher que les prix officiels.</p><p>Un auteur de l&#39;époque, Lactance, rapporte ainsi des violences et des marchandises retirées de la vente. Son témoignage doit toutefois être considéré avec prudence, car il était hostile à Dioclétien.</p><p>L&#39;édit ne parvient finalement pas à enrayer durablement l&#39;inflation.</p><p>Il faut cependant éviter une conclusion trop simpliste : tous les contrôles des prix ne sont pas nécessairement inefficaces. Leur succès dépend notamment de leur durée, de leur ampleur et des causes de l&#39;inflation.</p><p>Mais l&#39;expérience romaine illustre une difficulté fondamentale : interdire l&#39;augmentation d&#39;un prix ne fait pas disparaître les raisons économiques qui le poussent à augmenter.</p><p>Autrement dit, on peut décréter un prix, mais pas décréter l&#39;abondance.</p>","author_name":"Choses à Savoir"}