{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/66057de88268a800162cadf2/6ac4c113d11a2f91ee62d76a?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi la mafia pratiquait-elle l’incaprettamento ?","description":"<p>Le mot est presque inconnu en français : « incaprettamento ». Pourtant, derrière ce terme italien se cache l’une des méthodes d’exécution les plus sinistres associées à la mafia sicilienne.</p><p>Le mot vient de « capretto », qui signifie « chevreau » en italien. L’idée est donc littéralement d’attacher quelqu’un comme on attacherait un jeune animal.</p><p>Dans l’incaprettamento, la victime est ligotée dans une position extrêmement contrainte. Une corde relie les membres au cou de manière à ce que les mouvements ou l’épuisement augmentent progressivement la pression autour de la gorge. Le supplice est donc conçu pour provoquer une asphyxie lente.</p><p>Mais ce qui rend cette pratique particulièrement importante dans l’histoire de la mafia, ce n’est pas seulement sa cruauté. C’est aussi sa signification.</p><p>Dans des organisations criminelles comme Cosa Nostra, la manière de tuer pouvait servir de message. Une exécution n’était pas toujours destinée uniquement à éliminer quelqu’un. Elle pouvait aussi avertir les autres.</p><p>L’incaprettamento aurait ainsi été utilisé contre des personnes considérées comme traîtres, désobéissantes ou coupables d’avoir rompu la loi du silence, ce que l’on appelle l’omertà.</p><p>Le corps pouvait ensuite être abandonné de façon à être découvert. La méthode employée devenait alors une sorte de langage. Ceux qui connaissaient les codes mafieux comprenaient immédiatement le message : la victime avait transgressé une règle et avait été punie.</p><p>Le choix du terme « incaprettamento » ajoute même une dimension d’humiliation. Dans les campagnes italiennes, un chevreau pouvait être immobilisé en lui attachant les pattes. Appliquer cette image à un être humain revenait donc à le traiter symboliquement comme un animal.</p><p>Cette pratique est notamment associée aux périodes de grande violence mafieuse en Sicile au cours du XXe siècle, en particulier lors des règlements de comptes internes.</p><p>L’incaprettamento illustre ainsi une caractéristique essentielle du crime organisé : la violence n’y est pas toujours seulement physique. Elle peut aussi être théâtralisée.</p><p>Le but n’est alors pas uniquement de tuer une personne, mais de faire comprendre quelque chose à toutes les autres.</p><p>Et dans le monde de la mafia, ce message était simple : certaines règles ne devaient jamais être transgressées.</p>","author_name":"Choses à Savoir"}