{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/66057de88268a800162cadf2/6aa80848d7136d67128cd9b6?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Qui est « le dictateur le plus cool de la planète » ?","description":"<p>Costume sombre, casquette de baseball portée à l’envers, communication permanente sur les réseaux sociaux : Nayib Bukele ressemble peu à l’image traditionnelle d’un chef d’État.</p><p>Pourtant, cet homme né en 1981 dirige depuis 2019 le Salvador, un petit pays d’Amérique centrale. Et il s’est lui-même surnommé, avec provocation, « le dictateur le plus cool du monde ».</p><p>Pourquoi ?</p><p>Lorsque Bukele arrive au pouvoir, le Salvador est traumatisé par les gangs, notamment la MS-13 et Barrio 18. Pendant des années, ces organisations criminelles ont contrôlé certains quartiers, racketté les habitants et contribué à faire du pays l’un des plus violents au monde.</p><p>Tout bascule en mars 2022. Après une soudaine vague de meurtres, Bukele instaure un régime d’exception.</p><p>La police et l’armée disposent alors de pouvoirs considérablement renforcés. Des dizaines de milliers de personnes soupçonnées d’appartenir aux gangs sont arrêtées. De gigantesques prisons sont construites, dont le fameux CECOT, conçu pour accueillir des dizaines de milliers de détenus.</p><p>Et sur le plan de la sécurité, le résultat est spectaculaire : selon les chiffres officiels, les homicides ont chuté de plus de 90 % depuis l’arrivée de Bukele au pouvoir. Des quartiers autrefois contrôlés par les gangs sont redevenus accessibles.</p><p>Cette transformation explique son immense popularité auprès d’une grande partie des Salvadoriens.</p><p>Mais elle a un prix.</p><p>Des organisations de défense des droits humains dénoncent des milliers d’arrestations arbitraires, des détentions sans procès équitable ainsi que des mauvais traitements en prison. La Commission interaméricaine des droits de l’homme a elle aussi dénoncé des violations systématiques des garanties judiciaires.</p><p>Surtout, Bukele a progressivement concentré davantage de pouvoir. Ses alliés contrôlent largement le Parlement, des magistrats de la Cour suprême ont été remplacés, et il a pu se faire réélire en 2024 malgré les anciennes restrictions constitutionnelles.</p><p>En 2025, le Parlement dominé par son parti est allé encore plus loin en autorisant la réélection présidentielle sans limitation du nombre de mandats.</p><p>C’est donc tout le paradoxe Bukele.</p><p>Pour ses partisans, il est l’homme qui a rendu leur pays vivable et prouvé qu’un État pouvait vaincre les gangs.</p><p>Pour ses détracteurs, il construit progressivement un régime autoritaire en sacrifiant les libertés publiques à la sécurité.</p><p>Et son surnom de « dictateur le plus cool du monde » résume parfaitement sa stratégie de communication : transformer une accusation extrêmement grave en slogan provocateur… et même en élément de sa propre marque politique.</p>","author_name":"Choses à Savoir"}