{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Acast","provider_url":"https://acast.com","height":250,"width":700,"html":"<iframe src=\"https://embed.acast.com/$/66057de88268a800162cadf2/6aa27590235aef4039d6bd08?\" frameBorder=\"0\" width=\"700\" height=\"250\"></iframe>","title":"Pourquoi parle-t-on de « migration lessepsienne » ?","description":"<p>Derrière cette expression assez mystérieuse se cache l’une des plus grandes expériences écologiques involontaires provoquées par l’être humain.</p><p>Le mot « lessepsienne » vient tout simplement d’un nom français : Ferdinand de Lesseps.</p><p>Au XIXe siècle, ce diplomate et entrepreneur joue un rôle central dans la construction du canal de Suez. Inauguré en 1869, celui-ci relie directement la mer Méditerranée à la mer Rouge.</p><p>L’objectif est évidemment commercial. Le canal permet aux navires de passer de l’Europe à l’océan Indien sans contourner toute l’Afrique.</p><p>Mais en créant ce passage artificiel, l’être humain a également ouvert une autoroute pour les animaux marins.</p><p>Avant la construction du canal, la Méditerranée et la mer Rouge étaient séparées par l’isthme de Suez. Des espèces vivant d’un côté ne pouvaient donc pas naturellement passer de l’autre.</p><p>Après 1869, tout change.</p><p>Poissons, mollusques, crustacés, méduses et autres organismes commencent progressivement à emprunter le canal. Et le mouvement se fait surtout dans une direction : de la mer Rouge vers la Méditerranée.</p><p>C’est ce phénomène que les biologistes appellent la « migration lessepsienne », en hommage – ou plutôt en référence – à Ferdinand de Lesseps.</p><p>Des centaines d’espèces originaires de la mer Rouge et de l’Indo-Pacifique se sont ainsi installées en Méditerranée orientale. Certaines sont aujourd’hui devenues très communes.</p><p>C’est notamment le cas de plusieurs poissons-lapins du genre Siganus, mais aussi du poisson-lion, spectaculaire prédateur dont la progression inquiète les scientifiques.</p><p>Pourquoi ces espèces réussissent-elles si bien ?</p><p>D’abord parce que la Méditerranée orientale est relativement chaude et offre des conditions compatibles avec celles auxquelles elles sont habituées.</p><p>Ensuite parce que le réchauffement climatique leur facilite encore davantage la tâche. Une Méditerranée plus chaude devient progressivement plus accueillante pour certaines espèces tropicales.</p><p>Enfin, le canal lui-même a été profondément modifié. Son élargissement et son approfondissement ont facilité le passage d’organismes entre les deux mers.</p><p>Cette migration n’est pas anodine.</p><p>L’arrivée de nouvelles espèces peut bouleverser les écosystèmes : certaines entrent en compétition avec les espèces méditerranéennes, d’autres consomment massivement certaines algues ou deviennent de nouveaux prédateurs.</p><p>La migration lessepsienne constitue donc un exemple spectaculaire de conséquence écologique indirecte.</p><p>En creusant un canal pour faire circuler des bateaux, l’être humain a involontairement créé un immense corridor biologique.</p><p>Et plus de 150 ans après son ouverture, le canal de Suez continue ainsi de transformer la faune de toute la Méditerranée.</p>","author_name":"Choses à Savoir"}